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TITRE:

DE ELORA (9 MAI 2013)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK PROGRESSIF



... à force d'entendre des groupes Français chanter en Anglais et le faire assez souvent très mal, il a dit "moi c'est pas ma came, et je vais le faire mal, je préfère donc chanter en Français ...
ARNAUD - 20.05.2013 -
3 photo(s) - (1) commentaire(s)

En marge du Festival Prog Sud, Lionel, le guitariste de ELORA a organisé un apéritif chez lui. A cette occasion, nous avons pu rencontrer quelques membres du groupe et réaliser cette interview.


Quelle est la question que l'on vous a trop souvent posée ?

Quel style vous faites ?


Cela m'arrange je n'ai pas prévu de la poser celle là

Pourtant c'est souvent celle ci.


Le groupe existe depuis plusieurs années mais Crash, votre premier album sort seulement aujourd'hui. Quelle en est la raison ?

En fait nous avons démarré en 2004 et pendant les deux premières années nous avons fait énormément de live. On s'est vraiment rodé. Nous avions des compositions existantes d'une précédente formation que l'on a retranscrites dans la nouvelle et ensuite il y a de nouveaux titres qui se sont greffés. Après comme de nombreux groupes nous avons eu des changements de musiciens ce qui est une chance et un handicap à la fois. Les musiciens qui arrivaient avaient toujours un style différent et donc des arrangements différents. Ainsi sur les 5 ou 6 premières années nous avons fait 30 titres mais à chaque fois ils ont évolué. Par la suite nous avons vraiment trouvé et conservé notre style. Nous ne voulions pas que notre premier album soit fait à moitié c'est pour cela que nous avons pris tout ce temps. Il y a eu quand même un EP 4 titres en 2008 ("En Rêve").


Aujourd'hui essayez vous de passer à la vitesse supérieure ?

C'est moi qui m'occupe de la communication du groupe et je prépare le terrain depuis quelques temps en fait. A partir du moment où nous avons décidé d'enregistrer un album nous nous sommes posés la question de savoir si nous allions le faire nous même ou bien si nous allions passer par un studio. Ensuite j'ai commencé à récupérer beaucoup de contacts qui nous ont permis d'avoir une belle promotion.


Songez vous à vivre de votre musique ?

Nous ne vivons pas de notre musique. Clairement ce n'est pas possible pour l'instant. Ou alors, il faudrait faire comme Julien notre batteur qui a été intermittent sur Paris. Il est a présent redescendu dans le sud et il continue de faire de la musique mais ce n'est pas sa source principale de revenus. Je pense que c'est très dur de vivre de sa musique tout en ayant qu'un seul projet. C'est même quasiment impossible ou alors il faudrait signer un gros label qui paye. Nous on fait ce que l'on aime et nous avons à coté ce qui nous permet de le faire sans avoir à se soucier de devoir ramener du fric pour vivre, tout simplement.


Vous êtes un groupe de Rock Progressif qui fait le choix d'écrire en Français et du Sud Est de la France, un peu comme vos voisins "Lazuli". Les connaissez vous ? Si oui comment les percevez vous ?

C'est surtout Anastasia, notre chanteuse qui les suit depuis leur premier album. Pour moi il sont assez inconnus, surtout parce qu'ils se produisent encore très peu en France. Si parfois on dit que ce que l'on fait se rapproche de Lazulli c'est essentiellement lié aux ambiances et surtout à l'utilisation de la langue française. Nous avons choisi dès le départ de chanter en Français. Cette décision a été prise par Damien car à force d'entendre des groupes Français chanter en Anglais et le faire assez souvent très mal, il a dit "moi c'est pas ma came, et je vais le faire mal, je préfère donc chanter en Français et par la même occasion faire passer des messages, raconter des histoires, que les gens puissent se les approprier immédiatement".

[IMAGE1]

Le rock progressif en France est peu diffusé sur les ondes. Le choix du Francais est une difficulté supplémentaire pour une large diffusion au delà de nos frontières. N'êtes vous pas tentés d'écrire en Anglais ?

