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Album DEAD CAN DANCE WITHIN THE REALM OF A DYING SUN DEAD CAN DANCE
WITHIN THE REALM OF A DYING SUN (1987)
4AD
AUTRES
5/5
MARC_M
13/08/2022
 
6
0 1
Album magnifique et totalement inclassable, Within the Realm Of A Dying Sun est définitivement celui de DCD qui est le plus influencé par la musique classique - directement. Brendan Perry avait même apparemment pris des cours de musique pour cet album, étudiant le contrepoint. Le duo, toujours aussi peu disert sur l'instrumentation utilisé par ses deux membres, ne citant que les invités, délaisse totalement les guitares et la basse (et la boîte à rythme !) pour privilégier des claviers cristallins ou orchestraux, le yang ch'in joué par Lisa, plus peut-être un ou deux autres qu'il faut deviner à l'écoute. Des violoncelles et violons, ainsi que des trombones, déjà présents sur Spleen & Ideal en 1985 prennent ici encore de l'importance, avec une dominante pour les cordes, cette fois, rendant les arrangements plus aériens et moins sombres. Hum ? Si peu…

Alors, bien, sûr, ce disque ne brille pas par une franche gaieté. Il n'y a qu'à penser déjà à ce titre dramatique : "Dans le royaume d'un soleil mourant !" ! Tout est dit ! A l'image de cette pochette énigmatique sans aucune mention, illustrée d'une photo de la tombe de François-Vincent Raspail au Père Lachaise de Paris, où la statue d'une pleureuse s'accroche à la crypte abritant le fameux chimiste et homme politique, telle un spectre ne voulant pas délaisser un être cher.
Depuis sa sortie en 1987, l'album n'a rien perdu de sa puissance dramatique et de sa perfection formelle. Le choix de placer tous les titres chantés par Brendan Perry sur une face (seulement trois morceaux plus un instrumental) et ceux chanté par Lisa Gerrard sur la seconde peut paraître curieux mais chacun chante parfois un peu sur les morceaux de l'autre et cela crée un ensemble cohérent et contrasté.
Sur la première partie, Brendan Perry développe trois chansons et un instrumental assez accessibles, basé sur des claviers cristallins et orchestraux complétés par les instruments classiques ici et là, à l'ambiance sombre et mystérieuse, mélancolique, voire presque funèbre, démontrant ses talents de chanteur au timbre grave, sans recourir aux clichés gutturaux typiques du gothique et du post-punk du début des années 80… Sa voix, enrichie il est vrai d'une réverbe généreuse, prend de l'ampleur et de la profondeur, et on ne peut qu'admirer toute l'émotion qu'il transmet sans forcer, que ce soit sur les lents et solennels Anywhere Out Of The World et In The Wake Of Adversity ou le plus enlevé Xavier, dont l'intro est chanté par Gerrard (morceau qui sera plus tard repris par Paradise Lost)
ace et une atmosphère vraiment dramatique empreinte d'une passion mystique sur la seconde face, où Lisa Gerrard atteint des sommets inégalés d'émotion et de performance vocale... que ce soit sur le pesant titre introductif Dawn Of The Iconoclast, le très orientalisant Cantara, devenu à l'époque un classique en concert, puis le symphonique Summoning of The Muse avec ses cloches solennelles Cantara, et enfin l'époustouflant Persephone, à l'intro en deux parties, la première pesante et vraiment lugubre où Gerrard puise pour la première fois dans les tréfonds de son registre de contralto incroyable, puis la seconde où la voix s'élève vers des sphères qui semblent inaccessibles au commun des mortels, pour que le morceau se développe ensuite dur un ton plus léger, mélancolique et de plus en plus apaisé, avec une ambiance élégiaque, on ne sait combien d'octaves sont parcourues par cette (ces) voix qui semble(nt) venir de plusieurs chanteuses. Fantastique conclusion d'un album qui ne l'est pas moins.
On ne peut sortir indemne d'une telle écoute… un album essentiel, qui définit un genre à lui tout seul.


Album LAIBACH WIR SIND DAS VOLK LAIBACH
WIR SIND DAS VOLK (2022)
PIAS
AUTRES
1/5
ABADDON
25/04/2022
  0 1
Soyons clair : ce projet scénique n’a que très peu de rapport avec la musique (et aucun avec la mélodie). Il s’agit d’une illustration théâtrale de textes du dramaturge allemand Heiner Müller (1929-1995), un auteur très important dans la littérature germanophone, qui a choisi après la guerre de rester en Allemagne de l’Est où il a écrit nombre de textes et pièces de théâtre qui le placent en porte-à-faux vis-à-vis du régime : pour les uns, son œuvre est une critique des sociétés occidentales, tandis que pour d’autres certains de ses textes sont à double sens et critiquent un régime "malade dès sa naissance", ce qui lui vaudra moult censures politiques.

