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TITRE:

KAMERA OBSCURA (26 MARS 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL ALTERNATIF



Kamera Obscura est de retour avec un nouvel EP, deuxième édition d'un projet de reprises à la mode Kamera Obscura.
ADRIANSTORK - 07.04.2021 -
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Rideau rouge. La séance est levée, le film de monstres est terminé. Vous ravalez quelques sanglots, vous épongez quelques sueurs froides perlant encore sur votre front et vous apprêtez à retrouver votre petit chez soi bien confortable, riche en tisanes et biscuits secs. Mais au moment de partir, une main se pose sur votre épaule. Vous sursautez en l'imaginant pourvue de griffes... Heureusement celle-ci appartient à un sympathique barbu qui vous invite à le rejoindre pour une nouvelle dépense d'adrénaline. Il faut pour cela pousser la porte verte qui se dissimule derrière l'écran. Bon gré, mal gré, vous vous attachez à ses pas et pénétrez dans une salle tout entièrement peinte en noir. Là trois autres individus vous toisent d'un air gourmand. La présence féminine vous rassure encore que... Vous êtes brutalement jeté dans un fauteuil, d'énormes baffles sur les oreilles, votre nouvelle expérience peut commencer : ''Copycat Vol.2'' (mort?). Kamera Obskura est de retour! Notre interview exclusive avec le groupe de musiciens cinéphiles.


La dernière fois que nous avions conversé ensemble, c'était en janvier 2018, un âge d'or où il y avait des concerts (notamment à la Péniche Antipode où vous avez joué en mars 2018), pas de confinement et autres masques. Pouvez-vous revenir sur la promotion de l'album? Comment se sont passés les concerts? Quels ont été les retours du public? Avez-vous appris quelque chose pendant cette tournée qui a modifié votre façon de composer voire de chanter?

Cécile: Tout ce qui a entouré la sortie de “The Final Cut” a été très positif. On a eu la chance d'être programmés sur un festival en Pologne, de jouer avec de super groupes dont Sleazyz, Punish Yourself, Herrschaft et d’organiser une release party mémorable lors de laquelle nous avons invité un grand nombre de guests sur nos anciens morceaux et joué l’album dans son intégralité : un beau show de plus de 2 heures… c’était mortel, c’était 2018, c’était une autre époque ! Au niveau de la composition et de la maîtrise de nos instruments, plus on avance plus on évolue, c’est certain. Personnellement j’ai vraiment franchi un cap en travaillant sur cet album, chose que j’ai également ressentie sur les dates qui ont suivi, je me suis vraiment amusée. 





Même si son titre aurait pu induire un auditeur distrait en erreur, "The Final Cut" n'était pas la dernière pierre discographique de Kamera Obscura. Vous avez décidé de sortir un EP 5 titres, pourquoi ce besoin de faire court? "Copycat Vol 2", parce qu'il y avait un "Vol 1" en 2015, un long EP entre deux albums (en fait des reprises + des remix), pour autant pourquoi lui avoir donné un successeur en déclinant cette formule?


Jean-Philippe: Comme le premier "Copycat", l’idée était de sortir quelque chose assez rapidement, dans la foulée de l’album. Parce qu’on aime enregistrer, qu’on aime travailler des covers à notre sauce, et que ça permet d’assouvir ces deux envies, le temps d’avoir assez de matériel pour un album. Puis les choses de la vie et un certain virus ont quelque peu ralenti  tout ça. 


Il s'agit d'un album de reprises que vous avez dû tester sur scène. Un copycat, c'est dans le domaine de la criminologie un tueur adepte qui copie un autre tueur érigé en modèle (même modus operandi, scène de crime qui ressemble au jeu des 7 différences), mais en ce qui vous concerne, c'est le cinéma d'horreur et le metal qui vous inspirent mais vous n'êtes nullement d'habiles plagiaires mais plutôt des passeurs, en revisitant les morceaux, en leur donnant une nouvelle lecture, vous nous donnez envie de (re)voir le film ou de (ré)écouter les originaux. Etait-ce un but conscient? (mission accomplie de notre côté)

JP: A part ‘Christian Woman’ qu’on a beaucoup joué sur scène, les autres sont des nouveautés pour nous. Et oui, on aime bien l’idée d’associer un morceau qu’on reprend à un film qu’on aime bien. De la même manière que lorsqu’on compose un morceau, on le fait par le biais d’un film particulier. C’est devenu une sorte de seconde nature chez nous. 

Cécile: Merci. C’est cool que tu le ressentes comme ça !