Pas du tout on compte bien continuer en Français. Ce qui est marrant c'est que c'est ce qui a fait que des gens se sont intéressés à nous, même des étrangers. Ce qui les a alerté c'est d'entendre un groupe de rock progressif (on y reviendra) qui chante en français ce qui est au final assez atypique. Le label Allemand qui nous a signé n'a rien compris aux paroles mais a été attiré par cette spécificité. Nous ne chanterons jamais en anglais car de toutes manières je ne suis pas certain que cela nous ouvrirait plus de portes.


Vous êtes très actifs et disponibles sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. La preuve étant ma présence aujourd'hui chez toi (NDLR: Lionel m'a invité à un apéro suite à une discussion nocturne pendant mon trajet vers le Sud). Comment se passe le contact avec vos fans ?

Très bien, la preuve en est que nous avons invité tout un tas de personnes qui ont profité du Prog Sud pour descendre ici. Le contact se passe très bien et nous avons à présent un grand nombre de personnes qui voudraient que nous allions jouer à l'étranger, en Belgique, en Allemagne au Canada. Au Canada cela va être compliqué financièrement mais bon, on ne se prend pas la tête... Ce qui est important c'est de jouer puis boire un pot avec les gens.


Cette présence se ressent-elle sur les ventes de votre album ?


En fait le label nous a apporté plus de diffusion ce qui n'est pas négligeable mais être présent sur les réseaux sociaux nous à permis d'agrandir notre public et de le faire participer à la vie du groupe. Une expérience de groupe c'est quelque chose que tout le monde devrait vivre au moins une fois dans sa vie. Ce sont des coups de gueules, des moments merveilleux... Et faire participer les gens à ces moments là, même s'ils sont très loin, nous rapproche. On ne crée pas cette proximité avec un objectif de pure communication mais simplement parce que nous avons envie de faire partager nos expériences.


J'ai bien aimé l'idée de demander aux acheteurs de Crash de se prendre en photo avec.

En fait c'est tout con, c'est souvent comme cela ... Mon père avait reçu l'album avant nous. Je l'ai pris dans les mains et je lui ai demandé de faire une photo que j'ai mise sur Facebook. Puis il y a une fille de Belgique qui s'est prise en photo avec également. Je me suis dis c'est génial et il faudrait demander à tout le monde de le faire. De fil en aiguille les gens se sont pris au jeu et même certains nous disaient qu'ils se languissaient d'avoir le CD par pour l'écouter mais pour faire la photo. (rires)


Clairement cela a été mon cas …

Oui c'était fun.

[IMAGE2]

Avez vous quelques idées des ventes de l'album ?

Dès le mois de pré-vente, le label qui s'est chargé du pressage s'est remboursé. A présent nous allons commencer à gagner de l'argent qui servira aux activités du groupe. Maintenant des gens qui ont acheté souhaitent le présenter à d'autres. Du coup certains en achètent pour les donner à des diffuseurs ou à des amis en cadeaux. Et puis sur les festivals nous rencontrons également pas mal de monde.


Je connais pas mal de monde qui fait cela avec les groupes qu'il aime. Je le fait également et fait dédicacer l'album pour le rendre unique et lui donner une certaine valeur

C'est ce que je dis souvent, même sur les réseaux sociaux. Nous dans notre coin, nous ne sommes rien ! On propose quelque chose mais sans toi sans plein d'autres personnes qui agissent on n'y arriverait pas. Ou alors cela prendrait bien plus de temps. Peut être que le Label ne nous aurait jamais contacté si une allemande, qui est ici aujourd'hui, n'avait pas fait 300 km pour venir nous voir jouer et n'avait pas insisté pour que le label nous écoute. Ce sont les initiatives comme ça qui font que l'on arrive à provoquer le destin.


Justement, vous sortez votre premier album chez Progressive Promotion, un label allemand. Comment avez vous été en contact avec eux ?
Qu'en est-il des labels français ?


