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TITRE:

WILDERUN (23 DECEMBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL PROGRESSIF



Les nouveaux cadors du death progressif reviennent sur Music Waves pour parler de leur quatrième album, "Epigone" !
DARIALYS - 05.01.2022 -
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En cette période troublée, tourner est devenu aussi rare que vital pour les artistes. Alors quand la situation sanitaire s'apaise temporairement, il faut savoir sauter sur l'occasion... C'est ce qu'a fait le quatuor américain Wilderun, en signant sa plus longue tournée américaine aux côtés de Swallow The Sun. Et pour couronner le tout, les originaires de Boston sont venus présenter leur quatrième album, "Epigone", sorti après le tonitruant "Veil Of Imagination" qui avait fait beaucoup de bruit à l'époque. Dan Müller, bassiste de la formation, s'est à nouveau prêté à l'exercice de l'interview au micro de Music Waves pour notre plus grand plaisir.


Bonjour Dan, et ravi de te retrouver un an après notre première interview ! Tout d’abord, votre tournée américaine est terminée (le groupe a tourné pendant un mois aux États-Unis en première partie de Swallow The Sun, ndlr). J’ai regardé vos dates, et j'ai vu que vous aviez joué jusqu’à 12 soirées de suite !

Dan Müller : En fait, on a joué 28 concerts en 30 jours, je crois ! Donc on n’a eu que deux jours "off", et nous ne jouions pas ces jours-là car nous étions entre deux villes étapes distantes de plus de 12 heures l’une de l’autre ! (Rires). La charge de travail sur cette tournée a été incroyable ! Jusqu’à présent nous avions joué au 2 ou 3 semaines consécutives. Mais c’était super ! On sait pourquoi on fait tout ça, et le public nous l’a rappelé.


Et ouvrir pour Swallow The Sun a été une très belle opportunité pour vous !

Dan : Absolument ! Et c’était une affiche cohérente en plus de ça. En général, nous partons en tournée avec des groupes assez mélodiques, chacun dans son style. Nous, on incarnait plutôt le côté symphonique, Abigail Williams est plus black metal, tandis que Swallow The Sun tire plus du côté du doom avec univers sombre. Certains venaient surtout pour l’un des trois groupes, mais d’une manière générale, j’ai l’impression que les gens ont adhéré au plateau dans sa globalité !


J’ai suivi un peu vos posts sur Instagram et j’ai vu que vous jouiez 3 morceaux par soir. Ce n’était pas un peu frustrant pour vous ? (Rires).

Dan : Franchement ça va, même si bien sûr on aurait aimé jouer davantage ! Mais d’une certaine manière, on est habitués à ce format. On a ouvert pour beaucoup de groupes par le passé. On avait 35 minutes. La difficulté a plutôt été de savoir combien de morceaux on pouvait caser là-dedans !


On va parler de votre nouvel album "Epigone"qui sortira début janvier 2022. Mais pour finir sur la tournée, j’ai été étonné de voir que vous partiez en tournée avant la sortie de "Epigone". Etait-ce une tournée prévue de longue date qui devait avoir lieu plus tôt dans l’année avant d’être reportée fin 2021 ?

Dan : Non, en fait cette tournée a été bookée à cette date-là depuis un moment. Swallow The Sun a sorti un album juste avant le début de cette tournée. Je crois que c’était la première tournée de Swallow The Sun aux USA en tant que tête d’affiche. Idéalement, cela aurait été mieux pour nous que la tournée ait lieu juste après la sortie de notre album. D’une certaine manière, c’était l’occasion de faire une vraie tournée pour notre album précédent, "Veil Of Imagination", puisque nous n’avons pas vraiment eu l’opportunité de faire de vraie tournée. En gros, on jouait 2 chansons de "Veil", et on jouait ‘Passenger’ du nouvel album car le morceau était paru un mois plus tôt en tant que single, donc les gens avaient eu l’occasion de l’écouter.

