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TITRE:

THERAPHOSA (31 JANVIER 2024)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL ALTERNATIF



En ce début d'année 2024, nous avons de nouveau rencontré nos amis de Theraphosa qui nous ouvrent les portes des neufs cercles l'Enfer en nous présentant leur nouvel album "Inferno"
STRUCK - 09.02.2024 -
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Nouvel album et nouvelle rencontre avec les trois membres de Theraphosa qui reviennent avec leur nouvel album "Inferno" inspiré par l'œuvre de Dante. Interview pendant laquelle il sera bien entendu question de la vaste thématique développée, de la dualité entre ces membres et la nouvelle répartition des tâches au sein du groupe... Venez descendre avec nous dans les neuf cercles de l'Enfer...




Avant d'évoquer votre actualité brûlante, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous aviez des déboires judiciaires avec une compagnie américaine, que vous sembliez avoir à moitié gagné. Comment s'est terminée cette histoire, avez-vous eu gain de cause et est-ce que la page est tournée ?

Vincent : Même pour nous, c’est un peu loin (Sourire) ! Ça nous a coûté cher mais l'essentiel aujourd'hui, c'est que nous sommes propriétaires de Theraphosa…


Dans notre précédente interview, nous avions évoqué la Divine Comédie, c'est l'influence directe de votre album "Inferno", nous y reviendrons. Mais est-ce que par hasard, vous auriez également été influencé par le cinéma de Dario Argento. Son film Inferno (1980) est le deuxième volet de la "Trilogie des Mères" ?

Vincent : Non !


Mais vous avez été directement inspiré par Dante. Quel est votre rapport à ses textes ? Quand l'avez-vous découvert ?

Vincent : Le concept de "Inferno", la volonté de faire "Inferno" est quelque chose que j’ai personnellement eu envie de faire depuis longtemps. Tout simplement parce qu’avant même de rentrer en profondeur dans l’œuvre de Dante, le simple concept de "Inferno" et des neuf sphères est quelque chose qui me plaisait beaucoup. Le fait de descendre progressivement (artistiquement, c’est très parlant : on peut faire beaucoup de choses),  j’ai tout de suite imaginé tout ce que je pouvais faire avec ça. La première étape est donc l’intérêt pour le concept.
Après, pour le cœur du projet, c’est plutôt Matthieu qui va pouvoir te répondre puisque c’est lui qui a écrit les textes sur cet album et c’est la grosse différence avec "Transcendence" : sur "Transcendence", j’avais écrit la majorité des textes et Matthieu avait participé. Sur "Inferno", il a écrit la totalité des textes et il est allé en profondeur dans l’œuvre de Dante.


Il y a une spécialisation !




Avant de parler des textes à proprement parler, comment s’est déroulée cette transition et cette nouvelle répartition des tâches ?

Vincent : Avant je faisais à la fois la musique et les textes, maintenant, je ne fais que la musique. Il y a certes un changement mais ce n’est pas si gênant que ça ou choquant : ça s’est passé naturellement !

Matthieu : Il y a une spécialisation ! Avant que je commence à écrire les textes pour le groupe, j’écrivais déjà beaucoup de mon côté.


Mais concrètement, comment s’est déroulé ce changement ? En avez-vous discuté préalablement ?

Matthieu : En fait, "Transcendence" a amorcé la chose. Sur "Transcendence", je me souviens d’avoir pris part à l’écriture des textes parce qu’il y avait certaines choses qui étaient dites dans certaines paroles avec lesquelles je n’étais pas en accord et je ne voulais pas représenter ça…


On a commencé avec "Transcendence" à prendre une véritable direction thématique, philosophique pour le groupe.


Tu dis avoir pris le relais sur les textes parce que tu ne cautionnais pas certaines paroles des précédents albums mais Vincent ne ressens-tu pas ce sentiment avec les textes de "Inferno" ?

Vincent : Ça a été prévu !

