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TITRE:

PRINCESSES LEYA (03 MARS 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



"L'Histoire sans Fond" est le premier album des Princesses Leya. , Music Waves ne pouvait pas ne pas rencontrer ce groupe pas comme les autres, même s'ils disent d’eux-mêmes qu'ils ne sont pas le futur du rock.
STRUCK - 12.03.2021 -
10 photo(s) - (1) commentaire(s)

Nous avons pu en savoir un peu plus sur ce groupe qui nous propose une comédie musicale loufoque qui nous fait atterrir dans un univers parallèle très proche du nôtre où la bonne musique n'a pas lieu d'être... Sous couvert d'humour potache et d'un metal parodique qui peut évoquer Ultra Vomit (dont il sera question bien entendu), le groupe évoque l' "invisibilisation" de la musique extrême, l'uniformisation de la pensée... Rencontre avec un groupe pas comme les autres à découvrir d'urgence !





Quelle est la question que l’on t’a trop souvent posée et à laquelle tu aurais aimé  répondre ?

Schoumsky : D’où vient le nom du groupe (NdStruck : en hommage à Carrie Fischer - interprète de Leïa dans Star Wars - décédée avant que le groupe ne trouve son nom de scène).


Et on ne te la posera pas.

Schoumsky : (Rires) Trop bien !


Je voulais donc faire ce personnage que j’incarne sur scène dans Princesses Leya, ce mec qui a tous les clichés du monde sur ce milieu : les groupes bourrins, les culs qu’on te montre dans Quotidien…


Dans l’équipe, nous connaissions déjà Dedo, qui s’illustrait déjà sur scène à travers des spectacles humoristiques et notamment des passages au Jamel Comedy avant de fonder Princesses Leya. Est-ce que ce groupe est né de cette volonté de combiner l’humour et la musique, comme une sorte de compromis entre deux moyens d’expression qui vous plaisaient tous les deux ?

Schoumsky : Tout à fait ! En fait, c’est un projet que je porte depuis plus de 10 ans. Avant de faire moi-même du one-man show, j’avais ce projet en tête et déjà écrit pas mal d’histoires et notamment comment coupler musique et humour. Il se trouve que le one-man show a pris beaucoup de place et je n’arrivais pas à trouver les bonnes personnes tout simplement pour que la sauce prenne et avoir la bonne énergie.

Et il se trouve qu’à l’époque, j’ai rejoint une troupe, Les Insolents, qui était une troupe d’humoristes avec Blanche Gardin, Pierre-Emmanuel Barré, Dédo, Aymeric Lompret et moi-même. Et c’est en rencontrant Dédo que je me suis dit qu’il y avait un truc à faire : j’ai découvert qu’il savait chanter et pas qu’en fredonnant…

Il se trouve que notre tourneur/ diffuseur de l’époque, Xavier Gauduel (NdStruck : alias Fifou) est batteur de hardcore/ metalcore. De mon côté, je fais de la gratte depuis que j’ai 14 ans… Pendant la tournée des Insolents, on commençait à faire des petites reprises pour la déconne et j’essayais de leur faire passer le projet en douce… J’arrive à convaincre Dédo de faire un 15 minutes pour voir ce que ça donne et c’est sur le titre ‘Makeba’ qu’on commence notre première parodie.
 
Tout ça est né des questions - sur mes goûts musicaux - qu’on me posait quand je faisais du one-man show vu que dans mon spectacle, il y avait du rock. Je répondais que j’aimais bien le metal même si j’écoutais de tout : de la funk, du jazz… et à chaque fois, les réactions étaient "Ouh la !".
Je voulais donc faire ce personnage que j’incarne sur scène dans Princesses Leya, ce mec qui a tous les clichés du monde sur ce milieu : les groupes bourrins, les culs qu’on te montre dans Quotidien… et qui déteste cette musique saturée et ces voix qui font du growl… Je voulais donc faire cette confrontation de clowns entre ce mec qui n’aime pas et un mec qui incarne tous ces clichés à savoir Dédo, le seul humoriste métalleux de France ! La rencontre était parfaite même physiquement : le petit chauve qui s’habille en couleur et le grand chevelu vêtu de noir. On avait le duo de clowns qui fonctionnait bien et quand Dédo a accepté de me rejoindre sur ce projet, il l'a agrémenté de son humour absurde.

Et on a auditionné une bassiste, la seule personne auditionnée, qui a amené sa connerie aussi parce que Clémentine Bigontina (NdStruck : alias Minotaure) est également dans son monde pour ceux qui ne la connaissent pas.
En fait, le groupe est fait de bonnes rencontres : la bonne énergie, les bons potes… Et pour répondre à ta question que tu as posée il y a une heure trente (Rires) avant que je ne parle pendant tout ce temps : ce groupe est la jouissance de pouvoir mélanger humour et musique. C’est un truc de fou parce que faire rire est une drogue et faire chanter, c’est le kiff absolu.


