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TITRE:

NICOLETTA (07 OCTOBRE 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

POP



A l'occasion de la sortie de son album "Amours et Pianos" (sortie 19 novembre) -qui revisite sa carrière en version épurée piano/ voix- nous avons rencontré Nicoletta !
STRUCK - 27.10.2021 -
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Avant de se dévoiler au Lido les 4 et 7 novembre prochain, Nicoletta s'est mise à nu dans une interview vérité dans laquelle la chanteuse nous évoque sa riche carrière, ses tubes qui ont traversé les âges et qui ont marqué le paysage musical français de 'La Musique' à 'Mamy Blue' en passant par 'Fio Maravilha' ou 'Il est mort le soleil' en n'oubliant pas sa collaboration avec Bernard Lavilliers, ses rencontres et le fait d'être mère...





Quelle est la question que l´on t´a trop souvent posée et à laquelle tu aurais marre de répondre ?

Nicoletta : Rien ne me dérange à partir du moment où on ne parle pas trop de ma vie privée : tout va bien (Rires) !


J’ai plus de 50 ans de carrière, j’ai voyagé dans le monde entier, qui l’eût cru quand je suis venue à Paris avec 15 francs en poche !


N´en as-tu pas assez que l´on résume ta carrière à tes tubes comme 'La musique', ‘Mammy Blue’ ou ‘Il est mort le soleil’ au détriment de ton expérience de gospel ou d´autres chansons qui auraient mérité un traitement similaire ?

Ça ne veut rien dire ! Si je n’ai pas tous ces titres, je ne suis pas là ! J’ai un respect inouï pour tout ce que j’ai fait dans ma vie et tout ce que j’ai rencontré musicalement.

Tu sais, il y a vingt-cinq ans, le gospel n’était pas du tout populaire en France. Je suis vraiment la cheffe de file : j’ai d’ailleurs reçu un trophée en 2002 par l’académie du gospel français ! J’ai lancé des centaines de chorales et c’est devenu un mouvement…

Je n’ai honte de rien du tout ! Même dans les erreurs, les mauvais choix de chansons… ce n’est pas grave au contraire, tout le monde le sait : on apprend de ses erreurs ! Je ne regrette rien du tout ! Je suis quelqu’un qui avance tout le temps, je n’ai aucun sens de la nostalgie, je me retourne juste un petit peu sur mon épaule pour me dire que je suis une privilégiée, quelle vie j’ai mené. J’ai plus de 50 ans de carrière, j’ai voyagé dans le monde entier, qui l’eût cru quand je suis venue à Paris avec 15 francs en poche ! Il faut avoir le sens des réalités pour apprécier son statut de vie.

Le statut de star ? Je m’en fous. Je n’ai jamais chanté pour être une star, je n’ai pas chanté pour avoir de la gloire : c’est une très belle porte d’ouverture d’être dans la lumière parce que sinon on ne te reconnaît pas, tu n’existes pas… il faut avancer avec la reconnaissance des médias qui t’aident beaucoup…
Ce qui m’intéresse, ce sont toutes les belles rencontres que j’ai faites, j’en ai fait un livre d’ailleurs sorti en ce début d’année (NdStruck : "Soul Sister – 50 ans de carrière") : c’est déjà ma rencontre avec monsieur Barclay qui m’a signé un très beau contrat et qui s’est occupé de ma carrière, c’est ma rencontre avec de grands musiciens qui m’ont appris mon métier, c’est ma rencontre avec des artistes beaucoup plus connus que moi qui étaient des gens que j’admirais et qui sont devenus mes amis et qui m’ont tendu la main, comme Ray Charles.


C’est intéressant de suivre et respirer ce qu’il se passe, c’est important pour ne pas perdre sa propre identité artistique !




