ARTISTE:

INTERPOL

(ETATS UNIS)
TITRE:

TURN ON THE BRIGHT LIGHTS

(2002)
LABEL:

MATADOR

GENRE:

ROCK

TAGS:
Intimiste, Mélancolique
"Premier album et premier succès d'estime pour Interpol avec ce "Turn On The Bright Lights" aux apparences trompeuses."
TORPEDO (22.09.2022)  
4/5
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Le problème avec la manie de ranger les groupes dans des cases c'est que l'on a parfois du mal, même lorsque l'on a une certaine expérience, à faire le rapprochement entre le genre défini et la musique entendue. C'est le cas avec Interpol dont le premier album "Turn on the Bright Lights" sorti en 2002, qui va rencontrer un succès immédiat et susciter l'enthousiasme général des critiques, sera invariablement catégorisé post-punk.

Est-ce parce qu'il a été très vite comparé à Joy Division, groupe (culte pour certains) classé dans cette mouvance ayant sorti seulement deux albums dans les années 80 ? La référence en fera peut-être saliver quelques-uns mais il n'est pas certain qu'elle soit en 2022 un vrai élément marketing qui va déclencher l'envie de découvrir Interpol. Pour rappel, la musique de Joy Division est dans son ensemble très (très) répétitive, a beaucoup vieilli et n'est pas des plus faciles à assimiler, la faute notamment à un chant (si on peut appeler ça un chant) approximatif et plutôt morne et à des dissonances régulières. Si cette description vous a donné envie de poursuivre cette lecture, vous êtes soit curieux, soit anticonformiste, soit bizarre - voire les trois. Si au contraire, la fuite semble être la seule solution, ne partez pas tout de suite, vous pourriez être surpris. 

A l'écoute de ce "Turn on the Bright Lights", il est vrai que le rapprochement avec Joy Division n'est pas totalement usurpé. Si la qualité de la production n'est pas comparable, celle d'Interpol étant propre et claire, un peu étouffée avec des graves bien mis en avant, la façon de chanter pourrait quant à elle bien s'y apparenter. Dans un registre limité à une octave, presque déclamées, les lignes de chant sont souvent très monotones et n'apportent pas beaucoup de soutien mélodique. Instrumentalement, ce n'est pas beaucoup plus réjouissant. Les accords semblent être tous calqués les uns sur les autres, le jeu de guitare est assez pauvre tout comme celui de la basse et de la batterie dont les aspects binaires ne sont qu'à de rares occasions troublés par des plans certes plus originaux mais malheureusement pas toujours heureux (le pont d' 'Obstacle 1').

Pourtant, on ne le dira jamais assez, la musique peut être analysée et critiquée sur ses aspects techniques et mélodiques mais elle a avant tout la capacité à faire passer des émotions. Et c'est là qu'Interpol possède un certain potentiel. Dans le genre lourd et dépressif, 'Untitled' fait très fort avec son énorme basse et sa note de guitare tenue telle une sirène qui avertit l'auditeur que la suite risque d'être surprenante. 'Leif Erikson' n'est pas plus joyeux, 'The New' non plus avec en plus quelques dissonances, pas plus que 'Hands Away' et ses claviers planants presque optimistes ou encore 'NYC', jolie complainte avec un chant qui offre enfin un peu plus d'expressivité. Mais Interpol n'est pas que lenteur. Il ne fait pas dans le doom mais bien dans le post-punk ! Alors ça bouge, bien évidemment sur 'Obstacle 1' qui est le single de l'album et que l'on trouve même sur un guitar hero ou encore sur 'PDA' qui finit sur une note positive voire sur le carrément punk 'Say Hello To The Angels' au jeu de batterie un peu plus varié.

Pavé monolithique, il va sans dire qu'une écoute distraite de "Turn on the Bright Lights" est vouée à l'échec. Son appréciation dépend clairement de la sensibilité de chacun. Pris dans son ensemble, on peut lui reprocher à raison son manque de variations et sa technique limitée. Pourtant il se dégage de chaque chanson quelque chose de viscéral, de dérangeant et en même temps de satisfaisant. Est-ce dû à ces fugaces traits lumineux qui viennent émailler une grande partie des titres tels un phare lors d'une nuit sans lune ? Ou sa fausse simplicité réconfortante qui réserve bien souvent quelques surprises ? "Turn on the Bright Lights" est à l'évidence un premier album très intéressant et un premier succès d'estime sans être pour autant la révélation ultime à laquelle on pouvait s'attendre. Ont-ils les moyens de faire mieux ? Ou pire ? L'histoire nous le dira...


Plus d'information sur https://www.interpolnyc.com/



GROUPES PROCHES:
THE KILLERS, ARCADE FIRE


LISTE DES PISTES:
01. Untitled
02. Obstacle 1
03. NYC
04. PDA
05. Say hello to Angels
06. Hands Away
07. Obstacle 2
08. Stella Was a Diver and She Was Always Down
09. Roland
10. The New
11. Leif Erikson

FORMATION:
Daniel Kessler: Guitares
Paul Banks: Chant / Guitares
Sam Fogarino: Batterie
   
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