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TITRE:

DEAD TREE SEEDS (18 AVRIL 2024)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

THRASH



Les papes du thrash français reviennent avec "Toxic Throughts" et rencontrent Music Waves.
CALGEPO - 03.07.2024 -
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Découvrez notre interview exclusive avec François et Sidi de Dead Tree Seeds, où ils parlent de leur nouvel album "Toxic Throughts", de leurs ambitions, de l'évolution de leur son, et de l'impact de leur nouvelle direction artistique.


On a l'habitude de commencer nos interviews par un petit rituel. On vous pose au début la question à laquelle vous en avez marre de répondre. Et à la fin, la question à laquelle vous auriez aimé répondre et qu'on ne vous a pas posée. Et à l'époque, pour le précédent album, vous aviez séché sur cette dernière question. Donc, du coup, on voudrait savoir si vous avez fait votre devoir et si vous y avez pensé.


Sidi : Ouais parce que moi, je n'ai pas ce souvenir-là.



Pas ce souvenir-là ? Bon, alors ce n'est pas grave. On verra à la fin. On est à l'approche de la sortie de votre nouvel album "Toxic Throught", quel est votre ressenti ? Est-ce que vous ressentez la même intensité d'émotion que pour la sortie des précédents albums, ou êtes-vous entrés dans une sorte de rituel qui ne vous fait plus rien ?


François : Pour ma part, non, toutes les sorties d'albums sont différentes.

Sidi : Oui. Là, j'ai un peu plus d'espoir pour celui-là parce que c'est un travail beaucoup plus long sur cet album. Pour ma part, c'est un album qui est beaucoup plus abouti que le précédent grâce à notre expérience des anciens albums. Non, je mets beaucoup d'espoir sur cet album, honnêtement.


Plus d'espoir et un peu plus de pression aussi, non ? Par rapport à vos ambitions.

François : Oui, un peu plus de pression puisque c'est vraiment un travail beaucoup plus abouti. On aimerait bien que le public partage ce ressenti avec nous. Donc pour ma part, la pression est toujours la même.


Lors de la précédente interview, vous avez dit que vous vouliez que le nom du groupe Dead Tree Seeds devienne le synonyme de trash français. Est-ce que vous pensez avoir accompli cet objectif ?

François : Je me rappelle que c'est moi qui avais répondu à ça. Je voulais que lorsque l'on pense à trash français, on pense à Dead Tree Seeds.

Sidi : C'est vrai que pour un groupe français, si jamais on parle de trash, on veut qu'on pense à nous. Et l'impact des morceaux peut aboutir à ça.


En fonction des retours que vous avez eus sur le précédent album et l'EP qui est sorti récemment, est-ce que vous pensez déjà avoir franchi un palier ?

Sidi : Déjà, on y pense. On a mis tous les moyens pour le'atteindre. On a changé de label pour passer chez un label plus important pour nous ouvrir plus de portes. On est passé par le Bamacar Studio au niveau du son pour avoir un meilleur son. Donc, toute cette étape-là, on l'a franchie pour se donner les moyens d'arriver là où on veut.


Et cette signature avec le label M&O, justement, qui émerge, on en parle beaucoup. Est-ce que vous ressentez une pression différente par rapport à une période peut-être un peu plus d'indépendance artistique ? Est-ce que vous avez conservé cette indépendance-là ?


Sidi : Au niveau de la composition et de l'approche, oui. Ils n'ont jamais mis de pression là-dessus.

François : Après, effectivement, c'est une approche beaucoup plus professionnelle. Ils demandent énormément de présence avec eux, ils nous accompagnent. Mais après, j'ai compris qu'ils étaient beaucoup plus exigeants en termes de photos, de graphisme. Ils étaient beaucoup plus exigeants que notre ancien label. Donc, quelque part, ça nous a un peu plus professionnalisés.


Et comment vous vous êtes adaptés à ça ? Facilement ou pas ?

François : Facilement. Il a fallu voir les choses autrement. Là où notre ancien label n'était pas très regardant sur, par exemple, la qualité des photos, du visuel, là, il nous a demandé d'être beaucoup plus exigeants vis-à-vis de nous-mêmes.


