GROUPE/AUTEUR:

GANDALF’S FIST

(ROYAUME UNI)

TITRE:
THE CLOCKWORK FABLE (2016)
LABEL:
AUTRE LABEL
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

"Une histoire fantastique en 3 actes et autant de CD, pour une symphonie progressive de toute beauté : bienvenue à Cogtopolis, siège du troisième album de Gandalf's Fist."
TONYB - 17.05.2016 - (1) Avis des lecteurs - (0) commentaire(s)
4/5
Pour leur troisième album, les Anglais de Gandalf's Fist, chantres déclarés du rock progressif médiéval (!), ont vu les choses en grand, puisque ce sont pas moins de 3 CD accompagnés d'un luxueux livret qui composent cette nouvelle œuvre. Et pour cause, car celle-ci nous raconte une véritable histoire, sous la forme d'un opéra progressif, voire d'un théâtre musical puisque de véritables saynètes jouées par différents acteurs sont intercalées entre les différentes pièces qui, essentiellement par l'intermédiaire d'un allumeur de réverbère, nous content l'histoire de Cogtopolis, cité post-apocalyptique située sous la surface de la terre, où la lumière du jour est inexistante depuis plus de deux siècles, le soleil étant une simple légende. Parmi ses habitants, un petit groupe cherche à s'en évader, en quête de lumière naturelle.

Avant de nous intéresser au propos musical, il convient tout d'abord de s'arrêter sur le procédé utilisé par le groupe pour narrer cette histoire complexe. Comme dit précédemment, chaque titre est précédé par de véritables scènes jouées par différents acteurs. Si les narrations sont finalement monnaie courante dans les œuvres progressives conceptuelles et ne nuisent guère à la qualité d'écoute, Gandalf's Fist pousse ici le bouchon beaucoup plus loin d'une part en systématisant le principe, et d'autre part en lui accordant une place considérable puisqu'au final, ce sont près de 55 minutes de dialogues qui seront proposés à l'auditeur ! Autant vous l'avouer tout de suite, une fois la première écoute des 190 minutes digérée, les suivantes se sont faites en zappant une plage sur deux pour ne retenir que les parties musicales.

Celles-ci sont fort heureusement de longue durée, avec beaucoup de titres subdivisés en différentes parties. Cette technique permet d'une part au groupe de coller à l'histoire, mais également d'introduire de multiples thèmes et ambiances différents, à la manière des productions de Ayreon. On ne sera donc pas surpris de retrouver parmi les vocalistes invités Arjen Lucassen, mais également un certain Blaze Bayley (Iron Maiden), ce dernier intervenant dans un des titres les plus musclés ('At the Sign of Aperture'). Car si la musique de Gandalf's Fist navigue majoritairement du côté du néo-progressif, elle contient de nombreuses  nuances invoquant aussi bien les productions des années 90-2000 que les œuvres actuelles à tendance métallique.

 Dans le même ordre d'idée, et quand bien même il reste au final peu présent, le côté médiéval revendiqué par le groupe s'invite essentiellement sur le premier CD ('The Capture'), ainsi que plusieurs passages folkloriques et autres interventions de flûte à tendance Jethrotullienne. Pour le reste, nous avons à faire à une alternance très équilibrée des instruments plus traditionnels, et notamment les claviers et guitares qui se taillent la part du lion, tandis que la batterie superbement mixée complète un spectre sonore particulièrement bien équilibré.

Avec tout ce matériel, "The Clockwork Fable" constitue une véritable symphonie progressive, composée de quelques titres directs, aux mélodies immédiates et facilement accessibles ('Shadoborn' ou la superbe ballade 'Eve's Song'), mais surtout de plages longues aux thèmes multiples, pour lesquels une écoute distraite s'avèrera insuffisante pour en cerner tous les atours. Et c'est peut-être le petit reproche que l'on pourrait faire à l'encontre de Dean Marsh, cerveau de l'affaire : à trop multiplier les rebondissements, certaines parties passent trop rapidement et manquent de développement, de montée en puissance ou de continuité. Un comble pour un album proposant plus de 2 heures de musique, mais cette impression est persistante sur la plupart des epics en plusieurs parties.

 N'oublions pas non plus les chœurs pompeux inhérents à ce type de production ('Victims of the Light'), et quelques clins d'œil aux grands anciens et plus particulièrement Pink Floyd (les guitares de 'Ditchwater Daisies' ou de 'The Climb', ou encore 'The Clockwork Fable', sorte de 'Comfortably Numb' sans le solo !). Un mot enfin pour souligner les splendides interventions de la voix féminine de Melissa Hollick qui, par son timbre chaud et sa tessiture incroyable, illumine chacune des secondes qui lui sont attribuées, apportant un contraste intéressant avec l'éventail de voix masculines.

Décrire plus en détail un tel magnum-opus relèverait de la littérature, tant la masse de musique proposée par "The Clockwork Fable" est imposante. Bien évidemment, il sera difficile d'ingurgiter l'ensemble d'une seule traite, et il conviendra de multiplier les écoutes, quitte à les fractionner, pour apprécier pleinement un album qui fera à n'en pas douter date dans la carrière de Gandalf's Fist.

