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TITRE:

THE HALL EFFECT (30 MAI 2012)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK ALTERNATIF



Quand un groupe colombien qui a réussi à mettre l'Amérique du Sud à ses pieds veut conquérir l'Europe et la France en particulier, le passage obligé de sa promotion passe par... MusicWaves bien entendu !
STRUCK - 11.06.2012 -
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The Hall Effect existe depuis 2006, comment expliquez-vous qu’il ait fallu attendre 6 ans avant de parler de vous en France avec votre 2e album de surcroît sorti en 2010 ?
Oscar Correa : Ca a pris du temps parce qu’on est indépendant et on a beaucoup travaillé pour montrer notre musique. On a commencé à faire du rock en anglais en Colombie. Et en Colombie, la scène rock est une minorité. Et chanter du rock en anglais, c’est la minorité d’une minorité (Sourire) ! Mais nous avons eu la chance de trouver des personnes qui nous ont beaucoup aidé comme Phil Manzanera, Olivier Garnier. Nous sommes très contents que notre album sorte ici en France et peu importe que l’album ait été fait en 2010 ! Il n’y a pas beaucoup d’opportunités européennes en Colombie et nous profitons de chacune d'elle au maximum et nous avons beaucoup travaillé pour être ici. C’est la raison pour laquelle, on peut connaître The Hall Effect ici en France.

Et pourquoi la France en particulier – on pense notamment à la pub Renault ? Vous êtes un groupe colombien et à cet égard, on aurait pu penser que l’ouverture du marché européen serait passé par l’Espagne ?
Oscar : Oui, oui, c’est bizarre ! C’est par hasard ! Grâce à Phil Manzanea - qui a produit beaucoup d’artistes latino américains mais aussi anglo-saxons en Europe - il nous a présenté à Claude Ismael lors d’un showcase à Londres qui a aimé et est devenu notre manager. Même chose pour Olivier Garnier qui a voyagé à Londres pour nous voir jouer dans un petit bar en 2009. Et grâce à Olivier, nous avons joué avec Wolfmother en première partie au Trabendo…
Et c’est bizarre, parce que nous étions en train de jouer dans un petit bar à Londres et en France, nous étions en première partie d’un grand groupe ! Et c’est là que nous nous sommes dits que la France pourrait être la porte.

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"The Hall Effect" est votre deuxième album qui fait suite à un premier sorti en 2007 qui a gagné énormément de prix dans les MTV Award latins (Meilleur nouveau groupe indépendant, Meilleur groupe rock, Meilleur clip, Meilleur album), avez-vous travaillé différemment pour composer cet album par rapport au premier "Aim at me" qui a bien marché ?
Luis Fernando Charry : Et bien, c’est différent parce que notre premier album était très influencé par nos groupes préférés… nous essayions de faire en sorte de sonner comme un groupe. Mais cet album est plus proche du groupe que nous sommes, nous avons fait beaucoup de concerts et cet album a presque été produit en direct. Toutes les chansons qui sont dessus avaient déjà été jouées en concert, c’est donc un album très "live" et nous voulions capturer cela.

Et dans tout ça, quelle est l’influence de Phil Manzanera ? vous a-t-il dirigé pour travailler vers un album sonnant "live" ?
Charry : Oui, oui ! Ce qui est important dans un album en anglais est que nous essayons de sonner le plus possible comme nous-mêmes et pas comme les autres groupes : nous étions en quête de ce son unique que tous les groupes souhaitent avoir une fois. Donc, nous avons essayé de le trouver et Phil était plus dans l’optique de nous placer dans la bonne direction pour y arriver : il nous donnait des petits détails qui additionnés changent tout. Et quand tu compares au premier album, tu peux dire que c’est "The Hall Effect". C'est la raison pour laquelle nous avons intitulé cet album "The Hall Effect" parce que c’est vraiment notre premier album en tant que groupe. L’autre sonnait comme une expérimentation de quatre mecs qui se sont regroupés avec leurs influences.
Oscar : Chaque petit détail apporté par Phil dans ce deuxième album a amélioré chaque chanson, il est vraiment très talentueux !

