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TITRE:

JOEY VERA (08 MARS 2012)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



Au lendemain d'un concert parisien avec Fates Warning et avant de revenir avec Armored Saint, MusicWaves a eu le privilège de rencontrer un des plus grands noms de la famille des bassistes pour une longue interview passionnante et instructive...
STRUCK - 04.07.2012 -
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Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
Joey Vera : La question qu’on m’a trop souvent posée ? Hum… C’est une bonne question. Et bien, cela n’arrive plus mais c’était souvent le cas à nos débuts, la question évidente de savoir d’où vient le nom d’Armored Saint. C’était une question qui revenait tout le temps mais ce n’est plus le cas ! Et à ce jour, la question qui revient souvent est de savoir ce qu’est Armored Saint : un groupe, un side-project… parce que c’est assez confus pour pas mal de gens…

Et tout ce temps entre vos derniers albums…
Exactement !

Et toi personnellement, ton nom a souvent circulé pour rejoindre Metallica après le départ de Jason Newsted : était-ce juste une rumeur ou est-ce la réalité ?
Et bien, après que Jason ? Hum, non ! Je n’ai pas été contacté après que Jason ait quitté le groupe ! Cette rumeur est partie d’une interview de Jason dans laquelle on lui demandait à qui il pensait pour le remplacer et il a cité quelques personnes : Mike Inez (NdStruck : Alice in Chains, ex-Ozzy Osbourne), Joey Vera et une autre personne dont je ne me souviens plus… Tout est parti de cette interview.

[IMAGE1]

Mais à ton hésitation à la réponse, il semblerait que tu aies été réellement contacté par le groupe : me trompe-je ?
En effet, j’ai été contacté après le décès de Cliff Burton. Ils ont commencé à auditionner des bassistes, un large panel de bassistes de différents horizons, la plupart dont ils n’avaient pas entendu parler. Et ils sont ressortis très frustrés sans compter qu’ils venaient de perdre un de leur meilleurs amis. C’était un moment très difficile pour eux ! Donc, ils ont décidé de faire appel à leurs amis qui connaissaient des bassistes et j’étais un de ceux-là !

Lars m’a appelé un jour en me disant que c’était une période difficile pour eux et qu’ils voulaient juste jouer avec des gens qu’ils connaissaient et ils voulaient que je vienne jammer avec eux pour voir ce qu’il se passe. Et je lui ai répondu qu’il fallait que j’y réfléchisse. Quand j'en ai parlé à mon entourage ils m'ont dit : "Pourquoi as-tu répondu qu’il fallait que tu y réfléchisses ? Tu n’as pas de cerveau !". Mais les gens oublient qu’à cette période, j’étais dans un groupe -Armored Saint- et nous étions en studio, en plein enregistrement de notre troisième album "Raising Fear" et il faut savoir que ce groupe n’est pas comme les autres pour moi, il est composé de mecs avec qui j’ai grandi, des mecs que je connais depuis que j’ai 18 ans .
Donc oui, l’état d’esprit qui aurait été de dire : "Oh c’est une opportunité que je ne peux pas refuser et je vais abandonner ces mecs !" était quelque chose que je n’étais pas prêt de faire à ce moment ! Si j’avais reçu un appel de ce genre après que le groupe ait splitté en 1983 je crois que mon état d’esprit aurait été vraisemblablement différent mais ce n’était pas le cas à ce moment… Donc j’ai rappelé Lars en lui disant que j’aurais voulu les aider et le faire mais je ne voulais faire perdre de temps à personne parce que je n’y aurais pas mis tout mon cœur et dans ces conditions, il était préférable que je refuse.

Mais après tout ce qu’il s’est passé avec Armored Saint, le départ de Jon Bush pour Anthrax… regrettes-tu ce choix ?
Non ! Et c’est justement une des questions qui revient souvent, c’est une question évidente de savoir si je regrette cette décision. Mais je n’ai pas de regret ! Tout ce que j’ai fait depuis est quelque chose dont je suis fier et je suis béni d’avoir su garder cette relation pendant toutes ces années, je suis marié depuis 20 ans, j’ai une fille… Imaginer une vie sans tout cela est quelque chose d’impossible.
Et quand on me demande quelle est la meilleure chose qui me soit arrivé dans ma carrière, je réponds la moindre chose que j’ai pu faire et je peux faire pendant ces 20 dernières années qui est une longue période et le fait que je puisse encore venir à Paris pour parler à des gens comme toi, faire des interviews… montre qu’on pense encore à moi et qu’on s’intéresse à ce que je fais. Pour moi, c’est extraordinaire !

