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TITRE:

YANN ARMELLINO (7 OCTOBRE 2010)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLUES



Alors que le guitariste s'était fait rare ces dernières années, nous avons rencontré Yann Armellino quelques semaines avant 2011, année pendant laquelle le guitariste rattrapera le temps perdu...
STRUCK - 07.01.2011 -
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Salut Yann, comment se fait-il que tu aies disparu de la scène ces dernières années puisque la seule nouveauté c'est un DVD méthodologique sorti l'été dernier et une collaboration avec ton ami d'enfance Chris Caron ?
Yann Armellino : En fait, autant discographiquement parlant, j’étais assez actif parce qu’il y a l’album "Gimme The Sound" qui est sorti avec Chris Caron…

…album assez récent…
Oh non, celui-là date d’il y a un an…

… Oui mais entre celui-ci et "Cross Rocks" datant de 2004, il y a cinq ans.
C’est vrai !

Et alors qu’est-ce qui explique une telle absence ?
Oh, tout simplement un manque d’inspiration (Rires) ! Non, quand tu sors de quatre albums instrumentaux, même si dans "Cross Rocks", il y avait des titres chantés par des invités mais je ne savais pas trop où aller… Et est-ce que je voulais remettre le couvert de suite pour un truc totalement instrumental ? Est-ce que j’avais assez de choses à dire, en fait, pour pouvoir le faire ? Il y a eu aussi la gestation par rapport au label Why Not qu’on a monté. J’ai été vachement occupé par ce label parce que je me suis occupé de la promotion des artistes qu’on avait signé au catalogue, et donc, on ne peut pas tout faire en même temps. Et puis, il se trouve que j’ai repris contact avec un ami, Chris Caron, qui lui vit depuis maintenant dix-sept ans aux Etats-Unis. Et puis, de fil en aiguille, on s’est envoyé des choses, des mails, des fichiers musicaux et la première question que je lui ai posé était de savoir s’il chantait encore. Il se trouve que oui et puis voilà… Donc, du coup, ça m’a vraiment redonné envie de recomposer mais dans une optique différentes.

Mais alors pourquoi avoir attendu autant de temps avant de reprendre contact ?
Parce qu’on s’était complètement perdu de vue. Ca faisait plus de dix ans que je ne l’avais pas vu.

Et quel a été l’élément déclencheur pour reprendre contact ?
En fait, on a été remis en contact parce que c’est un grand amateur de Kiss comme moi. Et donc, il a su en visitant des sites consacrés à Kiss que j’avais fait des albums, et bien qu’il soit parti aux Etats-Unis, j’avais continué la musique (Rires). Et voilà, un beau jour, il m’a envoyé un mail, je ne m’y attendais pas du tout. Mais c’est vrai qu’entre "Cross Rocks" et "Gimme The Sound", il y a eu du temps. Après, c’est tout le processus de création, d’enregistrement… parce que 5.000 kilomètres de distance, ce n’est pas très facile. On a quand même composé beaucoup de choses, on a fait une première version de l’album un peu en maquette, après, il est venu en France deux fois pour faire tout l’enregistrement des voix. Donc tout ça a pris du temps et puis le label m’a pris aussi beaucoup de temps.

Et à aucun moment tu n’as eu peur de prendre un risque financier, à savoir que les auditeurs pourraient avoir une impression de déjà-entendu et donc nuire aux ventes ?
Non, ça ne m’a carrément pas du tout traversé l’esprit, non ! Après, tout dépend de ce que l’on veut dire par déjà-vu ? Pour cet album, on est parti du principe de se faire plaisir, la réunion de deux bons amis. Alors, avec le recul, je trouve qu’il n’y a pas assez de titres rentre-dedans, il y a peut-être un peu trop de titres acoustiques, mais bon voilà, c’était ce qu’on avait envie de dire à ce moment-là. C’est un truc qui est quand-même plus produit que ce que j’avais pu faire d’habitude ; du bout des doigts, des rehearses… Donc, c’est un disque de hard-rock traditionnel on peut dire, mais c’est aussi ce que j’écoute.