Concernant la musique, on lit souvent que vous êtes un groupe de "metal parodique", mais pourtant vous n’êtes pas vraiment un groupe de metal à en juger par cet album. ‘Grâce A L’Alcool’ et ‘Tue Tes Parents’ officient dans le registre punk, ‘La Vieillesse’ et ‘The Twenty Seven Club’ dans le folk, ‘Destruction Vaginale’ dans la pop, ‘Ouais Ouais Ouais’ dans le disco funk… Alors finalement, est-ce que Princesses Leya n’est pas plus qu’un "simple" groupe de metal entre guillemets ?

Schoumsky : Je pense que c’est un truc un peu publicitaire qui s’est imposé au début parce qu’on a été associés au Hellfest vu qu’on a fait le Warmup Hellfest très rapidement.


Le spectacle parle d’opposition de musique mainstream/ pop culture et metal : on essaie de faire le pont entre les deux !




… je te coupe, c’est un bon tremplin pour être très rapidement identifié, en revanche n’avez-vous pas craint d’intégrer cette niche de metal parodique dans laquelle officie Ultra Vomit et donc d'être inévitablement comparé à eux ?

Schoumsky : Non parce qu’être associé ou comparé à Ultra Vomit est plus flatteur qu’autre chose ! Vu que nous sommes arrivés avec une reprise de ‘Makeba’, les gens nous ont connus par ce titre ainsi que ‘Balls Balls Balls’ qui est une reprise un peu à la Rammstein. Forcément, ça a marqué ! Et le spectacle parle d’opposition de musique mainstream/ pop culture et metal : on essaie de faire le pont entre les deux !
C’est vrai qu’on a choisi ce terme qui s’est très vite imposé de "metal parodique" pour dire que c’était du metal mais ce n’est pas sérieux, ça reste de l’humour fait par des humoristes et c’est une manière de tendre la main aux gens qui ne sont pas du tout de cette obédience.
Après effectivement dans le contenu, c’est très mainstream. On sait que les métalleux sont des gens qui ont de l’humour, on l’a vu dans nos tournées : ils sont très friands de ça !
Je vais faire référence à Tenacious D qui contient énormément de folk dans ses compositions avec des guitares sèches mais pourtant ils sont associés au milieu metal et rock.


C’est très bien que tu évoques Tenacious D. En effet, musicalement parlant, cela peut faire penser à Tenacious D dans "The Pick Of Destiny" plus précisément où les deux musiciens partent à la conquête d’un médiator qui leur permettrait de devenir des rockstars et ainsi de payer leur loyer. En termes d’humour, on trouve également une grosse similitude avec Le Donjon de Naheulbeuk qui était un podcast dans les années 2000. Est-ce que ce sont des références qui te parlent au même titre que celles plus ou moins évidentes que nous avons pu entrevoir sur cet album que ce soit Jain dans ‘Makeba’, Sabrina et Rammstein dans ‘Balls Balls Balls' mais également ‘Love is All’, Butterfly Balls sur ‘Grace à l’Alcool’, Pascal Obispo sur ‘Destruction Vaginale’, Georges Brassens qui aurait croisé Didier Super sur ‘La Vieillesse’. Voici un panel de ce que nous avons pu déceler comme influences : t’y retrouves-tu et y en a-t-il d’autres à ajouter ?

Schoumsky : Cet album est un bouillon de nos influences culturelles sachant qu’avec Dédo, on fonctionne de la façon suivante : j’écris les bases, le script et Dédo y ajoute ses blagues sur lesquelles on échange. Dédo et moi sommes baignés de toutes les personnes que tu viens de citer mais il y a également Flight of the Conchords qu’on cite également de temps en temps.
J’ai grandi, j’ai adoré Tenacious D et j’adore toujours : ils m’ont donné envie de faire ce mélange de film / album / live. Tenacious D est très théâtral, c’est donc bien évidemment une énorme référence. Il y a également les Deux Minutes du Peuple si on cherche des références en termes de rythme et de conneries.
Le Donjon de Naheulbeuk que tu as cité, j’ai bossé dessus, j’ai écrit l’adaptation et fait les voix de l’adaptation en série. Dédo et moi sommes des rôlistes, j’ai énormément joué aux jeux de rôles au lycée et la parodie de ces univers : le guerriers, le sorcier, l’elfe…


Aujourd’hui, on remplit un fantasme d’ado !