Matthieu : En gros, il y a eu ce début de mouvement sur "Transcendence" et j’avais fait part à Vincent de ma volonté de commencer à écrire pour le groupe. Et ce dont je lui ai fait part est né du fait qu’on a commencé avec "Transcendence" à prendre une véritable direction thématique, philosophique pour le groupe.


Qui n’existait pas auparavant ?

Vincent : Qui avait été amorcée…

Matthieu : … mais pas encore précisée telle quelle. On est désormais vraiment sur le thème de la transcendance et on avance là-dedans.
J’ai vu que j’écrivais déjà beaucoup depuis longtemps et que c’étaient des thèmes sur lesquels j’écrivais naturellement et que j’aime tout particulièrement. J’ai donc proposé à Vincent de m’occuper de l’écriture sachant qu’à ce moment-là, il avait de plus en plus de tâches à assumer, à assurer : ça lui permet donc de se décharger d’une chose qui lui prenait beaucoup de temps et d’investissement. Et on s’est surtout mis d’accord sur le fait que l’un n’irait pas à l’encontre des valeurs de l’autre. Theraphosa est toujours un socle commun : ce qui est exprimé est toujours ce sur quoi nous sommes en accord !


Pour en revenir à la thématique inspirée de l’œuvre de Dante, cette évolution semble être logique, dans la continuité de vos thèmes sur la chute et l’apothéose. Est-ce que dans un sens ce n'était pas un peu trop attendu ?

Vincent : Il n’y avait pas forcément de volonté de créer de surprise, ni d’être original, le but était plutôt d’être pertinents par rapport à nous-mêmes et notre vision des choses. Le fait est que si nous ne l’avions pas fait, l’œuvre de Theraphosa dans son entièreté aurait pu se trouver incomplète puisque le principe philosophique est tellement dense, tellement vaste que l’album de "Transcendence" qui n’était que l’amorce du mouvement n’aurait pas été suffisant.


Il reste encore énormément de choses à explorer sur la transcendance !




Estimez-vous que désormais ce mouvement est terminé ?

Vincent : La transcendance n’est jamais terminée !

Matthieu : A titre personnel, je pense que -Vincent sera d’accord avec moi- il reste encore énormément de choses à explorer sur la transcendance !


Cette fois, vous n'êtes pas repartis en Finlande pour l'enregistrement de cet album mais vous avez été supervisé par Rémy Deliers qui a travaillé avec des personnes aussi différentes que Gwen Stefani ou Gojira. Comment avez-vous mis à contribution cet esprit d'ouverture ? Qu'avez-vous appris de cette collaboration ?

Vincent : La grosse différence entre cet album et tous les précédents est que nous avons fait tout le processus d’enregistrement tout seuls dans notre home studio. J’ai fait office d’ingé-son pour l’enregistrement et Rémi a fait tout ce qui était mixage et mastering. Si tu veux, pour moi, c’était assez clair : on a défini le son que le groupe recherchait et lui a travaillé à obtenir cet objectif. C’était la première fois que j’enregistrais, j’avais donc un peu la pression pour obtenir un son de qualité à transmettre à Rémi. Rémi m’a aidé et conseillé dans la recherche du niveau de décibels. Sur la production en elle-même, il a mixé à sa façon mais avec notre volonté. Il a mixé avec un certain son.

On ne posera pas la question à Gwen Stefani, mais est-ce que le mixage et mastering de Rémy Deliers ont pu contribuer au rapprochement de votre son à celui d’un Gojira pour lequel il a également travaillé ?

Matthieu : Je ne pense pas. On a une idée très précise de ce qu’on veut au niveau du son. Vincent a quand même une idée très précise et depuis très longtemps du son qu’il cherche. Ça lui arrive d’expérimenter un petit peu -on a expérimenté un petit peu sur "Inferno"- mais ce sera plus de l’expérimentation sur les méthodes de jeu : comment rajouter du slap ou ce genre de choses pour être un peu plus percutant, avoir plus d’attaque…Mais sur le son, Vincent a quand même trouvé notre identité depuis un moment.