Vous dîtes que "The Hall Effect" est votre premier album en tant que groupe mais vous citez Phil Manzanera qui a eu une importance fondamentale dans la production de cet album. Peut-on dire quelque part qu’il est le cinquième membre de The Hall Effect ?
Charry : Oh oui, totalement !
Oscar : Il nous a aidé à trouver le premier pas pour le changement que nous devions suivre pour trouver notre son. C’est le travail du producteur et à cet égard, il est vraiment incroyable ! Comme je le dis chaque petite chose qu’il a apporté a été parfaite pour chaque chanson, il a revu les paroles avec moi en disant par exemple : "Cette expression marche bien mais cela fait trop "américain" !".
Charry : Une des choses importantes quand tu travailles avec un producteur est que certains font en sorte que le groupe travaille à sa façon, avec ses perspectives… mais Phil voulait que nous trouvions l’équilibre parfait entre notre vision et la sienne. Pour nous, c’était super parce que nous n’avons jamais ressenti qu’il voulait transformer nos chansons selon ses idées. Non, il nous donnait ses idées, il partageait avec nous afin que l’ensemble soit plus fort.
Oscar : Selon moi, un bon producteur est celui qui arrive à sortir le meilleur de chaque groupe plutôt que chaque groupe produise un album avec le même son. Je n’aime pas les producteurs qui produisent les mêmes albums, avec un même son et ce quelque soit le groupe : ce n’est pas un bon producteur ! Phil nous a suggéré certaines choses et nous essayions…

Mais comment expliquez-vous que Phil Manzanera qui est un producteur, musicien reconnu internationalement se soit tant investi dans The Hall Effect ?
Oscar : C’est par hasard aussi ! La Colombie a une place très particulière dans son cœur : sa mère est colombienne et il a déjà produit un groupe de rock colombien très connu dans notre pays : Aterciopelados. Et notre manager nous a donné le mail de Phil pour qu’il nous recommande un producteur pour notre deuxième album. Phil nous a répondu en nous demandant de lui envoyer notre musique parce que, selon lui, la musique est la clé pour tout. A la réception de nos démos, il nous a répondu qu’il connaissait quelqu’un de très intéressé pour produire l’album : lui ! Nous ne pouvions pas y croire : il était prêt à prendre le risque de produire notre album en ne nous faisant pas payer, comme il savait que nous étions indépendants, il ne nous a juste fait payer les billets pour nous rendre dans son studio ! Tout ça parce qu’il aimait notre musique !

Et qu’est-ce que ça vous fait d’entendre et lire que Phil Manzanera considère que The Hall Effect a quelque chose de spécial dans sa musique sans compter que ce sont de brillants musiciens qui sont particulièrement doués pour composer ?
Charry : Et bien, on ne peut être qu’honoré ! Mais c’est amusant, tu sais, quand nous étions en Colombie, nous étions comme dans une bulle parce que tu as beau penser que tu es bon, que tu fais quelque chose de spécial tant que tu n’es pas allé ailleurs -quand par exemple, nous nous sommes rendus en Angleterre- nous ne pouvions pas dire que notre musique était si bonne ou que quelqu’un comme Phil Manzanera puisse dire toutes ces choses. En fait, tes yeux viennent réellement à s’ouvrir quand tu vois que ce mec avec tout son potentiel puisse penser tout ça ! Donc, je pense que c’est le premier qui nous a donné toute cette confiance pour faire ces choses en Europe. Comme je te le disais, nous étions comme dans une bulle et notre première expérience en Europe était de travailler avec ce mec, il nous a donné confiance en nous pour atteindre ces buts. Nous sommes reconnaissants pour toutes les choses qu’il a pu faire pour notre carrière !

Une des particularités de The Hall Effect est le fait que Renault ait utilisé votre musique pour une pub en Colombie, comment l’expliquez-vous ?
Oscar : La pub pour Renault est incroyable ! Chaque chose qui nous arrive est incroyable parce que nous avons commencé en tant que 4 rockeurs qui chantaient en anglais à Bogota et maintenant, nous sommes les ambassadeurs de la scène rock en Colombie ! Renault a choisi une chanson pour une pub et il y a aussi Berlitz. Si je parle français avec toi aujourd’hui, c’est grâce à Berlitz qui nous a donné l’opportunité d’apprendre une langue en ce qui me concerne, j’ai commencé les cours de français, il y a 1 an. C’est incroyable quand quelqu’un te supporte ainsi !

