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TITRE:

SETH (19 MARS 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLACK METAL



C'est le pionnier du black metal made in France que Music Waves a pu rencontrer dans le cadre de son grand retour avec son nouvel album "La Morsure du Christ" qui fait suite à son album "Les Blessures de l'Ame"...
STRUCK - 30.04.2021 -
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Huit après son dernier témoignage studio "The Howling Spirit", Seth revient sur le devant de la scène en donnant une suite -vingt-trois ans après- aux "Blessures de l'Ame", album fondateur du groupe devenu pour l'occasion le pionnier de la scène black metal made in France. Pour ce retour aux affaires, Seth nous a reçu dans les studios Sainte-Marthe dans lequel l'album a été mixé et masterisé pour évoquer ce retour aux origines d'un black chanté en français et en alexandrins, une recette qui fait toute l'originalité et la patte d'un groupe ambitieux représenté par Heimoth et Saint Vincent qui répondent à toutes nos questions à commencer par l'incendie de Notre-Dame représenté sur la pochette mais également le besoin d'un Dieu, Dimmu Borgir et Charles Beaudelaire...


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez marre de répondre ?

Saint Vincent : (Rires) C’est original !

Heimoth : "Quelles sont vos influences ?". Cette question me saoule…





Et on ne vous le posera pas !

Saint Vincent : (Rires)


La vie de Seth est loin d’être un long fleuve tranquille. Après une entrée en matière fracassante avec un album "Les Blessures de l’Ame" sorti en 1998, en 2006, Heimoth, tu annonces que le groupe va connaître un avenir incertain. Un retour seulement en 2013 avec l’album "The Howling Spirit" et alors que nous étions en droit d’attendre une suite, il faut à nouveau attendre 2021 pour vous revoir avec ce nouvel album qui nous intéresse aujourd’hui à savoir "La Morsure du Christ". Pourquoi avoir attendu tant de temps ? Pourquoi la vie de Seth n’est pas plus linéaire ?

Heimoth : Ca n’a jamais été linéaire tant artistiquement qu’au niveau d’une soi-disant régularité qui veut qu’un groupe doit forcément sortir un album tous les deux ans…


... Tu conviendras que nous sommes loin du compte !

Heimoth : On n’y est pas du tout ! On le faisait au départ : "Les Blessures de l’Ame", "The Excellence", "Divine X", "Era-Decay" sont sortis à deux ans d’intervalle…


Nous n’avions clairement pas envisagé de reprendre le groupe !


Mais que s’est-il passé depuis ?

Heimoth : Après "Era-Decay", il y a eu un break, un long hiatus -je suis parti à l’étranger pendant des années. Nous n’avions clairement pas envisagé de reprendre le groupe !


J’avais laissé la porte ouverte sans savoir exactement où nous irons…



Donc quand tu annonces en 2006, un avenir incertain, tu n’avais pas l’idée que le groupe reviendrait…

Heimoth : J’avais laissé la porte ouverte sans savoir exactement où nous irons…


La porte s’est ouverte en 2013 mais pour avoir la chance de pouvoir écouter un nouvel album de Seth, il faut attendre 2021…

Heimoth : En 2013, nous avons souhaité faire un retour avec un concert. On a fait un concert en Allemagne et ce concert s’est très bien passé et ça nous a tous revigorés ! Suite à ça, on a fait un remaster des "Les Blessures de l’Ame" sur Season of Mist qui concrétise non seulement notre retour mais également notre retour chez Season of Mist. La logique aurait voulu que nous sortions un album par la suite, en 2013.
On a fait pas mal de concerts, pas mal de tournées et ça nous a pris beaucoup de temps. Pour la première fois, on s’est réellement investis pour développer le groupe sur scène.
Mais effectivement, nous voulions sortir un album de suite après et finalement, c’est long parce que ça a pris quasiment huit ans. Mais on a fait pas mal de releases en ressortant "By Fire, Power Shall Be" (NdStruck : EP de trois titres initialement sorti en 1997)…


Mais rassure-nous, rien à voir avec un ego surdimensionné de Heimoth qui monopolise la parole depuis le début ?

Saint Vincent : (Rires) Non, non ! Je ne dirais pas ça ! Je dirais que c’est normal qu’il n’y ait pas de linéarité, c’est la linéarité qui est anormale : la vie est chaotique avec des hauts et des bas, il se passe plein de choses… C’est preuve d’une vraie volonté artistique et non pas juste remplir des albums par contrat !

Heimoth : C’est clairement preuve d’une authenticité ! Les groupes qui sortent des albums de façon ultra-régulière font preuve d’une vraie stratégie.