En termes de visuel, justement, la pochette du nouvel album est très réussie avec ce nuage toxique vert. C'est vous qui avez travaillé là-dessus, ou vous faites appel à quelqu'un ?


Sidi : On est accompagnés de Sandra qui s'occupe de tout ce qui est pochettes d'albums, tout ce qui est back, tout ce qui nous accompagne dans les concerts et pour le merch. Elle fait partie intégrante du groupe. Elle ramène des idées de graphistes. On a beaucoup réfléchi à la pochette en fonction du titre "Toxic Thoughts".


Elle est très travaillée effectivement.


Sidi : On a mis du temps à la faire.


Plus de temps que pour composer les morceaux ?


François : Non, mais il fallait se mettre d'accord. Elle comprend déjà le projet parce qu'elle participe de l'intérieur au monde du groupe. Donc ça a été une logique. Elle nous a proposé pas mal de choses et puis après on l'a orientée selon les différentes pensées des membres du groupe. Elle connaît nos caractères.


Le travail sur cet album-là nous a apporté une manière différente de voir les choses




Cet opus qui va sortir fait suite à l'EP "Back to the Seeds" sorti en 2022, qui succédait à "Push The Button" (2020). Vous semblez accélérer le rythme de vos projets. Quelle est la raison de cette accélération ? Alors que pour le précédent, il a fallu attendre un peu plus longtemps mais c'était lié aussi au contexte Covid... Qu'est-ce qui explique le fait que vous montez en puissance créatrice ?


François : En fait, "Back to the Seeds" n'avait qu'un inédit. C'est-à-dire qu'il y avait trois morceaux qui étaient déjà parus sur le tout premier album du groupe. Donc quand "Back to the Seeds" est sorti, on avait globalement la moitié de "Toxic Thoughts" qui était déjà composée musicalement.

Sidi : Pour ma part, c'est un line-up qui est beaucoup plus stable à part le chanteur qui a changé, mais au niveau des guitares, François est avec nous depuis pas mal de temps. Le travail sur cet album-là nous a apporté une manière différente de voir les choses. François a apporté des morceaux, il nous a fait travailler les morceaux. Donc effectivement, les morceaux sont pas mal anciens mais il fallait les finaliser.


Le départ de Frank Vortex et son remplacement par Frank Le Hard ne vous a donc pas ralentis, alors qu'à l'époque, je me souviens, vous indiquiez que c'était un paramètre important...


Sidi : Non parce que Frank Vortex avait commencé à travailler sur cet album-là. Il est parti pour des problèmes personnels et vit en Italie. Et Franck, quand il est arrivé, a fait un gros travail d'écriture de textes pour pouvoir rentrer dans le timing qu'on s'était fixé.

François : Il a eu une grosse pression quand il est arrivé. On lui a demandé directement de se mettre au clair avec les anciens morceaux et de composer aussi les lignes de chant et les textes pour l'album. Il a composé six titres en un temps record.


Cette manière de travailler vous a surpris par rapport à une autre manière où vous mettiez peut-être un peu plus de temps ?


Sidi : Là, comme il est arrivé, il a intégré le groupe directement en février 2023. Il a fallu qu'il compose des lignes de chant et des textes rapidement. Je l'ai aidé parce que j'avais deux textes qui traînaient. On a réussi rapidement à boucler cette partie de composition du son.


Les thèmes de ce nouvel album sont forts. Vous abordez dans vos chansons des sujets influencés par des thématiques sombres qui reflètent peut-être l'atmosphère actuelle en France, voire dans le monde post-Covid. C'était votre intention de transmettre ce sentiment à travers votre musique ?


François : Il n'y a pas que le post-Covid. En fait, c'est sur la nature humaine en général. Il y a des thématiques très classiques pour un groupe de trash metal qui parle de la guerre, des addictions, de la destruction de l'environnement par l'homme.

Sidi : Et puis il y a des thèmes plus larges sur la vie en général.


Vous restez donc dans un certain classicisme sur les thèmes évoqués et les paroles ?