Après avoir sorti nos premiers albums, on a pu se demander ce qu’on avait à raconter de plus

 

Parlons de votre album "Epigone" si tu veux bien ! Music Waves a reçu un press kit dans lequel Evan (chanteur et guitariste du groupe, ndlr) raconte qu’un « épigone » est un imitateur. Il est aussi écrit que cet album traite de son « sentiment personnel de l’échec » ainsi que de la « détresse d’un artiste ». Comment sommes-nous censés interpréter ça ? Est-ce qu’il veut dire par là qu’en tant qu’artiste, il se sent comme un imitateur qui copie le travail des autres ? Car si c’est le cas, je dirais plutôt que Wilderun a su créer un univers qui lui est propre.

Dan : Ça fait plaisir à entendre ! Je pense que chacun d’entre nous interprète les paroles différemment. Evan a écrit les paroles. J’ai eu l’opportunité de réfléchir à tout ça avec lui sans trop se concentrer sur les paroles et c’est quelque chose que je n’avais pas vraiment fait sur les précédents albums. Bien sûr, je ne parle qu’en mon nom, mais je pense que ce qu’il veut dire par là, c’est qu’en tant qu’artiste, on se questionne en permanence. On cherche à explorer de nouvelles idées. Après avoir sorti nos premiers albums, on a pu se demander ce qu’on avait à raconter de plus. Comment continuer à aller de l’avant sans nous répéter et sans perturber les gens qui nous suivaient ? C’est un album très métaphysique dans ce sens, je dirais.


Cette phrase d’Evan. Peut-on la mettre en perspective avec l’angoisse de la feuille blanche ?

Dan : Tout à fait, oui ! L’angoisse de la feuille blanche, ou de la feuille déjà écrite par quelqu’un d’autre avant de réaliser : « oh ! j’ai écrit la même chose que lui ! » (Rires). Je dirais que c’est un album très introspectif. On essaye de s’analyser en tant que groupe et en tant que personnes créatives.


Au-delà de la feuille blanche, quand Evan parle de la « détresse » vécue par l’artiste, est-ce qu’il n’y a pas quelque part un lien avec la précarité du statut de l’artiste, souvent mésestimé, pas assez pris au sérieux ou mal rétribué comme l’a encore pointé du doigt Mike Portnoy qui dénonce régulièrement Spotify qui génère des millions de dollars sans pour autant payer les artistes décemment ?

Dan : L’album se concentre uniquement sur l’aspect émotionnel de la chose. On n’a jamais vraiment été un groupe qui revendique des choix politiques, ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas nos propres opinions que l’on peut exprimer individuellement par ailleurs. D’ailleurs, je ne peux qu’adhérer au discours de Mike Portnoy à ce sujet car l’industrie de la musique est assez sombre ! (Rires). Mais je pense qu’au final, on fait ce métier car on aime ça ! J’essaye de rester optimiste. Même si nos albums finissent souvent sur des ambiances très sombres et désespérées, on est plus optimistes que notre musique le laisse croire ! (Rires).


L’artwork de cet album a été réalisé par Kim Keever. Il est très réussi, mais j’aimerais savoir ce qu’il représente pour vous ?

Dan : Ce que j’aime dans cette pochette, c’est son côté presque « test de Rorschach », son côté « nuageux » et ambigu. On cherchait des artworks et je me rappelle avoir épié Instagram pour chercher des idées. On est plutôt un groupe qui cherche des artworks tout faits que l’on va utiliser pour nos albums et qui nous parle immédiatement. Je suis tombé sur le travail de Kim il y a quelque temps et j’ai beaucoup aimé. En cherchant à comprendre son process. En fait, il laisse tomber des gouttes de peinture dans un aquarium et prend des photos de la peinture qui se répand dans l’eau. Ça crée de très beaux paysages. Il y a une forme de perte de contrôle là-dedans que je trouve fascinant. J’aime l’idée de me dire que cela ne vient pas entièrement de toi. Parfois, moi-même quand je joue du synthé, j’essaye des idées un peu au hasard et je trouve une bonne idée, mais elle ne vient pas vraiment de moi. J’ai juste placé mon doigt au bon endroit au bon moment !