L’incendie de Notre-Dame vous a beaucoup touchés, a touché même les athées, pourquoi ? Est-ce cela va plus loin que le seul fait historique ? Est-ce que c’est comme pour le 11 septembre, tout le monde se rappelle où il était à ce moment-là ?

Heimoth : C’est une excellente question et un excellent parallèle parce qu’il s’est effectivement produit un transfert pour tout le monde face au 11 septembre. Nous avons voulu immortaliser ça parce qu’il y aura forcément un avant et aujourd’hui, nous vivons un après. Je me souviens où j’étais au moment du 11 septembre et je me souviens où j’étais aussi face à l’incendie de Notre-Dame.
Il y a aussi d’autres points fédérateurs qui sont le religieux et la perte du religieux. Cette perte du religieux est d’autant plus évocatrice dans notre société actuelle qui se repose énormément sur la science.


Nous avons donc souhaité immortaliser ce moment parce qu’il y a un avant et un après !






On le voit aujourd’hui avec un troisième confinement qui vient d’être acté hier…

Heimoth : Tout à fait ! Nous avons donc souhaité immortaliser ce moment parce qu’il y a un avant et un après !

Saint Vincent : Et comme tu dis avec le 11 septembre, c’est progressif : on change de monde ! Mais là, c’est un rappel violent qui rappelle que le monde dans lequel nous croyons encore être est définitivement parti. C’est un réveil brutal ! Comme le dit Heimoth, ça fait longtemps que la religion disparait mais c’est un rappel violent à la réalité !


Le besoin d’un Dieu fait parti de l’expérience humaine



Concernant la religion, est-ce qu'un monde sans Dieu -symbolisé par l'incendie de Notre-Dame- serait meilleur, comme le disait naïvement John Lennon ? Est-ce que, comme le dit Michel Onfray, la nécessité d’un dieu disparaît quand on comprend l’existence avec la philosophie ?

Saint Vincent : Je pense que ce sont des belles paroles mais je n’y crois pas. Le besoin d’un Dieu fait partie de l’expérience humaine. Les athées vont rire en entendant ça (sourire) mais le Dieu actuel est celui de la science. Il y a un réflexe humain de rentrer dans une certaine superstition. Même en étant le plus mordu des athées, il y a ce besoin d’avoir cette présence suprahumaine autour de soi avec un décorum différent, des rituels différents… Je pense que c’est profondément humain d’avoir ce Dieu mais ça n’a plus rien à voir avec le christianisme.

Heimoth : Sauf que la science n’admet pas de dogme ni de rituel aussi spécifique que dans la religion.

Saint Vincent : Bien sûr ! Nous ne sommes plus dans une religion dogmatique et révélée même si dans la science, tu peux avoir des dogmes -pas la science elle-même- car quand tu évoques la science, tu as les mathématiques et la physique mais tu as aussi les hommes autour. Et l’être humain est toujours pris dans ces émotions, dans son ego, ses erreurs… Ce n’est pas la science en elle-même qui amène le dogme mais certains humains qui sont autour qui peuvent l’amener.


Est-ce qu’il faut, est-ce que l’on peut toujours être blasphématoire et critiquer toutes les religions ? En ce sens, ressentez-vous une sorte de renouveau de la censure ?

Saint Vincent : C’est à nouveau une question très intéressante (Sourire) !

Heimoth : C’est clair qu’il y a un renouveau de la censure. La censure se renouvelle mais je pense surtout qu’elle est cyclique c’est-à-dire que la censure évolue face à l’évolution de la morale et notre morale change en fonction de l’esprit du temps. Aujourd’hui, on voit bien qu’il y a des choses qu’on peut moins dire et inversement à savoir qu’on peut dire des choses maintenant qu’on ne pouvait pas dire à l’époque.

Saint Vincent : On pourrait penser que la censure existe de moins en moins mais c’est faux : elle existe toujours mais se manifeste différemment. Elle se manifeste même de plus en plus : j’ai eu le bonheur de naître dans les années 1970 et il suffit de regarder le ton qu’il y avait à cette époque : il y avait une liberté incroyable par rapport à maintenant !


Nous avons souhaité sortir un album qui se différencie quelque peu des "Blessures de l’Ame" en créant plus d’agressivité.


La censure est plus insidieuse notamment via le prisme des réseaux sociaux. A propos d’insidieux, partagez-vous notre avis quand je dis que cet album semble laisser de côté la violence brutale au profit d’une violence plus insidieuse et plus dérangeante, presque sadique ?

Saint Vincent : Effectivement, nous avons souhaité sortir un album qui se différencie quelque peu des "Blessures de l’Ame" en créant plus d’agressivité.

