GROUPE/AUTEUR:

PAIN OF SALVATION

(SUÈDE)

TITRE:
PANTHER (2020)
LABEL:
CENTURY MEDIA RECORDS
GENRE:
METAL PROGRESSIF

"Avec ce "Panther" inventif, racé et émouvant, Pain Of Salvation met une fois de plus son immense talent au service de l’audace et de la créativité. Magnifique."
NEWF - 04.09.2020 - (3) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
5/5
Toulouse, 12 octobre 2019. Une jeune femme frêle et timide, les bras chargés de cadeaux, aborde Daniel Gildenlöw. « Vous m’avez sauvé la vie » lui dit-elle, la gorge nouée par l'émotion. Surpris, Daniel l’invite à s’asseoir et à lui raconter son histoire. Elle lui raconte le long tunnel de la dépression, le trou noir, les mois d’hospitalisation pendant lesquels sa sœur venait lui rendre visite et lui passait les albums de Pain Of Salvation en boucle, tous les jours. Elle lui raconte comment la musique du groupe et la voix de Daniel l’ont sortie du gouffre et l’ont ramenée à la vie. La musique ne peut pas sauver le monde mais elle peut sauver des gens. Celle de Pain Of Salvation l’a sauvée elle. Ce jour-là les Suédois, unanimes, lui offrirent le plus beau cadeau qu’un fan peut espérer : suivre les musiciens dans la préparation d’un concert. Elle ne les lâcha pas d’une semelle, comme envoûtée par la simplicité et l’humanité qui se dégage du groupe et qu’elle avait ressenties tant de fois à l’écoute de ses albums. Quelques heures plus tard, Pain Of Salvation clôtura le Ready For Prog Festival et mit un terme définitif à la tournée "In The Passing Light Of Day", avec un set qui restera pour longtemps dans les mémoires des spectateurs. Un set rempli d’émotion, à la fois humain et animal, comme seul Pain Of Salvation est capable d’en offrir.

Ce mélange d’humanité et d’animalité est au centre de "Panther", comme il est au centre de tous les albums de Pain Of Salvation depuis trente ans. "In The Passing Light Of Day" était émotionnel et sauvage, "Panther" est plus fou mais aussi plus apaisé. Pourtant il s’en est passé des choses dans la vie du groupe depuis trois ans. Ragnar Zolberg est parti, Johan Hallgren est revenu et Gustaf Hielm, même s’il est crédité à la basse sur l’album, a décidé de quitter le navire après un burn-out douloureux. Mais Pain Of Salvation en a vu bien d’autres et rien ne peut arrêter l’élan créatif qui le place depuis tant d’années au sommet du metal progressif mondial.

"Panther" est un album concept qui traite de la façon dont les sociétés modernes considèrent les gens hors normes ou anormaux. Thématiquement et musicalement, il est à la fois la synthèse et la continuité de l’inspiration sans borne de Daniel Gildenlöw. Des titres comme ‘Restless Boy’ ou ‘Keen To A Fault’ sont parfaitement dans l’esprit du Pain Of Salvation du début des années 2000, celui de "The Perfect Element" et de "Remedy Lane", tandis que le magnifique ‘Icon’ est la suite directe de "In The Passing Light Of Day". Il est certain que cet album cathartique restera pour longtemps un des fleurons de la discographie du groupe. D’ailleurs son logo figure en bonne place sur le magnifique artwork de "Panther". Mais au-delà de la symbolique, c’est bien le son de ce nouvel album qui poursuit l’œuvre du précédent, à commencer par le superbe travail de Leo Margarit à la batterie, dont la frappe sèche et organique met en relief le travail polyrythmique effréné de chaque composition.