Vous dites avoir une idée très précise de votre son depuis longtemps. Dans ces conditions, pouvoir enregistrer soi-même son album doit être un soulagement et ainsi ne pas être tributaire d’un producteur qui pourrait dénaturer votre son ?

Vincent : C’est vrai qu’on a une latitude et une liberté qui est appréciable, mais tu as d’autres contraintes c’est-à-dire que par exemple, je n’ai pas de préamp à 4 000 euros. Donc je suis limité dans ce que je peux faire en termes de ce que mon investissement me permet de faire.

Martin : Et c’est surtout un travail supplémentaire ! Il y a du pour et du contre…

Vincent : C’est vrai mais tu es libre en termes de choix artistiques…

Matthieu : … mais nous étions déjà assez libres en termes de choix artistiques.

Vincent : C’est vrai qu’on a très rarement -à ma connaissance, ce n’est jamais arrivé- laissé quelqu’un décider pour nous !


Il fallait parler aux deux aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants…


Les titres semblent se focaliser sur les sept péchés capitaux que nous retrouvons à travers les différents cercles de l'enfer. Etait-ce difficile de trouver le texte adéquat pour chacun d'eux ?

Matthieu : Ce n’est pas sur les sept péchés capitaux, il n’y en a que quatre. En fait, dans la partie des Enfers, Dante parle plutôt des péchés des actes en eux-mêmes. C’est dans la partie du Purgatoire où il va citer les sept péchés capitaux. Les quatre péchés déclinés dans la partie des Enfers sont l’avarice, la gourmandise, la colère et la luxure.
Le fait est que j’ai décidé -lorsque j’ai exploré les cercles de Dante et que  j’ai décidé d’écrire dessus- d’écrire aussi bien sur les actes en eux-mêmes -qu’on retrouve sur certaines paroles de ‘Lust’ ou ‘Violence’- que le pêché en lui-même, c’est-à-dire vraiment de l’inclination, de la disposition de l’homme à le faire et donc le mouvement que ça créé en lui : comment ce vice agit en lui- les causes de ce vice, les conséquences de ce vice sur l’homme, sur les victimes que ce soit la société ou un individu… Ça a pu par moment être compliqué dans le sens où les sujets étaient complexes et profonds : il y avait plusieurs moyens de les aborder vu que c’est à la base une œuvre croyante et qu’il fallait parler aux deux, aussi bien aux croyants qu’aux non-croyants… Il fallait allier la philosophie, la théologie et la psychologie : ça pouvait être assez compliqué ! Il fallait donc condenser tout ça, synthétiser des sujets aussi profonds et complexes dans des morceaux qui ont une certaine limite. Il fallait rester pertinent et suffisamment complet pour qu’il ne manque rien.


Tu parles de sujets profonds et complexes. N’est-ce pas frustrant de savoir qu’une grande partie de votre public français passera en grande partie à côté des thèmes que vous développez ?

Matthieu : C’est comme semer des graines, on sait que certaines ne germeront pas… au moins si on a quelques pousses…


‘Gluttony’ voit revenir cette association entre chœurs angéliques et fureur sonore comme c'était le cas sur 'Stigmata of the Purest Pain' ou 'The Legacy of Arachne'. Est-ce que l'essence de Theraphosa ne repose pas sur ces deux éléments : la part de divin et d'humain dans sa noirceur en chacun de nous ?

Matthieu : Exactement ! Dans Theraphosa, il y a un concept implicite dont on avait déjà un peu parlé : la dualité qu’on a en nous, la dualité de l’homme. Cette bête, cette attirance pour tout ce qui est bestial dans un sens et tous ces vices qui le représentent mais aussi cette attirance pour le divin, pour s’extirper de cette condition humaine : d’où la recherche de la transcendance et le fait qu’on aborde les vices parce que pour atteindre la transcendance, il faut commencer par savoir ce qui ne va pas : pour soigner les maladies, il faut identifier les symptômes.