Est-ce que Kamera Obscura a trouvé une nouvelle formule entre albums, pourrait-on imaginer d'autres "Copycat"? 

JP: Je ne sais pas. On dit jamais 2 sans 3 … donc qui sait ? 

Franck: J’aime beaucoup l’idée d’intercaler un EP hommage entre chaque album. Donc ce n’est pas impossible (sourire).

Cécile: Moi aussi ! En plus j’ai un gros problème avec les nombres pairs… ce dont le groupe a pu se rendre compte quand on a tourné le clip de 'Maniac' et fait la date au Réacteur. Sur le clip il y a des mannequins, il a été question de n’en avoir que deux au lieu de trois à un moment et j’ai commencé à me sentir un peu mal ! Sur la date au Réacteur, on n’a pu amener que deux mannequins pour des raisons pratiques (je l’ai découvert en ouvrant les cartons) donc j’ai fini par séparer les jambes du tronc, poser une tête sur un ampli, un buste sur un autre, etc. 


Un avis désagréable émanant d'on ne sait où a osé dire que Kamera Obscura avait perdu son inspiration et se reposait sur une formule toute faite en guise de bandages grossiers. Que pouvez-vous répondre sur cette remarque (que nous ne partageons pas)?

Cécile: Tiens, je ne l’ai pas vu passer cette chronique…ah oui m*rde, j’étais trop occupée à vivre ma vie ailleurs que sur Internet (sourire). Depuis le départ, on a un concept. Au fil des années, on a trouvé notre son. Est-ce que celà résulte en une formule toute faite ? Je ne pense pas. Si on se penche sur notre discographie on se rend vite compte qu’on ne rentre pas dans un moule ni dans un genre musical précis. Notre concept nous donne paradoxalement énormément de liberté et cela nous permet de jouer avec les codes et de sans cesse nous réinventer. 

Franck: Kamera Obscura n’a pas pour objectif de refaire n fois le même album. Donc effectivement chaque nouvel album porte le risque de déstabiliser. Nous évoluons, donc notre musique aussi. Et c’est bien mieux comme ça ! 


Sur le précédent album, on notait votre éloignement de l'indus’, aujourd'hui on pourrait presque penser que celui-ci est mort et enterré pour un son plus proche d'un metal frontal. Comment expliquez-vous cet abandon?


JP: Je ne suis pas très à l’aise avec le fait de rester coincé dans un genre musical. Et d’ailleurs même quand on « faisait de l’indus’» on ne suivait pas complètement les règles du genre. Ça fait presque 15 ans que le groupe existe. Des gens en sont partis, d’autres sont arrivés, avec leurs propres influences. Moi-même qui suis là depuis le début, j’ai évolué, j’ai digéré d’autres influences. Et puis on a aussi évolué dans notre manière de composer, d’utiliser nos instruments et les outils d’enregistrement etc. Tout ça participe à l’évolution d’un groupe.

Franck: Exactement !


Je ne suis pas très à l’aise avec le fait de rester coincé dans un genre musical.


Comment s'est passé l'enregistrement de cet EP à une époque très portée sur la distanciation sociale? En général, quelqu'un aurait une liste des films/morceaux potentiels et chacun approuve ou rejette ?


Cécile: Entre le moment où on a décidé de travailler sur cet EP et sa sortie, deux ans se sont écoulés… on a donc pu choisir les morceaux ensemble dans la même pièce à l’époque (enfin dans le même camion car on était en tournée). Généralement quand on choisit des reprises, on propose tous des morceaux / films et on tombe d’accord facilement. On a enregistré l’EP avant le Covid-19 donc on n’a pas eu de problème de distanciation sociale.

Franck: Par rapport à l’album on a quand même travaillé pas mal à distance, à la fois pour l’enregistrement et pour le mix. Et au final on a trouvé un mode de fonctionnement intéressant et plutôt efficace, en évitant une part de stress lié à l’urgence du studio (généralement on n’a que quelques jours pour enregistrer). Et comme on a mixé nous-mêmes, on a pu tester pas mal de choses en termes de son et d’arrangements. On est assez content du résultat.

La pochette nous donne quelques indices sur les thèmes en question, mais est-ce qu'il y avait une volonté de faire jouer l'auditeur cinéphile? Si l' énigme de la pochette de l'EP vol 1 était plutôt facile ("Phantom of the Paradise", "Les Frissons De L'Angoisse" et "Halloween"), cette fois-ci le niveau est plus élevé et ce sont les titres des albums qui peuvent nous aider à deviner. On y voit le débonnaire Lord Summerisle joué par Christopher Lee dans "Les Dieux De L'Osier"  ("The Wicker Man"), Vincent Price dans "Le Grand Inquisiteur" et un personnage de nonne indéterminé (j'avais pensé à Vanessa Redgrave dans "Les Diables" mais dans mon souvenir elle était plus souriante...)

