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TITRE:

IN FLAMES (08 JUILLET 2014)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



Musicwaves a rendez-vous avec Anders Fridén et Björn Gelotte d'In Flames pour parler de leur dernier album "Siren Charms" et de la confirmation de la direction prise par le groupe, plutôt controversée...
PHILX - 12.09.2014 -
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Une des caractéristiques principales d'In Flames est sa capacité à évoluer naturellement, pas de façon forcée pour suivre un mouvement ou une mode. Comment réussissez-vous a être aussi à l'aise dans tous les genres musicaux que vous traversez ?

Anders : Tout commence par les questions : "Qu'est-ce qu'on aime ? Qu'est-ce qu'on veut faire ?" On ne sait pas ce que les gens attendent de nous. Il y a des moyens de le deviner, mais le but est réellement de faire ce qui nous plait et d'être vrai. On a ce besoin d'écrire, ce besoin d'en parler avec vous. Si on n'y croit pas nous même, quelle crédibilité peut-on avoir ? C'est pareil sur scène. Une fois que c'est vérifié, on se donne à fond et on peut vraiment faire ce qu'on veut.


Comme on le disait, vous ne vous cantonnez pas à un seul genre musical, mais vous avez cette capacité de créer votre propre crossover. Est-ce qu'In Flames peut être résumé à ça ? Un groupe qui créée son propre genre musical quitte à être précurseur comme vous avez pu l'être sur la scène Death au début de votre carrière ?

Anders : C'est difficile de nous résumer à ça. C'est notre onzième album et on ne sait pas car on n'a pas terminé ! (Rires)

Björn : C'est marrant ce que tu dis car on ne sait pas si les gens vont bien l'accueillir et si dans dix ans on en parlera encore. On en reparlera pour vérifier (sourire) !



Votre musique n'a ni barrière ni frontière, C'est important pour vous ?

Anders : Bien sûr, c'est essentiel même ! Je ne dirais pas qu'on est, au sein du groupe, très différents - parce qu'on a cette même base d'attachement à la musique rebelle que ce soit Death, Punk, etc. - mais chacun a une approche différente de la musique. Je suis personnellement très attaché à la musique avec laquelle j'ai grandi dans les années 70, Whitesnake, Deep Purple... Björn a su, parmi ces influences, écouter, apprécier et accepter certains choix, c'est très important cette ouverture.

Björn : je n'ai aucune frontière dans ma musique. Je veux l'explorer le plus loin possible sans pour autant perdre notre intégrité, notre identité.


Tout à fait, mais certains média et fans vous ont mis dans des cases dans lesquelles ils aimeraient aussi vous voir rester, ce sont aussi des frontières...

Björn : j'ai décidé de faire de la musique parce que pour moi le Punk, le Metal, le Death étaient justement des genres qui n'avaient pas de règle, pas de frontière. C'était de la musique libératrice. Dans les années 50 et 60 la musique Rock mettait les choses en mouvement et permettait de faire tomber des barrières ! Et maintenant, au nom des cases dans lesquelles on vous range, on vous dit "tu ne peux pas faire ci, tu ne peux pas porter ça, ou dire cela..." Attends, j'ai pas signé pour ça, moi !





Björn, Anders disait à quel point tu étais ouvert, mais as-tu conscience que nombre de vos fans n'ont pas cette ouverture et peuvent être déçus par votre évolution ?

Björn : Bien sûr ! Ca peut paraître dur dit comme ça, mais c'est pas notre boulot de faire plaisir à tout le monde.


De même dans l'évolution de vos tenues, de vos photos promo, c'est très amusant de vous voir jouer sur la vague hypster alors que vous en êtes bien loin !

Anders : Tu sais que j'ai jamais vu ce mec (Björn, NDLR) sans sa barbe ! Il a toujours été un hypster ! En gros, on a toujours été hors mode, aujourd'hui on dirait qu'on est dedans... Bon, ok désolé, mais je vais pas me raser pour autant (Rires) !

Votre actu est donc la sortie de cet album, "Siren Charms", qui suit le chemin pris il y a quelques années et confirme le virage pris avec "Sound Of Playground Fading" en 2011, la recette d'In Flames est ce mélange intelligent entre pop et métal moderne... C'est à dire l'abandon des éléments Death, vous êtes d'accord avec ce constat ?


Anders : non, on n'abandonne rien. Ce qu'on essaye de faire c'est de redéfinir la musique qu'on veut faire en retirant ce qui est inutile, et en conservant ce qui est intéressant. Parfois c'est au détriment d'éléments Death, parfois de la mélodie, parfois de la production. Tant que ça nous plait et qu'on arrive à ce qu'on veut. Si ça ne plait pas tant pis, les gens restent libres de choisir.


