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TITRE:

BALLS OUT (10 DECEMBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



Music Waves part à la rencontre de Balls Out à l'occasion de la sortie du premier volume de sa trilogie.
CALGEPO - 16.02.2022 -
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La pandémie aura permis à Balls Out de se poser et de faire quelques changements : méthode de travail, maison de disques, retour au format EP... Music Waves rencontre Yann Vautrin pour évoquer cette période difficile et le contexte de la sortie de ce premier EP.


Nous nous étions entretenus précédemment pour un album, aujourd'hui vous revenez avec un EP. Qu'est ce qui explique ce retour à ce format qui s'inscrit d'ailleurs dans le sillage de ce qui semble devenir une norme ou un standard ?


Yann : La réponse est toute simple, on s'ennuyait tellement pendant les confinements successifs qu'on s'est dit qu'on allait faire un peu différemment les choses. Un album c'est super mais on avait envie de bouger tout le temps, on tournait en rond. On a réfléchi et on s'est lancé dans la composition d'une trilogie sous ce format rapide. On en reparlera certainement au cours de l'interview. Le volume 1 vient donc de sortir. Cela permet au groupe de rentrer dans un processus de réflexion afin de garder une sorte de constance en tant que musiciens, dans la dynamique, et de préserver notre inspiration.





Donc le second volume est déjà bouclé ?


Les morceaux sont déjà sur mon ordinateur, on devrait commencer l'enregistrement au mois de février et normalement il sera finalisé dans la première moitié de 2022 et ensuite le troisième quasiment dans la foulée. On a commencé le travail de composition, d'ailleurs.


Ces sorties rapprochées rappellent ce qui se faisait souvent dans les années 60 et 70 notamment avec les Beatles qui ont sorti coup sur coup sur une période de 2 ans pas moins de 4 albums (tous les 8 mois, un rythme soutenu !). C'est une volonté aussi pour vous de vous inscrire dans ce mouvement et votre attachement à ces décennies ?


Oui tu as raison, c'était ça le rock et la pop à l'époque, il y avait un énorme travail d'inspiration. J'aurais tellement aimé être musicien à cette époque ! Il y avait une sorte de naïveté, on se posait moins de questions.. C'était tout un état d'esprit qui s'est depuis un peu perdu. Puis jouer de la musique, composer c'est ce qu'on aime faire et on s'éclate c'est le principal pour nous.
 

Le risque c'est d'avoir une surabondance de musique toutefois, ça donne encore plus envie de pouvoir tirer son épingle du jeu, c'est un challenge.



Donc vous êtes nés malheureusement un peu tard, c'est un peu un regret pour vous ?


Oui et non. Si on parle musicalement, oui, bien sûr, c'était plus insouciant dans les années 80, on a tous commencé comme ça entre potes, c'était une belle époque et ça a fait avancer la musique incontestablement. Après il faut vivre avec son époque. Les plates-formes musicales permettent aux formations de toucher beaucoup plus de monde, d'avoir une chance au moins de le faire. Après le risque c'est d'avoir une surabondance de musique toutefois, ça donne encore plus envie de pouvoir tirer son épingle du jeu, c'est un challenge que nous essayons de relever avec le groupe et je pense qu'il faut faire avec ça.


Justement, il y a plus de pression à sortir un EP où il y a par définition moins de titres qui doivent être de bonne qualité alors qu'un album peut offrir des droits à l'erreur avec certains titres peut être un peu plus faibles ?

Il y a en effet un peu plus de pression car par définition il y a moins de titres et qu'il n'y a pas de droit à l'erreur. Nous avions de quoi déjà faire un album avec les 2 premiers EP mais on a préféré choisir ce format court et rassure-toi, ces compositions sont très bonnes. Moi faire un album de 15 titres avec du remplissage ça ne m'intéresse pas et les autres non plus. On évoquait à l'instant les années 70, mais à l'époque, les albums sous format vinyle étaient limités dans le temps et donc les titres devaient être bons. On retrouver donc cet esprit-là dans nos EP.


On est privé de certaines libertés et on a besoin parfois de prendre un peu de recul, d'ouvrir une bonne bière et de se déconnecter de cette ambiance.


Cette trilogie tourne autour de quel thème et est-ce que la situation actuelle vous a conduit à l'adapter ?


Le thème principal tourne autour des relations humaines avec une histoire un peu plus personnelle pour cet EP (de Pat le chanteur). On parle de la fête, des filles... de ces relations dont on est sevré actuellement, de concerts, de certains de nos proches... On ne se pose pas trop de questions philosophiques, sur le sens de la vie, de nos vies. Le troisième EP tournera autour de ça et tout sera dévoilé prochainement, il était important pour nous de mettre l'accent sur ces relations. On est privé de certaines libertés et on a besoin parfois de prendre un peu de recul, d'ouvrir une bonne bière et de se déconnecter de cette ambiance.