JP: Dans le premier "Copycat", on reprenait en partie les thèmes des films. L’illustration était donc plus simple. Ici, seul 'Cat People' est une cover issue d’une BO de  film. Donc on s’est demandé pour chacun quel serait le film idéal pour illustrer le morceau. ''The Wicker Man'' pour 'Brand New God', ça nous a paru évident. L’histoire d’un noble sur son île qui crée sa propre religion pour assurer son emprise sur les habitants, ça fait echo au thème du morceau. Pour The 'Witchfinder General', le morceau original de Cathedral était déjà inspiré du film avec des samples de Vincent Price. Comme on aime Cathedral et le film, c’était facile. La mystérieuse nonne au regard intense de la pochette est Kathleen Byron, Sister Ruth dans le magnifique ''Narcisse noir'' de Michael Powell et Emeric Pressburger. Photographiée par un génie de la lumière et du Technicolor : Jack Cardiff. Ce n’est pas un film de genre à proprement parler, mais les décors et la photographie de Cardiff font basculer un drame psychologique plus ou moins classique dans un univers presque fantastique. Ça raconte le basculement d’une bande de nonnes anglaises installées dans l’ancien palais d’un maharadjah aux mœurs légères, quelque part dans l'Himalaya.





Bien joué! On commence avec "Brand New God" de Danzig. L'atmosphère est ici viciée et irrespirable comme si vous aviez souhaité nous plonger d'entrée sans autre ménagement dans l'étroitesse d'un cercueil. La reprise est bien que plus lourde et asphyxiante que l'original, ce qui pourrait être érigé en loi sur cet album. Est-ce qu'il y avait une volonté de rendre hommage aux originaux plutôt que de les revisiter quitte à les écharper?

JP: Je suis un grand fan de Danzig et de l’ensemble de l'œuvre de Mr Glenn (j’ai juste un doute sur ses récentes reprises d’Elvis et sur ses talents de cinéaste). Du coup, l’idée n’était pas de démonter complètement le morceau. Juste de l’adapter à notre son. L’original sonne plus punk rock. Disons qu’on lui a ajouté du gras et de la lourdeur. 


Ensuite, vous convoquez l'esprit tout autant cauchemardesque et délirant de Cathedral avec "Hopkins The Witchfinder General". Ça fonctionne et même la voix de Vincent Price nous rappelle de bons souvenirs. Parlez-nous de cette chanson et de ce groupe, qu'est-ce que vous avez appris et pris de lui?

JP: Cathedral est un super groupe, un peu trop oublié. L'archétype du doom à l’anglaise, bien avant Electric Wizard. Je conseille à tout le monde de regarder le clip du morceau original sur Youtube. Un bijou  ! Avec un Lee Dorrian possédé et des sorcières sexy.  En dehors de la référence historico-cinématographique, on a choisi ce morceau parce qu’il est ultra efficace. Et surtout extrêmement fun à jouer ! 


Vous nous surprenez avec 'Christian Woman', ces volutes de claviers aériens et la voix très chaleureuse de Cécile (pour un peu on se sentirait presque en Irlande, pays catholique). C'est peut-être le morceau le plus réussi de l'album et un bel hommage au disparu Peter Steele. On regrette toutefois que les sons des claviers soient un peu étouffés par la guitare. Etait-ce une volonté de rompre avec les précédents morceaux et d'apporter une respiration?

Cécile: L’EP est parti de ce morceau, c’est le seul qu’on a pu jouer en live. On a choisi les autres titres après. Concernant son côté “réussi”, c’est une question de point de vue et de goût mais il est placé de façon centrale, c’est aussi le single… ça n’est pas un hasard. 

Franck: Il y a un énorme travail de prises de son et de mix sur la voix de Cécile sur ce morceau. C’était là qu’était selon nous tout l’enjeu  de la reprise. Comme on voulait la voix de Cécile très en avant, il fallait impérativement que les guitares soient très présentes aussi.





Enfin! Je dois sortir de mon rôle d'interviewer anonyme. Dans la plupart de mes interviews de groupes metal je glisse le nom de Killing Joke comme référence évidente et que ceux-ci me répondent : «Killing quoi?». Vous faites une reprise de 'The Beautiful Dead' extraite d' 'Extremities, Dirt And Various Repressed Emotions', un morceau rampant gluant qui s'accèlere subitement. Merci pour cela. Racontez-nous votre rencontre sonore avec la bande de Jaz Coleman. 