Tu parles de dualité et notamment la recherche de divin…

Matthieu : Ce qu’il faut entendre par divin -par exemple pour quelqu’un qui est athée- ce seraient les vertus. Les vertus parlent à tout le monde. Certes, il y a des vertus qui ne sont que divines dans le sens où dans les vertus chrétiennes, il y a les vertus théologales qui sont la foi, l’espérance et la charité. On a également les vertus cardinales qui sont la justice, la tempérance, la prudence et la force d’âme qui s’appliquent aussi bien à un athée.
Ces vices s’appliquent à un croyant comme à un athée. Et à chacun de ces vices, on oppose des vertus. Qu’on soit athée ou croyant, la seule véritable différence est que le croyant a au-dessus de lui un juge qui est quelque part un moteur alors que l’athée est son propre moteur. Ça ne change pas que les deux ont une conscience et que les deux ont une morale ; le but est de trouver un socle commun entre les morales parce que bien sûr, ces morales sont différentes mais elles se rejoignent sur certains points.


Tu viens de développer brillamment la recherche du divin mais pour faire le lien avec la nouvelle répartition des tâches et des textes en l’occurrence, êtes-vous en phase sur ce sujet dans le groupe ?

Matthieu : En gros, je suis catholique, mon frère est athée et plutôt antireligion.

Martin : Moi, je suis plutôt athée mais je ne suis pas spécialement antireligion.


Et comment as-tu réussi à semer ces graines que tu évoquais tout à l’heure dans les textes de ce nouvel album ?

Matthieu : Je connais très bien mon frère donc je sais tout de même comment il pense et donc je sais les choses qu’il n’acceptera pas, les choses qu’il ne veut pas représenter. Comme on a un accord entre nous, je ne parlerai jamais de ces choses.


Il y a des choses qu’on ne fera jamais dans Therophosa




De la même façon que vous aviez modifié certains textes sur "Transcendence"…

Matthieu : Exactement ! Il m’a permis de changer ces textes et il y a des choses qu’on ne fera jamais dans Therophosa parce que je ne le veux pas…


Il y a clairement une dualité au sein même du groupe. Pourquoi ne pas l’avoir représenté dans votre imagerie là où vous êtes vêtus de noir, on aurait pu imaginer le croyant en blanc et l’athée en noir ?

Matthieu : Parce que cette dualité n’empêche pas notre entente. Ce que je veux dire, c’est qu’on voulait montrer par notre vêtement, c’est notre union. Malgré ces grandes différences qui ont créé énormément de conflits très meurtriers, très violents, en réalité, au plus profond des choses, c’est la différence elle-même qui créé le conflit.
La religion qui a été dominante pendant très longtemps dans toutes les parties du monde a une grande influence sur la morale -parce qu’elle s’occupe beaucoup de la morale- mais elle n’a pas eu qu’une influence sur la morale parce qu’en réalité, la religion comprend tous les aspects d’une société et c’est ça qui est très intéressant avec la religion, d’ailleurs. Mais même avec la morale tout court en réalité, pour l’athée, la religion, c’est la morale, c’est uniquement la morale, on enlève Dieu de l’équation. La morale recouvre absolument toutes les choses de la société : par exemple, quand on a un travail, on a une éthique…


J’utilise le growl ou le clean un peu comme un outil musical


Pour parler musique, les growls sont de moins en moins présents et on peut apprécier la voix claire de Vincent. Est-ce que cette nouvelle orientation s'explique par ce changement de cap thématique ?

Matthieu : Je ne pense pas. Ce sont mes textes mais au niveau de la composition du chant, ma participation a été vraiment anecdotique. Je pense que Vincent a dû penser que le growl n’était pas forcément propice à certains des morceaux. Je sais que Vincent réfléchit beaucoup en fonction de pertinence par rapport aux morceaux. ‘Treachery’ et ‘Limbo’ sont de très bons exemples c’est-à-dire que sur ‘Limbo’, il n’y a que du chant clair sachant que dans le morceau, de par les paroles et de par la musique en elle-même, le chant clair est propice, je ne pense pas que le growl aurait été adapté et ‘Treachery’ -dans lequel on fait parler le Diable à la fin- c’est du growl et c’est adapté au riff et aux mots…

Vincent : J’utilise le growl ou le clean un peu comme un outil musical, un peu comme un instrument. Le growl a été utilisé à des moments où c’était pertinent artistiquement pour nous mais ce n’est pas vraiment lié à un changement de direction ou quoi que ce soit d’autre…


Nous avons parlé de growl moins présent mais sur ‘Greed’, on ressent une association chant clair/ growl. Est-ce que sur ce morceau avez-vous voulu illustrer cette impossible cohabitation ?