François : Oui, après, il y a des choses plus personnelles. Les deux textes que j'ai composés le sont beaucoup plus... Il y en a un sur la vanité de la vie en général et un autre sur l'idée que l'homme devrait pouvoir prendre conscience des erreurs qu'il a faites par le passé.


La musique de votre groupe repose sur des influences comme Slayer, Metallica, Testament, Anthrax. Est-ce que vous avez envie parfois de briser certaines conventions avec ce dernier album ?


François : En fait, on ne calcule pas. Quand on propose un riff, s'il est bon, il reste. On ne se pose pas la question de savoir si c'est old school ou pas...

Sidi : On a des grosses influences, c'est clair. Elles sont toujours présentes parce qu'elles font partie de nous, mais on ne se met pas de barrière là-dessus.


La musique repose beaucoup sur des riffs percutants dans ce nouvel album, des solos impeccables. Comment arrivez-vous à renouveler cette architecture à chaque fois ? Comment savez-vous quand vous avez trouvé un riff ou un solo parfait ? Travaillez-vous principalement à l'instinct ou retravaillez-vous beaucoup vos compos ?


François : Aurélien compose énormément en guitare. En termes de solo, c'est lui le roi dans le groupe. Il va jauger si le solo va bien dans le morceau. Nous, en général, on valide.

Sidi : Il met beaucoup de temps à titre perso à travailler toutes ces parties-là. Quand il nous présente les solos, ils sont finalisés à 90 ou 95 %. Après, techniquement, il envoie.

François : Il m'a corrigé sur deux solos sur l'album.


Quand le riff est bon, il reste.




Donc l'ossature, la base, c'est le riff et le solo, et vous vous greffez autour ?


François : Oui, on compose vraiment autour. On apporte des améliorations, mais essentiellement, quand le riff est bon, il reste.


Il y a beaucoup de travail sur la rythmique qui joue un rôle crucial dans ce style, avec notamment une introduction martiale dans 'Juggernaut'. Comment abordez-vous cet aspect dans l'écriture par rapport à ce qui est apporté par les riffs et les solos ? Avez-vous une plus-value là-dessus ?


François : En règle générale, on compose de la même façon. On apporte des riffs de guitare, on les met sur Guitar Pro, on s'envoie des fichiers. Aurélien fait une petite démo chez lui et après, Alex compose sa batterie dessus. On voit ce qui va et ce qui ne va pas, on corrige. On bricole et on arrange jusqu'à obtenir le meilleur résultat possible.

Sidi : Sur 'Juggernaut', on sort de notre zone de confort. Alexandre a fait du blast à la batterie. Le tempo est très rapide, à 225 BPM. C'est brutal sur ce morceau-là. C'est un des morceaux préférés du groupe parce qu'on sort des zones de confort.


Vous avez envie d'explorer encore plus cet aspect-là ? Vous disiez sortir de la zone de confort. Est-ce une orientation vers laquelle vous souhaitez vous orienter ?

François : Il n'y a pas de calcul. Après, techniquement, on a évolué par rapport à "Push The Button". Ça se ressent sur cet album-là. C'est un peu plus technique, plus précis. Mais on ne se prend pas la tête. Les compositions arrivent comme elles sont et après, on kiffe tous les morceaux.


Il y a eu un travail de progression. Vous progressez ensemble. Comment abordez-vous cette progression ? Cet instinct vous permet-il de progresser ou est-ce beaucoup d'entraînement ?


Sidi : Naturellement, oui.

François : Aurélien a sorti des plans qui m'ont poussé à sortir de ma zone de confort. Jouer à 225 BPM, ce n'est pas facile.


La technique doit être au service du morceau et non pas l'inverse.


J'imagine bien. Mais ce challenge entre vous, ça vous plaît ?


François : En tant que musicien, c'est toujours plaisant de sortir de sa zone de confort. Mais ce n'est pas le but premier. Le but premier, c'est d'abord un résultat qui plaise à l'écoute. La technique doit être au service du morceau et non pas l'inverse.


La technique est un outil pour transmettre les émotions ?