Et comme tu le disais c’est un album pour se faire plaisir…
Vraiment et puis, je te dis : on va continuer ! Ah oui, on ne va pas s’arrêter là car on a un album de prêt ! Enfin moi, je lui ai envoyé de quoi faire un album. Maintenant, le gros du boulot le concerne : il faut qu’il écrive, il faut qu’il compose des mélodies…

Donc ça sera ton prochain bébé ?
Peut-être (Sourire) ! Après, ça dépend aussi de lui…

Mais à ton sourire, il semblerait que tu aies d’autres projets ?
Bah oui, le nouvel album qui est instrumental sortira en Janvier…

Le fameux "4" que tous tes fans attendent ?
Cinq ?

Oui, mais "Cross Rocks" n’était pas la suite des trois premiers…
Oui, c’est vrai mais il ne s’appellera pas "4" non plus (Rires) !

Et donc, ce sera un album instrumental ?
Ouais ! Enfin, instrumental avec deux titres chantés. Il y a quand même Chris sur un titre chanté.

Et quelles ont été les inspirations, les influences pour ce nouvel album ?
J’ai pensé ce disque un peu comme un vinyle. Donc dans mon idée, il y avait deux faces : une face enregistrée dans les conditions live avec mon trio : basse, batterie, guitare. C’est vraiment la photographie parfaite de ce qu’on peut donner en concert. Donc là, il n’y a vraiment pas de fioriture, pas de rehearse, c’est 3, 4, on y va ! . Il y a cinq titres enregistrés comme ça avec mon batteur et mon bassiste, dont certains qu’on peut retrouver dans mes albums précédents mais une relecture complète. Et il y a quatre bonus, il y a le nouveau "Crossroads" avec les mêmes intervenants que dans "Cross Rocks", mais j’ai enregistré toutes les guitares dans une version complètement sur-boostée par rapport à ce qui était sorti. L’album s’appellera "Revisited", on revisite un peu mon répertoire et celui des autres.

Une revisite plus métal ?
Plus métal ? Je ne sais pas…

Tout du moins plus hard-rock vu que tes dernières productions étaient plus blues…
Ah oui ! Non, non, là, ce n’est pas très blues, non !

Et donc dans une veine guitar-hero 90 ?
Ouais si on veut ! Je n’aime pas trop ce terme hero, je n’ai pas cette prétention. Guitar Zero, je veux bien (Rires) ! Et puis 90, je trouve que non, bien qu’il y ait eu de supers trucs en 90. Qu’est-ce que ça veut dire 90 ?

En gros, ce sont les années où il y avait une recrudescence de disques instrumentaux…
C’est vrai, mais il y a beaucoup de gens qui ont continué quand même. Tu vois, Patrick (Rondat), il continue. Bon, un mec comme Satriani continue, Vai aussi. Moi, j’ai continué même si je suis arrivé après.

Mais tu es d’accord pour dire que leur période de gloire se situe en 90 ?
C’est vrai ! Et il y a eu la crise du disque aussi qui a fait que quoiqu’on fasse de toute façon, on vend la moitié de ce qu’on pouvait prétendre il y a dix ans.

Pas une crise du genre selon toi ?
Non, je ne crois pas. Non, je crois que les gens aimeront toujours la guitare, surtout s’il y a des choses à dire…

[IMAGE1]

Concernant le DVD, jusqu’où t’es-tu investis tu dans le DVD "Je suis guitariste" ? Est-ce un produit 100% Armellino, ou bien es-tu juste le guitariste filmé ?
Ah non, non, l’investissement est total ! En fait, le projet est lié avec un ami qui travaille chez Sony Music. Il s’appelle Christophe Langris, il est directeur du label Legacy – Catalog, et il se trouve que je lui donne des cours. Je le connais depuis très longtemps et quand il est venu me voir : le deal, c’était "Apprends-moi la guitare mais je ne connais rien au solfège. Mais j’ai envie de me faire plaisir ! ". J’ai rempli son cahier des charges et j’ai commencé à lui apprendre des titres mais en faisant totalement abstraction du solfège. Je lui disais quand-même quand il faisait un La, un Do… enfin, je lui citais le nom des accords, et je lui donne maintenant des partitions, des tablatures, ce qui peut être un bon moyen pour se remémorer des trucs. Et donc le projet est né comme ça, on s’est dit -surtout lui d’ailleurs- que si ça marche pour lui, ça peut marcher pour les autres.

… et c’est le cas ?
Ah oui ! On est très, très content du produit, ça marche vraiment bien !

Vraiment ?
Ah ouais, ouais vraiment, ça marche bien ! C’est bien accueilli par la profession entre guillemets.