Matthieu : C’est un peu compliqué justement tu parlais tout à l’heure des sept péchés capitaux et sur les quatre morceaux qui représentent les sept péchés capitaux, on a mis les démons qui les représentaient. Et il me semble que c’est sur ‘Greed’ où on avait voulu mettre le growl à la fin pour faire quelque part parler le démon.


‘Greed’ toujours semble s'ouvrir à d'autres influences, le morceau démarre avec un riff d'heavy metal qui pourrait évoquer le 'Flash of the Blade' d'Iron Maiden et il y a un solo de guitare assez planant. Était-ce une manière de montrer que malgré son caractère un peu sentencieux, votre musique pouvait s'ouvrir à tous les vents ?

Vincent : Je t’avoue que quand j’écris la musique, je ne réfléchis pas comme ça : tout se fait naturellement. Un riff appelle un autre riff, il n’y a pas de réflexion d’impact sur l’auditeur : c’est plutôt la suite logique, il n’y a pas de calcul sur l’impact que ça pourrait avoir…


Cet album est initiatique à mesure de l'écoute, plus nous nous enfonçons dans les cercles de l'Enfer et plus nous nous ressentons de lourdeur et de noirceur dans les compositions comme cette intro noire sur 'Wrath' mais finalement nous retrouvons la lumière. Cette progression était bien voulue ainsi ?

Vincent : En vrai, non (Sourire)… Ca n’a pas été voulu mais je peux l’expliquer : ça se fait naturellement parce qu’en fait, les cercles inspirent un certain type de composition. C’est très subjectif ce que je raconte…

Matthieu : Je me permets de te couper mais il y a quand même eu une petite volonté de structurer tout de même en termes de composition notamment pour ‘Vestibule’ en intro et ‘Treachery’ à la fin…

Vincent : C’est vrai qu’il y a quand même un minimum et c’est d’ailleurs pour ça que ‘Vestibule’ est coupé en deux… Il y a une volonté de raconter une histoire et ‘Treachercy’ est un très bon exemple : c’est le dernier cercle où il y a le Diable et je voulais quelque chose de très sombre, il y a un côté crescendo mais après, la composition s’est faite naturellement en fonction des cercles qui m’ont inspiré.


On retrouve votre esprit symphonique sur 'Heresy'. La guitare semble même sortir du magma sonore et commander les ténèbres. Comment as-tu réussi à convaincre ton frère pour obtenir ce bon de sortie vers les Enfers ?

Vincent : Ce n’est pas comme ça qu’on l’a vu en fait (Sourire)… Pour le côté classique, ce ne sont que des arpèges que l’on retrouve partout mais c’est vrai que là, ils sont exécutés d’une manière qui peut rappeler ce qu’on peut entendre dans des compositions classiques. Et dans ‘Heresy’, j’ai voulu que la guitare ait un rôle d’arpège qui reprend ce qu’on a un peu en intro. Mais après, on ne l’a pas intellectualisé comme une commande des ténèbres (Sourire)… En revanche, sur ‘Treachery’, on était clairement d’accord…

Matthieu : … d’avoir des volontés de la chose sur certains passages.

Vincent : On s’est imaginé comme si le Diable parlait et ce qu’il dirait…

Matthieu : … Et même sur le solo de guitare de ‘Limbo’ qui a un côté joyeux au début et ensuite verse dans la tristesse…

Vincent : On peut parler de tout, il n’y a pas de sujet tabou : la question est de savoir quel est le propos final…


"Inferno" semble plus accessible à beaucoup de monde.




