MW / Accueil / Articles / COMPTE-RENDUS DE CONCERT - ALTESIA - ESTHESIS (LE SALEM AU HAILLAN - 02 OCTOBRE 2021)
TITRE:

ALTESIA - ESTHESIS (LE SALEM AU HAILLAN - 02 OCTOBRE 2021)


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

ROCK PROGRESSIF



Rencontre au sommet près de Bordeaux entre Esthesis et Altesia pour un concert de 3 heures !
CALGEPO - 12.10.2021 -
22 photo(s) - (0) commentaire(s)

Le 17 mars 2020 la France se figeait, entrainant dans cette paralysie celle de la culture et du spectacle vivant. Un peu plus d'un an et demi plus tard, après tant d'autres confinements, de liberté limitée,  de jauges, de masques, de distanciation sociale, de tests, de pass sanitaires... il était grand temps de retrouver un peu de ce monde d'avant qui sur la durée d'une vie ne paraît pas si loin mais qui dans la perception temporelle de l'attente de ces retrouvailles semble être une à éternité. Quoi de plus beau et de plus enthousiasmant de renouer avec ce que la musique a de plus vivant que d'assister à un concert ! C'est dans une commune à côté de Bordeaux que Music Waves s'est rendu pour assister au concert d'Esthesis et d'Altesia pour une affiche partagée équitablement, organisée par l'Association Eclipse et sans masque !

Si la pandémie a mis le monde sous éteignoir, le Salem Bar, envers et contre toutes les difficultés, en a profité pour faire peau neuve grâce à la solidarité des aficionados via un crowdfunding en investissant notamment dans de nouveaux éclairages et une amélioration du matériel sonore. Bonne initiative qui va s'avérer payante pour ce concert (et certainement pour les prochains).

C'est donc avec une certaine fébrilité mais aussi avec confiance que la centaine de personnes attendent de voir ces deux groupes pour un concert de 3 heures équitablement partagées : Esthesis pour défendre son premier album "The Awakening" et son EP "Raising Hands" et Altesia avec une prise de risque : jouer en entier et en avant-première son nouveau disque qu'il s'apprête à sortir le 16 octobre ! On était donc à la fois excité mais aussi un peu stressé avec une forme d'empathie pour ces groupes qui ont sorti leurs premiers albums peu avant ou pendant la pandémie et dont les projets de live et de promotion à court et moyen termes ont été coupés ou freinés dans leur élan. Mais assez parlé, passons à l'action !


ESTHESIS :

C'est donc au groupe toulousain d'Esthesis d'avoir l'honneur d'ouvrir le bal ! Les 4 membres ont pu déjà se rôder après une résidence et un premier concert donné à domicile dans la salle l'Usine. C'est sous des halos bleus rappelant la pochette de "The Awakening" et des notes planantes que s'ouvre le concert. Une belle et longue introduction instrumentale qui permet à Baptiste (guitare), Marc (basse), Florian (batterie) et Aurélien (claviers, moog, pedal steel et chant) de faire leur entrée sur scène. L'émotion est palpable des deux côtés !








Le live accentue l'aspect immersif de l'album d'obédience ambient et cinématographique à l'esthétique musicale poussée. Les titres sont construits sous forme de contrastes entre moments de claviers comme savait si bien en instaurer Richard Wright dans les concerts de Pink Floyd et passages plus nerveux avec une batterie bénéficiant lors de cette heure et demie d'un son plus brut qu'en studio.  Des contrastes il y en a aussi entre les membres : la sobriété de Baptiste, la concentration et le caractère imperturbable de Florian rappelant un autre batteur anglais (Gavin Harrison), la bonne humeur de Marc et la maîtrise et l’allant d'Aurélien sont autant de caractères qui fondent et construisent le groupe.








Le public est hypnotisé d'emblée par 'Raising Hands part.2' issu du premier EP d'Esthesis, aujourd'hui épuisé (physiquement - sans jeu de mot) qui va sans doute valoir son pesant d'or dans quelques années, avec des mouvements marqués à la fois par Porcupine Tree et la personnalité d'Aurélien. Les alternances de lumières rouge, bleue, rose accompagnent frénétiquement les nombreuses ruptures. Si la technique est bien présente pour reconstituer les nombreuses strates qui composent "The Awakening" et le premier EP, elle ne prend pas le pas sur les émotions que souhaite transmettre Esthesis, auxquelles le public répond par des étranges transes, des mouvements de balanciers et bien sûr des headbangs nerveux. D'émotions il en sera question, notamment sur 'Silent Call' en guise de rappel, destiné à la grand-mère d'Aurélien dont l''aura et le spectre semblaient être bien réels à ses côtés pour l'encourager, mais aussi sur 'Still Far To Go' avec en invitée au chant Mathilde qui représente un soutien notamment moral et logistique précieux pour le groupe et son leader. Les deux voix se marient très bien ensemble, poussant d'un cran supplémentaire le curseur émotionnel, un moment partagé avec une jolie pudeur. Les échanges entre Aurélien et l'assistance sont nombreux avec notamment cette manifestation de joie à l'idée de se retrouver sans jauge et sans masque.