Et comment l’expliques-tu ? Ton nom ?
Non, je n’ai pas cette prétention. Non, c’est vraiment le concept, si tu veux. C’est vraiment ce qui plaît parce qu’apprendre des titres comme ça, sans connaître le solfège… La guitare fait partie des instruments avec lesquels on peut arriver à un résultat assez rapide. On peut se faire plaisir assez rapidement sans forcément passer par des années de solfège justement.

Donc, en bref, tu as appelé ça "Je suis Guitariste" mais tu aurais pu appeler ça "La guitare pour les Nuls".
(Rires) Oui mais non ! Et puis, ça existait déjà en plus…

A aucun moment tu ne t’es posé la question de la légitimité pour faire ce DVD sachant que les guitar-heros sont légions ?
Non parce qu’en plus, il se trouve que je participe quand même tous les mois au mensuel "Guitar Part". Donc, j’ai une voire deux rubriques dans le mensuel. Bon là, c’est un peu plus pour les confirmés. Mais non, la pédagogie, ça fait quelques années que je la pratique.

A ce propos, travailles-tu la technique à la guitare quotidiennement ?
Oui et non ! C’est simple en fait, la guitare fait partie des instruments avec lesquels tu en apprends tous les jours. C’est quand même bizarre, c’est vrai, on n’a jamais fini d’en apprendre. Donc automatiquement, de par mon métier que je peux donner ou par les choses que je prépare pour "Guitar Part", quand on me demande un truc à la manière d’untel ou de faire quelque chose d’un peu différent, on est toujours obligé de se creuser la tête, d’aller dans des chemins qu’on n’avait pas encore emprunté jusqu’à présent. Et c’est toujours un challenge !

As-tu encore des ambitions dans ta maitrise de l’instrument ?
Toujours en apprendre plus et puis, donner… enfin, essayer de donner un maximum en en faisant le minimum… Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire ? Je veux dire que les guitaristes que j’affectionne tout particulièrement sont un Jeff Beck qui va te faire pleurer avec trois notes… Pour en arriver à ce niveau-là, c’est du grand génie : pouvoir dire le maximum en un minimum de notes… Après, tout ce qui est shredders, c’est bien de savoir le faire, c’est bien d’aller vite, mais le mettre tout le temps au service de la musique, c’est assez fatiguant !

On en revient à l’effet de mode des albums instrumentaux dont on parlait tout à l’heure…
Oui complètement !

Et pourquoi privilégier maintenant ce côté émotion au détriment de la démonstration ?
Moins démonstratif ? Je ne l’ai jamais vraiment été. C’est vrai que j’ai toujours été borderline entre guillemets. Ça vient aussi des influences que j’ai pu avoir : j’ai beaucoup plus écouté Richie Sambora qu’Yngwie Malmsteen, tu vois ? Je pense que ça s’entend automatiquement. Comme j’ai pu beaucoup plus écouter Van Halen que Jason Becker à l’époque de "Cacophony" dont je n’ai jamais vraiment été friand.

Sans transition, comment prends-tu le fait d’être souvent comparé à Patrick Rondat ?
Oh, on ne me compare pas beaucoup à lui, si ? Peut-être la longueur des cheveux (Rires) ? Mais ceci dit, Patrick est un pote, un ami, c’est big respect ! Je ne mérite pas cette comparaison, voilà (Sourire) !

Est-ce lié au fait que vous soyez les deux guitaristes françaises hard-rock de l’époque ?
Peut-être. Je ne sais pas ? Peut-être ? Enfin, lui fait partie des gens justement qui ne sont pas à jouer dix milliards de notes, tu vois ? Il arrive à te donner une émotion. Lors de la tournée qu’on avait fait ensemble, c’était un plaisir de se retrouver à la fin pour faire le AC/DC ensemble. Et d’ailleurs, l’album qu’il a fait avec le pianiste Hervé N’Kaoua : putain, il est super ambitieux et je trouve ça super réussi ! Fallait oser quand même !