 

C’est très intéressant ! Cette pochette, je la perçois comme une sorte de tempête. Comme sur celle de "Veil Of Imagination", je trouve qu’il y a ce mélange subtil entre quelque chose d’à la fois beau et troublant.

Dan : Oui, c’est quelque chose que je ressens aussi en regardant nos pochettes. Il y a une part de beauté et une part de crainte aussi. Je dirais qu’il y a cette sensation de grandeur que l’on essaye d’insuffler dans tout ce que nous faisons. C’est tout un tas d’émotions qui se confrontent en même temps. C’est quelque chose que l’on essaye d’incarner musicalement aussi. Et du coup, c’est ce que l’on recherche dans les artworks, on veut se connecter à ce genre d’ambiances.


Et justement, dans le cas de la tempête, je trouve que cela va bien avec la musique comme tu le dis. Quand j’écoute votre album, j’ai l’impression qu’il y a comme une forme de conflit interne, surtout sur le dernier morceau, ‘Distraction’. A la fin du premier mouvement notamment, il y a ce blastbeat avec une mélodie très malveillante, et de nombreuses transitions soudaines et inattendues qui sont assez déboussolantes pour l’auditeur. En fait, il y a un côté schizophrénique et ambivalent je trouve, surtout sur le quatrième mouvement de ce morceau, ‘Nulla’, qui est une sorte de tempête apocalyptique dissonante. C’était le but, de déstabiliser l’auditeur ?

Dan : ‘Distraction Nulla’, je le conçois comme un épilogue. La troisième partie correspond à la résolution de tout le morceau, c’est un peu la finalité que l’on attend. Mais il y a cette fin que l’on n’attend pas après. C’est une sorte de dichotomie entre une résolution et une exploration. On en a parlé il y a un moment, et souvent, nos albums se terminent avec cet arrière-goût où tu te dis : ça n’est pas fini. Cela génère une tension. J’ai envie que l’on fasse ça jusqu’à notre dernier album !


Si on compare "Epigone" à vos précédentes réalisations, l’une des évolutions les plus significatives est le développement des sections plus ambient et expérimentales. C’est le cas sur la fin de ‘Woolgatherer’, de la pièce instrumentale ‘Ambition’ qui est plus proche du drone que du death metal progressif, ou encore de ‘Distraction Nulla’ comme je le disais juste avant. D’où vient cette volonté d’évolution ?

Dan : Ces moments en particulier viennent surtout de moi. Sur les précédents albums, avec Wayne (Ingram, guitare/chant, ndlr), on travaillait ensemble sur les orchestrations. Mais sur cet album, on a eu envie de fonctionner différemment et on a notamment voulu développer les synthés. Donc on s’est mis d’accord pour se répartir les tâches : Wayne s’est occupé de la partie orchestrale, et moi des synthés. Cela m’a permis de me focaliser sur mes synthés. Cela nous a ouvert une nouvelle palette de sons. Il y a plein de groupes de metal qui utilisent les synthés. J’aime la musique électronique, et j’en écoute beaucoup au quotidien, mais il y a tout un tas d’éléments propres à la musique électro que je ne retrouve pas dans le metal. L’enjeu a été de les intégrer à notre musique, et c’est ce qu’on a fait sur les passages que tu décris.


Et puisque tu parles de Wayne, le presskit vous mentionne tous les deux comme des compositeurs dans le groupe, alors que je croyais qu’Evan était le seul compositeur du groupe. Est-ce une nouveauté pour vous ? A quel point est-ce que l’écriture de cet album a été collective ?

Dan : C’est effectivement l’album le plus collaboratif que l’on ait écrit. Evan reste le compositeur principal car il dessine le squelette des morceaux depuis toujours. Sur cet album, il y a beaucoup de morceaux qui ont été écrits avant même que Wilderun existe. Certains morceaux étaient destinés à un projet de folk metal et n’étaient pas censés faire partie du répertoire du groupe. Donc Evan a montré les démos des morceaux à John (Teachey, le batteur, ndlr). Il n’y avait même pas de batterie sur les démos. Il lui a dit : « écris quelque chose, fais ce que tu veux ». John a fait un super travail qui parfois changeait vraiment le ressenti rythmique des morceaux. J’ai ensuite rajouté mes parties de basse pour aller avec la batterie. On a rajouté les orchestrations et le synthé à la fin. Evan démarre avec les mélodies et les harmonies seulement. Tout part de lui, mais cela prend vraiment forme grâce à notre travail collectif.