Nous sommes réunis aujourd'hui dans le cadre de la sortie de l´album "Amours et Pianos" qui est une sorte de regard par-dessus ton épaule comme tu l’évoquais…

C’est une façon de montrer au public ce qu’on sait faire sans filet c’est-à-dire une voix et un piano et des prises sont en direct… C’est un travail sans auto-tune, c’est un travail à l’ancienne, dans la vérité artistique.
Quand la petite Marina Kaye vient chanter ‘Il est mort le soleil’, c’est magnifique parce que cette jeune fille a une voix magnifique, elle a un savoir-faire extraordinaire, c’est une grande professionnelle qui va faire une très grande carrière et elle travaille avec la bonne mesure musicale, avec la bonne faconde. Et je dis bravo parce qu’elle sait travailler sans filet aujourd’hui, à l’époque où il y a plein d’auto-tune, plein de conneries -désolée pour l’expression (Rires)- mais je ne suis pas de cette génération, c’est normal ! Mais je ne juge pas parce qu’il y a tellement de moyens techniques maintenant de faire des disques intéressants sur le plan industriel -n’oublions pas que la musique est aujourd’hui une industrie prédominante.

Il en résulte des artistes qui passent dans des studios avec tous ces moyens techniques et qui sont très probants et intéressants mais je n’en dirais pas plus : il faut respecter l’époque ! C’est l’époque qui est comme telle et qui a avancé. J’ai commencé avec les huit pistes en analogique, puis j’ai vu arrivé les seize pistes, les trente-deux pistes, les cinquante deux pistes… j’ai vu arriver l’électro… C’est intéressant notamment pour la mère d’un fils qui est informaticien et post-producteur ! Avec lui, je me suis farcie toutes les époques techno, il avait toutes les platines, il a fait le DJ de bonne heure… je suis donc restée dans le bain mais je n’allais pas faire de la techno pour autant (Rires) !

Mais c’est intéressant de suivre et respirer ce qu’il se passe, c’est important pour ne pas perdre sa propre identité artistique ! Et j’ai un public, un public de fidèles… je viens de faire une tournée compliquée parce qu’on a reporté trois fois les dates en cathédrales, c’était magnifique ! Ce sont des lieux magiques et cette tournée a marché du feu de Dieu -les gens faisaient la queue pendant une heure et demie en raison du pass sanitaire- on a fait le plein et on en aurait pleuré, comme disait mon pianiste.


Tu évoques ton pianiste, Jean-Jacques Genevard, un des pianistes avec qui tu as travaillé sur cet album s´est éteint juste après les enregistrements. L´album lui est forcément dédié et désormais offre une nouvelle lecture en l´écoutant je suppose ?

Je lui ai dédié parce que c’est son dernier travail. J’ai fait les Francofolies avec un remplaçant et il est mort le lendemain des Francofolies : ça nous a bouleversés ! J’ai travaillé beaucoup d’années avec lui, j’ai travaillé trente ans avec lui ! Quand il n’était pas avec moi, il partait avec Aznavour, il a fait le tour du monde avec son pianiste : c’est un très grand pianiste, tu l’as remarqué !
Quand il joue ‘Où es-tu passé mon Saint-Germain-des-Prés et ‘La Solitude ça n’existe pas’ avec Eric Truffaz -qui est l’un de nos plus grands jazzmen du moment- tu as vu comme il a joué, comme ils m’ont fait chanter tellement ils sont merveilleux ?


Je n’ai jamais eu de coach [...] je me suis fait nourrir toute ma vie par des musiciens !




C’est triste mais c'est merveilleux d'avoir fait un tel dernier album ensemble…

C’est un testament qu’il m’a laissé !
Déjà, il m’a beaucoup appris parce qu’il a fait les églises avec moi. Jean-Jacques m’a nourri, il m’a appris à mieux chanter en mesure, il m’a fait travailler… Je n’ai jamais eu de coach, ça ne m’intéresse pas d’aller chez des professeurs parce que chacun a sa technique.Ça me rappelle ce que m’avait dit la petite Lââm qui se demandait comment je faisais pour avoir tous ces médiums… Un jour j’ai rencontré son coach qui était un mec du Classique qui chante en haut, et j’ai aussitôt dit à Lââm qu’elle change de professeur (Rires) pour qu’il t’apprenne à détimbrer et appuyer ta voix dans les nuances. Mais bon, c’est vrai que j’ai une qualité de voix qui s’y prête…
Mais c’est bien de travailler avec les musiciens, je me suis fait nourrir toute ma vie par des musiciens !


Avec le temps, la voix change [...] mais J’ai la chance malgré tout [...] c’est que ça ne s’entend pas parce que ma voix reste pleine, chaude et forte


Tout au long de l´album malgré l´aspect dépouillé des arrangements, on sent crépiter un feu de vie alimenté par ta voix forte, soul, blues. Penses-tu avoir réussi à sublimer un matériau qui aurait très rapidement pu tomber dans l´austérité voire la répétition ?