Et après la conquête de l’Europe, est-il envisageable que The Hall Effect chante en espagnol ? En effet, vous avez été connu dans des pays latinos en chantant en anglais, est-il envisageable que vous changiez d’orientation à savoir être connu dans les pays anglo-saxons en chantant en espagnol ?
Oscar : Je pense que c’est possible parce que quand nous avons commencé, nous pensions seulement en anglais puis, j’ai appris qu’il fallait être ouvert pour pouvoir prendre ce qu’on t’apporte. Nous sommes venus en France, nous nous sommes faits des amis, des fans… j’ai appris le français et un jour, j’ai écrit une chanson en français, ça sonnait bien, je l’ai montré à Claude, à Olivier qui ont été surpris de voir que j’ai pu écrire une chanson en français alors que ça ne faisait que 5 mois que j’apprenais la langue : j’ai été inspiré ! Je suis tombé amoureux du français parce qu’il y a beaucoup de similitude avec l’espagnol et certaines similitudes avec l’anglais également…

Mais vous êtes conscients que le français n’est pas une langue qui sied bien au rock et ce n’est pas en chantant en français que tu marcheras en Europe ?
Charry : Tout à fait !
Oscar : Pour nous, c’est la même chose, c’est naturel de chanter en anglais parce que tous les groupes que nous écoutons depuis toujours chantent en anglais !
Charry : Et parce que le rock est anglais, il vient d’Angleterre… Faire du rock en français est un genre, faire du rock en espagnol est un autre genre mais faire du rock en anglais est le principal genre ! Donc, c’est naturel de chanter en anglais !

Donc à l’avenir, comme ces titres chantés en français, vous pourriez faire des titres en espagnol mais de façon ponctuelles car comme vous l’avez dit l’âme du rock est anglais !
Charry : Oui exactement ! Nous pourrions chanter quelques titres en espagnol, en portugais… et pas pour des raisons stratégiques mais parce que c’est naturel !
Oscar : J’ai toujours pensé que si tu étais un groupe international, quand tu rencontres d’autres cultures, tu apprends de ces autres cultures et quand tu peux les mettre dans ta musique, c’est super ! Plein de groupes de rock’n’roll l’ont fait par le passé et pour moi en tant que chanteur, chaque langue est un nouvel instrument.

Tu as raison, ta voix n’est pas la même ne serait-ce que quand tu parles dans une langue différente.
Oscar : Exactement ! Donc, quand j’ai fait cette chanson, je faisais des rimes en utilisant aussi bien l’espagnol que le français et ça, c’était intéressant pour moi !

On a évoqué la connexion avec Renault, le fait que le groupe est sponsorisé par Berlitz. Vous n’avez pas peur d’être considéré comme un groupe marketé de toute pièce avant d’être des artistes ?
Charry : Tout ce que nous avons essayé de faire en Colombie, nous l’avons fait par nous-mêmes : nous sommes un groupe indépendant, pas un groupe signé par un label indépendant ! Nous avons sorti nous-mêmes notre premier album. Si certaines chansons sont passées en radio, c’est parce que les fans les demandaient. Toutes les interviews, tous les passages télés, les festivals dans lesquels nous avons joué… c’est nous qui avons tout organisé. Donc tout cela est une sorte de reconnaissance de ces marques pour dire que vous avez réussi tous seuls, on ne sait pas comment mais maintenant on va vous aider !
Oscar : Quand nous avons rencontré les marques, nous ne les avons pas laissé poser la marque en avant par rapport au groupe ! Donc, c’est d’abord et avant tout le groupe et ensuite, si vous voulez y apposer votre marque…