 

Tu dis que beaucoup de morceaux ont été écrits avant même que Wilderun n’existe. Pourquoi avez-vous cherché à donner une nouvelle vie à de vieux morceaux que vous n’aviez jamais utilisés, plutôt que de chercher à écrire de nouvelles choses ?

Dan : On avait ces morceaux en stock depuis un moment et Evan en était fier. On était dans une situation où "Veil Of Imagination" était terminé, on était en pleine pandémie, tout le monde était un peu inquiet. Ecrire de nouveaux morceaux était difficile à cette époque-là. On a voulu explorer à nouveaux ces morceaux qui étaient déjà-là en les retravaillant. Il y avait donc ces harmonies et ces mélodies que l’on pouvait utiliser, explorer de nouvelles idées. Si ça sonnait bien, on allait les utiliser pour le prochain album. Si ça n’était pas le cas, on aurait abandonné l’idée. Donc tout a commencé comme ça et on a rapidement été excités par ce qui se produisait. On a vite pris la décision d’utiliser ces idées-là pour notre prochain album. Je suis content qu’on ait pris cette décision. Cela nous donne aussi une meilleure idée de ce que nous voulons écrire à l’avenir.


Mais pourtant, tu dis dans le presskit que cet album a été le plus dur à écrire pour vous. Etait-ce dû au fait qu’avec la covid, vous étiez tous séparés les uns des autres, ce qui ne vous a pas permis de répéter dans la même pièce, d’arranger les morceaux, etc ? Ou était-ce lié à la covid, ou à d’autres paramètres ?

Dan : C’est un peu tout ça à la fois, je dirais. On est habitués à travailler à distance. Depuis que le groupe existe, on est éparpillés aux quatre coins du pays. On s’est rencontrés à l’école à Boston, puis John est revenu en Caroline du Nord d’où il vient, Wayne est rentré à Los Angeles car il vient de là-bas, Evan est entre Chicago, Boston et Los Angeles. Moi je suis toujours à Boston. Donc on a toujours travaillé à distance, mais on avait au moins la possibilité de se réunir pour travailler sur les morceaux avant de retourner travailler dans nos studios respectifs. Cette fois-ci, on ne s’est vus qu’à une seule reprise, et il n’y avait même pas Wayne. Aussi, l’album étant plus collaboratif, cela a complexifié la tâche. Avant, quand Evan écrivait tous les morceaux, on apprenait nos parties, on faisait nos ajustements, et on allait en studio. Cette fois-ci, on a vraiment parlé de tout ça en profondeur, on faisait des visios, on s’envoyait des idées tout le temps. Cela a pris du temps car cela rend la communication plus difficile que quand nous sommes en face-à-face.


D’un autre côté, nous sommes dans une ère du numérique où nous avons la chance de pouvoir utiliser de nombreux outils informatiques que nous n’aurions pas pu avoir sur nos ordinateurs il y a vingt ans ! Certains projets émergent et les musiciens qui en font partie ne se sont parfois jamais rencontrés physiquement. Mais d’une certaine manière, rien ne remplace les échanges en face-à-face.

