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TITRE:

UNITOPIA (AVRIL 2010)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK PROGRESSIF



Quelques jours avant la sortie du 3ème album d'UNITOPIA, Mark Trueack a répondu aux questions de nos chroniqueurs.
TONYB - 18.04.2010 -
2 photo(s) - (0) commentaire(s)

Bonjour Mark. Quelques jours avant la sortie officielle d'Artificial, votre troisième album, qui a d'ailleurs reçu, comme les précédents, un formidable accueil au sein de la rédaction de MusicWaves, nous vous remercions de nous "recevoir" pour nous présenter un peu plus votre univers. Pouvez-vous nous présenter rapidement Unitopia et ses membres ?
Unitopia est aujourd'hui constitué de Sean Timms, Tim Irrgang, Jamie Jones, Matt Williams, Peter Raidel et Mark Trueack.

[IMAGE1]

Il a fallu très peu de temps pour que vous deveniez une référence au sein de la communauté progressive en Europe, les critiques ayant suivi la parution de More Than A Dream, et encore plus celle de The Garden ayant été excellentes. Comment ressentez-vous cela depuis votre continent lointain ? Avez-vous les mêmes retours dans votre pays ?
Nous pourrions seulement souhaiter avoir les mêmes échos ici en Australie. Même s'il semble y avoir un peu d'intérêt dispersé à travers l'Australie, nous avons de biens meilleurs retours sur notre musique de la part des Européens et des Américains. Ici, les stations de radio jouent un très grand rôle pour se faire connaître, et si vous n'obtenez pas de passage à l'antenne vous restez inconnus !

Vu de la France, votre pays se résume (hélas) bien souvent, musicalement parlant, à Kylie Minogue, AC/DC et Midnight Oil, et éventuellement Lisa Gerrard pour les plus érudits. Quelle est la place de la musique progressive en Australie ? Avez-vous des contacts avec d'autres formations locales ?
Effectivement, vous avez raison. Il y a eu quelques bons groupes de rock progressif dans les années 70. Sebastian Hardie par exemple était très populaire et il a notamment fait les premières parties de Yes en 2003 à Melbourne et Sydney. Pour ma part, je suis en contact avec plusieurs nouveaux groupes de prog, dont Anubis et Merlin Bird pour en citer quelques-uns.

Artificial est un concept album dont vous évoquez le thème sur votre site internet (la dychotomie entre un monde réel et artificiel, et la capacité de l'homme à passer de l'un à l'autre). Et contrairement à The Garden, les titres sont plus ramassés. Qu'est-ce qui est finalement le plus compliqué : centrer la musique autour d'un concept ou délivrer, à l'instar de "The Garden" (le morceau) un monument protéiforme de 23 minutes ?
Après The Garden, Sean et moi nous sommes posés dans le studio pour planifier le projet suivant. Sean a dit : "comment allons-nous le surpasser" ? J'ai répondu, "laisse les dieux de la musique guider nos esprits et tout se mettra en place comme il faut.
J'avais ensuite une réunion avec Matt Williams (le guitariste) et il a dit qu'il voulait initier quelque chose autour de l'Intelligence Artificielle. Aussi, Sean et moi avons commencé à écrire quelques idées dans le but de créer une suite de huit chansons.
Nous avons en réalité écrit en premier les 9 minutes de What Kind Of World, qui est désormais proposé en titre bonus, mais il sonnait tellement bien tout seul que nous en avons fait une piste autonome et que nous ne l'avons pas inclus dans la suite.
Le titre le plus complexe est Tesla qui est riche en émotions et propose de nombreux passages musicaux

Et d'ailleurs, prévoit-on à l'avance la durée d'un morceau (le style : aujourd'hui on commence l'écriture d'un epic de plus de 20 mn ...)
Non, en général nous partons sur un morceau, par exemple de 5 ou 6min, et nous cherchons ensuite une connexion avec un autre titre. Sean a généralement des idées qu'il me passe, et je peux alors dire "étendons le titre" ou bien "ajoutons une nouvelle section". Parfois nous écrivons la musique avant les textes, mais c'est chaque fois différent.

Genesis ou les Beatles, la pop ou Alan Parsons Project, le prog, le jazz ou le métal... quelle est la véritable identité du caméléon Unitopia ?
Nous essayons d'être aussi originaux que possible, et les éléments dans la musique changent souvent, car nous aimons inclure du jazz, de la world, des influences classiques, latines et progressives. En fait, nous aimons trouver de nouvelles façons d'assembler toutes ces musiques.

Concernant Genesis: Mark, on vous a déjà dit que vous aviez une voix ressemblant à Peter Gabriel d'ailleurs ? Plus généralement, ces références à Genesis (et notamment la superbe intro très proche de Peter Gabriel) est-ce la nostalgie de The Genesis Touch, le cover-band dont vous avez fait partie qui vous a inspiré ?
J'aime beaucoup Peter Gabriel, mais cependant il n'est pas mon influence principale. J'ai beaucoup d'autres sources d'inspirations : j'aime le son des Moody Blues, Marillion, Jon Anderson et Porcupine Tree. Mais ma plus grande référence reste le Parrain du folk, John Martyn. Je sais que ma voix a quelques ressemblances avec Peter Gabriel, mais si vous l'écoutez attentivement, vous verrez qu'il y a beaucoup de différences.