‘Violence’ malgré son titre se fait plus mélancolique dans cette cathédrale de glace. Le chant est même stimulant, on a envie de le reprendre avec toi. Est-ce une façon de rendre plus accessible votre musique sans pour autant la dénaturer ?

Vincent : C’est vrai que "Inferno" semble plus accessible à beaucoup de monde. Ce n’était pas spécialement volontaire mais j’en suis content parce que ça ne me gêne pas que ce soit accessible. Il n’y a ni une volonté de rester dans une niche, ni une volonté de plaire à tout le monde. Les compositions se sont faites assez naturellement, il y a eu beaucoup de recherches finalement pour atteindre quelque chose qu’on a trouvé tous les trois satisfaisant. Ça aurait pu être très différent sur plein de morceaux… Je ne sais pas, c’est un peu le fruit du hasard quand même, il y a aussi une évolution naturelle qui se fait. Sur "Transcendence", on ne voulait pas se limiter mais sur cet album, on s’est vraiment fait plaisir : on a tenté de nouveaux trucs…


Vous êtes intéressé par le cinéma et entre ‘Limbo’ qui se clôt sur une note gracieuse un peu comme le précédent album qui se terminait avec son air mélancolique et son solo de guitare flamboyant. Est-ce que vous avez déjà eu des propositions pour signer des bandes originales de court-métrage et est-ce qu'à l'avenir cela vous intéresserait de composer pour un film voire de transposer vos idées musicales sur grand écran ?

Vincent : On adorerait ! J’adorerais faire de la musique pour le cinéma, j’adorerais faire ça ! Si la musique de Theraphosa était utilisée pour le cinéma, je serais très heureux mais si en plus de ça, je pouvais en plus composer pour le cinéma, je serais doublement heureux (Sourire) !


Sur ‘Limbo’ toujours, vous osez chanter…

Vincent : C’est Matthieu qui chante…


… Vous osez plus directement en français… Est-ce que votre langue maternelle prendrait plus de place à l'avenir et donc toi, Matthieu prendrait plus de place sur le devant de la scène ?

Matthieu : J’aimerais beaucoup parce que j’adore chanter et Vincent, le chant, ce n’est pas trop son truc, il préfèrerait se retrouver uniquement à la guitare. Il a pris le chant par dépit parce qu’on ne trouvait pas de chanteur. Le problème est mon accent anglais qui est terrible…


… Tu réponds donc au premier volet de la question à savoir que tu devais prendre plus de place en tant que chanteur, le français également…

Matthieu : Si Theraphosa devait avoir un peu plus de français, je ne pense pas que ça prendrait le pas sur l’anglais. Je ne pense pas qu’il y aurait vraiment un virage complet sur le français. A la base, on a chanté en anglais par automatisme dans un sens mais aujourd’hui, il y a tout de même une volonté de porter un message et le fait est que l’anglais étant la langue commune, la langue qui permet de parler entre tous les peuples, le message a forcément plus de portée que le français.

Vincent : Et ça quand même une sonorité, il faut le dire !


Il y aura toujours du français dans Theraphosa parce que ça nous tient à cœur en tant que Français




Sachant que le français n’est pas une langue qui sonne rock…

Vincent : Pour moi, la langue est comme un instrument et chaque langue a sa musicalité. Il faut donc que ça serve le propos artistique.
Mais je pense qu’il y aura toujours du français dans Theraphosa parce que ça nous tient à cœur en tant que Français. On a quand même la volonté de montrer qu’en France, on sait faire de belles choses et qu’il ne faut pas avoir honte de sa langue. Et le français est une langue très précise… Nous avons donc cette volonté d’être un peu comme des ambassadeurs de la langue française.


Mais pour revenir au deuxième volet de la question, est-ce que Matthieu va monter en puissance sur la partie chant ?

Vincent : Je n’ai aucun problème à ce qu’il chante de plus en plus : je trouve qu’il a une super voix…


… D’ailleurs, fort du constat que tu as la charge de la production, ne faut-il pas voir une volonté de ta part d’être plus dans l’ombre et moins en front ?