Non, tout dépend du vécu qu’on a. Si je passe une bonne journée et que je suis joyeuse, je suis détendue et je vais chanter différemment de la veille. La voix s’imprègne des sentiments et des ressentis de la journée.
Avec le temps, la voix change. Avec le temps, ma voix s’est modifiée ce qui est bien naturel, c’est même médical (Rires) ! Mais j’ai la chance malgré tout -même si j’ai un demi-ton en dessous sur certaines chansons- c’est que ça ne s’entend pas parce que ma voix reste pleine, chaude et forte. A partir du moment où tu ne perds pas ta force vocale, les gens ne sont pas choqués du fait que ta voix soit moins brillante, stridente qu’à mes débuts. C’est normal au début, on est jeune, excuse-moi l’expression, on a les hormones, tout va bien (Rires) !
Mais il y a le temps et il faut travailler : le travail est la vertu, si tu ne travailles pas, tu n’avances pas…


Sur ‘Un homme’…

… J’adore cette chanson !


… tu réussis à trouver quelque chose d´intime dans cette leçon de vie avec une voix très chaude et très puissante sur les refrains. Le morceau date de 1979 mais à l´entendre, on a l´impression qu´il a été écrit hier avec la voix d´une femme qui a connu maintes histoires et expériences et qui s´adresserait directement à la nouvelle génération ?

C’est bizarre (Sourire) ! Elle était déjà comme ça dans la version gospel c’est-à-dire voix, piano et chœurs…
C’est Jean-Loup Dabadie qui m’a fait le texte, je lui avais commandé et lui avais donné l’idée. La musique est de Gérard Layani qui venait de composer ‘Requiem pour un fou’ pour Johnny Hallyday et moi j’adore Johnny. J’avais fait cette commande à Gérard qui m’envoie cette musique, et je venais d’avoir Alexandre -mon fils- puisqu’il est né en 1979. Je contacte Jean-Loup Dabadie en lui disant que j’avais une musique superbe et je lui demande s’il pouvait me faire une chanson sur les angoisses secrètes et permanentes d’une maman : c’était mon premier bébé et j’étais paniquée ! J’en ai eu qu’un mais mes copines qui ont eu d’autres m’ont dit qu’on s’habituait (Sourire) mais au début, tout est difficile : le laver, mettre les langes… c’est tout un problème ! On a peur mais c’est merveilleux !
Et Jean-Loup Dabadie m’a fait le texte en 24 heures, je n’ai rien changé mais il m’a précisé qu’il ne fallait pas que j’oublie qu’il avait deux enfants et c’est vrai que les angoisses d’une mère sont aussi celles d’un père, bien évidemment !


‘Mamy Blue’ est une chanson qui appartient aux familles !




‘Mamy Blue’ est porté par le jeu énergique du piano, les échanges voix entre toi et les chœurs. Est-ce qu´il n´y avait pas un risque en retravaillant un standard de lui faire perdre son luxe d´antan ou au contraire est-ce une façon de prouver que les grandes chansons ont besoin de leur lifting stylistique et que pour le cas de celui-ci l´opération a fonctionné ?

‘Mamy Blue’ est une chanson qui appartient aux familles ! Les gens de ma génération ont tous un tube familial ! Dans mon quartier, des fils de 8 ou 10 ans me disaient : "Oh, c’est vous Mamy Blue ?". Elle ne m’appelait pas Nicoletta mais Mamy Blue ! Elle me disait avoir appris la chanson pour sa mamie parce qu’elle avait les yeux bleus : c’était trop mignon ! Et ça me touche parce que c’est une bluette, c’est une chanson qui n’est pas trop difficile sauf peut-être les couplets d’un point de vue swing mais tout le monde peut chanter le refrain.

Mais je n’ai pas craint de chanter ces chansons. Je l’ai fait par politesse et par gentillesse pour le public. Et tu sais, pleins de gens ne me connaissent pas. Pleins de gens de la nouvelle génération ne savent pas qui je suis, ils connaissent peut-être une ou deux de mes chansons et ce disque va peut-être me permettre de me faire découvrir grâce au web et peut-être que les jeunes vont découvrir ma façon de travailler.

