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TITRE:

GONEZILLA (28 AVRIL 2022)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DOOM



Rencontre avec les Gones du metal qui nous présentent leur deuxième album et leur nouveau visage qui confirme le virage doom du groupe...
STRUCK - 03.06.2022 -
5 photo(s) - (0) commentaire(s)

Six ans après son précédent album "Chimères", le groupe lyonnais revient (enfin !) avec un nouvel album long format "Aurore" qui confirme le virage doom gothique entrepris sur l'EP "Sang Noir". Ayant chassé les doutes et les compromis du passé, GoneZilla sort de sa chrysalide sous sa forme définitive, désormais représenté par une nouvelle chanteuse avec un album référence qui marque le nouveau (vrai ?) départ du groupe...





Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez potentiellement marre de répondre ?

Clément Fau : (Silence) Marre de répondre non, mais c’est vrai qu’on nous pose souvent la question sur l’origine du nom du groupe mais ça ne nous dérange pas d’y répondre.


Et on ne vous la posera pas (NdStruck : le groupe voulait que le nom ait une consonance massive et à la fois faire un clin d'œil à la ville de Lyon d'où le mélange en Godzilla, le monstre japonais et Gone qui sont les enfants dans l'argot lyonnais)

Clément : (Rires) !


En revanche, la vie de GoneZilla n’a pas été un long fleuve tranquille, créé en 2011, vous sortez aujourd’hui votre troisième album 6 ans après le précédent. Comment expliquez-vous cela ?

Clément : Déjà le fait de ne pas être professionnels ! Plus sérieusement, entre la création du groupe en 2011 et le premier album en 2016, six ans s’étaient presque passés, et la suite a pris du temps parce qu’il y a eu un virage musical qui a été pris -on est passés d’un metal alternatif à quelque chose qui est aujourd’hui plus orienté doom- et enfin en 2020, il y a eu la Covid, les choses se sont un peu arrêtées d’autant que ça a provoqué des changements de line-up chez nous notamment au niveau du chant avec l’arrivée de Karen.


Le premier album était un peu l’amalgame des influences de chacun avec des compromis.




Avant de parler de l’arrivée marquante de Karen, je reviens au début de ta réponse à savoir que vous avez changé de style : pour être passé d’un metal alternatif à une musique plus doom ?

Clément : C’est venu assez naturellement. Sur le premier album, nous étions cinq personnes qui étions d’horizons très différents : le premier album était un peu l’amalgame des influences de chacun avec des compromis.
A partir de "Sang Noir", Julien a plus repris la main sur la composition là où sur le premier album, l’écriture était distillée entre beaucoup plus de membres. Sa composition entrait plus dans des influences qui me parlaient depuis très longtemps : des influences doom, que ce soit le doom anglais des années 1990, soit la scandinave plus contemporaine… Du coup, on s’est vraiment rejoints sur ce point tous les deux à partir de cet EP et ce qui explique les divers changements de line-up qui ont suivi…

Julien Babot : Et notre ancienne chanteuse était peut-être aussi -de par sa façon de chanter, de par sa voix- une des raisons pour lesquelles on n’avait pas basculé.


Céline avait malgré tout quand même participé à "Sang Noir"…

Julien : C’est rentré en force ou par contrainte, ce n’était pas sa nature… et c’est peut-être ce qui a précipité son départ : elle a dû constater qu’on voulait franchir un cap en redéfinissant bien notre style, en voulant aller dans une direction. On a essayé de manager le groupe avec Clément en le professionnalisant avec un projet et non plus forcément comme un groupe de potes qui répète et c’est là où on a potentiellement laissé des éléments - dont notre ancienne chanteuse - sur le chemin… mais c’est quelque chose de relativement classique dans la vie d’un groupe !


Karen Hau la remplace désormais. Je suppose que tu ne fais aucun compromis ?