François : Exactement. On ne veut pas de la masturbation instrumentale. C'est l'émotion qui nous relie. Si ça ne provoque pas d'émotion, ça ne sert à rien.


Il y a un titre intéressant, 'Thrash Hymn', qui semble viser à devenir un hymne pour la scène trash. Si ce n'était pas votre objectif, quel serait selon vous l'hymne du trash par excellence ?

Sidi : C'était un délire du chanteur Frank. Sur le tout premier album, il y avait un morceau 'Hommage To Trash'. Il a repris l'idée d'un hymne. Si ça devient l'hymne du trash français, pourquoi pas ?

François : Personnellement, pour moi, ce serait 'Battery' de Metallica.

Sidi : Moi, ça serait 'Angel of Death' de Slayer ou 'Arise' de Sepultura.


Quel morceau aimeriez-vous que l'on retienne de cet album ? Celui dont vous êtes le plus fier ?

Sidi : Pour cet album, c'est 'Pure Hate' pour moi. C'est un morceau qui va tout droit, sans se poser de questions. Il est rapide et efficace. On entend vraiment tout ce qui se passe.


Il y a un autre morceau qui m'intéresse, 'The Nameless Soldier', qui emprunte des éléments proches du prog. Est-ce que ce morceau est un peu à part dans l'album ?


François : En fait, 'The Nameless Soldier' est un ancien morceau comme 'Toxic Thoughts'. C'est un des premiers qui a été vraiment écrit pour cet album. Il a été composé avant la sortie de "Back to the Seeds". Il était déjà dans les tiroirs. C'était un des morceaux qu'on devait choisir entre '1796' et celui-là. On a choisi '1796', en sachant qu'on allait utiliser 'Nameless Soldier' pour cet album.

Sidi : Oui, effectivement, c'est un morceau très travaillé qui part dans tous les sens. Aurélien avait un sens bien précis pour ce morceau.


Le trash semble être dans une phase de transition avec des groupes fondateurs toujours actifs mais peut-être moins de relève notable médiatiquement. Comment percevez-vous cette situation et où situez-vous Dad Tree Seeds dans ce contexte ? Recevez-vous beaucoup de retours de l'étranger ?

François : On espère en faire partie. On fait du trash tel qu'on le ressent par rapport à ce qu'on aime faire et écouter. Les groupes qu'on adore sont Exodus, Testament, même les nouvelles vagues comme Warbringer. Si on peut faire partie de cette lignée-là, on ne va pas se priver. Pour l'instant, on n'a pas de retour de l'étranger, mais le temps de chanter en anglais, c'était dès le départ. Ce n'était pas pour viser l'étranger, c'est une culture musicale.


Avec l'arrivée de la saison des festivals, avez-vous des dates à nous annoncer ?


François : Pour la sortie du disque, vendredi, on sera au Demon Fest à Outarville. Ensuite, le 21, on sera à Nantes. Et le 26 juin, on sera au Off Duel Fest.


On termine donc par  la question que vous auriez aimé que je vous pose et que je ne vous ai pas posée ?


François : J'aimerais bien que tu nous poses des questions sur l'instrumental du disque qui s'appelle 'Compendium', parce qu'on a eu l'honneur d'avoir trois featurings au niveau des solos. Il y a Julien de Old Rake, Bradley Hall, un guitariste anglais, et Guillaume Jolkier. Ils ont composé des solos et sont en featuring sur ce titre.

Sidi : Ce morceau est un délire. Aurélien a dit : "Si on n'a pas de texte, on met des solos." Et comme il était en contact avec Old Rakes, il lui a balancé des riffs. Il a été le premier à faire le solo. Puis Bradley Hall a suivi. Ensuite, Guillaume Jolkier.


La force de l'instrumental dans un album, c'est important pour vous ?


François : Oui. C'est dans la lignée de Metallica. À chaque fois, ils mettent un instrumental pour l'album, même "Testament".


Merci beaucoup pour cet échange.


François : Merci beaucoup !



Plus d'informations sur https://deadtreeseeds.bandcamp.com/
 
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