Dan : Dieu merci, Wilderun n’existerait probablement pas sans ces technologies-là ! Donc on est très habitués à ça, et on sait faire en sorte que ça marche, mais en étant tous autant éparpillés, cela rend la tâche plus complexe. Quand on a sorti "Veil Of Imagination", on a eu de bons retours, les gens étaient très excités, et puis tout s’est arrêté. Nos tournées ont été annulées les unes après les autres, et on ne pouvait même pas être ensemble. Pour des raisons personnelles en lien avec la covid, Wayne ne pouvait même pas prendre d’avion pour sortir de Los Angeles. Donc heureusement qu’on a eu ces technologies pour enregistrer ! Le plus dur, c’est de reprendre espoir, de se dire que les choses vont revenir à la normale, et en fait, quelque chose arrive et tout retombe. De mon côté, j’ai eu la chance de pouvoir garder mon travail pendant la période covid, donc les choses étaient plus ou moins normales pour moi. Ça a été difficile pour moi, mais on s’en est sorti !



Le travail autour de « Epigone » a été en effet plus stressant que d’habitude




Et tant mieux ! Comme tu le dis, votre album précédent vous a permis de “sortir de l’ombre”. Je crois que les tops 10 de tous les métalleux et de tous les webzines vous ont élu meilleur album de l’année 2019 ! (Rires). Avec un tel chef d’œuvre, était-ce difficile ou stressant de travailler sur de nouveaux morceaux qui soient aussi solides que ceux de votre dernier album ?

Dan : Je dirais que le travail autour de "Epigone" a été en effet plus stressant que d’habitude. Jusqu’à "Veil", à la fin des enregistrements, je me disais toujours : “ok, je sais comment nous pourrons faire mieux la prochaine fois !”. Avec "Veil", on a terminé les enregistrements en 2018, l’album est sorti en 2019, mais pendant deux ans, je ne savais pas comment faire mieux. Il sonnait vraiment bien et j’étais très satisfait du résultat. Comment faire mieux sur "Epigone" ? Mais je préfère faire quelque chose de différent plutôt que de chercher à améliorer quelque chose qui est déjà très bien. On a opté pour un changement de formule.


Effectivement, "Veil Of Imagination" est sorti en 2019, un an après avoir été enregistré, car vous avez cherché à le sortir en signant chez un label. N’y parvenant pas, vous l’avez sorti de manière indépendante, avant d’être repérés par Century Media Records chez qui vous avez signé, ce qui a permis de ressortir l’album avec eux quelques mois plus tard. Cette fois-ci, avec "Epigone", l’album a été composé alors que vous étiez déjà signé chez un label. Est-ce que vous avez remarqué certaines différences entre le fait de sortir un album de manière autoproduite et de sortir un album avec un label ? En termes de contraintes liées au temps ou de liberté artistique par exemple ?

Dan : On a eu de la chance car Century Media ne nous a jamais fait ressentir de pression, mais c’est peut-être lié au fait que très vite, nous avions la suite de "Veil" en tête. Les choses se sont présentées assez vite. Je crois que c’est la première fois que l’on sort deux albums aussi rapidement, si je ne me trompe pas. Donc non, je n’ai pas ressenti de pression de la part du label. En termes de composition, nous leur avons envoyé nos démos et ils ont été enthousiastes. Century Media a été super, et c’est génial d’avoir des professionnels du business pour nous aider. On a hâte de sortir de nouveaux albums avec eux.

 

Tant mieux pour vous ! De mon côté, je crois percevoir en tout cas une différence entre cet album et les précédents. Je veux parler de vos deux singles que vous avez sortis pour ‘Passenger’ et ‘Identifier’, et pour lesquels vous avez réalisés un clip. Les clips étaient des radio edits, donc les morceaux qui durent 10 minutes ne duraient que 5 minutes sur les radio edit. Cela implique des changements de structures afin que cela convienne aux standards des radios mainstream alors que les morceaux ne sont pas initialement composés de cette façon. En tant que musiciens, comment avez-vous vécu cela ? Car j’imagine que c’est bien une décision du label.

