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GROUPE/AUTEUR:

KANSAS

(ETATS UNIS)

TITRE:
ALWAYS NEVER THE SAME (1998)
LABEL:
AUTRE LABEL
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

"Compilation de titres anciens arrangés pour un orchestre symphonique. A vouloir se faire plaisir en versant dans la mode de la démesure, Kansas a ici la plupart du temps perdu son âme, celle d’un groupe de rock progressif."
ABADDON - 10.11.2011 - (1) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
2/5
Dernier album de la période Walsh de Kansas, “Always Never The Same” se rapproche du line-up original du groupe avec le retour de Robby Steinhardt au violon et au micro. Ce n’est pas à proprement parler une création, mais plutôt une compil’ de titres anciens arrangés pour un orchestre symphonique (ici, le London Symphony Orchestra), pour des titres imaginés entre 1975 à 1980. Histoire d’appâter le chaland, Steve Walsh a choisi d’intégrer trois compositions originales (‘In Your Eyes’, ‘’The Sky Is Falling’ et ‘Need To Know’), une compil' dans la compil’ (‘Prélude & Introduction’, empilage de plusieurs titres de Kansas), auxquels il faut ajouter une pièce symphonique imaginée par le chef d’orchestre Larry Baird (un morceau un peu hors-sujet ici !), et l’inattendu ‘Eleanor Rigby’ des Beatles, dans une version sans grand intérêt.

Faisons tout de suite un sort aux morceaux originaux : ‘In Your Eyes’ est dégoulinant de fioritures orchestrales, et avec ‘Need To Know’, Steve Walsh s’est fait plaisir avec une compo très mineure mais qui lui donne l’occasion de se mettre vocalement en vedette devant un gros orchestre. ‘The Sky Is Falling’ a bien plus de tenue, mais l’orchestration très péplum et les collages très improbables torpillent le morceau en le faisant verser dans le kitsch teinté de rose bonbon, alors que sa base est un boogie, un genre qui à priori s’affuble mal de la lourdeur du symphonisme : qu’aurait donné ce morceau avec le simple groupe ?

Pour le fan, l’intérêt de l’album tient surtout dans la question de savoir comment Kansas arrive à transformer les titres pour les mettre à la sauce symphonique, un pari très risqué et que beaucoup de groupes, et non des moindres, ont perdu avant eux. C’est que les pièges sont multiples, et Kansas va y tomber à plusieurs reprises.

Premier piège : le manque de simplicité. Des titres comme ‘Dust In The Wind’ ou ‘The Wall’ doivent leur réussite à une certaine économie de moyens, ici totalement étouffée par l’emphase orchestrale. Les titres plus symphoniques se prêtent évidemment mieux aux arrangements orchestraux.

Deuxième piège, qui est l’exagération du premier : la surcharge orchestrale. L’ouverture de ‘The Sky Is Falling’ ou la fin de ‘The Wall’ sont à ce sujet plus que démonstratifs, avec ces gros effets - gongs, cuivres tonitruants, timbales guerrières - qui sonnent vite ringard.

Troisième piège : pour tenir face à l’orchestre, il faut des vocalistes très solides. Et force est de reconnaître que Steve Walsh n’est plus ce qu’il était : avec un timbre beaucoup moins clair qu’auparavant et de sérieuses limitations dans les aiguës, il en est réduit à faire des tonnes sur l’interprétation (‘Hold On’, très sur joué et amputé de son instrumental à la guitare), ce qui est regrettable.

Heureusement, les compositions de Kansas qui étaient déjà symphoniques arrivent à passer la rampe : ‘Song For America’, ‘Miracles Out Of Nowhere’ et surtout ‘Cheyenne Anthem’ ont tout de même de la gueule, même si l’arrangement orchestral étouffe quelque peu le dynamisme des compositions originales.

L’écoute de ce “Always Never The Same” donne une furieuse envie de se replonger avec hâte et délectation dans les morceaux originaux. A vouloir se faire plaisir en versant dans la mode de la démesure, Kansas a ici la plupart du temps perdu son âme, celle d’un groupe de rock progressif.

Plus d'information sur http://www.kansasband.com



GROUPES PROCHES:
NATIVE WINDOW, FOREIGNER, MAGIC PIE, FLAGSHIP, SOLSTICE, DIXIE DREGS, SUPERTRAMP, BÉRANGER, STEVE WALSH, MAN ON FIRE

LISTE DES PISTES:
01. Eleanor Rigby - 03:22
02. Dust In The Wind - 04:01
03. Preamble - 03:25
04. Song For America - 09:15
05. Your Eyes - 04:30
06. Miracles Out Of Nowhere - 06:27
07. Hold On - 04:18
08. The Sky Is Falling - 07:50
09. Cheyenne Anthem - 07:29
10. Prelude & Introduction - 04:53
11. The Wall - 05:29
12. Need To Know - 04:02
13. Nobody’s Home - 06:04


FORMATION:
Billy Greer: Basse
Phil Ehart: Batterie
Rich Williams: Guitares
Steve Morse: Guitares
Steve Walsh: Chant / Claviers


TAGS:
Compilation, Reprises, 70's, 80's, Symphonique
 
 
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BENOÎT - 15/11/2011 -
0 0
3/5
Voilà typiquement, comme tous les albums avec orchestre, à l'exception notoire de Caravan & the New Symphonia, un album piégé.

Soit on apprécie, comme une curiosité, la démesure que peut apporter un orchestre symphonique dans la réorchestration de morceaux prog, avec le risque évident de tomber dans le pompeux pour ceux qui n'aiment pas ce style, soit on pense que le rock y perd son âme. Mais j'aime le pompeux dans le rock, on ne se refait pas ...

Les deux "spécialistes" de ce détournement assumé sont Procol Harum et Kansas, et pour l'un comme pour l'autre j'apprécie le résultat. Yes a fait de même avec Symphonic Yes. Ici, le mélange est plutôt réussi comme il le fut dans le dvd paru il y a deux ans Always Never Return.

Beaucoup de compositions prog incluent des arrangements avec des instruments issus d'orchestres symphoniques sans que cela ne choque les oreilles. Yes est même aller, avec Magnification, jusqu'à composer un album pour groupe rock et orchestre. Ici ce sont juste des réarrangements et c'est là que le bât blesse pour beaucoup. Cette volonté de rencontre de la part des musiciens de rock répond aussi je pense à leur histoire car beaucoup ont fait des études musicales "classiques" tout en jouant du rock pour le plaisir. Pink Floyd ou Led Zeppelin ont aussi eu le droit à leur album symphonique sans que leur musique y perde leur âme, mais là l'initiative ne venait pas des groupes mais d'arrangeurs.

A titre personnel, venant, avant le rock, d'une culture empreinte de musique classique, ce que l'on écoutait à la maison quand j'étais jeune, autant dire que je me suis précipité sur les premiers albums assumant cette culture (Procol Harum, Caravan) lors de leurs sorties. Depuis, je continue, en tout cas pour les groupes que j'apprécie.

Donc si vous aimez ce mélange, cet album est pour vous (et aussi pour moi), sinon ...

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