C’est intéressant de faire ça et j’aime beaucoup ce côté mise à nu musicale... J’ai eu cette chance de faire cette nouveauté signée Carla Bruni et j’adore cette chanson avec un double-sens, elle est mignonne, sensuelle… : c’est une histoire d’amour entre deux êtres de 20 ans… c’est trop beau !


Cette chanson c’est ‘Mon Jésus Christ’…

… parce que son petit Jules ressemble à Jésus !


... pourquoi avoir décidé de la sortir aujourd´hui à une époque où Jésus n´est plus très populaire voire vendeur ?


Ca fait 25 ans que je fais du gospel dans toutes les églises de France et de Navarre : où est le problème ?  Et Dieu quand il a fait son fils, entre nous, il n’allait pas faire un moche (Sourire) !  On peut comprendre qu’une jeune fille de 20 ans dans les rues de Jérusalem rencontre un jeune homme qui ressemble à Jésus puisque c’est une ville sainte.


Sur ‘Où es-tu passé mon Saint-Germain-des-Prés’, ta voix pleine de mélancolie voit son émotion équilibrée par la trompette jazz d´Eric Truffaz, était-ce voulu d´offrir un peu plus de luminosité à un titre assez triste ?

Il ne faut pas oublier que dans les légendes de Saint-Germain, après la guerre, il y a eu l’éclosion du jazz en France : tous les Américains sont venus vivre à Saint-Germain. Les plus connus étaient Miles Davies qui est resté quelques temps, ainsi que Quincy Jones : ce sont des gens qui ont nourri la chanson française. Quincy a travaillé avec Salvador à l’époque. Sammy Davies Jr était un peu fiancé avec notre belle Juliette Gréco.

La trompette d’Eric traduit bien ce spleen que nous avons à savoir que Saint-Germain n’existe plus sur le plan musical et culturel ! La littérature n’a pas sombré, tous les grands éditeurs ont leur siège dans le coin… mais c’est vrai que Saint-Germain est devenu une vitrine commerciale à part le Lipp où j’allais tout le temps avec monsieur Barclay il y a 40 ou 50 ans. On restait à table jusqu’à 17 heures les dimanches : on était une vingtaine et c’était joyeux ! Ça n’a pas changé : le lieu est beau ! Et on traversait la rue et on finissait au Flore pour l’apéro (Rires) ! C’était formidable : il y avait Carlos, des gens joyeux ! Et c’est sympa de se rappeler de tout ça !
Mais ce sont devenus des enseignes commerciales faites pour le touriste. Tu prends un café au Flore, c’est hors de prix ! Et les Deux Magots, n’en parlons pas : tu déjeunes au Deux Magots, tu vas bientôt payer ton œuf coque 20 euros si ça continue (Rires) ! Ecoute, s’il y en a qui aiment ça !


Quand tu fais un môme dans ce métier, c’est une pause et tout d’un coup, c’est comme si tu avais une maladie : tout le monde se détourne de toi !


Avec le poids de ton expérience et tout comme ‘Un homme’, la chanson ‘La musique’ prend un nouveau sens, montrant que ce morceau peut traverser les âges et être brandi comme un hymne voire une profession de foi, est-ce toujours le cas aujourd´hui ?

Oh, ‘La musique’ correspond à mon état d’esprit de l’époque : j’avais 22 ans, tout était à vivre ! Elle a marqué beaucoup de gens parce que justement elle a ouvert une émission qui a été un succès ! Cette chanson a quand même été le porte-drapeau de cette émission ! L’année dernière, j’ai fait une émission avec Jennifer, arrive une pause pub, elle vient vers moi pour m’embrasser en me disant : "Merci, c’est quand même grâce à toi !". Je lui ai répondu : "Mais non, c’est grâce à ton travail ma chérie !". Elle était mignonne !
Je l’ai félicité parce qu’elle a fait un beau parcours et surtout parce qu’elle sait qu’il faut avoir une famille : elle a trois enfants quand même ! C’est beau : elle pense à sa vie privée cette jeune femme ! Il y a tellement de filles dont je ne citerai pas le nom qui regrettent de ne pas avoir fait d’enfant parce qu’elles ont trop travaillé. C’est vrai que quand tu fais un môme dans ce métier, c’est une pause et tout d’un coup, c’est comme si tu avais une maladie : tout le monde se détourne de toi !


Et penses-tu que ça a cassé quelque chose dans ta carrière ?