Qu’est-ce que ça te fait d’être cité par de nombreux guitar-hero internationaux quand je leur demande quel guitariste français ils connaissent ?
On m’a déjà cité ? Je ne savais pas (Rires) ? Des noms…

Ron Thal et Mattias Eklundh notamment…
Bah, c’est très flatteur ! Je suis très touché d’être cité par ces gens-là. Ceci dit, Mattias est un mec super, on a quand même passé douze jours ensemble… mais pas que lui, tout le groupe Freak Kitchen, que ce soit Björn (Fryklund) ou Christer (Örtefors)…

Quelles sont ces références françaises en matière de guitare ?
Alors, il y a Norbert Krief. Nono, lui c’est pareil, c’est un type qui a un feeling incroyable. D’ailleurs, on avait fait un titre ensemble sur mon deuxième album. Il y a un autre type que j’ai invité sur "Gimme The Sound", il s’appelle Gildas Arzel qui est un petit peu moins sous les feux de la rampe au niveau guitare. C’est un type qui a fait énormément de sessions studio, qui a joué avec Goldman notamment, Yannick Noah… enfin, on le voit plus dans le milieu de la variété française. Mais tu écouteras sur mon album, le titre "Amorik’n’Roll", quand il sort sa guitare, c’est toute l’Irlande et la Bretagne qui arrive, c’est magnifique ! Et tu iras voir sur son site, je pense qu’il y a des écoutes de son album qui s’appelle "Brazebeck". Et rien que l’intro du disque, tu fermes les yeux, tu as l’impression que c’est Jeff Beck mais ce n’est pas une imitation… Il a un toucher incroyable !

Tu parlais d’interventions sur des albums d’autres artistes. Tu en as fait ?
Oui, j’en ai fait, enfin non, je n’en ai pas fait… (Il se reprend) J’ai fait des choses entre guillemets mais je n’ai envie d’en parler…

De mauvaises expériences en souvenir ? Donc un exercice que tu ne feras plus ?
Ca dépend après ! Oui, enfin, je suis très ouvert, je ne suis pas du tout enfermé dans le milieu rock, hard-rock. J’écoute vraiment plein de choses, j’adore la pop en général. J’adore Natalie Imbruglia par exemple. C’est bizarre, hein ? Mais c’est comme ça (Sourire) ! Les Corrs, il y avait des choses très belles ! Donc, après pourquoi pas ?

A la façon d’un Nuno avec Rihanna ?
Oui (Rires) ! Dans ce métier, avec les connections, des fois, on peut te proposer des choses improbables. Mais jouer avec un pancarter qui ne me plaît pas du tout ou si c’est trop variété, je ne le ferais pas. Mais il y a plein de gens en France que j’apprécie beaucoup !

Toujours à propos de guitaristes français, connais-tu un certain Tristan Klein…
Oui, tout à fait… (Il se reprend) Euh non, pas du tout, je confonds mais je le connais de nom, on s’est croisé deux/ trois fois…

A priori, il œuvre dans un registre proche du tien avec notamment son premier album "Universal Mojo" où un certain Craig Erickson joue en guest…
Ah bon ? Non je n’ai pas écouté. J’en ai entendu parler mais non, je confondais avec Youri de Groote qui n’a rien à voir. C’est un ami belge, j’adore ce mec. Bon, c’est un pote aussi mais lui pareil… Mais Tristan, non, on s’est croisé mais dire que je connais, non, c’est un grand mot !

On change de sujet : sur l’album "3", le titre d’ouverture "5160" est, j’imagine, un hommage à Eddy Van Halen…
Ah oui, clairement !

... mais également le riff de "Wild Boogie 2000" qui rappelle énormément "Girls Gone Bad"…
Oui, c’est vrai ! Oui, oui…

A ce propos, comment juges-tu l’évolution artistique d’Eddie Van Halen ?
Je ne suis pas très objectif en fait, parce que c’est un grand groupe que je suis depuis le début. Mais pour moi, c’est un sans-faute que ce soit la période Lee Roth que tout le monde considère comme la meilleure, mais il y a du très bon avec Sammy Hagar. Après, même avec Gary Cherone, ils ont fait un disque complètement sous-estimé, produit par Mike Post, quand même, qui est un grand monsieur…

Oui mais un album qui manque d’identité ?
Ah si quand même !

En fait, ce que je veux dire, c’est qu’on ne sait pas si on a affaire à un album de Van Halen ou d’Extreme…
Ah non ! Au niveau de la basse/guitare/batterie…

… mais le chant de Cherone est quand même très marqué
Un peu poussif sur l’album d’ailleurs. C’est Gary Cherone qui a essayé de faire du Hagar.