Parlez-nous un peu de "Nothing Last Forever" : même pour un non-spécialiste des Beatles comme moi, l'hommage est plus qu'évident. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce titre ?
Je pense que quand Sean a écrit la musique, il a eu très tôt les Beatles à l'esprit. J'ai voulu essayer de nous éloigner des clichés de ce morceau, mais à la fin on peut dire qu'il s'agit d'un véritable hommage à un des plus grands groupes de l'histoire. Par voie de conséquence, les textes coulaient de source, comme si les choses ne se terminaient jamais.

Je serais également curieux de connaître le processus d'écriture - réalisation dans un groupe comme Unitopia -. Je crois savoir que Mark est l'initiateur, mais comment viennent intervenir les talents des autres musiciens pour aboutir à un résultat aussi fouillé (avec ses larges parties orchestrales et ses orientations jazz, Unitopia est un des groupes les plus symphoniques ...)
Mark n'est pas l'initiateur, mais plus un collaborateur, sachant que Sean et Mark dirigent l'aspect musical et restent garants du son Unitopia. Mark et Sean écrivent toute la musique et nous permettons ensuite aux autres membres d'apporter leur style au mix final.

[IMAGE2]

Il semblerait que votre propos tente de délivrer un message politique. Pouvez-vous nous le confirmer ? Et dans ce cas, considérez-vous que ceci est indissociable de votre musique ?
Nous essayons de livrer un message qui est positif et direct, la plupart des chansons que nous écrivons ont des aspects politiques forts. Mais nous aimons aussi écrire les chansons d'amour comme "Love never Ends", "Don’t Give Up Love" ou "Give And Take"

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces thèmes politiques ?
Je pense que les thèmes politiques sont juste des centres d'intérêt sur lesquels nous écrivons. Aussi bien Sean que moi-même sommes très concernés par la manière dont la plupart des gouvernements dirigent leurs pays. Je suis également féru de sujets comme le changement climatique, le rendement énergétique dans notre monde et si nous arrivons à véhiculer ces messages dans notre musique, alors nous pourrons peut-être changer les choses.

9 années pour sortir le premier album, trois pour le second, une pour le troisième : le prochain est-il prévu dans 4 mois ? Plus sérieusement, avez-vous déjà réfléchi à l'orientation de votre prochain album ? Quelles évolutions envisagez-vous dans l'avenir ? Qu'est-ce qui vous motive à retourner en studio ?
Oui vous avez raison. Il semble que notre processus de création s'accélère ! La raison ? Eh bien je pense que nous avons une meilleure cohésions et avons une meilleure compréhension de ce que nous voulons faire. Nous avons plusieurs autres projets en prévision : un album de covers, un album acoustique et une trilogie épique appelée Brothers In Conflict.

Vous allez réaliser une tournée en Europe à la fin de cette année. Comment vous organisez-vous ? Tout le groupe peut-il se déplacer ? Avec tout le matériel ? … et l'orchestre symphonique ? Avec quel financement ?
Bonne question ! Comme Sean et moi sommes les géniteurs et par conséquent les seuls "propriétaires" d'Unitopia, nous prenons généralement les décisions. L'idée d'embarquer un orchestre est un but suprême, mais avec la situation économique actuelle c'est plus qu'un rêve. Comme nous devons emmener le groupe à l'extérieur de l'Australie, nous devons être très prudent à notre manière de procéder. C'est un exercice très coûteux et quand vous savez que vous devez assurer tous les coûts pour le réaliser, nous discutons actuellement avec plusieurs sociétés internationales pour nous parrainer dans ce but. Il y a beaucoup de groupes dans le monde entier qui louent souvent des musiciens pour aider à réduire les coûts. Ceci est également une autre façon de voyager à bon marché.

Pour l'instant, cette tournée comporte quatre dates. Pensez-vous en ajouter ? Et notamment en France ?
Patsy notre manager travaille inlassablement pour ajouter des dates à notre tournée. Notre but est d'arriver à une quinzaine de concerts en Europe. Cependant, si nous n'arrivons pas à en programmer une dizaine, nous réfléchiront sérieusement à ce que sera la suite. Jouer en France serait bien sûr merveilleux.

Question rituelle : quelle question auriez-vous souhaité que l'on vous pose ? … et sa réponse !
Chouette question ! Peut-être que vous nous interrogiez au sujet de la structure et du sens de nos chansons. Et puis aussi parler un peu de l'Australie ?

Un dernier mot pour les lecteurs de MusicWaves ?
Sean et moi sommes vraiment reconnaissants de faire partie de cette incroyable aventure, et j'espère que nous pourrons venir jusqu'en France pour jouer devant tous ces gens merveilleux qui nous soutiennent maintenant … et pour toujours !

Peace UNITOPIA

Un grand merci à Loloceltic, Niurk, Val et Abaddon pour leur collaboration à cette interview. Et surtout un grand merci à Patsy pour avoir permis la réalisation de cet entretien


Plus d'informations sur http://www.unitopiamusic.com/
 
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