L’album "The Hall Effect" est un album rock aux accents électro pop ("Get on it"), "Hold on" et ses guitares the Edge de U2 fait penser au groupe Neon Trees avec des tubes en puissance aux refrains entêtants comme "Do me Wrong". La fin de l’album est plus puissante avec notamment des guitares plus incisives sur "Spin Me" ou "Choke"… quelle pourrait être l’orientation musicale future du groupe ?
Charry : La chose amusant que je t’ai dite est que cet album a été écrit dans une optique "live". Donc, quand nous avons fait la liste des titres de cet album nous l’avons créé comme pour un concert : nous commençons en construisant une atmosphère avec le public et à la fin, la machine est lancée avec le public derrière toi ! Et c’est l’idée de cet album : mettre un album dans une cassette !
Tu as les hauts, les bas, les ballades… mais les dernières chansons de cet album sont comme les premières chansons du nouvel album, nous serons proches de ça et c’est l’idée parce que à chaque fois que tu fais un album, tu penses quelle pourrait être la prochaine étape ! Nous ne savons pas encore comment il sonnera parce que nous n’avons encore rien composé…

… vous n’avez encore composé ? Vu que "The Hall Effect" date d’il y a deux ans, on aurait pu penser que vous aviez déjà commencé à écrire certaines choses ?
Charry : Non pas encore, peut-être l’année prochaine parce que nous sortons "The Hall Effect" cette année.
Oscar : Les nouvelles chansons sont les chansons en français, nous avons pris des risques que nous n’avions jamais pris avant et nous avons exploré de nouvelles choses mais la dernière chanson que nous avons écrite avec Phil est un titre caché après la dernière chanson "Choke". Phil voulait un album dans lequel nous montrions toutes nos facettes : les parties lourdes, les ballades et c’est vraiment cool !

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Votre promo indique que "The Hall Effect emprunte des directions musicales allant de U2 à Muse en passant par Porcupine Tree, Pink Floyd, Radiohead ou Placebo". Si je comprends U2 qu’on peut retrouver sur les guitares de "Hold On" notamment, j’ai cherché le lien avec Porcupine Tree au travers de ta voix dont la tessiture oscille entre Steven Wilson et Steve Hogarth par moment.
Oscar : (Visiblement ravi) Vraiment ?
Charry : Tu sais la chose la plus amusant à ce sujet est que cette phrase est la perception de notre musique par Olivier Garnier ! C’est super parce que Porcupine Tree est un groupe que nous adorons mais ce n’est pas une influence pour nous en tant que groupe mais c’est super de constater que quelqu’un d’autre te dise que notre musique lui rappelle par exemple, la voix de Steven Wilson… C’est super parce que tu as un mélange de choses auxquelles tu n’avais pas pensé en enregistrant ces chansons.
Oscar : Et plein de gens selon le jour où ils écoutent notre musique auront des impressions différentes.
Charry : Mais c’est cool !

Clairement quels sont les retours, l’accueil européen et français spécifiquement vis à vis de votre musique ? Je ne parle pas au regard de ventes d’albums puisque l’album n’est pas sorti au moment de cette interview mais à l’issue des concerts par exemple.
Oscar : C’est vraiment, vraiment intéressant parce que comparé à la Colombie où le rock est minoritaire, ici en Europe, le rock est "mainstream" et nous voyons la différence avec les européens que ce soit à Londres ou ici en France. Quand nous commençons à jouer, les gens sont immédiatement connectés à notre musique.
Charry : Ils n’ont pas vraiment besoin de connaître les chansons, besoin de temps, ils sont tout de suite connectés.

A tous vos concerts ? Parce que autant je peux comprendre que les fans de Fiction Plane pour qui vous avez assuré la première partie accrochent de suite, autant pour…
Charry : Wolfmother ? Effectivement quand les fans ont su qu’un groupe colombien allait ouvrir pour Wolfmother, ils se sont demandés pourquoi on avait placé un groupe de salsa en première partie (Rires) ! Ils se posaient plein de questions mais quand nous sommes arrivés sur scène à les faire bouger avec nos chansons, ils ont été soufflés !