Mais ce qui rend Pain Of Salvation si attachant et si respecté, c’est aussi et surtout sa créativité et sa volonté farouche de prendre des risques. "Panther" n’échappe pas à la règle et regorge de trouvailles sonores et de bruitages en tout genre prompts à surprendre voire à déstabiliser l’auditeur. Daniel Gildenlöw s’amuse avec les filtres vocaux, le vocoder sur ‘Restless Boy’, l’autotune sur ‘Wait’, joue avec les effets de guitare (le magnifique solo de ‘Icon’). Et pourtant les compositions sont toutes parfaitement cohérentes car elles sont traversées de l’esprit audacieux de son créateur, capable de rendre émouvant les titres les plus fous. C’est le cas de l’étonnant ‘Species’ qui sonne comme un hommage décalé à The Who et c’est surtout le cas de ‘Panther’, qui combine allègrement les influences electro, hip hop et metal, les percussions tribales et les arpèges de piano délicats pendant que Daniel alterne couplets rap et refrains déchirants.

Toute la force de Pain Of Salvation réside dans cette capacité à faire surgir l’émotion au milieu de la folie. Bien sûr la voix sublime de Daniel Gildenlöw y est pour beaucoup. Mais les claviers de Daniel Karlsson aussi. Et contrairement à "In The Passing Light Of Day" qui était plus metal, "Panther" lui offre à de nombreuses reprises la possibilité d’exprimer son talent, soit en développant l’aspect symphonique de certains titres (‘Accelerator’, ‘Unfuture’), soit en en construisant lui-même les bases mélodiques avec de magnifiques arpèges de piano (‘Wait’, ‘Icon’).

Pain Of Salvation fait partie des très rares groupes capables de se renouveler sans jamais sacrifier son identité si singulière. Avec cet album inventif et apaisé, racé et émouvant, le groupe met une fois de plus son talent au service de l’audace et de la créativité. "Panther" ne sauvera pas le monde. Mais peut-être sauvera-t-il la vie d’une autre personne comme la jeune femme de Toulouse. En tout cas, il sauve à coup sûr cette année 2020 si particulière, et nous ne l’en remercierons jamais assez.

Plus d'information sur http://www.painofsalvation.com/enter.htm



GROUPES PROCHES:
HOURGLASS, ASYLUM PYRE, DYNAMIC LIGHTS, HAKEN, RENAISSANCE OF FOOLS, DARK SUNS, DIMENSION X, NOVACT, WITHOUT END, MEMORIES LAB

LISTE DES PISTES:
01. Accelerator
02. Unfuture
03. Restless Boy
04. Wait
05. Keen To A Fault
06. Fur
07. Panther
08. Species
09. Icon
10. Panther (Demo)
11. Keen To A Fault (Demo)
12. Fifi Gruffi
13. Unforever


FORMATION:
Daniel Gildenlöw: Chant / Guitares
Daniel Karlsson: Claviers
Gustaf Hielm: Basse
Johan Hallgren: Guitares
Léo Margarit: Batterie


TAGS:
Avant-gardiste, Chaotique, Fusion, Groovy, Mélancolique, Technique
 
 
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LOLO_THE_BEST59 - 13/09/2020 -
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2/5
Au risque de me faire lyncher, j'apporterai une vision beaucoup plus nuancée à ce nouvel opus P.O.S. Dis plus crûment, je n'ai pas aimé. Pourtant, je lui ai donné sa chance, avec plusieurs écoutes. Sachant que j'ai toujours été opposé au principe qu'un album peut parfois délivrer toute sa substance après de multiples écoutes, idée que j'ai toujours trouvé saugrenue ; soit on aime du premier coup, soit ça ne passe pas, et je compte sur les doigts d'une main les albums qui échappent à cette règle.
Bref, j'ai du mal à comprendre cette hype sur cet album. Les trois premiers titres sont quelconques, discordants et monotones, malgré le break par exemple sur le titre initial. Donc, ça ne démarre vraiment qu'avec Wait, qui introduit (enfin) un peu de nuance et de subtilité. Je passe sur Fur, qui n'apporte rien, et Species, qui coince dès que le tempo s'accélère. Panther a un petit quelque chose, pour être gentil, mais ne casse pas non plus 3 pattes à un canard boîteux. Reste un titre qui surnage, Icon, qui montre enfin un peu d'ambition et s'inscrit dans un vrai propos progressif. C'est bien pauvre pour un groupe de la stature de P.O.S.