Franck: Killing Joke est un groupe extraordinaire, qui a su passer les années 80, 90, 2000 et 2010, en évoluant tout en gardant son identité, avec des albums incroyables (Le dernier, ''Pylon'', est juste magistral, tout comme l’était ''Hosannas From The Basements Of Hell'' en 2006). C’est une très grande référence pour nous, et une source d’inspiration inépuisable. Il était évident que dans un contexte d’hommages, Killing Joke était un incontournable. La difficulté étant le choix de la chanson : il y en a tellement que l’on adorerait interpréter. Ce qui nous intéressait c’était d’en retenir une qui à la fois porte un message, avec une atmosphère potentiellement cinématographique.  Au final on a hésité entre 'The Beautiful Dead' et 'Black Moon'. Si on s’écoutait, je pense qu’il y aurait un titre de Killing Joke dans chacun de nos EP hommages.


En misant sur les grosses guitares, n'avez-vous pas peur de perdre un peu la subtilité de l'original?

Franck: C’était le challenge, garder l’esprit et la subtilité, tout en apportant l’identité de Kamera Obscura. On a fait un gros travail de mix pour ça. Je pense que c’est la manière dont est posée la voix de Cécile qui permet de contrebalancer la lourdeur et le gras des guitares de l’univers sonore de Kamera Obscura.


C’était le challenge, garder l’esprit et la subtilité, tout en apportant l’identité de Kamera Obscura.


En raison de ces paroles très critiques sur la société aussi intemporelles que prophétiques, l'avez-vous choisie pour faire référence à notre période actuelle plutôt agitée?

Franck : Rien n’est jamais que le fruit du hasard.


Il n'y a pas beaucoup de growls de Jaz Coleman dans cette chanson, était-ce pour éviter à Cécile de s'écorcher la voix? A l'inverse, son petit cri apporte une touche sensuellement véneneuse, était-ce voulu?

Cécile: Si tu écoutes ‘The Howlin’ ou ‘Maniac’ sur “The Final Cut” ou même ‘Christian Woman’ sur cet EP il y a pas mal de passages super saturés… je n’ai jamais fait très attention à ma voix mais j’ai tendance à pencher du côté saturé, à passer par le cri quand j’ai une émotion précise à véhiculer… crier pour crier c’est pas mon truc.


On retrouve le monde du cinéma avec 'Cat People' de David Bowie qui figure dans la BO du film du même nom de Paul Schrader. Une façon de dire qu'après ces incartades, l'ultime morceau est une passerelle vers le prochain album?

Cécile: On a choisi de terminer sur ce morceau car c’est le plus différent. On l’adore mais il fallait le placer en dernier pour ne pas trop casser le rythme de l’EP… Celà permet aussi d’ouvrir sur quelque chose d’autre mais non, je ne pense pas que ce soit la passerelle vers un autre album.  À l’heure actuelle, on a composé 6 ou 7 morceaux de ce qui pourrait être un troisième album mais pour le moment on ne se pose pas trop la question même si à mon sens on tient quelque chose d’excellent qu’il serait dommage d’avorter. C’est une période dure et déstabilisante. De mon côté j’ai envie de tester les morceaux en live à un moment ou à un autre avec le groupe parce que c’est toujours bénéfique.  D’un autre côté, je ne pense pas non plus qu’il faille arrêter de créer et attendre que ça passe… parce que c’est bien parti pour durer encore un petit moment. Il faut s’adapter, ça n’est pas un problème pour nous.  

Franck: 'Cat People' est peut-être le morceau avec lequel on a pris le plus de liberté par rapport à l’original. Inconsciemment c’est peut-être pour cela qu’on l’a mis en dernier. Quant au prochain album, ce qu’on peut en dire c’est qu’il sera surprenant. De nouvelles influences inattendues pourront l’irriguer.

Cécile: C’est le moins qu’on puisse dire…


Avant même d'entendre le chant, l'introduction apaisée m'a rappelé la fin de l'album "Closer" de Joy Division. Le titre 'Decades' permet de souffler après une atmosphère asphyxiante tout au long du dernier album enregistré par Ian Curtis. Même si Joy Division pourrait sembler à des années-lumière de vos inspirations et intérêts, etait-ce une référence inconsciente? Aviez-vous besoin de terminer de façon plus apaisée pour montrer qu'un rayon de lumière peut illuminer la crypte la plus sombre?

Franck: Pour tout dire, et ça ne concerne que moi, Joy Division n’est vraiment pas dans ma liste de références... Donc ça ne peut être qu’inconscient.