L'album était terminé mais je voulais absolument qu'il sorte sous un label pour la distribution entre autres. Je ne vais pas citer de nom mais un label Français à qui au départ nous avions proposé notre album a mis du temps pour nous répondre que cela n'allait pas dans le style de son catalogue. Donc du coup on s'est dit on lance la machine en auto-production. Une semaine avant de faire presser PPR nous a contacté pour savoir si vous voulions jouer sur leur festival (PPR FEST). Nous avons accepté. Ils nous ont demandé si nous cherchions un label. Nous avons répondu oui et que nous avions un album à leur proposer. Nous leur avons envoyé et deux/trois jours après nous avions la confirmation que PPR voulait bien produire notre disque.


Vous avez fait le choix de remercier les personnes qui vous ont fait confiance et qui ont pré-commandé votre album. Merci pour eux (et pour moi) mais n'aurait-il pas été plus vendeur d'utiliser cette place pour inclure les textes des chansons ?

Clairement cela a été une grosse discussion, surtout avec Damien qui s'occupe du graphisme et qui avait déjà fait tout le travail. Au départ c'était les textes dans la pochette, d'autant plus que c'est lui qui les écrit et qu'il avait envie de les faire partager. On a fait ce choix principalement pour des raisons financières, les textes étant longs cela aurait coûté plus cher d'ajouter un livret. Si un jour il y a une réédition on s'arrangera pour inclure les textes.


Ceci dit j'ai cru voir que vous alliez publier les textes sur Internet …

C'est ça on va faire quelque chose de numérique.


Nous allons à présent nous pencher plus sur la musique. Peut-on qualifier cet album de rock progressif ? Certains titres ne sont-ils pas plutôt typé Rock ou tout simplement formatés pour une hypothétique diffusion radio ? Est ce un choix ?

Pas du tout, les titres sont comme ils sont. On ne se pose jamais ce genre de questions, on les écrit comme on les ressent et comme ils viennent. Je suppose que tu voulais parler de "Elle Espère" qui fait 4 minutes.


Justement vu que tu me fais les enchaînements, 'Elle Espère' est une chanson que j'ai bien aimé au niveau des textes. Elle parle de l'adultère mais l'originalité c'est que cette infidélité semble connue et acceptée de la femme trompée. Peux-tu nous en dire plus sur ce texte ? Pour moi ce texte a été écrit par une femme où il y a une femme derrière.

Lionel : (Rires) En fait c'est le coté féminin de Damien. (Rires)

Jean-Vincent : Je pense qu'il s'est placé dans le contexte d'un concept album où l'on parle de la vie d'Elora qui dans le futur se retrouve avec un homme qui l'aime mais qui la trompe. L'idée est de savoir si elle prendra la bonne ou la mauvaise décision.


Toujours concernant les titres pour 'L'Espoir' il semble y avoir plusieurs niveaux de lecture et le final de Crash est très proches des Floyd. Pouvez vous nous en dire plus ?

Jean-Vincent : La première partie de 'L'Espoir' est un titre que l'on avait dans nos archives depuis très longtemps. Pour la deuxième partie c'est Julien qui l'a écrite quand il est rentré dans le groupe et nous avons trouvé que ces deux titres allaient bien ensembles. Pour les textes Damien est capable de faire plus d'une dizaine de versions pour un même titre avant d'être satisfait. C'est aussi pour cela qu'il peut parler de l'économie ou de sentiments plus humains.

Lionel : Pour 'Crash' c'est une époque où j'écoutais beaucoup les Floyd et puis avec les nappes de claviers, on ne pouvait finalement pas faire autre chose que cela. C'était instinctif.

Jean-Vincent : Cela rejoint notre manière de travailler, nous ne sommes pas des pro. Nous n'imposons rien aux autres et nous venons tous avec nos idées et nos influences qui sont réellement multiples. Elles peuvent ensuite se retrouver à un moment sur un passage ou un autre.

