PRON FLAVURDIK

(FRANCE)

OPUS 3 : THE MOTOWN YEARS

(2008)
LABEL:

AUTRE LABEL

GENRE:

ROCK PROGRESSIF

TAGS:
Chant screamo, Expérimental, Happy
""
PLATYPUS (19.01.2009)  
3/5
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Prön Flavürdik… Qu’espérer d’un trio français affublé d’ un tel nom, localisé d’après son myspace dans la bonne ville de Rouen, sise comme chacun le sait en République Islamique d’Iran (!), et qui pour son troisième album – « The Motown Years » – choisit de ne proposer qu’un seul et long morceau de 38 minutes ? Et lorsque, renseignements pris, ledit morceau est décrit comme « a 40 minutes long single title trip, going to Holy Grind, Improvised Music, Gregorian Chant or Dröne-mixed-Carpenter's-space music », la crainte d’avoir affaire à un grand n’importe quoi ne cesse de croître. Mais de tels a priori ne résistent pas à l’écoute de l’album en question, et c’est heureux. A vrai dire, dès les cinq premières minutes, l’amateur de John Zorn ou de Mike Patton ne peut s’empêcher de fébrilement vérifier qu’il ne s’agit pas de la dernière production, sous pseudonyme, de nos deux agités du bocal préférés. Et puis décidément, non, les références au psychédélisme planant des années 70 sont trop présentes pour qu’il en soit ainsi, et dans un soupir de contentement nous comprenons enfin que le trio rouennais est bel et bien le digne continuateur des expérimentation sonores pattono-zorniennes.

Continuer ne signifie pas plagier, mais plutôt détourner et enrichir, emprunter une voie proche, et en de nombreux points différente, de l’originale. Bien sûr, on retrouve la structure linéaire à base de disto, de larsen et de bruitages industriels, entrecoupée d’explosions chaotiques et de passerelles mélodiques, qui font la spécificité des albums métal bruitiste de John Zorn (« Astronome » et « Leng Tch’e » notamment). Naturellement, le chant, suite de hurlements, de grognements et d’onomatopées diverses, est clairement inspiré des meilleures performances de Patton ("Grand Guignol" par exemple). Et l’ombre de Fantômas (« Delirium Cordia » et « Amenaza Al Mundo - Book 1 ») survole allègrement l’ensemble du morceau. Mais passées ces influences, dont il n’est de toutes façons pas concevable de se débarrasser, l’originalité de Prön Flavürdik saute aux yeux – et nous repose les oreilles.

Car la dimension mélodique n’a pas été oubliée, loin s’en faut ! Longues plages instrumentales dominées par les claviers, sur lesquelles vient d’ailleurs se greffer en plusieurs endroits un thème aérien, court (très court même, quatre notes pour être exact) semblant tout droit sorti de l’album live « Ummagumma » des Pink Floyd, période psychédélique donc. Le jeu sur le larsen n’est pas toujours associé à la violence pure, et soutient au premier tiers du morceau une boucle hypnotique constituée de deux accords, répétée avec de subtiles variations sonores et harmoniques durant plus de huit minutes. Longs, trop longs, de tels passages ? Et bien non, l’accompagnement rythmique se montrant assez fin pour nous plonger dans cet univers d’une grande richesse, en attente d’une progression qui, si elle se laisse désirer, ne déçoit pas. Et c’est bien cette dilatation du temps et de l’espace (cette dernière étant favorisée par une production de qualité), cette exploitation jusqu’au malaise des thèmes harmoniques, qui prouve la grande maturité du groupe. Par certains côtés, la démarche n’est pas très éloignée des morceaux les plus étirés de Porcupine Tree, les soli torturés en prime.

Alors bien sûr, tout cela est très noir, complètement oppressant. Si chez certains groupes l’obscurité est parfois appelée à la rescousse pour camoufler le manque de profondeur, ce n’est pas le cas ici. Quelques regrets cependant : l’interpénétration entre les parties atmosphériques et les passages plus extrêmes n’est qu’imparfaitement réussie, comme si le groupe s’était laissé hypnotisé par la morbidité linéaire de ses propres compositions. Prön Flavürdik joue-t-il pour un public ou pour lui-même ? Malgré un final d’une belle ampleur, presque lumineux, quoiqu’il en soit plus accessible, c’est bien la question qui se pose durant les vingt dernières minutes…

- Site officiel

LISTE DES PISTES:
01. The Motown Years - 38:40

FORMATION:
Benjamin Rouchaville: Guitares
Samuel Antonin: Batterie
Thomas Pelikan: Claviers
   
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