ARTISTE:

PIERRE M. E. REVERDY

(FRANCE)
TITRE:

ILLUVATAR

(2008)
LABEL:

RUPTURE

GENRE:

GUITAR HERO

TAGS:
Expérimental, Fusion, Guitar-Hero, Instrumental, Technique
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PLATYPUS (21.05.2008)  
1/5
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Chroniquer un album dans lequel officie le guitariste français Pierre-Marie Reverdy est toujours une gageure ; à plus forte raison lorsqu’il décide de tenter l’aventure en solo et nous propose une galette où les guitares jouent forcément un rôle prépondérant. Après le bien-nommé "Brutal War Metal" des trois albums de Lex Talionis, place à une curieuse alliance entre le métal progressif, le métal fusion et l’effort désormais classique du guitar-hero (soit un déluge de notes dont la finalité artistique n’est pas toujours évidente). Dans « Illuvatar », cette dernière dimension tend parfois à occulter les deux autres, la virtuosité instrumentale étant privilégiée au dépend du travail, indispensable pourtant, de composition. Pareille dissymétrie n’est pas nécessairement synonyme de catastrophe musicale (Joe Satriani a toujours été là pour le démontrer, et dans une moindre mesure, Yngwie Malmsteen également) ; mais qu’en est-il pour cet opus ?

Une précision d’abord : la technique de PMR est indubitablement excellente, notamment lorsqu’il est question de rapidité. Sweeping, tapping et autres artifices guitaristiques s’enchaînent sans discontinuer, à tel point que l’on s’interroge parfois sur la nature de l’instrument utilisé ; par instant, c’est plutôt du midi que l’on croit entendre. Si cette confusion est possible, c’est que le jeu de PMR souffre d’un défaut majeur : le manque absolu d’expressivité. Les notes défilent en l’absence de tout vibrato (excepté parfois en fin de phrase, mais c’est bien peu), bends ou legato, qui contribueraient pourtant à humaniser ces soli monstrueux de virtuosité mais très pauvres dès lors qu’est attendue l’expression – ou la transmission – d’une émotion. S’il s’agit certainement d’un parti pris, il est important je crois d’en interroger la pertinence. Car du coup, chaque effort technique ressemble peu ou prou au précédent et annonce le suivant ; autant dire qu’après avoir écouté les titres "Lampy" et "Przno", de loin les meilleurs parce que les plus mélodiques (l’influence néo-classique de Malmsteen est très présente sur le deuxième), vous avez un échantillon assez fidèle de ce que vous pourrez retrouver dans les autres morceaux. Ce qui, convenons-en, n’est jamais très bon signe.

Alors ces deux titres, que nous proposent-ils ? "Lampy" est ouvert par un déluge de notes sur un accompagnement assez pompier au clavier. Le batteur n’est pas en reste et effectue un excellent travail (notamment à la double-pédale) qui flirte parfois avec l’arythmie ; légèrement sous-mixé lorsque la guitare monopolise l’attention, il prend de temps à autre la première place avec une belle et délicate brutalité. Le clavier produit tout au long du morceau d’amples nappes (la tonalité générale ne serait pas si métal, Vangelis pourrait être convoqué dans cette chronique) qui ne font malheureusement que proposer une assise harmonique aux soli de Pierre-Marie. Par instant, ce sont des riffs presque disco, agrémentés d’effets électroniques, qui prennent le relais, singularité sympathique mais guère convaincante. Quant à la voix, entre parlé industriel et chant death, elle n’est pas indispensable (ce que confirme d’ailleurs le mixage).
Néanmoins, ce morceau est loin d’être désagréable, et tout ce qui a été négativement perçu jusque là pourrait l’être positivement ; car on sent chez PMR une sorte de radicalisme artistique (déjà bien présent au sein du groupe Lex Talionis) qui ne peut laisser indifférent l’amateur de métal progressif, encore moins peut-être celui de métal fusion. Le morceau donne parfois l’impression d’avoir été systématiquement déstructuré, mouvement après mouvement, mais aussi phrase après phrase. Cette impression est particulièrement claire lors d’un des innombrables soli situés au milieu du titre : quelques notes sont lâchées, sans grand souci mélodique mais dans une optique assez free-jazz, puis une autre petite structure soliste intervient, et ainsi de suite… D’où le sentiment d’avoir tout de même affaire avec Pierre-Marie à un guitariste qui, à partir d’un son relativement impersonnel, parvient à produire un style de jeu éminemment singulier. Le titre "Przno" est construit sur des procédés relativement identiques, mais il faut noter une musicalité plus présente, autant au sein des soli que dans l’accompagnement.

Ce qui manque donc cruellement à ce premier album solo de Pierre-Marie Reverdy, c’est tout simplement un effort de composition. Coupez un titre en son milieu et accolez-le à une fraction d’un autre titre, et vous avez de grandes chances de ne pas remarquer la moindre différence entre deux parties qui devraient pourtant être fort distinctes. D’où la lassitude qui m’a rapidement envahi lors des multiples écoutes nécessaires à la rédaction de cette chronique.
En réponse à la question posée plus haut, il serait démesuré d’invoquer une catastrophe musicale pour cet « Illuvatar » très moyennement convaincant ; mais il serait également excessif de crier au chef-d’œuvre sous prétexte d’une virtuosité instrumentale impressionnante, virtuosité ogresse qui tend à éclipser richesse de composition et transmission d’émotions.


Plus d'information sur http://www.myspace.com/pierremarieereverdy



GROUPES PROCHES:
-


LISTE DES PISTES:
01. Encamp - 03:31
02. Euskal Herria - 03:52
03. Lampy - 08:19
04. Klein Matterhorn - 06:56
05. Montsegur - 01:55
06. Przno - 05:32
07. Oc - 04:19

FORMATION:
Pierre-Marie Reverdy: Guitare sept cordes ; Ztar
   
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