Mais dernière question concernant Metallica, penses-tu que ta façon de jouer ait été compatible avec Metallica ?
Non (Rires) !

Ton actualité européenne est assez chargée cette année. Tu as joué hier au Nouveau Casino avec Fates Warning et tu reviens avec Armored Saint pour un concert exceptionnel à Paris en Juillet. Si on fait abstraction de votre plaisir, qu’attendez-vous de ce concert ? Sonder votre popularité européenne ?
Non ! Nous ne venons pas pour voir ce que nous pouvons faire ou essayer de construire, se faire de nouveaux fans… ce n’est rien de tout ça ! Avec Armored Saint, nous raisonnons en termes d’opportunité de venir dans des endroits dans lesquels nous n’avons jamais joué comme Paris. Pour nous, ce sont des choses que nous avons toujours voulu faire et que nous avons jamais pu faire. Et quand nous avons eu cette opportunité de venir dans des pays comme la France où nous ne sommes jamais venus, nous devions faire en sorte que ça se réalise ! Pour nous, c’est se faire plaisir !

Après cette tournée, prévoyez-vous de faire un nouvel album d’Armored Saint ?
Je ne sais pas (Rires) ? Je ne sais pas ? Nous pourrions mais tout vient de la façon dont nous travaillons. Nous travaillons que si nous estimons que nous voulons vraiment le faire ! Nous ne nous sentons pas comme obligés vis à vis de qui que ce soit : du label ou même des fans… je déteste dire ça mais nous ne voulons pas ressentir la pression de sortir un album tous les ans.

Ca va dans le sens de tes propos du début à savoir qu’Armored Saint est un groupe d’amis qui fait des albums, des concerts… pour le plaisir.
Ouais, bien sûr ! Ca résume assez bien la situation. Le fait est que nous faisons tout cela depuis si longtemps que nous raisonnons de façon inverse ! Nous sommes dans un monde où la maison de disques essaye de vendre des albums, et le groupe veut vendre des albums. Et si tu entres vraiment dans ce jeu, tu voudras vendre encore plus d’albums, tu sortiras un nouvel album, tu partiras en tournée pour conquérir de nouveaux fans : c’est beaucoup de travail !

Mais à l’inverse, tu es conscient que pour beaucoup de fans, Armored Saint est un groupe qui était promis à une grande carrière…
… et ce n’est pas arrivé ! Bien sûr ! Je pense que beaucoup de gens attendaient ça de nous et il fut un temps ou nous espérions cela également ! Et on revient à la pression dont je te parlais, le temps qu’il faut pour construire une carrière : ça prend des années, ça sous-entend beaucoup de travail et c’est usant émotionnellement ! Et la vérité est que nous l’avons fait. Nous n’avons pas seulement essayé de le faire, nous l’avons fait et pour être honnête, nous avons laissé passer notre chance ! Nous sommes déjà trop vieux pour reconquérir quelque chose que nous avons essayé d’obtenir il y a quatorze années ! C’est trop dur, nous ne pouvons pas juste revenir, sauter dans un van et recommencer à construire notre carrière ! C’est trop compliqué, nous avons nos familles à la maison, les mecs ont un boulot…

Mais comment expliques-tu que vous ayez laissé passer votre chance ? Penses-tu que le départ de Jon Bush pour Anthrax en est une raison et que la carrière d’Armored Saint a été sacrifiée sur l’autel de celle d’Anthrax ?
(Rires) Et bien la vérité est qu’à ce moment de sa carrière, Armored Saint se débattait ! Nous avions énormément de conflits internes en 1991-92 et "Symbol of Salvation" a été un album vraiment difficile à faire pour pas mal de raisons.

Malgré tout, cet album a été incroyablement encensé.
C’est effectivement le cas !

Et penses-tu que ces tensions internes expliquent que l’album soit si bon ?
Bien sûr ! L’album a été très dur à faire et il a été très bien accueilli par la critique mais l’état d’esprit aux Etats-Unis à ce moment-là était très différent de celui actuel. A l’époque, faire du heavy metal n’était pas bien vu, seuls les groupes qui partaient en Europe et continuaient leur carrière là-bas arrivaient à maintenir leur niveau de succès. Le seul groupe qui ait réussi est Pantera !