Vous avez également changé de label, nous sommes aujourd'hui dans les locaux de Sony. Qu'attendez-vous d'un tel album ?

Anders : On attend ceux qui, comme à chaque sortie, vont soit adorer soit détester (Rires) !

Björn : Attention, Sony n'a pas écrit les chansons, hein !


Mais ils vont certainement avoir plus de poids et de visibilité, d'autant que vous faites de la musique plus accessible...

Björn : Ils n'auraient pas été intéressés par nous si nous étions restés dans notre coin à faire de l'extrême. Ce qui leur plait c'est notre envie d'explorer la musique. Et en signant un tel label, on peut toucher un large public et voyager pour jouer devant lui LA musique qui nous plait.


Cet album a quelques similitudes avec votre projet solo sorti en 2003, "The Passenger" au niveau des éléments Pop, Anders, tu sembles confirmer cette évolution vocalement en approchant la perfection, Dark, glacée, assez proche de Nick Holmes de Paradise Lost dans la période 87-88 avec Hosts.

Anders : Oh vraiment ? En tout cas, je sais exactement d'où vient la musique. Quelque chose que je fais toujours, c'est de piocher dans les idées qui me sont chères, les dépoussiérer un peu et voir ce qu'on peut garder.





Et c'est une recette qui fonctionne...

Björn : Oui mais on a besoin d'être sans cesse mis en concurrence. Personnellement j'essaye de m'améliorer d'album en album. La façon de poser les paroles a énormément changé également. Pour moi, la chanson c'était comme une énorme pièce de viande sur laquelle tu saupoudrais des paroles, mais sans rien ajouter d'autre, la chanson était faite. Il n'y avait donc pas de recherche de profondeur grâce aux paroles. J'ai une approche différente aujourd'hui où je me rends compte des différentes mélodies exécutées par les instruments mais je vois le chant comme un instrument aussi. Ça ajoute une dynamique que les instruments seuls ne peuvent pas faire.

Anders : On a déjà fait par le passé des chansons très rapides qui vont droit au but, mais je ne vois pas en quoi on peut les améliorer aujourd'hui. Je veux raconter des histoires avec mon chant, te faire comprendre ce que je cherche. Même si tu ne parles pas anglais et que les paroles t'échappent, il est toujours possible que tu ressentent ces choses.


Quel serait le sentiment principal que tu essayes de transmettre sur ce nouvel album ?

Anders : Tout dépend de ce qui va te frapper le plus, tant que tu es sur la même vibe que moi.


Et quels sont les sentiments que tu essayes de transmettre au groupe ?

Anders : Je veux qu'ils se sentent fiers d'appartenir à ce groupe, qu'ils aient le sentiment dans 20 ans qu'on ait fait quelque chose de bien.

Björn : (A Anders, NDLR) Tu sais, c'est déjà le cas, je suis déjà fier de ce qu'on a fait il y a 20 ans ! (Rires) Mais comme tu le disais, c'est un ensemble de sentiments, ça va du désespoir, à la mélancolie, à l'amour, la vie, quoi ! Il peut également y avoir énormément de contraste entre la musique et les paroles c'est tout l'intérêt, d'approfondir les choses et d'accentuer certaines significations.


Est-ce que c'est l'expérience qui vous permet de nous proposer des contenus de plus en plus riches ?

Anders : Si l'auditeur est prêt à les entendre, prêt à les absorber - c'est la seule condition - alors oui, tu y trouveras une grande profondeur dans les différentes couches, à analyser, à comprendre... Sinon, laisse de côté, ce n'est pas pour toi (sourire).


Il y a des éléments tellement Pop dans cet album qu'il nous rappelle quelque part U2. Est-ce que la comparaison vous convient ?

Björn : Je la comprends tout à fait, et si on nous compare à n'importe quoi ça m'est égal, je peux comprendre. Dans les refrains on a voulu ajouter des éléments pour amplifier ce son, qui ne sont pas des chorales, ni des claviers. Ce n'était pas le but de faire du U2, mais on se retrouve à ajouter ci et là certains éléments, ou en retirer d'autres pour aérer un peu... Alors oui, ça peut involontairement se rapprocher de leur son.

Anders : Puis ça va, il y a pire comme comparaison (rires) !


Si on vous avait dit, il y a 20 ans : "Dans 20 ans, on vous comparera à U2...", comment auriez-vous réagi ?