Heimoth : C’était important pour nous…

Saint Vincent : Nous avons voulu faire mieux ou tout du moins évoluer dans ce registre en créant quelque chose peut-être pas forcément plus brutal mais plus agressif. Et tout ça a été véhiculé avec la voix de Saint Vincent qui a une voix beaucoup plus agressive que notre premier chanteur.


Dans cette idée, pourquoi avoir donné une suite a ‘Hymne Au Vampire’ si longtemps après ? Quelle est la symbolique de ce vampire, est-il baudelairien, sexuel, gothique ou les trois en même temps ?

Saint Vincent : (Rires) !

Heimoth : Je dirais sensuel et classieux pour ma part !

Saint Vincent : Sensuel pour sûr. Sexuel ? Quelque part, tout est sexuel, selon le niveau de lecture. Pour moi, s’il y avait un retour des "Blessures de l’Ame", il fallait qu’il y ait un ‘Hymne au Vampire III’. C’est quelque chose que j’avais en tête dès le début ! Ce titre est iconique pour une raison simple, c’est dans ce morceau des "Blessures de l’Ame" qu’il y a les paroles "Les blessures de l’âme sont éternelles".
Et cet ‘Hymne au Vampire (acte III)’, je décris vingt ans après ce qu’on devient avec l’âge…


Je ne souffre pas de comparaison !


Tu prends la succession au chant d’un titre iconique, comme tu l’indiques. N’as-tu pas éprouvé une certaine pression au moment de t’y frotter ?

Saint Vincent : Non, pas du tout ! Parce que je ne l’ai pas vu comme ça. Je l’ai vu comme un travail d’artiste qui se réapproprie un peu le travail des "Blessures de l’Ame" et d’y mettre ma personnalité, plus d’agressivité comme le disait Heimoth et de le mettre au goût du jour. Je ne souffre pas de comparaison !


Est-ce avec vos thèmes et ces alexandrins, vous faites du beau avec quelque chose de terrifiant, comme Baudelaire cherchait le sublime dans une chose immonde ?

Saint Vincent : Pour l’anecdote, "Les Fleurs du Mal" est un des premiers livres que j’ai lus petit. Il était dans la bibliothèque de ma mère et il m’intriguait par son titre.  
Beaudelaire est effectivement une influence. Le parallèle est flatteur parce que je ne mets pas du tout à son niveau mais j’en suis ravi (Sourire)… Et il faut savoir que j’ai glissé une petite dédicace, une petite anecdote dans ‘Les Océans du Vide’ qui reprend de loin la thématique du voyage des "Fleurs du Mal" de Beaudelaire.


De façon générale, comment expliquez-vous que l'alexandrin colle si bien au style black metal ?

Saint Vincent : Je suis ravi que tu dises ça !


Mais je le dis uniquement parce que je suis face à vous, dehors, je dis tout l’inverse…

Saint Vincent : Je suis ravi que tu sois présent avec nous et pas dehors pour dire l’inverse (Rires) ! Et pour répondre à ta question, il n’y a qu’une seule réponse simple, c’est le travail, beaucoup de travail !

Heimoth : C’est très certainement une première au sein du black metal d’utiliser des alexandrins et le français !


C’était une démarche…

Heimoth : (Il coupe) C’était improvisé, si c’est ce que tu veux savoir !


Aucune démarche commerciale ?

Heimoth : Non, on n’a pas réfléchi en se disant qu’on allait faire une suite aux "Blessures de l’Ame" avec des alexandrins. Saint Vincent me l’a uniquement annoncé quand il a commencé à écrire les paroles.

Saint Vincent : Quand nous nous sommes décidés à faire une suite aux "Blessures de l’Ame", nous ne nous pas dit que nous allions la faire en français et en alexandrins. C’est uniquement quand j’ai commencé à travailler les paroles et que j’ai commencé à travailler sur le sujet que c’est venu naturellement.


Un album, c’est une recette mais il ne faut pas la pousser jusqu’à son paroxysme : il faut qu’il y ait du naturel



Sans transition, il n'y a pas de solo de guitare. Est-ce que c'est pour rendre le disque plus compact, plus direct et plus étouffant ?

Heimoth : Tu as vu juste ! Il n’y a aucun solo et d’ailleurs mon frère m’a dit que c’était la seule chose qui pourrait manquer à cet album… Dans "Les Blessures de l’Ame", il y a un solo et une petite lead. Dans ce nouvel album, il doit y avoir deux leads et aucun solo. J’aurais effectivement pu en rajouter.
Un album, c’est une recette mais il ne faut pas la pousser jusqu’à son paroxysme : il faut qu’il y ait du naturel et dans le cas présent, je n’ai pas senti d’ajouter de solo.