Karen Hau : Si, il y a toujours des compromis. Déjà, j’ai un parcours éclectique : je viens de la chanson française- je suis passée par le rock et le metal en passant par l’opéra mais le doom n’était pas du tout dans mes références. J’en ai beaucoup écouté quand j’ai rejoint Gonezilla et il a fallu que j’adapte aussi ma façon d’écrire et de créer pour coller au genre.


Tu sembles dire que le style proposé par GoneZilla n’était pas forcément ton univers…

Karen : Ce n’était pas effectivement pas mon univers de départ en revanche le côté mélancolique et sombre est quelque chose dans lequel je me reconnais totalement.


Malgré tout, comme ce n’était pas ton univers, où vous êtes-vous retrouvés ?

Julien : J’ai contacté Karen via les réseaux sociaux sur l’aspect photo…

Karen : On était en contact sur Facebook depuis cinq ans, on voyait un peu l’activité de l’autre…

Julien : Et au moment où on s’est dit avec Clément qu’il fallait qu’on prenne un virage avec le chant, j’ai contacté Karen qui a accepté de faire un essai. On avait des morceaux qui étaient prêts et le chant était bloqué et Karen en deux temps, trois mouvements l’a enregistré par des allers-retours à distance. Ça a collé, on a refait la même chose pour un deuxième morceau pour le même résultat, à ce moment, on s’est dit que ça marchait !

Clément : Pour l’anecdote, en mois de 24 heures, elle nous a rendu un morceau tel qu’on l’imaginait sur lequel on était bloqués depuis six mois…


Comme quoi, des changements de line-up sont limites vitaux dans la vie d’un groupe... A ce titre, d'après vous, qu'est-ce Karen vous ouvre comme horizon par rapport à Céline ?


Clément : Sans vouloir parler du passé, l’apport de Karen est énorme : elle s’est hyper investie dans les textes, elle est investie dans l’univers graphique du groupe, elle est investie dans les réseaux sociaux… Elle a vraiment naturellement pris sa place quand elle est arrivée, et nous a soulagés de tout un tas de choses qu’on avait la sensation de trop porter sur nos épaules depuis des années.

Julien : Et artistiquement parlant, on a eu une relation très facile et évidente : par exemple, le groupe a toujours affirmé son identité d’écrire et chanter en français et Karen -au-delà de ses lignes de chant- a écrit des textes que j’aurais pu écrire tant en termes de forme que de contenu, ce qui n’est pas forcément gagné au départ.


On s’est vraiment posé la question d’arrêter le groupe et de repartir sur quelque chose de totalement nouveau avec un nouveau nom…




Outre ce chant français, avez-vous envisagé à un moment de vous orienter vers un chant masculin ?


Clément : La question s’est posée à un moment donné quand on était dans l’impasse : on s’est vraiment posé la question d’arrêter le groupe et de repartir sur quelque chose de totalement nouveau avec un nouveau nom… et pourquoi pas avec du chant masculin. Mais cette espèce de clair-obscur chant féminin / chant masculin growlé était quelque chose qui nous tenait à cœur, qu’on aimait, qui fait partie de nos goûts personnels et qu’on voulait garder… La question s’est donc posée à un moment donné mais elle s’est posée presque plus pour le côté pratique parce qu’effectivement Florent était capable de tenir le chant lead pour autant ça aurait été un choix par défaut…

Julien : On perdait notre identité !


L’arrivée de Karen est accompagnée d'une autre recrue, celle du batteur Eric Tabourier que les amateurs de black metal connaissent très bien grâce à Nydvind ou Temple Of Baal. Bref, c'est un batteur typé metal extrême. C'est ce que vous recherchiez ?