Esthesis démontre tout au long du set un énorme professionnalisme qui laisse pantois : l'ensemble est bien calé, en place, le tout avec cohésion déjà impressionnante. Si les claviers sont bien mis en avant, il ne faut pas négliger la basse vrombissante, la batterie précise et la guitare discrète mais qui sait aussi sortir ses griffes. On sent bien que tout est bien pensé et intellectualisé , aussi bien dans les compositions que dans leur interprétation dans la configuration live. Le groupe le sait et insuffle un côté décontracté en surprenant le public avec la reprise de 'Stratus' (Billy Cobham) revue et corrigée sous un angle fusionnel funk et jazz, par des longs solos de Moog dont Aurélien est friand, mais aussi par l'utilisation de la Pedal Steel qu'affectionne un certain David Gilmour. Le public est embarqué par la capacité d'Esthesis à nous immerger dans un univers imagé et cinématographique avec cet orage qui ouvre 'The Awakening', ou bien ces rappels à Ennio Morricone dans le long 'Downstream' avec des moments plus classiques. Parmi les titres les plus marquants et qui prennent encore plus de densité, 'High Tide' ressort parfaitement. Il est peut-être celui qui dans son cheminement offre le plus de passages ascensionnels grâce à son solo magnifique et ses multiples pistes. Le set se termine par un 'No Soul To Sell' nerveux et colérique qui finit de nous achever avec un groupe indéniablement heureux de cette soirée et de l'accueil qui lui a été réservé.







Setlist :
Tape Introduction
Raising Hands (part 2)
Chameleon
High Tide
The Awakening
Hunger
Still Far To Go (avec guest)
Stratus (cover)
Downstream

Silent Call
No Soul To Sell


ALTESIA :

Si Esthesis avait déjà quelques repères avant cette date de Bordeaux, Altesia, qui lui emboite le pas dans cette soirée, en manque un peu plus, rendant le fait de jouer un album en avant-première encore plus impressionnant. "Embryo" qui n'est pas encore sorti est encore tout chaud dans leurs têtes et la situation sanitaire n'a pas aidé à faire des répétitions en bonne et due forme. Qu'importe, l'appel du live est le plus fort ! Fort de deux singles proposés récemment au travers de deux très beaux clips qui ont permis au public présent de se familiariser avec certaines nouvelles compositions, Altesia rentre dans l'arène du Salem. Alesia jacta est !







La longue introduction 'Micromegas', sereine, marquée par le bruit des vagues (un rappel à la très belle pochette "d'Embryo"), n'est que le calme avant la tempête qui se prépare. L'ouverture se calque sur "Paragon Circus" avec son esprit acoustique et mélodique. Une gentille et émotionnelle entrée en matière qui ne dure pas car s'enchaine 'Mouth Of The Sky' (premier single) qui explose tout sur son passage, entraînant dans son sillage le public. Ça bouge au rythme d'une batterie (Yann) intenable qui blaste à mort. Le chant de Clément est plus affirmé que lors du précédent concert au même endroit en 2019 et les claviers sont bien présents dans cette chanson au refrain imparable et au passage furieux après une pause au piano. Alexis aux solos de guitare n'a rien perdu de sa superbe avec des interventions toujours aussi impressionnantes de qualité et de feeling, faisant de ses qualités un atout précieux pour Altesia qui n'en manque déjà pas.






Si le set fait la part belle au nouvel album, "Paragon Circus" n'en est pas oublié pour autant. Avec un timing serré, Altesia propose de fusionner deux titres de leur premier essai : 'Prison Child/Cassandra's Prophecy" sont interprétés en version edit en guise de rappel à ce premier succès. Il a le mérite de proposer un repère à un public qui n'en demandait pas tant, déjà happé par ce qu'il se passe. Il est indéniable que le groupe dans son ensemble a progressé scéniquement : Clément, Alexis et Hugo sont déchainés sur les parties les plus puissantes, faisant réagir l'assistance qui ne reste pas en place. L'équilibre est parfait. Seul Henri reste concentré sur sa prestation qui ne souffre d'aucune faille. Les nouveaux titres passent très bien l'épreuve du live et laissent entrevoir un album plus progressif tout en conservant son aspect metal, se rapprochant ainsi d'un Transatlantic et de Dream Theater afin de redorer le blason du genre au terme trop souvent galvaudé.