Dan : C’est intéressant car j’étais assez hésitant là-dessus au début. Effectivement, ces morceaux fonctionnent très bien tels qu’ils sont écrits, je ne voyais pas comment on allait devoir enlever des sections. Si 5 minutes avaient suffi sur ces morceaux, on n’aurait pas cherché à les faire durer plus longtemps. On ne rajoute pas plusieurs minutes à un morceau parce qu'on veut que nos morceaux durent 10 minutes. C’était donc bien une décision du label. On s’est dit qu’on n’était pas des gens issus de ce business et qu’il fallait parvenir à un compromis. Au moins, on a pu construire nous-mêmes les radio edits, ce qui nous a permis de choisir comment agencer les morceaux sans qu’ils ne dépassent les 6 minutes. Au-delà du fait de réduire la durée, l’objectif était aussi de faire des clips. Les clips aident à la promotion et permettent de faire circuler le nom du groupe, et on n’aurait pas eu le budget pour faire des clips de 10 minutes ! (Rires). A partir de là, on a décidé de faire ces radio edits, et on s’est dit que l’on verrait comment le public allait recevoir cette décision, ce qui nous influencerait sur les prochaines décisions de ce genre.

 

Et d’ailleurs, je crois que ce sont vos deux premiers clips avec Wilderun, c’est bien le cas ?

Dan : Oui ! On a fait des lyric videos par le passé, mais ce sont nos premiers vrais clips où on tournait devant une caméra. On a été bien entourés et c’était excitant de travailler avec ces équipes qui aimaient notre musique. Ça a été une expérience très intéressante. On a hâte de tourner d’autres clips, mais il nous faudra du budget pour ça ! (Rires).


En mai 2021, vous avez annoncé le départ du groupe de Joe Gettler. C’était votre guitariste lead. Il a choisi d’arrêter la musique pour se consacrer à sa carrière de tatoueur. Vous avez donc enregistré l’album sans lui et avez tourné sans lui. Il n’a donc pas été remplacé. Était-ce par manque de temps ou était-ce bien une volonté de votre part de redistribuer les tâches et de rester tous les quatre ?

Dan : En fait, il a bien enregistré l’album avec nous ! On a enregistré l’album en janvier et février 2021. Il a décidé de quitter le groupe assez vite après. Il était tatoueur en parallèle, et cela devenait difficile pour lui de conjuguer ses deux activités. Il ne peut pas tatouer à distance, bien sûr. Il reste un très bon ami et on adore ce qu’il a fait sur l’album. S’il n’a pas été remplacé, c’est parce que Wayne est aussi un guitariste lead. Sur le premier album, on n’était que quatre et Wayne gérait déjà les orchestrations en plus des guitares. Donc on a décidé de revenir à cette formule-là. Cela a fait sens pour nous, d’autant plus que Wayne a aujourd’hui le temps de partir en tournée avec nous, ce qui n’a pas toujours été le cas. Maintenant, on est officiellement redevenus un groupe de quatre musiciens. On risque de rester comme ça, sauf si certaines choses évoluent ! (Rires).



La prochaine étape est de tourner encore davantage




Si je résume vos dernières années, vous avez signé chez Century Media Records il y a deux ans et vous revenez d’une grosse tournée d’un mois en Amérique avec Swallow The Sun. Cela vous a permis de construire quelque chose de solide. Quelle serait la prochaine étape pour vous ?

Dan : La prochaine étape est de tourner encore davantage. Quand "Epigone" va sortir, on aura de nouveaux morceaux à promouvoir. Les gens auront eu le temps de se les approprier. J’ai très envie de repartir sur scène pour voir si les gens les ont appréciés ! On travaille avec notre management pour essayer de tourner un maximum. On essaye de trouver des opportunités. On vient d’annoncer notre concert au Prog Power USA. Je suis très excité par cette nouvelle. On devrait avoir un set d’une heure. Au moins on devrait pouvoir jouer trois chansons très longues ! (Rires). On verra bien ! Pour l’instant, on se focalise sur les tournées. On travaille aussi sur de prochains morceaux dans nos studios respectifs, même si on en est vraiment à un stade très expérimental pour l’instant. On essaye d’être en activité permanente.


Cette fois-ci vous assuriez la première partie de Swallow The Sun, mais Wilderun existe depuis une dizaine d’années maintenant. Peut-être pourriez-vous aussi faire vos premières tournées en tant qu’headliner ?