Clément : On ne s’est pas posé la question d’un point de vue technique. Le fait qu’on ait gardé le même line-up pendant dix ans fait que quand on a dû changer de line-up et reprendre un nouveau batteur, on voulait prendre quelqu’un qu’on puisse intégrer comme un membre à part entière et pas un mercenaire : on voulait quelqu’un qui ait envie de s’investir et avec qui ça se passerait bien humainement… C’était notre critère numéro un et on tenait aussi à avoir quelqu’un qui nous puisse nous bousculer un petit peu et nous tirer vers le haut. Eric a énormément d’expérience et le recruter, c’était aussi nous mettre en danger et nous mettre en position d’avoir quelqu’un qui puisse nous tirer vers le haut et nous challenger.


Et puisqu'on parle personnel, il y a un autre nom qui participe de cette noirceur et de cette dureté accrues, celui de Greg Chandler qui a masterisé l'album, leader du groupe de funeral doom, Esoteric et technicien très recherché. Qu'est-ce qui vous a attiré dans son travail ? Comment s'est déroulée cette collaboration ?

Clément : Il y a plusieurs facteurs. On avait effectivement envie de passer un cap avec cet album et ça passait aussi par la production : on voulait travailler avec quelqu’un qui puisse par le mastering sublimer les morceaux sans les dénaturer.
J’ai rencontré Greg en 2018 sur un festival, humainement, on super bien accroché, on a gardé des contacts, évidemment je connaissais Esoteric que j’adorais et on savait qu’il avait cette faculté à la fois de sublimer notre travail tout en respectant notre identité. Je l’ai contacté et il nous a également aidé à faire une partie du mix avant de faire le mastering.

Julien : Et pour rejoindre l’idée de mise en danger, j’ai dû m’adapter et donc sortir de ma zone de confort.

Clément : Et c’est quelqu’un qui connaît énormément le style, donc à la fois on pouvait être en confiance parce qu’on savait que ces conseils allaient être judicieux et à la fois, on s’exposait aux jugements parce qu’il a travaillé avec des gros calibres et lui-même fait partie d’un des groupes majeurs du style.


A l'époque, nous avions résumé votre premier essai ainsi : "un fond prometteur et une forme perfectible". Avant d'évoquer le fond, on a vraiment le sentiment que vous avez cherché à corriger ces faiblesses en termes de production voire dans une moindre mesure, d'interprétation. Du son en passant par la pochette, on sent que vous vous êtes attelés à soigner l'emballage de ce nouvel album ?

Clément : Dans l’absolu et dans la mesure de nos moyens, on a toujours porté une attention assez importante pour proposer quelque chose qui soit cohérent avec un package complet à chaque fois. Cet album n’a pas dérogé à cette règle mais comme on l’a dit auparavant, nous avions vraiment la volonté de passer un cap avec cet album.


Avec l’organisation de cette journée promotionnelle, vous vous donnez tous les moyens pour rentrer dans la cour de grands…

Julien : On a fourni des efforts, on a passé du temps, il y a eu des écueils… mais si on ne le fait pas maintenant, est-ce qu’on ne va pas le regretter ? On ne sait pas ce que ça va donner, on ne sait pas comment ça va être reçu et perçu…


L'écoute de "Aurore" confirme un glissement vers une musique plus sombre et brutale. En exagérant un peu, on pourrait même dire que GoneZilla n'est (presque) plus vraiment le même groupe…


Clément : De fait, par le changement de line-up, ce n’est effectivement plus tout à fait le même groupe, ce n’est plus du tout le même groupe qui a sorti "Chimères" en 2016. Je pense qu’on a évolué, nos goûts musicaux ont évolué, notre pratique aussi forcément… et avant l’arrivée de Karen, il s’est posé légitiment la question à un moment donné de repartir à zéro avec un nouveau nom et de repartir sur quelque chose de complétement nouveau…


GoneZilla est devenu ce qu’il n’était pas encore arrivé à être




A ce titre, que pensent vos fans de la première heure de cette évolution ?