Les passages contrastés s'enchaînent avec un excellent travail sur les transitions, et les surprises sont nombreuses : le passage jazzy et la fin symphonique de 'Remedial Sentence', la valse façon guinguette et le chant quasi opéra de 'Sleep Paralysis', le côté hyper accessible de 'A Liar's Oath' (qui a été composé pour passer sur RTL2, dixit Clément)... sont autant de mouvements qui définissent ce qu'est Altesia. Mais la cerise sur le gâteau reste l'épic 'Exit Initia' qui malgré ses 21 minutes n'a aucunement perdu en route le public déchaîné. Le titre est décomposé en 4 parties dont la première sonne presque comme un générique de fin avec un refrain efficace qui laisse place, comme tout bon morceau de progressif, à deux autres parties plus denses avec un large spectre instrumental déjà bien maitrisé par le groupe entre accalmies et furies, où il faut se pincer pour voir qu'on n'assiste pas à un concert de Sons Of Appolo mais bien à une prestation d'Altesia ! Les interventions de claviers laissent entrevoir une multitude de sons utilisés avec beaucoup de feeling (Jordan Rudess et Rob Reed, sortez de ce corps !), Alexis nous assène de ses solos dont il a le secret et qu'il a durement travaillés comme un acharné, Hugo et Yann rythment le tout avec excellence et Clément demeure totalement habité presque dans un état second. La fin du morceau débute par des notes de piano céleste et une partie au chant à coller des frissons par sa pureté. C'est aussi une sorte de rappel à 'Reminiscence' pour boucler la boucle du concept décrit dans les deux albums et laissant penser que cet epic en est directement la suite. D'ailleurs ce titre sera joué en rappel devant un public toujours aussi exalté et qui ne semble pas atteint par la fatigue malgré les minuits passés. Fatigué mais heureux, le groupe salue chaleureusement tous ceux qui ont aidé et assisté au concert et restera très accessible (tout comme les membres d'Esthesis) dans la salle du bar pour discuter et recueillir les premières impressions, toutes positives. 






Le concert est passé très (trop) rapidement avec un son et un éclairage excellents. Il faut saluer en cette toute fin de live report la prestation incroyable des deux groupes en apparence différents mais pas tellement finalement grâce aux contrastes qu'ils proposent et dont le point commun reste l'amour de la musique et de leur public. La France regorge décidément d'excellents combos qu'il ne faut pas hésiter à soutenir et à aller voir. Bonne idée puisqu'ils sont en tournée tout le mois d'octobre dont une date au Ready For Prog (le 22 octobre 2021) pour Altesia et Chez Paulette avec Galaad pour Esthesis.


Setlist :
Micromegas
Mouth Of The Sky
Prison Child / Cassandra's Prophecy (edit)
Autumn Colossus
Sleep Paralysis
A Liar's Oath
The Remedial Sentence
Exit Initia

Reminiscence

Merci à Thierry Bouriat pour sa contribution photographique.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/altesiamusic/
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 20439
  • 20440
  • 20441
  • 20442
  • 20443
  • 20444
  • 20445
  • 20446
  • 20447
  • 20448
  • 20449
  • 20450
  • 20451
  • 20452
  • 20453
  • 20454
  • 20455
  • 20456
  • 20457
  • 20458
  • 20459
  • 20460
Haut de page
EN RELATION AVEC ALTESIA
DERNIERE CHRONIQUE
ALTESIA: Embryo (2021)
5/5

Avec cet "Embryo" foisonnant et inspiré, Altesia s’impose comme l’un des tout meilleurs groupes français de metal progressif.
DERNIERE ACTUALITE
ALTESIA PRESENTE SON PREMIER CLIP 'MOUTH OF THE SKY' EXTRAIT DE L'ALBUM "EMBRYO"
 
AUTRES ARTICLES
DESTINITY (28 SEPTEMBRE 2021)
Interview vérité avec Mick Caesare de retour après huit longues années de silence avec Destinity pour reprendre sa marche en avant...
ALTESIA (03 OCTOBRE 2021)
Music Waves part à la rencontre de Clément Darrieu pour nous parler de "Embryo", le nouvel album marquant d'Altesia.
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021