L’organisation de Seth est assez compliquée et il en découle une certaine atmosphère !



L'album est compact et varié, on se sent étouffé par les flammes de l’incendie. Comment avez-vous obtenu ce résultat ?

Heimoth : Cette ambiance étouffante est peut-être mise en avant par le fait que nous nous organisons de manière assez hectique : l’organisation de Seth est assez compliquée et il en découle une certaine atmosphère !


Sur ce disque on a l’impression que certaines parties sont déstructurées. Est-ce que c’était un désir de sortir des sentiers battus et de proposer des structures moins évidentes ?

Heimoth : C’est marrant que tu dises ça car je trouve cet album très structuré. Il est autant structuré que "Les Blessures de l’Ame" et il est peut-être un peu plus dense.

Saint Vincent : Je trouve qu’il a une structure similaire aux "Blessures de l’Ame" : c’était une volonté ! Mais après je comprends ce que tu veux dire au travers de ta question à savoir que cet album a une structure bien évidemment mais qui n’est pas évidente et qui peut parfois perdre l’auditeur lors de la première écoute.


Et c’est toute la richesse d’une chanson, d’un album…

Saint Vincent : Nous nous sommes totalement d’accord ! Pour moi, l’exemple flagrant est "Batlle in the North" d’Immortal : la première fois que j’ai entendu ça, je me suis demandé ce que c’était ! Je n’y comprenais rien, c’était inécoutable et au bout de quelques écoutes, c’est devenu un album dont je suis devenu fou !


Le disque se termine par ‘Le Triomphe de Lucifer’, est-ce que c’est le triomphe du mal ou le triomphe de la lumière car Lucifer est le porteur de lumière dans la bible ?

Heimoth : Et bien, nous laissons l’ambiguïté, et libre à l’auditeur de décider. J’ai fait exprès de laisser cette ambiguïté dans les paroles qui jouent sur les deux tableaux : il y a le côté destruction et le côté libération comme dans "Les Litanies de Satan" de Beaudelaire d’ailleurs, puisque Satan aide les parias et donc ce côté positif et bien entendu, le côté négatif avec ce triomphe de destruction.
Lucifer est la lumière. Nous sommes au siècle des Lumières, c’est donc également la science, la raison et la rationalité. On revient à la déification de la rationalité que tu évoquais tout à l’heure.


L’esprit de Seth c’est la batterie et la guitare en avant : nous voulions donc garder cet esprit d’origine !


Alsvid et toi-même Heimoth êtes les derniers rescapés depuis le dernier album, est-ce pour cela que la batterie et la guitare semblent très en avant ?

Heimoth : Effectivement, la guitare est assez en avant parce que nous avions le souci de garder l’esprit des riffs et je ne voulais pas que les guitares soient trop diffuses. Quant à la batterie, c’est marrant que tu dises ça parce que j’aurais aimé qu’elle ressorte un petit peu plus : je ne la trouve pas spécialement en avant. Mais effectivement, l’esprit de Seth c’est la batterie et la guitare en avant : nous voulions donc garder cet esprit d’origine !


Tu dis que tu aurais aimé que la batterie soit un peu plus mise en avant. L’album n’est pas encore sorti mais avez-vous un certain recul au point de dire que vous changeriez certaines choses sur cet album ?

Heimoth : Il faut bien savoir que j’ai bien dû écouter cet album mille fois : je ne suis pas en train de dire que j’adore mon album mais je l’écoute de manière différente. Tu ne peux pas l’écouter comme quelqu’un qui le découvre.
Et puis il faut savoir que cet album a été fini d’être enregistré fin juillet 2020, j’ai eu le temps d’évoluer vis-à-vis des écoutes.
Les mystères de la production font qu’au gré des écoutes, tu te dis que certaines parties ne sont pas assez fortes… : c’est éternel !
Mais c’est la première fois que j’ai enregistré un album pour lequel je suis aussi heureux de la production !

Saint Vincent : Je ne marche pas ainsi parce que je considère qu’un album est une photographie d’une œuvre. A un moment, il faut arrêter parce que sinon ça évoluera tout le temps…


… Ça me rappelle une réponse de Steven Wilson en interview qui nous confiait que la chose la plus difficile était de savoir s’arrêter…

Heimoth : … aussi bien pour la compo que la prod… Le problème est que si tu en fais trop, ça sonne trop chirurgical et ça perd en authenticité !


Quel est l’apport de Drakhian qui a également travaillé avec Loudblast ou Alsvid qui a travaillé avec Enthroned ?