Clément : Il y a un peu des deux à savoir que certains qui nous suivaient à l’époque, ne nous suivent plus aujourd’hui en raison du temps, du virage musical…

Julien : … et certains suivaient Céline

Clément : Et à côté de ça, on a gagné de nouveaux auditeurs…

Julien : Je dirais que GoneZilla est devenu ce qu’il n’était pas encore arrivé à être : c’est la raison pour laquelle, on n’a pas changé de nom parce qu’on a gardé cette identité sonore même si elle s’est affinée, cette identité avec le chant féminin et masculin en français… Il y a donc une continuité même s’il y a une différence : on a mûri et l’arrivée de Karen a confirmé ce choix qu’on n’était pas arrivé à faire avant !


Vous l’avez répété, les textes en français sont une des marques de fabrique du groupe mais ne croyez-vous pas que cette particularité puisse être un frein à une exposition à l'étranger ?

Karen : Non, ça fait partie des choses que tu m’as dites quand tu m’as embauché (Rires) !

Clément : Oui et non par ma part, parce qu’en fait on se rend compte que le frein est plus du côté français qu’à l’étranger. On a énormément de retours que ce soit en Amérique du Sud, on a également eu des retours super positifs de pays russophones… Statistiquement, le pays où on est le plus écouté au monde est… l’Indonésie : autant te dire qu’il n’y a pas vraiment de rapport avec le français et les langues latines.
En revanche, le blocage sur le français, on le reçoit soit d’auditeurs pour qui ça bloque, soit des structures comme des labels… qui nous disent de manière paradoxale qu’ils n’arriveront pas à nous vendre à l’étranger avec du chant en français alors que ce n’est pas ce que montrent les statistiques…

Julien : C’est vrai que c’est assez paradoxal pour un pays qui a toujours eu une grosse affection pour le chant français, que ce soit pour les artistes traditionnels ou le rock alternatif avec une culture du texte en français revendicatif… mais pour le texte plutôt poétique en français sans revendication, on sent effectivement qu’il n’y a plus d’attachement.


Je préfère avoir un groupe de doom qui chante en français écouté par très peu de gens mais avec une vraie identité plutôt que de faire du doom générique anglophone comme il y en a des centaines et des centaines


Est-ce que le français ne sonne pas rock tout simplement ?

Clément : Je crois que la sonorité de la langue peut jouer…

Karen : … et on ne fait pas du rock (Sourire) !

Clément : … encore que tu as des styles comme le black metal dans lequel le black metal francophone se porte hyper bien parce que ça s’y prête.
Ça doit effectivement jouer et comme on a tous en référence des grands compositeurs français dans l’oreille, dès qu’on entend du chant en français, on a peut-être tendance à comparer avec l’existant avec nos références et on a donc un jugement plus dur ? Je ne sais pas…

Julien : Après, comme nous ne sommes pas des professionnels qui vivent de leur musique, il ne faut pas oublier qu’on fait de la musique -certes pour être entendus- mais également et surtout parce que c’est ce qui nous plaît, parce qu’on a envie de le mettre en avant.  

Clément : Je préfère avoir un groupe de doom qui chante en français écouté par très peu de gens mais avec une vraie identité plutôt que de faire du doom générique anglophone comme il y en a des centaines et des centaines.

Karen : Mon entourage n’écoute pas forcément du metal mais beaucoup de gens dans cet entourage ont énormément apprécié les paroles, ont apprécié ce côté en français… On va peut-être même toucher des personnes qui n’écoutent pas du metal et toucher une autre audience.


Justement depuis l’arrivée de Karen, les textes ont-ils pris une autre orientation ?

Karen : Avant que j’arrive, Julien écrivait presque tous les textes.


Est-ce que c’est le fait que l’écriture soit désormais partagée avec une femme nous donne ce sentiment que votre message est plus poétique ?