CALGEPO - 28/08/2020 -
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5/5
Pain of Salvation est certainement le groupe qui monte de plus en plus dans l’estime de mes combos favoris. Là où certains s’endorment sur leurs lauriers en proposant des productions qui tombent dans la facilité sous couvert de vouloir faire autre chose ou à l’inverse redondantes car ils pensent avoir trouver la bonne formule, les Suédois, et surtout leur leader, continuent leurs explorations sonores. « Panther » ne déroge pas à cette règle de manière très réussie car le cap n’était pas simple à franchir après un splendide et prenant « In The Passing Light Of Day ».
En y regardant de plus près, « Panther » en prend un peu le contrepied avec des titres beaucoup plus variés qu’à l’accoutumée. Le groupe ne s’interdit rien et repousse sans cesse ses limites tout en conservant sa saveur, son âme, sa personnalité faite de polyrythmies à n’en plus finir qui forgent sa singularité et de concepts ou thèmes toujours intéressants. Pain of Salvation aborde ici le thème de la « normalité » qui semble être devenu l’os à ronger de certaines sociétés actuelles qui tendent vers l’uniformatisation de la pensée, des attitudes et qui gomment tout ce qui peut la déranger.
Mis en perspective, l’album est bourré de différences alternant passages de folie et mouvements d’accalmie comme l’a encore si bien écrit Newf dans son excellente chronique. Ainsi, le groupe démontre que la norme ne fait pas la richesse qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, se trouve nichée dans les (nos) aspérités, les (nos) différences qui peuvent être source d’engouement, d’énergie et nous tirer vers le haut. Cela demande un effort pour aller vers elles, les comprendre, d’en obtenir le meilleur plutôt que de se voiler la face et d’envisager une solution de facilité plus aisée et finalement contreproductive. En outre, Daniel a le mérite de proposer un album concis, direct, aéré tout en continuant d’épancher sa soif de curiosité sonore (les effets en post-production évoqués dans la chronique) bien aidé par des musiciens toujours aussi doués. Pour moi, la musique de Pain of Salvation est l’une des plus humaine qui existe, elle respire la vie.
Voici donc un album qui apporte de la lumière en cette année bien morne et anxiogène.

CORTO1809 - 12/08/2020 -
0 0
4/5
Pain of Salvation est le seul groupe de metal que j'aime... probablement parce que ce n'est pas qu'un "simple" groupe de metal. Comme le dit très bien la chronique de Newf, le groupe n'a de cesse d'inventer des trouvailles, tant sur le plan de la composition que des arrangements, qui viennent sans cesse renouveler l'intérêt de l'auditeur. Et prend le risque que chaque album soit différent du précédent, comme un certain David Bowie en son temps. On ne sait jamais ce qu'on va trouver et cela contribue aussi au plaisir. Parfois on est déçu, parfois on est transporté, ce qui explique que la rédaction de MW se soit souvent trouvée divisée dans ses opinions : ceux qui ont succombé au charme des premiers albums, d'un metal plus conventionnel, et qui ne jurent que par "The Perfect Element", trouvent bien mous les albums que d'autres (dont je fais partie) apprécient, plus sensibles aux albums moins pêchus.

Si "In The Passing Light of Day" était un peu trop metallique à mon goût, ce "Panther" revient à un style bien plus varié et moins porté sur les riffs de guitare. Certes les moments soutenus ne manquent pas, mais ils alternent avec des moments de quiétude qui rendent l'écoute variée et agréable. Si l'album est "typé" metal progressif, le côté progressif l'emporte largement sur le côté metal, il suffit d'écouter le long et superbe 'Icon' pour s'en convaincre. Si vous connaissez le groupe et avez apprécié "Be" ou les "Road Salt", ce disque devrait vous séduire. Si vous ne connaissez pas encore Pain of Salvation, c'est une bonne porte d'entrée à son univers si particulier.

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NOTES
2.4/5 (5 avis) 4.3/5 (9 avis)
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