Björn : Je t'aurais dit que t'es un malade mec ! (Rires)

Anders : Moi je t'aurais dit "merci, et voyons comment cette évolution va se faire !" Mais voilà, ça s'est fait naturellement.


Ça n'a donc pas été fait dans l'intention d'être plus accessible ?

Anders : on l'a toujours été !


Plus ou moins (en cœur avec Björn)

Anders : C'est plutôt la production qui a beaucoup changé, pas les riffs. Les arrangements sont faits quasiment de la même façon. Ce qui a changé c'est notre façon de présenter notre musique. La première fois, c'était sur "Reroute" et c'est là qu'il a commencé à y avoir des déceptions. La seule différence était le producteur, tout le reste était identique, même le chant !

Björn : Ouais mais avant on faisait du Metal, maintenant on est hypsters (fou rire général)

Anders : Plus sérieusement, non on ne s'est pas dit textuellement "Faisons un album plus accessible", c'est arrivé comme ça, c'est tout. Qui sait, peut-être qu'on évoluera à nouveau vers quelque chose d'extrême ? J'en doute fortement, mais voilà l'esprit !

Björn : C'est ça le charme d'être In Flames. On n'est pas le groupe appartenant à des managers, ou à une maison de disque, même pas à notre public. C'est nous et on a cette liberté de faire ce qui nous plait, nous allons jusqu'où on veut dans l'exploration pour aboutir à ce niveau. C'est notre bébé, on l'élève à notre façon.





Phil Demmel, de Machine Head, nous a dit que vous étiez les leader de la scène Metal. Dans 5 ans vous voyez-vous leader de la Pop ?

Anders : Pas des leaders, non (Rires) ! Non, je n'aimerais pas car la culture Pop est basée sur la mode et se consomme rapidement. Ce qui est à l'opposé de ce qu'on est.

Björn : Puis on est quand même trop Heavy. On serait éventuellement qualifiés de Pop par les metalleux, mais seulement par eux.


Quelle est la question qu'on vous a trop souvent posée ?

Björn : Sûrement au sujet du vieux VS le plus récent, ce qui est très ennuyeux à force.


C'est pourtant inévitable...

Björn : Oui, c'est nous qui sommes à l'origine de ce changement, on l'a fait consciemment et ce virage a été pris depuis un moment. On pourrait en parler des heures, mais on ne tomberait pas d'accord parce que nos avis divergeraient avec les goûts et les couleurs de chacun...

Anders : Tu sais, on était tous les deux à l'enregistrement de "The Jester Race", super contents d'être là à faire ce qu'on faisait. Et nous voilà aujourd'hui.


Vous êtes nostalgiques de cette période ?

Anders : Non, parce que je suis tellement mieux aujourd'hui ! Musicalement, les possibilités n'ont cessé de s'élargir. Ce n'était pas le cas avant parce que je n'en savais pas tant. Notre volonté n'a pas changé, mais les possibilités oui.

Björn : En tant que fan, je pense qu'il faut savoir se situer. Par exemple je suis super fan de DIO, mais pas tellement des 3 ou 4 derniers qu'il a sorti. Je n'ai pas besoin d'aller le crier sur tous les toits, je vais juste ne pas acheter ces derniers, et continuer à écouter les trucs qu'il faisait avant, avec nostalgie. C'est le choix que je peux faire en tant que fan, c'est pareil pour Metallica, Slayer... Je vais trouver que certains s'améliorent, d'autres non. C'est la Musique. Pour moi In Flames s'améliore, mais je ne suis pas très objectif (Sourire).


Quelle serait la question que vous auriez aimé qu'on vous pose ?

Björn : Je veux juste ajouter qu'on n'a pas forcément besoin de débattre de tout et n'importe quoi, et de décortiquer les choix de chacun. Il faut parfois laisser une part de mystère, de magie et arrêter de tout disséquer à outrance.


Que souhaitez-vous dire à vos fans français, et lecteurs de Music Waves ?

Anders : On est super heureux de se trouver ici avec vous, de discuter de notre musique car ça signifie que vous vous y intéressez et en France nous avons une base de fans qui nous suit depuis longtemps. Nous en sommes très reconnaissants. On vient d'un tout petit bled, et ça fait des années qu'on a la chance de voyager partager notre musique grâce à vous tous. Merci !

Björn : On a prévu 4 dates ici en France pour la prochaine tournée. C'est la première fois qu'on va jouer autant en France sur une tournée, soyez là !


Le rendez-vous est pris, on sera là ! Merci à vous !

Merci les gars !


Plus d'informations sur http://www.inflames.com/main.html
 
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