Est-ce que vous avez été amené à modifier votre façon de travailler ?

On n'a pas trop composé les EP pendant les confinements au cours desquels on a plus réfléchi sur ce qu'on allait faire, changé de maison de disques. On a composé l'album quand on a pu se retrouver et faire de la musique comme avant ou presque. Par contre, une chose qu'on a fait pour cet EP, c'est de mettre à plat en démo les chansons, de les écouter, de bosser dessus à la maison et d'en discuter entre nous en répétition. Cela a permis de fluidifier les répétitions.


Avec cette manière plus réfléchie, n'avez vous pas perdu une certaine forme de spontanéité ?


On va avoir une idée, un riff, on va le travailler en répétition, je le travaille dans mon studio... puis on l'écoute, cela permet à Pat de commencer à penser aux paroles et on se réunit à nouveau puis on en rediscute. Cela permet d'avancer. Après certes tu perds comme tu le dis un peu ce côté spontané, mais ça permet de gagner un peu en qualité d'écriture, de te poser et de prendre parfois du recul pour identifier ce qui ne va pas et que tu n'aurais pas vu si tu avais écrit cela de manière directe et spontanée. Pour cet EP, cette nouvelle manière a bien fonctionné et on va procéder pareil pour le volume 2.


Donc beaucoup de changement pour le groupe qui n'est pas resté figé, notamment avec ce changement de maison de disques... C'était le moment pour vous d'évoluer, c'était un besoin ?

Ce n'était pas forcément ressenti comme un besoin, avec la nouvelle maison de disques, on a eu des affinités et ça a bien fonctionné. On a changé le logo du groupe, de maison de disques donc, quelques petites choses, le style vestimentaire carrément.





Il y a aussi un gros travail sur le son. Il y a une base garage mais plus d'amplitude notamment au niveau du chant plus mis en avant ?


Oui, c'est vrai qu'on a beaucoup travaillé sur la voix et sur les chœurs en particulier. On voulait donner une dimension un peu plus épique aux refrains pour qu'ils soient plus immédiats et mémorisables. L'ingé son a fait un travail extra. L'EP n'a pas été enregistré aux mêmes studios que l'album précédent. On a enregistré dans un petit village dans la montagne près de chez nous. Il a réussi à attraper le son qu'on voulait.


On sent que vous rentrez dans une nouvelle ère pour le groupe, une sorte de professionnalisme pour Balls Out, une changement de dimension ?


Forcément quand tu es musicien tu espères secrètement que ça marche un peu plus. On fait de la musique pour s'éclater c'est la base, et si on peut proposer des choses de qualité en plus, ça peut marcher aussi. On espère rentrer dans cette nouvelle ère et faire en sorte que cela prenne bien.


Sur le titre éponyme, vous partagez le chant avec Rusty Brown d'Electric Mary, une tournée commune avec ce groupe est-il envisagé et plus largement quelles sont vos relations avec la scène hard rock française ?


Une tournée est envisageable, on en a parlé ensemble - même si pour l'instant c'est compliqué. Et les relations avec les autres groupes, elles sont bonnes, on est des gens cool et si on ne l'était pas autant autant ne pas faire de musique. On va faire des dates avec Over Drivers chez nous, en échange on va aller chez eux. C'est un échange permanent entre nous.


C'est vrai que la musique peut soulever une question d'ego mais je ne veux pas renter là-dedans



C'est aussi ça l'esprit rock qu'on trouve plus dans d'autres genres musicaux. On a fait l'interview du Gros 4 qui a organisé une tournée des Zénith...


C'est vrai que la musique peut soulever une question d'ego mais je ne veux pas renter là-dedans et le groupe non plus. Encore une fois, il faut que la musique reste un plaisir et on n'a pas été élevés comme ça, on reste simples.


Avec ce changement d'ère, de professionnalisme, comment tu te préserves de tout cela car on a souvent vu des groupes de rock qui ont commencé à avoir un peu de reconnaissance, splitter à cause justement de questions d'ego...


Je pense que c'est d'abord une question d'amitié et ce qui aide beaucoup c'est le fait d'être pères de famille, des parents, ce qui aide à garder les pieds sur terre, à relativiser. On sait se dire les choses, quand ça va mal on se le dit mais aussi quand ça va bien. C'est une histoire d'amitié, effectivement. Moi et Pat on se connait depuis très longtemps, les autres sont aussi des amis d'enfance. En plus de s'être trouvés en tant que Balls Out, on avait déjà des relations fortes en dehors. Souvent on se voit sans rapport avec la musique les uns chez les autres. Les autres savent que je suis un peu le dictateur du groupe, ils l'acceptent (rires).