Et avez-vous changé votre set-list, votre façon de jouer pour un public venus pour Wolfmother ou Fiction Plane ?
Charry : Je pense que nous jouons différemment non pas musicalement mais avec une énergie différente ! Ca dépend du concert mais certaines fois, tu sais qu’il va falloir que tu montes sur scène pour botter le cul des spectateurs !
Oscar : Gene Simmons de Kiss disait que tu peux définir le rock’n’roller qui monte sur scène, celui qui demande au public qu’il lui donne leur meilleur uppercut. C’est l’attitude du rock’n’roll ! Donc, nous sommes allés là-bas, nous avons vu le public de Wolfmother…
Charry : … qui nous regardait du genre : "Mais qu’est-ce qu’il vous nous jouer ?". Et on leur a répondu de la plus belle des manières !

Et vous étiez un peu effrayés avant de jouer ?
Oscar : Ouais !
Charry : (Rires) !
Oscar : Nous allions jouer, je ne parlais pas encore français à ce moment-là mais nous sommes montés, nous avons joué 6 chansons et à la troisième, certaines personnes sautaient ! Nous étions super surpris et nous avons quitté la scène en disant : "Merci beaucoup !"… et comme nous n’avions pas de roadies, nous sommes revenus pour reprendre nos instruments et quand le public nous a vu, il a hurlé pensant que nous revenions pour un rappel (Rires) ! Et c’est là que nous nous sommes dit que la France pouvait peut-être aimer ce que nous faisons !
Charry : Je me rappelle aussi que parfois pendant la tournée avec Fiction Plane, les fans de Fiction Plane nous avouaient qu’ils avaient vraiment adoré notre prestation voire même plus que les mecs de Fiction Plane qu’ils étaient venus voir à la base ! Même si ils ne connaissaient pas nos chansons, mais dès les premières notes, ils ont succombé : c’est super !
Oscar : Encore une fois, c’est parce que ces chansons ont été faites dans les conditions du live qu’elles ont peut-être un si bon accueil en concert ! Fiction Plane est un groupe incroyable et que quelqu’un te dise qu’il préfère ta musique, c’est extraordinaire ! Et notre deuxième concert était à Montpellier et le lendemain, certaines personnes ont créé le fan club français de The Hall Effect à Montpellier. Même chose lorsque nous avons joué le lendemain à Strasbourg…

Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?
Charry : Pour moi, c’était Muse ! C’est un groupe que j’adore et tu imagines pouvoir ouvrir pour eux, c’est une chance de jouer avant tes héros. Incroyable d’autant que nous avons pris un verre avec eux ensuite !
Oscar : Je n’ai pas de meilleur souvenir parce que enregistrer à Londres pour moi a été une expérience incroyable, jouer la première fois à Paris a été une expérience incroyable, jouer en première de Muse également, être en tournée, dans le bus de la tournée avec Fiction Plane… plein de bons souvenirs mais je n’en ai pas un de spécial !
Andres Rodríguez : Pour moi, nous avons beaucoup travaillé pour y arriver et aujourd’hui, c’est super parce que nous sommes à chaque fois accueilli de mieux en mieux… On avance pas à pas et c’est super !
Douglas Bravo : Fiction Plane, Muse… il y a vraiment plein !

Vous avez fait plein de première partie de groupes connus en Colombie, considérez-vous comme une chance le fait d’être colombien où il y a peu de groupes rock et permettre à un groupe jeune comme The Hall Effect de jouer en première partie de Muse, Franz Ferdinand, Aerosmith ou Gwen Stefani ou Fiction Plane ?
Oscar : Quand nous étions en Colombie, quand un Muse, Gwen Stefani… venait, qui était le seul groupe qui chantait en anglais, les colombiens demandaient The Hall Effect ! Donc, oui, nous avons eu de la chance parce que je me souviens que certaines personnes ont demandé à Charly si il voulait qu’on ouvre pour Aerosmith parce qu’il savait qu’on était super populaire en Colombie et que notre présence en première partie même d’Aerosmith aiderait à vendre des tickets en Colombie (Rires) !
Mais comme tu l’as dit, si nous étions français, plein de groupes voudraient et pourraient ouvrir pour tous les groupes pour lesquels on a ouvert. Etre en Colombie, nous a aidé pour faire la première de ces groupes ! Mais quand on a présenté notre musique à Olivier, il a demandé qui nous étions et quand on lui a dit qu’on était colombien, il n’a pas voulu y croire, il pensait qu’on était anglais et il a apprécié notre musique si bien qu’il nous a fait en sorte qu’on ouvre pour Wolfmother et Fiction Plane !