Lionel : Pour le final de 'Crash', quand on est passé en studio, l'ingénieur son l'a repéré immédiatement et du coup il a cherché à ce que cela sonne le plus près possible de cette influence Floydienne.


Quel est votre processus d'écriture ?

Jean-Vincent : En répétition si quelqu'un a une idée, ou si quelque chose sort, on essaye de développer. Puis à un moment Damien sort du local de musique, il s'assoit, il écoute et il écrit.

Julien : Nous on travaille sur une ossature de base relativement classique avec un nombre de mesures couplet, un nombre de mesures refrain sans savoir ce qui deviendra couplet et ce qui deviendra refrain. C'est juste pour avoir différentes ambiances qui s'imbriquent correctement les unes par rapport aux autres. Après Damien arrive, on commence à poser les voix et alors nous modifions la structure pour se coller à l'écriture.


Damien et Anastasia ne sont qu'au chant ? Il n'interviennent pas dans l'écriture musicale ?

Jean-Vincent : Ils interviennent énormément dans la musique dans le sens où Damien a des idées très précises concernant le positionnement du chant. Il nous propose des modifications pour que l'ensemble colle mieux.

Julien : C'est un mélange entre la musique et le chant. Il est vrai que la musique a tendance à entrer avant le chant mais elle est ensuite modifiée pour lui.


Vous serez très présents sur les festivals ces prochaines semaines (au moins 4). Comment expliquez vous cette présence ? Votre label vous aide-t-il à vous produire ?

Jean-Vincent : Pour les prochaines dates nous avons démarché nous même. Pour la suite il est fort probable que PPR nous aidera. C'est très long, il faut s'y prendre un voire deux ans à l'avance. C'est là dessus que Lionel est très fort, il a su prendre des contacts depuis bien longtemps.


Que pensez vous des webzines et magazines spécialisés ?

Jean-Vincent : C'est excellent ! Moi je fais un parallèle avec les informations TV, Radios. Il y a ceux qui se contentent de ce que nous racontent les médias et ceux qui vont chercher l'information sur Internet et ailleurs et découvrent la réalité des choses et pas forcément le formatage des événements. C'est la culture dans la culture, l'immersion en fait, comment on peut aborder la musique et les groupes humainement et réellement pas uniquement par le biais des grosses productions.


Nous avons débuté l'interview avec la question que l'on vous a trop souvent posé, quelle est celle que vous aimeriez que l'on vous pose ?

Lionel : C'est une bonne question … Blanc …. Hummm …. Blanc …. Hummm

Jean-Vincent : Est ce que vous prenez toujours du plaisir à jouer ensemble ? Et je répondrais toujours un peu plus à chaque concert.


Nous vous laissons le mot de la fin pour les lecteurs de Musicwaves.

Lionel : Continuez à nous suivre, à nous soutenir. C'est vous aussi qui nous donnez la force de continuer, de dépasser les moments parfois difficiles et de se dire que l'on ne fait pas cela pour rien ...

Jean-Vincent : Moi je vais dire la même chose que Lionel différemment. Merci à tout ceux qui lisent et merci à tout ceux qui font.

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Merci à Lionel d'avoir organisé cet apéritif qui m'a permis de rencontrer Renaud (koid9), Jean-Christophe (NeoProg) et tant d'autres passionnés. Un grand merci à la femme de Lionel qui a vu sa maison être envahie par toute cette troupe et pour le prêt de sa chambre où l'interview s'est déroulée. Merci également pour le guidage jusqu'au Prog Sud


Plus d'informations sur http://elorarock.com
 
(1) COMMENTAIRE(S)  
 
 
TONYB
31/05/2013
  0
Belle interview, dans laquelle on trouve un nouvel exemple de la supériorité allemande par rapport à la France ... à méditer.
Tiens, d'ailleurs PPR continue de soutenir les groupes français, puisque NEMO va publier son prochain album chez eux !
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