Cette ambiguïté n’est évidemment pas pour déplaire au collectif slovène de Laibach, qui cultive le flou idéologique depuis de nombreuses années, mais d’une manière beaucoup plus douteuse que Müller, puisqu’il prétend dénoncer les totalitarismes en utilisant un habillage totalitariste (fasciste voire national-socialiste), en évitant soigneusement de lever toute équivoque. Laibach présente donc ici une longue pièce "Wir Sind Das Volk" (84 minutes), illustration "musicale" de textes de Müller emballée dans une iconographie elle aussi à double sens, une photographie très travaillée de l’Autrichien Gottfried Helnwein, "Epiphany I: Adoration of the Magi", dans lequel le spectateur pas forcément à l’aise voit une madone et son chérubin exposés au regard inquisiteur d’un groupe d’hommes au choix adorateurs, concupiscents ou voyeurs (à noter que dans cette série de l’artiste, bon nombre de ces hommes sont habillés d’un uniforme nazi).

Voilà pour le décor. Côté musique, comme d’habitude avec Laibach, c’est à peu près le néant, avec toutefois une production moins imprécise qu’auparavant. Certaines pièces sont totalement dépourvues de musique (le sommet : Seife in Bayreuth’, entrecoupé de silences allant jusqu’à 30 secondes…), simples lectures de textes (inutile de dire que pour tout auditeur non-germanophone, c’est d’un hermétisme total). D’autres sont sous-tendues par une orchestration minimaliste où se fait entendre la tendance indus’ du groupe ('Der Vater', Herakles 2 oder die Hydra’), quelques arrière-plans faits de cordes dissonantes ('Im Herbst 197.. starb…’ par exemple). Rares exceptions à cet obscur avant-gardisme, 'Medea Material’ et sa mélodie très simple, ’Flieger, grüß mir die Sonne’, sorte de caricature très pataude de chant de cabaret, et ’Ich will ein Deutscher sein’ au ton confusément ridicule en liaison avec un chant vaguement opératique pas très stable et sans grand rapport avec l’accompagnement.

Autant dire que l’amateur de musique arrive très rapidement à saturation, et se dit qu’il faut à tout prix arrêter de cautionner ce genre de produit qui associe bruitisme instrumental et voix sépulcrale qui psalmodie ou chuchote (Milan Fran, toujours aussi insupportable) : ’Ordnung und Disziplin’ représente ici l’Everest du grand n’importe quoi. Restent la performance d’acteurs ('Herakles 2') et l’importance des textes, qui faute de compréhension ne toucheront hélas pas grand monde.

Pourtant ce genre de production a sa raison d’être : après tout, la provocation a toujours fait partie de la démarche artistique… Quand c’est bien fait, on crie au génie ("L’origine du Monde" de Gustave Courbet, le "Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky, le "Boléro" de Maurice Béjart…). Le gros problème avec Laibach, c’est que c’est musicalement et vocalement mauvais, simpliste et mal exécuté. De la constance dans la médiocrité, en somme, car si les Slovènes interpellent, il le font pour les mauvaises raisons et avec un véhicule qu’il conduisent très mal !

Album KRAFTWERK RADIOACTIVITY KRAFTWERK
RADIOACTIVITY (1975)
PHILIPS/PHONOGRAM
AUTRES
5/5
DARWINWILD
04/05/2020
 
35
0 1
Kraftwerk est un des pionniers de la musique électronique et durant les années 70 n'a jamais cessé de repousser les limites de la technologie afin de créer des œuvres toutes plus modernes les unes que les autres.
Après avoir conquis le monde avec un "autobahn" diablement réussi bien qu'avec selon moi une seconde face pas vraiment indispensable, il nous reviennent ici avec un nouvel album qui encore une fois va frapper fort.

l'album "radioactity" est une sorte de concept-album sur la radioactivité et le nouveau monde nucléaire qui enchaine avec brio des pièces électro entrecoupées de petites pièces bruitistes qui ramène de la cohérence dans le propos.
Ici se trouve tout simplement le meilleur album de Kraftwerk et probablement l'un des plus grand chef-d'œuvre de l'histoire de la musique électronique, à mettre au panthéon de la musique aux cotés d'albums comme "equinoxe" de Jean-Michel Jarre ou de "Rubycon" de Tangerine Dream par exemple.
Tout ici est magnifique à l'exception peut-être de quelques plages bruitistes qui à part pour amener de la cohérence et lier les morceaux entre eux n'apportent pas grand chose de plus; tous les titres sont d'excellente qualité mais le titre le plus fort de l'album reste quand même le dernier "ohm sweet ohm" qui vient clore avec maestria ce chef-d'œuvre.

Un must-have de la musique électro que tout connaisseurs, collectionneur ou passionnés de musique électro se doivent d'avoir dans leur collection car qu'on ne l'aime ou qu'on ne l'aime pas cet album reste malgré tout un mythe et une pierre angulaire de la musique électro et de la musique moderne en général.