Mais au début des années 1990, un groupe comme le nôtre devait vraiment lutter : nous étions ensemble depuis 10 ans, nous étions signés par une major sans avoir été viré et "Symbol of Salvation" est sorti avec de superbes chroniques, nos vidéos passaient sur MTV… Mais ce n’était pas suffisant pour maintenir le niveau des ventes qui était vraiment pauvre. Très rapidement, le label nous a dit que l’album était fini et qu'il fallait tout arrêter et commencer l’écriture d’un nouveau. Nous étions au début de l’année 1992, nous venions à peine de sortir l’album et il fallait recommencer à en écrire un nouveau. Nous ne nous voyions pas repartir dans ce processus ! Et c’est exactement à ce moment là que Jon a rejoint Anthrax ! Donc d’une certaine façon, le groupe allait imploser ! Et nous ne pouvions pas avoir une carrière aux Etats-Unis, nous n’aurions pas pu survivre pendant les années 1990. Nous aurions probablement pu nous concentrer seulement sur l’Europe et maintenir quelque chose... Nous aurions probablement pu faire ça !

Mais comment expliques-tu que l’album ait été encensé par la critique et que les ventes n’aient pas suivi ?
Les gens n’ont juste pas acheté l’album. Tous les chroniqueurs ont beaucoup fait pour nous, ils ont écrit de bonnes chroniques partout à travers le monde…

Un problème de promotion lié au label ?
Non, non, non ! Je pense qu’ils ont fait ce qu’ils avaient à faire : nous avons eu deux vidéos sur MTV. Non, les gens ont vraiment fait en sorte de travailler pour nous dans la bonne direction mais je pense juste que c’est la nature du business qui avait changé. En Europe, peut-être que c’était une autre histoire mais à cette époque, les maisons de disques n’avaient pas leur propre label en Europe, ils n’avaient qu’un bureau aux Etats-Unis et pas en Europe et peut-être que nous aurions eu plus de capacité. Mais de toute façon, c’est comme un bateau qui prendrait une direction éloignée du metal, le grunge était populaire à cette époque et ça a changé beaucoup de choses.

Et penses-tu que si "Symbol of Salvation" avait été sorti aujourd’hui, il aurait rencontré le succès ?
Et bien, je ne sais pas... Je ne sais vraiment pas... Encore une fois, le monde du disque a beaucoup changé, les temps sont différents, les genres ont également évolué… En 1991, je ne me rappelle pas si il y avait autant de segmentations dans le metal : tu avais le speed metal, le heavy metal et le commencement du death metal… Tu avais donc ces trois catégories et pas plus ! Maintenant, combien de différents types de metal as-tu ? C’est pourquoi c’est impossible de dire ce qu’il se saurait passé aujourd’hui parce qu’on ne peut pas savoir… mais je pense que ça serait encore plus dur (Rires) !

Dans ces conditions, comment a été accueilli votre dernier album en date "La Raza" est sorti en 2010 ?
Bien mieux que je ne l’aurais imaginé (Sourire) !

Et comment l’expliques-tu ? La longue attente des fans ?
Ouais ! Peut-être. Tu vois, je pense que nous avons cette incroyable base de fans underground qui nous a toujours suivi depuis 1992 même quand le groupe s’est séparé. Pour des gens qui ne nous connaissaient pas de l’époque de "Symbol of Salvation", "La Raza" était une sorte d’introduction au groupe pour eux, un peu comme quand "Revelation" est sorti 10 ans plus tard "Symbol of Salvation". Donc, il y a cet incroyable chose autour du groupe, c’est étrange (Sourire) ! Nous n’avons jamais rien fait de fou en terme de promotion ou quelque chose de ce type. Nous essayons de faire de bons albums mais nous n’essayons pas de faire quelque chose en pensant que ça plaira au public, nous faisons juste des albums pour nous-mêmes !

Comme tu l’as dit par ailleurs.
Ouais et ça marche beaucoup mieux ainsi !

Pourquoi avoir chanté un titre en espagnol dans "Revelation" ?
Je ne sais pas ? Je pense qu’encore une fois, nous avons fait ce titre parce que ça nous amusait et nous voulions faire quelque chose de différent.