Plus d'information sur http://www.gandalfsfist.com



GROUPES PROCHES:
PINK FLOYD, ALAN PARSONS, ELOY, AYREON

LISTE DES PISTES:
01. The Traveller and the Lighter (4:13)
02. Shadowborn (6:51)
03. The Unminable Zone (2:32)
04. The Lamplighter (Parts I-VIII) (15:57)
05. In the Cavern of the Great Cog (3:52)
06. The Great Cog (5:15)
07. The Shadow Rises... (5:52)
08. The Capture (Including the Song for a Fallen Nightkeeper) (6:51)
10. Eve's Song (8:27)
11. A Sermon for Shadowmas (1:18)
12. Victims of the Light (9:10)
13. Old Friends, New Enemies (4:23)
14. Ditchwater Daisies (7:22)
15. De-ranged (3:30)
16. The Lamplighter (Parts IX-XIII) (12:13)
17. In the Name of the Spy (2:56)
18. The Bewildering Conscience of a Clockwork Child (10:20)
19. Escape! (3:25)
20. A Solemn Toast for the Steam Ranger Reborn (10:38)
21. The Oldest Flame (1:58)
22. The Lamplighter (Parts XIV-XV) (2:58)
23. Flight for the Surface (2:10)
24. The Climb (12:24)
25. At the Summit (8:05)
26. Fight for the Light (8:08)
27. Quest for Power (1:12)
28. At the Sign of the Aperture (12:33)
29. A Machine Serves His Purpose (1:30)
30. The Clockwork Fable (5:13)
31. Escape from Cogtopolis (1:14)
32. Through the Lens (3:25)
33. Epilogue - Oh Bugger! (1:02)
99. Waiting for Exile (7:05)


FORMATION:
Chris Ewen: Basse
Dean Marsh: Chant / Guitares / Claviers / Banjo, Mandoline
Luke Severn: Chant
Stefan Hepe: Batterie
Arjen Lucassen: Chant / Invité
Bill Fellows: Invité / Acteur
Blaze Bayley: Chant / Invité
Dave Oberlé: Chant / Invité
Mark Benton: Invité / Acteur
Matt Stevens: Chant / Invité
Paul Barnhill: Invité / Acteur
Paul Kavanagh: Invité / Acteur
Tim Munro: Invité / Acteur
Zach Galligan: Invité / Acteur


TAGS:
Epique, Folk, Médiéval, Neo, Concept-album, Opera Rock, Choeurs
 
 
(1) AVIS DES LECTEURS
En cliquant sur le bouton ci-dessous vous pourrez écrire votre propre chronique a propos de cet album et lui attribuer une note. Ceci n'est pas un commentaire et demande au moins une dizaine de ligne pour expliquer pourquoi vous avez aimé ou non la production.
CORTO1809 - 18/05/2016 -
0 0
2/5
L'archétype de la mauvaise idée en progressif : s'embarquer tellement loin dans son concept qu'on en oublie l'essentiel, le plaisir qu'on doit retirer de l'écoute. La narration prend une place tellement importante qu'elle hache complètement les parties musicales qu'il est bien difficile d'apprécier. Acheter un triple album pour zapper près d'un tiers de bavardages inutiles est au-dessus de mes forces. Et le néo prog balisé et sans surprise de Gandalf's Fist ne mérite pas qu'on fasse cet effort.
Haut de page
(0) COMMENTAIRE(S)
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'album ou de la chronique, expliquez pourquoi vous êtes d'accord ou non ou tout simplement raconter votre vie...
 
Aucun commentaire. Soyez le premier à donner votre avis sur cette chronique ou sur cette production
Haut de page
EN RELATION AVEC GANDALF’S FIST
DERNIERE ACTUALITE
GANDALF’S FIST: Ré-édition de "Road To Darkness"
Toutes les actualités sur GANDALF’S FIST
NOTES
3.5/5 (2 avis) 3/5 (2 avis)
MA NOTE :
 
AUTRES CHRONIQUES
CHRONIQUE PRECEDENTE
IVORY (IT): A Moment, A Place And A Reason (2016)
A.O.R. Sans être une purge, "A Moment, A Place And A Reason" possède beaucoup trop de faiblesses et s'avère globalement pénible.
 
CHRONIQUE SUIVANTE
AVATAR: Feathers & Flesh (2016)
METAL INDUSTRIEL Alléchés par un excellent "Hail The Apocalypse", nous attendions un chef-d'œuvre de la part des Suédois qui nous proposent juste de patienter encore un peu...
ECOUTE EN STREAMING
 
 
AUTRE(S) CHRONIQUES CONCERNANT GANDALF’S FIST
GANDALF’S-FIST_A-day-in-the-life
A Day In The Life (2013)
3/5
3.3/5
AUTRE LABEL / ROCK PROGRESSIF
 
F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020