Sans parler de l’instrumental…
Oui, un peu long, anecdotique… Mais à côté de ça, quand ils font le "Best-Of", ils font deux titres avec Lee Roth, c’était une baffe monumentale… Et Chris les a vu en concert, il m’a dit que c’était très bien, mais c’était un peu bizarre aussi parce qu’ils ne revisitent que la période Lee Roth. Donc ils occultent totalement le reste et c’est dommage parce qu’ils mettent dix ans de leur carrière au placard.

[IMAGE2]

Ton album “Cross-Rock” semble très fortement imprégné par Robert Johnson dont tu ne reprends pas moins de 5 titres ("Walkin' Blues", "From Four Until Late", "If I Had Possession Over Judgement Day", "Stop Breakin' Down" et "Cross Rocks"). Qu’est ce qui t’attire dans musicien un peu étrange ?
Bah c’étaient les racines quand même. C’est vrai que l’histoire de ce mec aussi, "Cross Rock"» justement… Et puis, en fait, c’est mon éditeur qui m’a soumis l’idée de reprendre du Robert Johnson. Donc, il m’a fait écouter tout son répertoire qui est quand même en mono… Mais quand tu écoutes des titres comme "Cross Rocks" qui ont été repris des centaines de fois, quand tu écoutes l’original, faut quand-même trouver le rapprochement, hein ? Mais je trouvais que c’était un challenge aussi. Donc, mon éditeur -qui gérait les droits de Robert Johnson pour la France et l’Europe- pensait que c’était une bonne idée que je reprenne deux/ trois trucs. J’ai accepté et puis de deux/ trois titres, on est arrivé à cinq (Rires) !

Sans transition, si on te donnait ta chance, avec quel Guitar-Hero aimerais-tu jouer live ?
Ace Frehley.

Pourquoi ?
Bah, parce que c’est comme ça que j’ai commencé.

… tu n’es pas objectif ?
Non, pas du tout (Rires) ! J’ai découvert ce type avec "Unmasked" qui n’est pas l’album le plus hard-rock mais là… C’est pour ça que Ace, ça serait un grand honneur ! Lui, c’est un vrai guitar-hero ! Putain, il a amené des trucs, ses plans sont inimitables… Les gens quand ils veulent faire du Frehley -même le nouveau guitariste Tommy Thayer le fait très bien- ce n’est pas tout à fait lui…

Quels sont tes albums instrumentaux de chevet ?
"Guitar Shop" de Jeff Beck car c’est un des plus beaux albums… Il y a aussi justement l’album de Patrick avec Hervé que j’ai beaucoup écouté. Il y aurait un Satriani, lequel maintenant, c’est difficile ?

Le dernier est pas mal…
Le dernier est vraiment bien. Il est mieux que le précédent… Mais c’est vrai que le dernier est bien, c’est une bonne surprise ! Sinon il y a un album que j’ai beaucoup écouté, c’est "Hairpick" de Blues Saraceno. ’est vraiment un mec que j’aime beaucoup !

Tu n’imagines pas à quel point ça me fait plaisir que tu parles de lui car c’est un artiste dont on parle trop peu.
C’est un oubli ! Il est passé totalement à autre chose après deux albums solo et un passage chez Poison : pas mauvais d’autant que j’ai beaucoup écouté tous ces groupes à l’époque. Quand je débutais en groupe, j’étais très Poison, Cinderella… Mais ouais, "Hairpick" fait partie des instrumentaux que j’ai beaucoup écouté… Après, il y en a d’autres en cherchant bien… Steve Vai : moins, c’est vrai que ça me parle moins. Je reconnais que ce mec est incroyable mais bon… Il y a aussi Steve Stevens que j’adore…

Dans les années 80-90, les amateurs pouvaient se régaler des albums instrumentaux géniaux (Vai, Satch…) avec le sentiment d’innovations à chaque nouvelle production. Maintenant, il semblerait que l’inspiration soit en berne sauf pour quelques noms qui pourraient renouveler le genre (Dave Martone ou Ihsahn avec la guitare 8 cordes). Dans quelle direction artistique et quels artistes penses-tu que le renouveau se fera ?
Oui. Après avoir la prétention de dire qu’on peut encore inventer quelque chose dans ce domaine…

… je voulais dire pas forcément en termes d’invention mais plutôt de fraîcheur.
S’il y a un mec qui y arrive assez bien, mais après on va dans l’expérimental. Je pensais à Buckethead, un ovni… Ou un mec comme Mattias (Eklundh) aussi sur ses disques solos "Freak Guitar" : c’est vrai qu’il va très loin, des fois trop… Mais on ressent-je parle pour Mattias parce que je connais moins Buckethead- une vraie influence Zappa. Tu vois, au niveau de l’innovation, il faut plus aller vers ces gens-là que vers un Satriani… Mais innover… Moi, je préfère m’écouter un bon vieux Satriani !