On parlait du tire éponyme qui est à la frontière d'une composition metallique à la Skid Row et qui revendique un esprit très Rock'n Roll way of life, cela traduit aussi une volonté de sortir de l'esprit hard rock (AD/DC, Motörhead) qui vous guidait auparavant ?


En sortir pas vraiment ! Après, dans un travail de composition, les influences des uns et des autres ressortent un peu plus. Il n'y a pas d'envie de sortir de ça mais d'évoluer, de sortir de choses un peu binaires. Il y a une envie d'essayer d'explorer tranquillement car on ne va pas faire du prog, d'autres facettes notamment dans le volume 2 où il y aura des passages tirant vers de stoner. On a envie de le faire en le faisant à notre sauce à nous, que ce soit cohérent. Rien n'est totalement défini. On adore AC/DC, mais on n'a pas envie de rester dans cette ligne-là tout le temps.


Comment vous avez fait pour que Chris Holmes apparaisse dans votre vidéo ?


Chris est un gars du coin, Il était au studio en même temps que nous et on a discuté avec lui et ça s'est fait au feeling. Le contact a été facile avec Pat. Au départ on voulait lui demander de faire un petit solo de guitare mais il n'a pas eu le temps. Son apparition était sympa de sa part.


On est en train de perdre ces groupes-là, c'est triste, c'est la fin d'une ère.


Dans notre précédente interview, Pat nous avait dit qu'il aurait aimé ouvrir pour Motörhead, il s'est fait une raison... Quand on regarde les groupes qui vous ont inspirés, on s'aperçoit qu'ils disparaissent par la force de l'âge. Dans cette façon dont vous absorbez cette musique, c'est une forme d'hommage et aviez vous conscience du rôle que vous avez dans cette transmission ?


Oui, une forme d'hommage car c'est la musique qu'on veut faire perdurer et comme tu le dis ils tombent comme des mouches. Il y a encore des groupes comme Airbourne qui poursuivent cette lignée. On est en train de perdre ces groupes-là, c'est triste, c'est la fin d'une ère. Je pense que ça va faire un trou. Il y a des trucs sympa maintenant mais quand je vois mon fils qui rentre et qui me dit on m'a fait découvrir cela, ça me fait un peu peur, je pleure ! Mais c'est comme ça. Donc on essaye de poursuivre.


C'est un peu une question générationnelle car nos parents ont peut être aussi pleuré en découvrant ce qu'on écoutait à l'époque ?


Encore que j'écoutais du rock mais jamais les trucs du genre les tubes de l'été... Je me rappelle de Scatman, j'étais fan de ce morceau mais oui, on se retrouve dans ce rôle-là qu'ils avaient...


Pourquoi pas une reprise de Scatman version Ball's Out...


(Rires) Bon courage à Pat alors car il y a du débit !


Comment appréhendez-vous cette année 2022 ?

On a une tournée qui se prépare tranquillement mais avec les incertitudes. Les organisateurs continuent à programmer mais tout dépendra de l'évolution de la pandémie et on essaye d'être optimistes. On ne doute pas de notre existence, ça nous donne plus d'envie et plus ça durera plus le retour sera explosif. On aime trop la musique pour trop douter. On est impatients de retrouver cette scène, ce contact avec le public. Il y aura une petite appréhension peut-être au moment du premier concert mais après c'est comme le vélo, ça repartira facilement.


Qu'attendez-vous de cet EP ?

Que les gens aient autant de plaisir à le découvrir que nous avons eu à l'écrire et l'enregistrer. On espère que cette trilogie marquera un tournant dans notre carrière, faire notre nom dans le milieu...


Et notamment à l'étranger car c'est une musique qui s'exporte ?


Oui, il y a déjà de quoi faire en France mais en effet, il y a des contacts à l'étranger. On n'est pas frileux à faire des concerts à l'étranger même si c'est une grande organisation. Avec l'aide de la maison de disques, du label et de l'agence de booking. Pour l'instant on focalise sur la promo, et chaque chose en son temps.

Je voudrais remercier les gens de nous écouter, de venir nous voir et on espère vous voir bientôt. Merci aux médias de nous soutenir.

Merci à vous !


Merci à Loloceltic pour sa contribution


Plus d'informations sur https://fr-fr.facebook.com/ballsoutofficial/
 
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