Vincent : Oui et non…. J’aime être en front mais le chant n’est pas quelque chose qui m’a plu. A la base, j’ai choisi de faire de la guitare quand j’ai commencé à faire de la musique. J’ai pris le chant parce que quand on a commencé le groupe il y a longtemps (Sourire)… nous n’avions pas de chanteur et nous avions un concert et donc il fallait un chanteur. Je me rappelle très bien de m’être dit que j’allais faire la voix et on trouvera le chanteur après : c’est l’histoire de milliers de groupes, je ne suis pas le seul à qui c’est arrivé (Rires) ! Et finalement, je me retrouve chanteur. Mais attention, j’aime beaucoup être le frontman, j’adore ça : j’aime bien parler avec les gens, ce n’est pas un problème mais j’avoue que ce que je préfère, c’est jouer de la guitare ! J’adore quand Matthieu chante et en français, je trouve qu’il se débrouille très bien. Pour l’instant, je n’ai pas de volonté de chanter en français, j’aime bien l’anglais et s’il y a une nouvelle chanson en français, il est très probable que ce soit Matthieu qui la chante…


Comme vous le dites depuis le début, si ça doit se faire, ça se fera naturellement… ou pas. Et avant de terminer, on voulait savoir si le Purgatoire et le Paradis seront les prochaines étapes de Theraphosa ?

Matthieu : S’il devait y avoir le Purgatoire, étant donné que justement, il y a déjà des aspects du Purgatoire qui sont explorés dans l’album vu que j’avais décidé de ne pas traiter que les actes, ça ne serait que traiter que les péchés capitaux manquants à savoir la paresse, l’envie et l’orgueil. Le Paradis et donc traiter les vertus serait très intéressant : il y a d’autres aspects sur lesquels avec Vincent, on réfléchissait comme la résilience… peut-être également des réflexions un peu plus actuelles, un peu plus de notre temps sachant que "Inferno" est intemporel et universel. Soit on va continuer -et c’est mon souhait- de continuer encore à explorer cette partie universelle et intemporelle de l’Homme et ensuite, peut-être se recentrer sur des choses qui sont plus propres à notre époque. Pour l’instant, on est encore en discussion sur tout ça….


Et concrètement, quelles sont vos attentes concrètes pour cet album ?

Matthieu : A titre personnel, que l’album apporte quelque chose de spirituel aux gens, que ça les aide…


C’est la partie "blanche" du groupe qui parle, qu’en pense la partie "noire" ?

Vincent : (Sourire) En réalité, là où nous sommes tous les trois d’accord, c’est que si la musique peut apporter quelque chose -parce que finalement même les musiques les plus sombres peuvent apporter quelque chose : parfois, l’obscurité sert à beaucoup de choses- et moi, ce qui m’importe finalement c’est qu’il y ait une connexion qui se fasse spirituellement avec ceux qui écoutent cet album : si ça peut leur apporter quelque chose comme par exemple un support de réflexion ou un support positif pour supporter des épreuves difficiles, c’est une victoire !


Au-delà de ça, quelles attentes pour le groupe hormis vendre plein d’albums pour acheter des préamplis à 4.000 euros…

Vincent : (Rires)


… plein de concerts remplis. D’ailleurs, avez-vous des dates à nous annoncer ?

Vincent : On n’a pas de concert de prévu pour l’instant. On a déjà un tourneur et c’est déjà bien. Il est en train de faire son travail : on verra…





Mais l’album vient tout juste de sortir, son travail portera ses fruits lorsqu’il sera sorti et avec tous les avis positifs qui vont se propager dans les médias…

Vincent : Exactement ! Pour le moment, on est encore un peu dans le flou…


Et si les dates sont à la hauteur de ces nombreux avis positifs, plein de dates devraient arriver…

Theraphosa : (Rires) Merci beaucoup !


Et merci à Adrianstork pour sa contribution...



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