Et qui a décidé de chanter en espagnol ?
Je crois me souvenir que c’était l’idée de notre batteur. Trois d’entre nous dans le groupe ont cette base espagnole, nous avons tous grandi dans une partie de Los Angeles où la colonie hispanique est importante. C’est la raison pour laquelle nous l’avons fait, c’est une partie de ce que nous sommes y compris Jon : c’est au fond de nous, pour toujours ! C’est une sorte d’extension de faire quelque chose de différent mais nous n’avons jamais rien fait d’aussi proche de nous. Malgré tout je ne pense pas que nous le referons : nous l’avons fait une fois, c’est probablement assez (Rires) !

Vous le ferez en français la prochaine fois !
En français, exactement (Sourire) !

Prévois-tu de refaire un album solo ?
Ouais, bien sûr !

As-tu déjà écrit certaines choses ?
J’ai certaines choses que j’ai écrites durant ces dernières années. Mais quand j’ai fait le précédent album "A Thousand Faces", c’est parce que j’avais le temps de le faire afin de tout préparer. Donc, ça m’a pris un an afin d’écrire et de faire cet album. Donc, pour moi, il ne faut que rien ne se passe en dehors de ce projet afin de m’y concentrer totalement ! Et pour pouvoir y arriver, je dois aller au plus profond de mon esprit. Je n’ai pas eu l’opportunité de le faire ces dernières années, j’avais toujours quelque chose à faire par ailleurs mais je veux le faire !

[IMAGE2]

A propos de tous ces projets. Comment arrives-tu à jouer dans tant de groupes aux styles si différents que ce soit le progressive metal au heavy metal ? En clair, ta façon de jouer est-elle différente ?
Ouais ! Avant tout, j’essaye juste de rester moi-même. Mais encore une fois, je dois garder à l’esprit pour qui je joue. Il y a trois semaines, j’étais avec Anthrax et quand je joue du Anthrax, je ne m’approprie pas complètement la chanson parce que c’est une chanson d’Anthrax, du thrash même si certaines font partie de mes chansons préférées (Sourire) !
Mais tout cela est quelque chose d’amusant pour moi parce que ce sont des choses différentes de ce que j’ai l’habitude de jouer. Malgré tout, jouer avec Fates Warning est devenu quelque chose de normal parce que j’en joue plus souvent que du Armored Saint ! La musique d’Armored Saint est ma base musicale en terme de basse d’une certaine façon. Mais je peux jouer dans n’importe quel style du moment que j'ai envie de le faire !

Tu as évoqué Fates Warning. Comme Armored Saint, ce groupe aurait également pu devenir un groupe à succès mais reste un groupe légendaire fondateur du metal progressif au côté de Dream Theater ou Queensryche sans en avoir eu le succès. Comment l’expliques-tu ? Ne serais-tu pas maudit ?
Non, non, non (Rires) ! Je ne suis pas la malédiction, je vais où la malédiction se trouve (Sourire) ! Hum, c’est la nature qui veut ça : c’est ainsi que ça devait se passer ! Il y a des milliers, des millions de groupes qui existent, il y a tellement de choses qui doivent se passer et tellement peu qui se réalisent vraiment. Et puis, il y a devenir populaire et maintenir ce niveau de popularité pendant 20, 30, 40 ans et peu sont vraiment capables de le faire.

Mais n’est-ce pas frustrant malgré tout de rester cantonné au rôle de groupe légendaire n’ayant pas obtenu le succès commercial ou te satisfais-tu du fait de jouer dans des groupes légendaires ?
Bien sûr ! Comme je te le dis auparavant, rien que le fait de pouvoir venir à Paris… c’est plus que ce que je rêvais au début ! C'est ce que je voulais faire avant tout et pouvoir jouer dans un groupe ! Mais oui, bien sûr, suis-je plus satisfait ou déçu de ne pas jouer devant 10.000 personnes tous les soirs ? Pour quelques raisons, oui mais pour le reste non, parce que ne les vivant pas tous les jours, tu te rends compte que ce sont des situations où tout est merveilleux et tu réalises que tu as un tapis rouge déroulé devant toi et c’est super... Tu as ton quart d’heure de gloire tous les 10 ans, c’est bien ainsi (Rires) !

Concernant Fates Warning, prévoyez-vous de faire un nouvel album ?
Oui ! Nous sommes en phase d’écriture, ça commence tout juste donc je ne sais pas quand l’album sortira. Mais nous avons commencé à écrire et prévoyons de sortir un nouvel album !