Tout à fait, vous avez prouvé avec cette tournée avec Fiction Plane que si vous ouvrez pour des groupes connus, ce n’est plus en raison de votre nationalité mais de votre talent !
Charry : En fait, tu sais quoi ? Olivier nous a demandé d’ouvrir pour les concerts de la tournée française des Cranberries, c’était même avant que nous faisions la tournée avec Fiction Plane ! Nous étions ravis car Cranberries est vraiment un groupe majeur mais ça ne s’est pas fait pour des raisons de business, d’argent… Le fait que nous ayons ces opportunités d’ouvrir pour des groupes majeurs comme ça en France n’est possible que si tu fais de la bonne musique !

Vous avez évoqué vos meilleurs souvenirs, au contraire quel pourrait être le pire ?
Charry : Et bien, personnellement, j’ai perdu mon matériel deux fois (Rires) !
Oscar : A Bogota, nous avons joué dans un Hard Rock Café où il n’y avait pas de sécurité -ne me demande pas pourquoi- mais des mecs ont volé notre matériel !
Charry : Et trois mois avant ça, nous tournions ici en France avec Fiction Plane, nous avons également joué à Barcelone et plus tard dans la nuit, quelqu’un a volé ma guitare !

C’est la rançon de la gloire : vous êtes devenus connus et les gens veulent avoir des choses de vous !
Charry : J’aime ta façon positive de voir les choses (Rires) ! Je le verrai ainsi dorénavant !

Si vous deviez choisir un titre de The Hall Effect pour faire découvrir votre musique à quelqu’un qui ne la connaîtrait pas quelle chanson choisiriez-vous et pourquoi ?
Charry : Mince, je dirais…
Oscar : "April" !
Charry : Oui, "April" parce que cette chanson a un peu de tout ce que nous faisons dans les autres chansons, un peu de nos ballades, un peu de nos choses rock… Elle a un peu de tout, une sorte d’équilibre parfait !

Personnellement, j’aurais opté pour "Choke" et son titre caché.
Charry : Oui avec la deuxième partie, c’est également le cas !
Oscar : C’est vrai, tu as raison !

Toujours me concernant, les deux derniers titres de l’album sont mon passage préféré de l’album.
Charry : C’est également notre meilleur moment lors des concerts !

Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?
Charry : "Pourquoi chantez-vous en anglais ?" (Rires) !
Oscar : "Pourquoi chantez-vous en anglais alors que vous venez de Colombie ?". Mais c’est amusant parce qu’ici en France, quand nous sommes venus pour la première fois en 2009, nous commencions juste donc nous ne connaissions pas la musique française mais maintenant que c’est le cas, nous constatons que tous les groupes rock en France chantent également en anglais.

Mais c’est la condition sine qua none pour réussir internationalement.
Oscar : Pour nous, c’est étrange parce que quand nous avons décidé de chanter en anglais, ce n’était pas un choix marketing mais parce que tous les groupes que nous aimions chantaient en anglais : c’était naturel !
Au début, ça a été dur parce qu’on nous disait qu’on n’était pas colombien parce qu’on chantait en anglais et qu’on voulait devenir américain… Mais maintenant, nous nous félicitons d’avoir choisi l’anglais car dans le cas contraire, nous n’aurions pas travaillé avec Phil et nous ne serions pas là avec toi…
Mais c’est très difficile de chanter en espagnol : c’est une niche nationale ! C’est la même chose pour la France et c’est une honte parce que vous avez beaucoup de bons groupes comme Noir Désir ou Téléphone !

Mais ça fait partie des rares groupes rock connus français auxquels tu peux ajouter Trust
Oscar : Et c’est à peu près la même chose en Colombie ! Dans les années 1990, nous avons eu plein de groupes de rock’n’roll mais ils ont tous disparu. Et depuis nous, il y a plein de groupes qui font du rock’n’roll en anglais !

Vous pensez avoir influencé cette nouvelle génération ?
Oscar : En Colombie ? Oui ! Nous ne voulions pas y croire mais tous les groupes que nous croisons nous disent qu’ils nous ont entendus à la radio et qu’ils pouvaient également le faire !