Heimoth : Ça fait des années qu’Alsvid n’est plus dans Enthroned, je mettrais donc ça à part. En revanche, la nouveauté est ce nouveau guitariste Drakhian -qui a remplacé Cyriex- qui évolue au sein du groupe depuis qu’on a repris les concerts des "Blessures de l’Ame".
C’est très agréable de travailler avec lui, il comprend très bien la philosophie du moment parce que c’est un fan absolu des "Blessures de l’Ame". A l’époque, il travaillait dans Griffar avec Alsvid. Ils se connaissaient très bien et il a donc intégré le groupe de manière très naturelle. C’était un énorme plaisir pour lui de participer à cette aventure et d’arriver au moment qui était idéal pour lui parce que nous reprenions "Les Blessures de l’Ame".

Saint Vincent : Et c’est un vrai plaisir pour nous parce que c’est un musicien d’exception et c’est un vrai plaisir de jouer avec lui !


Le défi musical avec cet album était surtout de ne pas tomber dans une image typée Dimmu Borgir





Enfin, quel est l’apport de Pierre Le Pape, est-ce que sa présence fait que cet album sonne très symphonique et donne au disque un côté théâtral ?

Saint Vincent : C’était évident que dans le cadre d’une suite des "Blessures de l’Ame", il fallait le retour des claviers dans le groupe… sinon ce n’était pas la suite des "Blessures de l’Ame" ! Pierre Le Pape est un excellent musicien et il a œuvré dans l’aspect théâtral du disque.
Nous voulions quand même que les guitares soient très avant et très agressives, plus que dans "Les Blessures de l’Ame"- mais il a réussi à trouver l’équilibre en étant en retrait tout en étant malgré tout présent en donnant sa couleur et une touche théâtrale aux morceaux.

Heimoth : Le défi musical avec cet album était surtout de ne pas tomber dans une image typée Dimmu Borgir c’est-à-dire qu’il fallait vraiment rester dans une image Seth et "Les Blessures de l’Ame" sans trop forcément faire des choses qui seraient difficilement écoutables aujourd’hui dont certains arpèges par exemple qui pouvaient se faire à l’époque… Donc il y a peu mal d’épurations et énormément d’évolutions au sein des compositions de Pierre Le Pape : il y a eu beaucoup de travail !


Je souhaite que cet album devienne un classique du black metal !


Finalement, est-ce que vous vous rendez compte que vous avez publié un album marquant dans votre carrière, puissant et profond, un album qui va marquer les fans ?

Saint Vincent : Pour ma part, j’ai l’impression de le découvrir vu les premières réactions des fans. Mais c’est le but : on espère marquer les gens !

Heimoth : Je souhaite que cet album devienne un classique du black metal !


C’est ambitieux !

Heimoth : Il faut toujours avoir de l’ambition !


Mais c’est logique quand on sait que Seth a été considéré dès la sortie de son premier album en 1998 "Les Blessures de l’Ame" comme le pionner de la scène black metal française et a été rapidement clairement identifié sur l’échiquier black metal mondial…

Saint Vincent :  Mais tout est possible : on peut toujours se planter !


Le but était avant tout de se faire plaisir et pas revenir pour reprendre un trophée


Et à ce titre, avez-vous eu une pression particulière au moment de se lancer dans la suite d’un album phare ?

Heimoth : Pas du tout !

Saint Vincent : Aucune ! Le but était avant tout de se faire plaisir et pas revenir pour reprendre un trophée ou je ne sais quoi !

Heimoth : Aucune pression et pour tout te dire, la composition a été très naturelle. Je ne dis pas ça pour me flatter : j’ai composé cet album de manière très naturelle et assez aisément… grâce aussi aux autres membres !


Si la composition a été naturelle, cela signifie qu’elle est désormais fluide et qu’il ne faudra pas attendre à nouveau sept ans pour écouter le prochain album de Seth…

Heimoth : Très certainement !


On a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Saint Vincent : Je n’y ai pas réfléchi ! C’est très intéressant !

Une question qu’on pourrait nous poser ? On a fait pas mal le tour avec toi quand même…

Heimoth : Très intéressant d’ailleurs.

Saint Vincent : Ça sortait des sentiers battus… Je ne sais pas quoi…


Ce que je vous propose c’est de réfléchir à cette question et je vous propose que nous commencions notre prochaine interview à l’occasion par exemple du prochain album -pas dans sept ans donc- par cette question et sa réponse…

Saint Vincent : (Rires) Ça nous laisse temps ! Super !





Merci

Heimoth : Merci à toi !

Saint Vincent : Merci à toi, franchement c’était super !


Merfci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/innomineseth/
 
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