Comment Cecile est-elle stimulée lors de la prise de chant? Dans le cadre des films, est-ce qu'elle regarde à nouveau les films en question pour s'imprégner de l'atmosphère ou comme Bernard-Pierre Donnadieu dans "Rue Barbare" elle a « des petites lumières dans la tête » ?

Cécile: En studio je suis assez méthodique, j’ai mes petites lunettes, mes notes, ma tisane, mes bananes et absolument toutes mes pistes et harmonies en tête… le plus gros du travail se fait en amont sur les prémaquettes. Le jour J,  je n’ai qu’à dérouler en me concentrant sur l’interprétation, ça me permet d’être spontanée et de capturer le meilleur. Il reste de la place pour des petites sorties de route qui rendent le résultat encore plus riche mais elles viennent se greffer sur un cadre solide. C’est uniquement lors de la phase de maquettage que je regarde les films : je connecte les thèmes à des choses que j’ai vécues ou que des proches ont vécues… ça me guide dans l’écriture. Voilà, tu sais tout ! C’est la méthode que j’ai développée instinctivement au fil des années et ça me va très bien.  Pour ne rien te cacher, je vis en Australie depuis 2018, c’était donc la première fois que j’enregistrais en studio sans les membres du groupe. J’ai vraiment ressenti leur absence mais j’ai fait le job et j’ai tout donné. En contrepartie, je suis tombé sur un ingé’ son incroyable  avec une approche plutôt radicale ici à Sydney. Le genre de mec qui efface toutes les prises au fur et à mesure sauf LA prise: j’ai travaillé sans filet, sans retour en arrière possible… c’était ouf ! Chose qui m’aurait totalement paralysée sur 'Dark Reels' (rire démoniaque).


Vous nous aviez dit que si vous deviez abandonner votre concept de bande-son d'horreur, vous le feriez sous un nouveau nom. Est-ce qu'il y aurait des projets parallèles qui nous auraient échappé ? Est-ce que Music Waves pourrait avoir un scoop ?

Cécile: J’ai composé un EP solo dans une vibe dark wave-electro, mais le terminer et le sortir est très très loin dans la liste de mes priorités. Je l’ai composé en quelques jours à mon arrivée en Australie: c’était l’hiver, je n’avais pas de job, pas de vie sociale et bizarrement ce truc est sorti. Honnêtement, j’ai plus envie de faire un troisième album avec Kamera Obscura qu’autre chose. Je préfère bosser en collaboration et il y a au sein de ce groupe une alchimie musicale et humaine rare. Je ne sais pas comment te l’expliquer, il y a sur les compos de Jean-Phi et de Franck un truc qui se passe: quand je les entends, boum j’ai le morceau. C’est juste magique ce que je ressens, je me sens chez moi… un chez moi qui change tout le temps mais dans lequel je me sens bien et inspirée. 

Franck: On a tous plus ou moins des “sides projects”, mais Kamera Obscura reste pour moi le seul projet dans lequel je l’investis en termes de composition. Après à titre perso je suis sur un projet disco metal qui devrait être fun.  


Et pour la suite, pourriez-vous décliner votre concept dans un autre domaine ? Un film? Pourquoi pas de l'animation?

Franck : Perso je n’ai pas les compétences pour prétendre à ça, mais ça ne m’étonnerait pas que Jean-Philippe soit tenté !


Pour finir, puisque nous sommes entre cinéphiles, avez-vous vu deux films un peu étranges en dehors du corpus américain ou italien : "A Minuit Je Possèderai Ton Ame" film brésilien de Jose Mojica Marins et "L'Incinérateur De Cadavres" de Juraj Herz. Si oui, pouvez-vous nous en parler et nous dire s'ils pourront être relookés à la tronçonneuse Kamera Obscura. Si non, je vous les conseille et on en reparle à la prochaine interview, d'accord?

JP: Je n’ai vu aucun de ces films. Je connais Marins de nom (et son alter ego Coffin Joe), mais ses films sont rares ici. Je n’ai jamais eu l’occasion de  tomber dessus. Quant à ''L’Incinérateur De Cadavres'' …, je l’ai malheureusement raté lors de sa ressortie en salles en 2019. J’espère me rattraper quand cette version restaurée sortira en Blue Ray. Donc oui, on en parlera la prochaine fois ! C’est tout à fait mon genre de films. 

Cécile: Moi non plus, mais rien que les titres me vendent du rêve. Merci pour ces suggestions et pour cette interview !

Franck: Pareil, je vais m’empresser de voir ça ! On en reparle après...


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