Et qu’est-ce que ça vous fait d’entendre et voir ça pour un groupe aussi jeune que The Hall Effect qui existe 2006 ?
Charry : C’est un honneur ! Et ce n’est pas seulement une question de genre, on a cassé les barrières : les gens doivent pouvoir faire ce qu’ils veulent faire ! En Colombie, si tu ne fais pas un certain type de musique, tu ne seras pas connu ! Même si les musiciens aiment le rock, ils jouent tous de la salsa, du vallenato qu’ils n’aiment pas vraiment. Quelque soit le type de musique que tu aimes : du metal, de la polka russe, si tu aimes cette musique, tu dois la jouer et tu auras du succès, si tu t’impliques à fond dedans.
Oscar : Pendant nos concerts, nous avons rencontré des mecs qui jouaient des groupes "tropicaux" et pendant les balances, ils jouaient du… Slayer (Rires) ! Et ces mecs nous disaient : "Hey les mecs vous jouez du rock’n’roll, vous avez vraiment de la chance !" et on leur répondait : "Pourquoi vous n’en jouez pas ?" et les réponses étaient financières, ils jouaient cette musique pour gagner de l’argent… Mais depuis ces mêmes personnes ont quitté les groupes "tropicaux" et ont lancé leur propre groupe de rock’n’roll en Colombie ! Et depuis, ils nous remercient et nous sommes très fiers de ça, c’est incroyable !

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Au contraire, la question que vous souhaiteriez que les lecteurs de MusicWaves vous posent ?
Charry : Je ne sais pas, j’aime toutes les questions qui ont attrait à la musique comme par exemple : "A quoi pensiez-vous quand vous avez écrit cette chanson ?" et pas le genre de question : "Pourquoi as-tu mis ton bonnet ?" (Rires) ! Des questions à propos de la musique, à propos du groupe et pas seulement pourquoi nous chantons en anglais !
Oscar : J’aime beaucoup quand les gens nous demandent quels conseils on a à donner à quelqu’un qui voudrait créer un groupe de rock’n’roll ou qui voudrait vivre de la musique, ce qui est très difficile ! On leur répond toujours : "S’il vous plait, faîtes ce que vous aimeriez faire. Ne suivez pas la mode des choses catchy qui passent à la radio. Faîtes de la musique avec votre cœur, travaillez dur et lancez-vous !".

Etre indépendant, ce que vous n’avez de cesse de dire concernant The Hall Effect.
Charry : Ouais, totalement !
Oscar : Avec Internet, tu peux faire plein de choses, ne compromettez jamais votre créativité et vos concepts pour des raisons financières, de marque…
Charry : … sinon tu ne seras jamais heureux, tu ne seras pas heureux de jouer ce que tu joues ! Faîtes ce que vous aimez faire et le public aimera !

Le mot de la fin pour les lecteurs de MusicWaves ?
Oscar : On voudrait tout d’abord te remercier pour l’interview, tes questions étaient très intéressantes. Nous invitons les lecteurs de MusicWaves à écouter notre musique, une musique faite avec le cœur, honnête. Nous sommes très contents d’être ici en France et nous espérons pouvoir montrer notre musique partout en concert…

… justement des concerts sont prévus ?
Oscar : Oui, nous avons des shows acoustiques où tout le monde peut venir et l’idée est de revenir en France en Septembre/ Octobre pour faire beaucoup de concerts ! Et on peut nous écouter sur www.thehalleffect.co ! Merci (Sourire) !
Andres : Nous sommes The Hall Effect, nous venons de Colombie, je m’appelle Andres, je suis le batteur et je suis très content de t’avoir parlé. Merci beaucoup (Sourire) !
Charry : The Hall Effect veut conquérir la France (Rires) !
Douglas : Merci beaucoup à tous les rockers. Vive la France (Rires) !

Merci
The Hall Effect : Oh non, merci à toi !

Un grand merci à Olivier de Replica et le talentueux NicolasG pour ses photos… et un passage de l'interview ici


Plus d'informations sur http://www.thehalleffect.co/
 
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