Karen : J’ai probablement une approche qui est plus féminine parce que je parle en mon nom propre même si le texte que Florent chante, je l’ai également écrit. Même si je mets dans l’introspection dans mes textes, Julien a peut-être une approche plus introspective. Quand j’ai commencé à écrire pour GoneZilla, j’ai fait une chose que je n’avais faite auparavant c’est-à-dire me retranscrire dans l’ambiance de GoneZilla : j’ai beaucoup lu les textes que Julien avait écrits par le passé pour ne pas trop différer dans l’ambiance et nous avons aussi des sensibilités très similaires…

Julien : Comme je le disais, il y a des textes que j’aurais pu écrire même si je n’aurais pas trouvé les mêmes mots : c’est différent mais c’est difficile de dire pour quelqu’un de l’extérieur qui a écrit les textes.


Et dans cet album en particulier, quels sont les thèmes abordés ?

Julien : Ils sont multiples. Globalement, on essaie de faire des références à cet aspect mythologique à la Grèce antique pour le coup parce que traditionnellement, la philosophie, la condition humaine est traitée depuis très longtemps de manière poétique, onirique. Par exemple, ‘L’Ecueil des Ames’ que j’ai écrit n’est ni plus ni moins que la retranscription métaphorique du voyage d’Ulysse mais à travers un voyage intérieur. On peut trouver tout le temps quelque chose qui permet de mettre une forme qu’aujourd’hui on a voulu plutôt plongée dans la mythologie mais avec une transposition à notre condition humaine. Globalement, on traite de la condition humaine, l’introspection, les interactions entre êtres humains….


"Sang Noir" était ce qu’on espérait être le nouveau départ de GoneZilla et du coup, pour tout un tas de raisons, ça ne l’a pas exactement été mais aujourd’hui, je vois "Aurore" comme notre album référence



Nouveau son, nouveau line-up, nouvel album : n'est-ce pas un nouveau départ voire même le vrai départ pour GoneZilla ?

Clément : Je suis assez d’accord, je pense que "Sang Noir" était ce qu’on espérait être le nouveau départ de GoneZilla et du coup, pour tout un tas de raisons, ça ne l’a pas exactement été mais aujourd’hui, je vois "Aurore" comme notre album référence ou du moins l’album qui marquera la continuité, la suite découlera probablement de cet album…


Dans ces conditions, peut-on espérer que "Aurore" lance le groupe durablement cette fois-ci et qu'il ne faille pas attendre six ans avant un troisième album ?

Clément : (Rires) On ne va rien promettre, mais Julien a déjà composé des morceaux. Maintenant, on ne fait pas partie des groupes avec un cycle album/ tournée/ album/ tournée tous les deux ans… Donc forcément, ça prendra plus de temps parce qu’on n’est pas professionnels…


Mais admettons que "Aurore" vous ouvre les portes de la gloire, êtes-vous prêts à faire des concessions sur votre équilibre de vie actuel ?

Clément : Je pense qu’aujourd’hui, nous sommes à des stades de nos vies où pour la plupart d’entre nous, ça serait compliqué de poser trois ou quatre semaines de vacances pour partir en tournée dans l’Europe entière avec Paradise Lost.


C’est tout ce que je vous souhaite…

Clément : C’est ce qu’on se souhaite aussi mais en étant objectif aujourd’hui, je pense que ça serait compliqué… Même s’il y avait dans un monde utopique, une possibilité de professionnalisation…


… mais n’est-ce pas paradoxal avec la journée promo que vous êtes en train de faire aujourd’hui ?

Clément : Disons qu’on se donne les moyens de vivre de notre passion, de vivre notre loisir plus justement… et c’est surtout que la musique fait partie de notre équilibre personnel. L’idée est de réussir à multiplier les scènes est sympa, mais clairement on sait qu’il y a un plafond de verre que nous ne sommes pas prêts à dépasser.

Karen : Personnellement, je suis à un tournant de ma vie professionnelle qui fait que je suis prête à dépasser ce plafond de verre (Sourire) mais en étant réaliste, je ne pense pas qu’on ait ce choix à faire…


Et dans ces conditions, qu’attendez-vous de cet album ?

Clément : C’est une bonne question…

Karen : Que ça marque le nouveau départ.