Non, c’est la frénésie du travail ! Annie Cordy m’avait félicité quand elle m’a rencontré enceinte. J’aimais beaucoup cette fille !
Elle m’a dit que j’avais bien fait parce qu’avec son mari, ils se disaient toujours : "on verra l’année prochaine…". Et comme tu signes toujours des contrats un an en avance, l’année prochaine arrivait et donc "on verra l’année prochaine… "si bien qu’un jour, elle ne pouvait plus en avoir et elle l’a regretté !


Tu citais Johnny Hallyday tout à l’heure. Il disait de toi que tu n´étais pas très rock’n’roll…

C’était sa façon de rigoler qui n’était pas premier degré.


… mais est-ce que tu aurais aimé jouer dans un groupe de rock ?

J’ai fait un disque avec un groupe qui s’appelle Zoo. C’était un groupe français qui était très connu en Angleterre -il y avait un violon électrique, un saxophone- c’était pas mal ! C’était le groupe dans lequel Joël Daydé chantait, celui qui avait fait ‘Mamy Blue’ en anglais. C’étaient des copains et j’ai fait pleins de titres avec eux et notamment ‘Mammy Blue’.
Non, le rock’n’roll, c’est sympathique mais trois chansons (Rires) ! Et puis, il y a peu de filles qui font du rock’n’roll : c’est une musique virile ! Pour une femme, c’est un peu vulgaire : tu peux t’amuser en clin d’œil à faire deux ou trois rock mais c’est tout !
Le rock’n’roll, c’est Bill Haley, c’est Little Richard, c’est plus tard Elvis qui m’a découvrir beaucoup de choses… tu vois ce que je veux dire ! Et le rock, c’est aussi une façon de vivre et pour moi, la plus grande des rockeuses qu’on ait eu mais -c’est une blues woman- c’est Amy Winehouse : magnifique ! Une petite poupée qui s’est brisée comme Janis Joplin ! C’étaient des rockeuses mais si elles ne font pas vraiment du rock, elles se donnent à fond : la preuve, elles en sont mortes les pauvres ! Elles se sont sacrifiées et blessées dans la drogue et la lumière…





Même si le titre n’est pas rock à proprement parler, pourrais-tu revenir sur la genèse de ‘Idées noires’ en duo avec Bernard Lavilliers. Est-ce qu´il avait vu en toi une sœur puisque tu as été une des premières à chanter les favellas au Brésil dans une chanson française ?

Oui, parce que je suis partie à Rio et j’ai ramené des chansons. Quand on va à Rio, on est complétement enveloppés par cette musicalité qu’il y a à chaque coin de rue… C’est un pays où il n’y a pas de différences sociales, il y a juste les riches et les pauvres ! C’est difficile Rio ! Ils rêvent de quoi à Rio ? Soit d’être footballeur, soit ils font de la musique ou enfin, ils sont flics !
Quand tu vas à Rio et que tu as la chance d’être française, tu deviens fou parce qu’il fait beau tout le temps, sur les plages, tu vois des jeunes magnifiques qui jouent au foot. Mes musiciens ne savaient plus où ils en étaient tellement les filles sont belles… C’est quand un même un beau pays à tous points de vue !
Et j’étais partie écouter Jorge Ben (NdStruck : Jorge Ben Sor) un soir avec mes copains. On a discuté et il m’a demandé de m’assoir pour écouter un morceau qu’il venait de faire. Il me joue ‘Fio Maravilha’ qui est le nom d’un footballeur d’une équipe dont il était supporter. Et cette chanson raconte l’histoire de ce petit footballeur de 1 mètre 50 qui a sauvé un match à la dernière minute en marquant un but (NdStruck : au cours d'un match entre Flamengo et le Benfica Lisbonne disputé au stade Maracanã, il est remplaçant mais l'entraîneur Mário Zagallo le fait entrer, devant l'insistance des supporters à le voir jouer. Il marque le but de la victoire en seconde mi-temps) et il est devenu une gloire nationale.
Je ne comprenais pas le portugais mais je lui ai dit que la chanson était très belle et je lui ai demandé si je pouvais la jouer en France. On l’a restructurée un peu par rapport à l’originale, on l’a fait carrée avec une intro, un couplet, un refrain… J’ai demandé à Boris Bergman de faire le texte parce qu’il créé sur les tempos : c’est un secret d’auteur et il le fait très bien ! J’ai fait cette chanson par amour musical et c’est devenu un tube !