En plus de jouer dans Fates Warning, tu as participé à l’album Arch/Mattheos, au projet OSI… As-tu une relation particulière avec Jim Mattheos ?
Bien sûr, je connais Jim depuis très longtemps ! Nous nous sommes rencontrés sur la route en 1984 je crois et nous avons beaucoup en commun musicalement et nous partageons beaucoup de choses en tant que musiciens. Il m’a proposé de m’intégrer dans Fates Warning et ça a pas mal changé de choses pour moi dans ma vie de bassiste, ça a fait de moi un meilleur musicien et ça m’a donné l’opportunité de jouer avec OSI, le projet de Kevin Moore : Chroma Key… Nous avons vraiment une excellente relation de travail, c’est rare de rencontrer des amis comme ça !

A ce propos, la basse a toujours été considérée comme le parent pauvre d’un groupe. Quelle est ta vision de cet instrument ?
Et bien, ma vision est que cet instrument doit toujours soutenir le rythme avec la batterie. Pour moi, la relation entre le batteur et le bassiste est la chose la plus importante et j’ai eu la chance de pouvoir jouer avec des batteurs fantastiques.

Et tu penses à qui notamment ?
Actuellement, je joue avec Bobby Jarzombek qui est avec nous, qui a joué avec Halford… Et Bobby est une personne extraordinaire ! Et pour moi, c’est important d’avoir une bonne relation avec le batteur parce que c’est vraiment ce qui rend l’ensemble solide .

Travailles-tu toujours en tant que producteur ?
Oui !

Avec quel groupe aimerais-tu travailler ?
Je ne sais pas (Rires) ? Plein de groupes ! Mon état d’esprit est que je dois vraiment aider à faire sortir ce qu’il y a dans le groupe avec lequel je travaille. Donc, je ne sais pas, je n’ai vraiment jamais pensé avec qui je voudrais travailler et essayer de les changer et de les rendre meilleur mais j’apprécie les gens avec lesquels j’ai des choses en commun mélodiquement.

Et en tant que producteur, comment juges-tu tes premiers albums avec le recul ?
Et bien, ouais (Rires) ! Je suppose que c’est une des raisons pour lesquels j’ai produit les deux derniers albums d’Armored Saint !

Parce que tu n’étais pas satisfait du résultat ?
Ouais ! Tu vois, "Symbol of Salvation" était vraiment le premier album dans lequel j’étais impliqué, j’étais co-producteur. Si je devais revenir en arrière, et c’est la raison pour laquelle je me suis impliqué, je voulais être capable de mettre sur cassette… sur ordinateur maintenant (Sourire) exactement ce que la musique devait sonner ! Au tout début, nous étions jeunes, nous ne savions pas exactement ce que nous faisions, nous nous en foutions un peu… Laisser faire ça à quelqu’un d’autre, quelques fois ça marche, quelques fois, tu as de bons résultats. Les albums qu’on a fait dans les premières années sont probablement les meilleurs, en terme de son, ça sonne vraiment bien même si j’ai d’autres problèmes. Mais « March of the Saint » a été probablement la première fois où on a réalisé qu’un producteur pouvait foutre en l’air tout ce que nous avions pu faire. Nous avons toujours pensé ainsi, nous avons toujours pensé que notre groupe était censé être quelque chose de complètement différent de ce que sonnait "March of the Saint" !

Et c’est pour ça que tu es devenu producteur ?
Ce n’est pas la principale raison mais c’est quelque chose que tu réalises naturellement pour avoir le contrôle. Et la raison principale pour laquelle je suis devenu producteur est que je m’intéresse à la technologie qui tourne autour de la production.

Je pense avoir la réponse mais quelle est ton meilleur souvenir d’artiste ?
Voyager ! Etre en mesure de jouer dans différents coins du monde, c’est extraordinaire pour moi ! Tourner avec Anthrax au Japon, en Amérique du Sud, en Grèce… plein d’endroits où nous avons voyagé !