Clément : Je n’ai pas forcément d’attente, à part que cet album soit écouté par le plus grand nombre, qu’il va être apprécié. En toute modestie, on espère qu’il va nous mettre sur la carte du metal français et de façon très pragmatique, on espère que cet album va nous ouvrir des portes de certains festivals pour pouvoir jouer dans des conditions sympa. Mais au-delà des attentes, je vois cet album comme une satisfaction. A l’origine, on pensait sortir un album en 2020. Il y a eu beaucoup de frustrations et beaucoup de travail : cet album est un aboutissement. "Sang Noir" est sorti en 2020 mais il y avait certains morceaux qui étaient écrits depuis deux ans, ça veut dire qu’aujourd’hui, il y a des titres qu’on sort maintenant qui sont danss les tiroirs depuis quatre ans : je suis donc plus dans la joie de voir ce voyage se terminer.


L’âme va rester la même et on va rester inscrit dans la fameuse étiquette doom gothique mais ça ne nous empêchera pas d’être créatifs




Dans ces conditions, on est en droit de se demander si cet album représente encore ce qu’est GoneZilla aujourd’hui ?


Clément : Je pense qu’on va rester dans cette veine. Y-aura-t-il des évolutions ? Oui sûrement parce qu'avec l’arrivée d’Eric qui est hyper polyvalent, on espère qu’il va nous apporter des choses d’un point de rythmique et sur certains passages. Donc le prochain album ne sera pas identique : l’idée n’est pas de proposer toujours la même chose, on a cette volonté de toujours avancer mais je ne pense pas qu’il y aura d’évolution drastique dans le style.

Karen : De toutes façons, on essaie toujours de varier un peu - même sur "Aurore", il y a quand même pas mal de variations : j’ai déjà entendu des albums où entre la première piste et la troisième, je me demandais à quel moment ça avait changé…

Clément : Aujourd’hui, on a vraiment une identité qui est présente, on va continuer à évoluer, à avancer et proposer des choses mais je ne pense pas qu’on fera une révolution comme celle entre "Chimères" et "Aurore".

Karen : L’âme va rester la même et on va rester inscrits dans la fameuse étiquette doom gothique (Sourire) mais ça ne nous empêchera pas d’être créatifs.


On a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Clément : Bonne question ! Dit comme ça, je ne vois pas mais c’est vrai qu’on nous a rarement posé la question de nos influences d’auteurs pour les textes parce que mine de rien, si on se veut un groupe moderne, on s’inscrit quand même dans une certaine tradition poétique française.


Et c’est une frustration pour vous ?

Clément : Si on devait faire une généralité, globalement dans la culture metal, je ne pense pas que le texte soit ce qui importe le plus…


Ce qui explique en partie pourquoi le public français ne soit pas si attaché à l’utilisation de la langue française…

Clément : Il se fout de ce que le groupe chante, l’essentiel c’est que ça sonne…

Karen : Mais ce n’est pas une particularité liée au metal, c’est depuis les Beatles voire avant…

Clément : Mais est-ce une frustration ? Ça peut l’être parfois, par moments, parce que mine de rien, c’est du travail, un investissement énorme qui est parfois balayé d’un revers de main parce que le chant français, c’est bof… C’est réducteur et dommage que certaines personnes n’essaient pas de creuser un peu plus loin…

Karen : Pour notre part, c’est un choix assumé et quand je lis ça, ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre. Pour moi, c’est un bruit de fond (Sourire), les gens pensent ce qu’ils veulent, c’est le choix GoneZilla qui est assumé : à un moment, un artiste se doit une certaine intégrité et se doit à lui-même de faire ce qui lui paraît bien sur le plan artistique parce que dans le cas présent, on parle d’artistique contre commercial ! Dans notre cas, on a décidé de faire un choix artistique !





Ce sera le mot de la fin.

GoneZilla : Merci à toi !


Et merci à Childeric Thor pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/gonezilla
 
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