Album DEAD CAN DANCE DIONYSUS DEAD CAN DANCE
DIONYSUS (2018)
PIAS
AUTRES
5/5
TONYB
14/11/2018
  0 0
Dead Can Dance est vraiment un groupe trop rare, et ce "Dionysus" vient combler une nouvelle absence de 6 années.
Mais quel régal ! Un voyage intemporel rempli de musiques venues de partout et d'ailleurs. Moyen-âge ('The mountain'), Marrakech ('Dance of the Bacchantes') et autres destinations se mélangent sur fonds de percussions aussi pregnantes que sur l'album "The Serpent's Egg". La production est une nouvelle fois parfaite.
Un seul reproche : 36 minutes de musique seulement ... on en aurait aimé le double !

Album DREAM THEATER THE ASTONISHING DREAM THEATER
THE ASTONISHING (2016)
ROADRUNNER RECORDS
METAL PROGRESSIF
2/5
ABADDON
08/08/2018
  1 0
"The Astonishing" décrit un univers dystopique dans lequel la seule musique autorisée est produite par des automates, les Nomacs. Mais dans une contrée reculée vit un homme (Gabriel, le Héros de l’histoire) qui a le don de faire et de chanter la musique. Ce talent extraordinaire lui confère rapidement une certaine renommée, et il apparaît ainsi comme une sorte de messie. L’empereur venu le voir avec toute sa suite comprend que le don de Gabriel représente une menace pour son pouvoir, mais de son côté, sa princesse de fille en tombe éperdument amoureuse.
Elle décide de le rejoindre, mais sa mère, ayant deviné ses desseins, la fait suivre par son frère Daryus. Arrivé sur place, celui-ci combat le frère de Gabriel et le tue, puis dans un moment de confusion, tue aussi sa propre sœur qu’il a prise pour Gabriel. Heureusement, Gabriel arrive et parvient à ressusciter la princesse grâce à son chant, ce qui convainc l’empereur que le chant et la musique sont de bonnes choses et qu’il est temps de changer sa façon de gouverner, dans un monde où la musique serait à nouveau appréciée.

Cette heroic fantasy musicale qui accumule les péripéties attendues est très éloignée des motifs psychologiques complexes qui sous-tendent par exemple la trame de "The Theory of Everything" d’Ayreon. Ici, pas la moindre profondeur, juste un canevas filiforme qui est un prétexte à un opéra musical typé metal. En ce sens, et bien qu’il ait été qualifié pompeusement de concept-album par ses géniteurs, cet opus est typiquement un story-album, qui ne manipule aucun concept mais s’appuie uniquement sur un récit, tout à fait à la façon de ce que Clive Nolan a développé avec "Alchemy". Il a pu être comparé avec "The Wall" ou "Tommy", qui eux, étaient de vraies paraboles sur l’enfermement, ou "Operation Mindcrime’, qui développe un univers paranoïde plus élaboré. Le battage médiatique qui a accompagné la sortie de l’album ainsi que le mystère autour du scénario auront donc fait long feu : ce n’est pas du côté du synopsis de "The Astonishing" qu’il faut rechercher une richesse consistante.

Côté musique à présent, Dream Theater déroule son savoir-faire habituel : techniquement irréprochable, le quintet est d’une précision chirurgicale, avec tout le sang froid qui s’ensuit. Les deux heures de musique sont d’un ennui glacial, sans aucune émotion, empilant les soli virtuoses, les descentes de manche et les coups de double-pédale avec une maîtrise consommée. Côté sentiments, par contre, c’est l’électro-émotionnogramme plat à de très rares exceptions près (le solo de guitare de 'Chosen', malheureusement court). La basse se réfugie dans un rôle principalement rythmique, alors qu’elle sonne beaucoup mieux quand elle est employée dans un registre plus mélodique ('New Beginning'). La batterie quand à elle est une mécanique froide et sans âme, intercalant le plus de motifs possibles à la double pédale, dans un esprit bien peu musical. Quant au chant, il souligne les limites de James Labrie, qui a toujours eu un registre très typé dont il ne peut pas s’échapper. A ce titre, vouloir à tout prix faire tenir tous les rôles (8 !) par un vocaliste mono-genre était un pari osé…

C’est quand DT fait du DT qu’il s’en sort le mieux : 'A New Beginning’, 'Moment of Betrayal’ sont de vrais bons moments mais ne surprennent pas et se noient dans la froidure ambiante. Mon impression est que le groupe, voyant la montée en puissance des musicals et autres space opera, a décidé de se lancer dans le créneau en disant : "Avec nous, vous allez voir ce que vous allez voir". Patatras, la montagne a accouché d’une souris mécanique. "The Astonishing" m’évoque irrésistiblement l’horloge d’un bloc chirurgical : outil mécanique supérieurement précis, parfaitement aseptisé et très ennuyeux à considérer.

Album THERION BELOVED ANTICHRIST THERION
BELOVED ANTICHRIST (2018)
NUCLEAR BLAST
AUTRES
2/5
LOLO_THE_BEST59
09/04/2018
 
814
0 0
On ne peut qu'être admiratif devant un tel labeur. Pour le reste, il faut vraiment être fondu d'opéra baroque métallique pour apprécier ce pavé monumental.
 
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