A propos d’Anthrax. Quel est ton avis sur le retour de Belladona ?
Et bien, ça change les choses pour moi parce que je suis lié à mon meilleur ami, Jon Bush. Mais si Jon ne l’a pas réellement admis, c’est probalement quelque chose qu’ils n'auraient pas dû faire depuis longtemps ! Entre eux certaines choses ne fonctionnaient plus et il fallait que quelque chose change… Mais je ne sais pas ? Je ne suis pas trop pour la façon dont ils ont fait revenir l’ancien chanteur, tout comme décider de faire plus de concerts, faire de la promotion autour de ça… je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
Je pense que Jon était le chanteur mais quand Jon est parti, ils ont essayé d’autres chanteurs avec qui ça ne marchait pas et le fait est que ce nouvel album sonne comme… ils ont fait un bon album avec Joey Belladonna, avec de bons titres mais je ne sais pas où ils veulent aller avec ça, je ne suis pas certains de savoir ce qu'ils pensent de tout cela mais pour moi Jon était le chanteur ! Donc, je ne suis pas certain de savoir où ils vont (Rires) !

On a évoqué ton meilleur souvenir au contraire quel pourrait être le pire souvenir de musicien ?
Mon pire souvenir ? Je pense que c’est voir notre ami et notre guitariste original Dave Prichard mourir. C’était le principal guitariste, le principal compositeur du groupe, très talentueux et créatif, il était une énorme partie du groupe. En plus de perdre un membre du groupe en terme musical, nous avions un manque…

… à savoir que comme tu le dis Armored Saint est un groupe d’amis et donc plus qu’un musicien, c’est un ami que vous avez perdu !
Exactement ! Et je pense que c’est la chose la plus dure que j’ai vécu ! Même si avec Jeff Duncan, nous avons eu la chance de trouver la bonne vibration !

Que voulais-tu faire gamin ?
Je ne me rappelle pas vraiment (Rires) ! Je pense que même au Collège -quand j’avais 13 ans- je pense que j’ai voulu être musicien, être dans un groupe !

Et tu es fier de ce que tu es devenu ?
Absolument ! Je suis fier de tous tes travaux auxquels j’ai participé. J’ai la chance et j’aime pouvoir faire différents choses, c’est intéressant pour moi !

Tu as construit ta carrière autour de cette recherche de diversité ?
Ouais ! C’est enrichissant pour moi en tant que personne de pouvoir faire ça. La diversité m’aide à être une personne meilleure et voir le monde différemment et je pense que je vis pour ça. Regarde on parlait de Jason Newsted en début d’interview, il jouait dans le plus grand groupe du monde mais même lui, n’était pas satisfait, il voulait plus de variété, il voulait faire quelque chose de différent : il a donc quitté le plus grand groupe du monde pour suivre son chemin. C’est tout dont il est question, n’est-ce pas (Rires) ?

[IMAGE3]

Nous avons commencé cette interview avec la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que les lecteurs de Music Waves te posent ?
(Rires) Hum… C’est une bonne question ! Je ne sais pas ? J’ai répondu à peu près toutes les questions possibles… C’est difficile et plus particulièrement de nos jours, j’aime garder une certaine vie privée mais je suis libre de faire connaître aux gens certaines choses. J’ai toujours été honnête avec toi dans mes réponses mais tu sais, je ne vais pas TOUT te dire ! Et je ne parle pas de toi spécialement mais de façon générale, avec Facebook, ces réseaux sociaux, les gens pensent qu’ils te connaissent juste parce qu’ils sont sur mon compte fan, ils pensent que nous sommes "ami" et ce n’est pas vraiment le cas (Sourire) !

Un dernier mot et peut-être français ?
En français ? Non, je ne peux pas, il faudrait que tu me l’apprennes (Rires) ! Nous sommes vraiment très excités de venir jouer ici en France et encore une fois, nous avons toujours voulu jouer en Europe. Nous avons grandi en écoutant des groupes européens. Tous les groupes que j’adore sont européens : Black Sabbath, Led Zeppelin, Thin Lizzy, Deep Purple, Scorpions… et c’est une des raisons pour lesquels je me suis mis à la musique. Et pouvoir venir jouer en Europe, ça a toujours été un rêve ! Et nous sommes vraiment très excités et impatients de jouer en France, ici à Paris. Et nous voulons remercions tous ceux qui nous ont soutenu pendant toutes ces années, 10 ans entre chaque album… nous voulons les remercier pour ça !

Merci beaucoup
Merci à toi pour cette interview !


Merci à Roger de Replica pour avoir rendu possible cette rencontre, Nestor, Childeric Thor et Reddust pour leurs questions et Olivier Gestion pour ses photos...


Plus d'informations sur http://www.armoredsaint.com
 
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