Quel artiste t'a le plus marqué en 2010 tous styles confondus ?
Il y en a un que j’ai vraiment beaucoup, beaucoup écouté, c’est l’album de Shannon Curfman "What You’re Getting Into" qui est une chanteuse blues-rock américaine, guitariste aussi. Sinon, le Def Leppard n’est pas sorti cette année ? Non ? Parce que "Songs from The Sparkle Lounge" était un bon retour.

On sait que tu es endorsé Ibanez. Comment s'est passé la rencontre ? Je veux dire, quel était l'élément déclencheur qui a fait que tu as décidé d'opter pour Ibanez ?
En fait, la rencontre…. de mémoire mais je crois que c’est ça, c’est Patrick qui m’avait parlé d’Alain Gozzo d’Ibanez. Et donc, après être allé voir en magasin, j’ai trouvé une guitare qui me correspondait complètement : un vrai coup de cœur pour cette guitare. Donc, j’ai appelé et rencontré Alain et puis voilà, il m’a proposé un endorsement artiste.

Quels sont les avantages et les contraintes d’un partenariat avec une marque de guitare ?
Avantage ? Il y en a beaucoup. Contrainte ? Il y en a aucune… Non vraiment, tu sais quand tu es endorsé comme ça, tu vas poser un peu avec ta guitare, quand tu as un concert ou un master-class, tu vas avec tes guitares mais ce n’est une contrainte… Non du tout, c’est un vrai partenariat !

Et comme me le disait Patrick Rondat, il y a l’avantage des pièces de rechange.
C’est vrai que ça fait partie des choses très bien pour une marque comme Ibanez. Il n’y a pas un magasin de musique en France qui n’aura pas d’Ibanez en magasin…

Mais malgré tout, ce n’a pas été trop dur de te passer de la Gibson qui collait bien à ton style ?
Ah non pas du tout ! Non, non et puis, Gibson par rapport aux relations artistes, ça n’a rien à voir ! Quand tu es endorsé par une marque comme Gibson, ils te donnent du matériel, ils t’en prêtent, ils t’en vendent mais ça s’arrête là ! Donc, à un moment donné, j’avais envie d’un vrai partenariat avec une marque et c’est pour ça que ce côté familial qu’a Ibanez est vachement bien ! C’est vrai qu’ils essayent de communiquer le maximum sur nous. Sur le Dvd, il a été à 200% partenaire en faisant des opérations marketing avec Sony. C’est vrai que quelque part, une marque comme Gibson n’a pas besoin d’artiste, la marque parle d’elle-même. Bon ceci dit, Ibanez non plus. Maintenant tout le monde connaît Ibanez !

A ma connaissance, depuis la tournée avec Freak Kitchen, tu ne donnes plus (ou peu) de concerts.
Oui, c’est vrai. J’en ai fait quelques autres après, mais c’est vrai que c’était éparse.

Maintenant tu fais uniquement des prestations liées à des magasins ou des salons sur la guitare… Est-ce quelque chose que tu regrettes ?
Non, non, je ne regrette pas. Ceci dit, ce n’est pas un choix. C’est qu’aujourd’hui, monter une tournée ou des dates, c’est difficile économiquement. En plus, avec le projet de Chris, il y a l’aspect géographique qui n’était pas possible. Donc, pour que ce soit viable, il fallait monter une vraie tournée pour que ce soit rentable.

Et jouer en première partie ?
Oui aussi, mais il faut trouver le groupe ou l’artiste en question. Mais avec le nouvel album, il y aura des dates. Il y aura des dates plus lights en trio dans un premier temps mais il y en aura ! J’aimerais repartir sur la route avec d’autres artistes. Ça se fera peut-être, mais je ne sais pas encore, j’espère… Mais non, non, il va y en avoir !

C’est en discussion ?
Pas encore mais… enfin, oui et non, on va dire ! Après, je ne veux pas tourner à perte, tu vois ? On a des exigences entre guillemets : on ne va pas jouer pour 250/ 400 euros… Ce n’est pas possible, c’est quand même notre métier !