Et concernant ta question, Lavilliers était chez Barclay, moi aussi et il avait un problème : il n’était pas satisfait de la voix féminine qu’il avait essayée pour ce titre. Il voulait une voix en réminiscence et Richard Marsan qui était le directeur artistique de Léo Ferré et Bernard Lavilliers -parce que Bernard aime beaucoup Léo, il a d’ailleurs fait un disque sur Ferré- lui dit qu’il m’avait vu dans un restaurant et qu’il fallait qu’il m’appelle pour qu’elle tente. Il m’appelle, je prends un taxi pour m’y rendre sans même savoir ce que j’allais chanter (Sourire) : en deux heures, c’était dans la boîte !
Qu’est-ce que j’ai fait ? Si j’étais dans la tonalité de Bernard, j’écrasais sa voix ! Donc je suis montée à l’octave et boîte crânienne. Si bien que ça donnait une rondeur et une chaleur à la voix et ça l’a fait ! La réussite d’un duo, c’est ça : il faut que la deuxième personne qui arrive respecte la couleur, la faconde de l’artiste qui t’invite. Ce que j’ai réussi aussi avec Joey Starr pour la reprise en hip-hop de ‘Mamy Blue’ : j’ai chanté plus comme Joey. C’est un travail d’interprète et d’écoute musicale. Et j’aime bien me donner ce genre de défi ! J’avais dit à Joey que si ça ne marchait pas, on ne le sortait pas et ça a marché (Sourire)…


J’ai connu des gens très connus au niveau international et ça fait jaser !





Nous avons commencé l’interview en te demandant quelle était la question que l´on t´avait trop posée. A contrario, quelle est celle que tu aurais souhaité que je te pose ?

Je ne me pose pas trop de questions, j’avance ! Non mais je n’aime pas trop qu’on me parle de ma vie privée. Un jour, j’ai fait une émission et j’étais très interdite. C’était un après-midi, il y a un an ou un an et demi, avec Daphnée Bürki, son émission "Je t’aime etc" et elle me demande si j’ai eu beaucoup d’amants quand j’étais jeune et si elle pouvait avoir des noms… Mais comment peut-on oser poser une question pareille ?
J’ai été mariée huit ans avec le père de mon fils -je me suis mariée à 32 ans. Ça fait 30 ans que je suis avec mon compagnon. Je ne bouge pas… Quand on trouve chaussure à son pied, on avance ensemble : je n’ai jamais trompé mes maris ! Et avant j’ai eu beaucoup de musiciens -ça me regarde, je tournais beaucoup- j’ai eu des petits pianistes, des petits saxophonistes, bassistes… c’est normal pour une chanteuse : ce sont des ateliers de travail et tu fréquentes des gens de ton milieu mais ça n’a jamais été de grandes aventures et souvent mes copines me prenaient mes petits flirts…
Mais pourquoi ces questions ? Parce que j’ai connu des gens très connus au niveau international et ça fait jaser ! Mais je ne les ai pas connus bibliquement mais à partir du moment où tu allais au restaurant, en boîtes de nuit avec eux… mais non, il n’y a rien à dire !
J’ai été surprise par cette question et elle était ennuyée après mais je trouve que ce ne sont pas des questions à poser à quelqu’un de mon âge. Je sais que tu es d’accord : ce n’est pas le genre de questions que tu me poserais, nous avons parlé musique…


Tout à fait, après si l’artiste souhaite en parler c’est son choix…

C’est autre chose, chacun fait comme il l’entend. J’ai des copines qui ont fait des bouquins dans lesquels j’ai lu que Mike Brant avait des aventures avec certaines personnes : mais elles ont raison, il était tellement mignon (Sourire) !
Mais moi, je ne parle pas de ça : ça ne m’intéresse pas ! Je me targue d’être une femme qui chante, qui sait ce qu’elle fait et qui veut avec une trajectoire construite. Mais mes batailles personnelles ne regardent que moi : c’est important de garder une certaine dignité, un certain sens de privé.


Une femme qui chante, une femme qui chante très bien… Merci pour ce moment !

Merci, c’était très intéressant ! Vraiment !


Merci à Adrianstork pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.musicwaves.fr/
 
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