Dan : Jusqu’à la sortie de "Veil", on était headliners dans des petites salles. Mais maintenant, on est dans une situation intéressante où on peut toujours faire ça, mais aussi jouer en première partie de plus gros groupes. Personnellement, je préfère jouer en première partie de plus gros groupes, car cela nous permet de jouer devant plus de monde qui auront l’opportunité de nous voir jouer. Mais j’aimerais bien avoir la possibilité de jouer plus de 3 chansons par concert ! (Rires).


Oui, j’imagine qu’il faut trouver le bon compromis !

Dan : Certainement ! Sur cette dernière tournée, on a eu plus de monde à nos concerts que si on avait été les headliners, donc c’était excitant pour nous. C’était très fun comme expérience.


Aussi, j’imagine que le fait que le dernier album de Swallow The Sun ait été très bien accueilli a permis de faire venir plus de monde aux concerts de la tournée. J’ai vu de très bons retours sur cet album.

Dan : Exactement, c’était intéressant pour moi car je suis fan de Swallow The Sun depuis plus de dix ans maintenant. Donc quand on a eu l’opportunité de tourner avec eux, j’étais vraiment emballé. Un jour ou deux avant de partir en tournée, j’ai écouté leur dernier album une seule fois. Je l’ai trouvé très bien, mais j’avais besoin de me l’approprier. Maintenant, je l’ai entendu en entier tous les soirs pendant un mois. En réécoutant l’album studio dans l’avion en rentrant chez moi pour la deuxième fois après l’avoir entendu sur scène de nombreuses fois, cela m’a apporté une perspective complètement différente. Maintenant je connais ce groupe personnellement, aussi, c’est vraiment cool.

 

Dès que les choses iront mieux, on viendra jouer en Europe. C’est notre priorité numéro un.

 

Avez-vous joué hors des Etats-Unis pour l’instant ou pas encore ?

Dan : Uniquement aux USA et au Canada pour l’instant. On avait quelques plans pour jouer en Europe qui n’ont rien donné à cause de la covid. On devait jouer au Prog Power Europe et à l’Euroblast. On avait aussi des tournées prévues en tant que première partie de plus gros groupes qui étaient prévues en Europe, mais tout a été annulé. On en parle avec notre management, mais tout est en suspens à l’heure actuelle, malheureusement. Dès que les choses iront mieux, on viendra jouer en Europe. C’est notre priorité numéro un.


Oui, c’est une période difficile pour les musiciens qui veulent partir en tournée. Surtout dès lors qu’on veut jouer à l’étranger, qu’il faut obtenir des visas, que les législations changent d’un pays à l’autre… Organiser une tournée prend beaucoup de temps, donc quand on en planifie une, on veut être sûrs qu’elle aurait bien lieu, et cela explique pourquoi beaucoup de tournées sont annulées ou reportées à l’heure actuelle.

Dan : Oui, et d’ailleurs, on a fait plusieurs allers-retours entre les USA et le Canada, et c’était très contraignant. En temps normal, ça l’est déjà, si on prend les taxes à payer, ce genre de choses. Cette fois, en plus, il fallait se tester très fréquemment. Il fallait que l’on ait des tests PCR de 72h maximum pour traverser la frontière. Les résultats peuvent prendre 1 à 2 jours pour nous parvenir, et par moment, on avait peur de ne pas avoir les résultats dans les temps. Heureusement, on n’a pas eu à le faire à chaque fois que l’on changeait d’état, c’est ce qu’on se disait avec notre management. Mais c’est ce que nous aurions dû faire si nous avions fait une tournée en Europe. Jouer là-bas à l’heure actuelle serait trop contraignant pour nous.


En tout cas, je vous souhaite de tourner un maximum en 2022 si la situation sanitaire le permet, et pourquoi pas en Europe pour la première fois ! Merci beaucoup Dan, j’étais très heureux de te retrouver en interview et de pouvoir écouter "Epigone" avant sa sortie. On se retrouvera peut-être pour l’interview de votre cinquième album ! (Rires).

Dan : Avec plaisir ! Merci beaucoup et à bientôt !



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