Justement de quoi vis-tu ?
Il y a les cours, il y a aussi "Guitar Part", il y a plein de choses qui font que tu arrives à t’en sortir.

Et composer pour d’autres ?
Non !

Même pour les artistes signés sur Why Not, même si ça n’a pas marché ?
(Il reprend) Ce n’est pas que ça n’a pas marché, c’est que notre distributeur Nocturne a fermé. Et sans distributeur, pour un label, c’est difficile !

Et là, vous en êtes où ?
On maintient la structure. Why Not existe encore mais on n’a plus d’artiste du tout : la grosse majorité des artistes ont été re-signés.

C’est une déception ?
Oui, c’est vrai que j’aurais préféré que ça se passe autrement mais on est tellement tributaire des distributeurs. Car qui dit distribution, dit entrée d’argent et un distributeur qui ferme et qui, en plus, laisse une ardoise, ça n’aide pas !

Sans transition, si tu devais choisir un titre de la discographie pour faire découvrir ta musique à quelqu’un qui ne la connaîtrait pas : quel titre choisirais-tu et pourquoi ?
C’est dur ça ! C’est très dur ça ! (Silence) Il y a "Oversea" dans "Gimme The Sound" que je refais d’ailleurs dans le prochain album à venir. C’est un titre assez court mais assez représentatif de ce que je peux donner mais c’est très dur… D’autant que là, c’est un titre instrumental que je te cite. Après, un titre chanté, je ne sais pas… Mais c’est vrai que j’ai fait des trucs plus blues, des trucs un peu plus métal, un peu plus hard-rock… donc c’est difficile juste d’en isoler un comme ça, ce n’est pas facile !

Tu parlais de titre chanté, quand est-ce que tu t’y mets ?
(Il coupe) Non ! J’aimerais bien (Sourire). Je suis très envieux quand je vois des Sambora, Ritchie Kotzen qui ont vraiment des voix à tomber mais bon, après…

[IMAGE3]

Quel est ton meilleur souvenir de musiciens ?
Oh, la sortie de mon premier album à l’époque sur Edel : c’est un grand souvenir !

Et au contraire quel est le pire ?
Oh, je n’ai pas vraiment de pires souvenirs… J’ai eu des déceptions mais c’est normal : l’arrêt de Nocturne notamment, quand ton disque est en bac depuis trois mois, il est déjà travaillé mais pas autant qu’il aurait dû parce qu’il avait déjà deux ou trois représentants qui n’étaient plus présents. On savait que ça allait fermer, mais on espérait que ça dure encore quelques mois et puis, quand le couperet tombe et quand en plus, tu apprends que tu ne seras jamais payé de tes royalties… c’est vrai que ça, oui, c’est une grosse déception. Maintenant de pire souvenir, non je n’en ai pas !

Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?
Oh ! Peut-être les influences mais c’est normal aussi ! Sinon, non, il n’y en a pas !

Au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?
(Silence) Peut-être des questions qui tournent autour d’autres choses que la musique. On pourrait parler cinéma, littérature, séries… Je suis un grand amateur de séries…

Laquelle actuellement ?
"The Wire" ("Sur Ecoute" en Français), c’est toute la complexité qu’il y a entre les médias, les flics et les politiques à Baltimore. Il y a aussi "The Shield". J’aime aussi les séries anglaises comme "Les Arnaqueurs VIP", c’est très drôle ! Sans compter les vieilles séries comme "Amicalement Vôtre". On n’a jamais fait mieux et j’ai été très peiné par la mort de Tony Curtis : Dany Wilde n’est plus, ça c’est une grosse perte ! Mais d’une façon générale, les séries ont plus de choses à dire que les films.

Avant de se quitter, aurais-tu un dernier mot à dire aux lecteurs de Music Waves?
Eh bien, à très bientôt parce qu’on va bientôt reparler d’un album à venir et puis il y aura un prochain Dvd aussi : on est en train de travailler dessus !

"Je suis Guitariste numéro 2" ?
Voilà, on sort un nouveau Dvd…

Donc une année 2011 à l’actualité brûlante où tu rattrapes le temps perdu… On boucle ainsi la boucle de cette interview…
Ouais et j’espère peut-être un album avec Chris avant fin 2011, ça serait bien !


Un grand merci à Nuno777, Nestor et Skardeus pour leur inestimable contribution à cette interview.


Plus d'informations sur http://www.yannarmellino.com/
 
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