… tu es encore jeune, te vois-tu continuer à œuvrer dans cet univers délirant d’adolescent toute ta vie ?

Schoumsky : Ecoute, tu vois les papys du rock... Ca va faire un peu cœur sensible ce que je vais dire, quand tu vois les derniers concerts de Lemmy Kilmister et que tu vois que jusqu’au bout le mec avec toute l’humilité du monde dit : "Nous sommes Motörhead, nous jouons du rock’n’roll, ne nous oubliez pas !" :  ça résume tout ! Le rock, la scène est un délire d’adolescent et on ne veut pas le quitter et c’est pour ça qu’en ce moment, on est très malheureux. Aujourd’hui, on remplit un fantasme d’ado !


(Dédo arrive à ce moment-là)


On va devoir arrêter de casser du sucre sur le dos de Dédo…

Dédo : Non, non, continuez au contraire.

Schoumsky : Non, non, Dédo n’a pas nui au projet comme je le disais juste avant, il fait en sorte de tout tirer vers le haut.


A propos d’ado... Il y a des invités de renom sur cet album, c’est Christophe Lemoine et Brigitte Lecordier, qui ne sont autre que les doubleurs officiels d’Eric Cartman de la série South Park et Son Goku. Ce sont des voix cultes dans le monde du dessin animé. Pourquoi les avoir invités le disque ? Est-ce un trip personnel ? Car en termes d’histoire pure, on se demande un peu ce que viennent faire ces personnages sur cet album, même si cela n’a rien de choquant dans le contexte de l’album puisque tout est complètement loufoque dès la première seconde.

Schoumsky : Déjà ce sont des copains avec qui je bosse régulièrement vu que je fais beaucoup de voix pour l’animation, les dessins animés… Et il y avait une logique de ton : dans la vie, Christophe Lemoine a cet humour et a insufflé son énergie à Cartman.
Donc en plus d’être des copains, il y a une logique par rapport à la question que tu as posée précédemment, à savoir que South Park est l’humour auquel on adhère et Brigitte représente toute cette culture du Club Dorothée qui a phagocyté notre cerveau, j’ai été pris par Dorothée…


… je ne souhaite pas particulièrement connaître les détails de tes traumatismes sexuels d’enfance…

Schoumsky : (Rires) Je ne peux pas tout te dire mais ce n’est pas pour rien si je mène cette vie. Mais j’étais plus Ariane : j’étais plus brune que blonde.

Dédo : Moi, j’ai eu des trucs avec Corbier mais c’est une autre histoire !

Schoumsky : Effectivement une autre affaire ! Et puis surtout pour en revenir au sujet, Brigitte adore se salir et bouziller l’oreille des gens qui ont été élevés avec Son Goku donc cet album était l’occasion de lui faire dire de la merde (Rires) !


Pierre [Danel] nous a dit que globalement nous étions des guignols mais musicalement, il a fait en sorte qu’on ne nous prenne pas pour des connards.




A l’inverse, vous avez choisi notre ami commun Pierre Danel de Kadinja qui est en charge de la production de ce disque. Pourquoi avoir choisi Pierre Danel, lui qui s’illustre plutôt dans un style djent progressif très moderne, complexe et très "sérieux" entre guillemets, donc dans un monde assez différent du vôtre ?

Dédo : Parce que le Yin et le Yang ! Parce que l’humour va avec l’extrême. Le djent fait partie du metal extrême et quelque part, on fait quelque chose d’extrême aussi dans le sens où nous sommes sur un concept qui mélange de l’humour et du metal. Concept qui n’est pas forcément simple pour la plupart des métalleux même si les métalleux font preuve d’humour mais tu as ce qu’on appelle les trues, les fans hardcore pour qui attention, on ne rigole pas avec le metal. Nous essayons d’ouvrir au maximum quand certains essayent de fermer !

Schoumsky : Et derrière ses airs sérieux, Pierre est dans la grosse connerie dans la vraie vie…

Dédo : Et ça va justement avec les clichés du metal qu’on véhicule : on s’imagine souvent le métalleux comme un gros barbare en noir qui boit du sang et qui égorge des vierges alors que la plupart du temps - à part le look qui peut être un peu distanciant auprès du grand public - ce sont des gens très détendus et beaucoup plus que la plupart de ceux qui écoutent de la pop par exemple.

Schoumsky : Le truc cool avec Pierre, c’est qu’il nous a dit que globalement nous étions des guignols mais musicalement, il a fait en sorte qu’on ne nous prenne pas pour des connards. On a donc bossé pour avoir du bon et peu importe le style abordé (Sourire) !


On se différencie sans forcer quoi que ce soit et sans volonté de s’écarter d’Ultra Vomit [...] ce sont des cousins naturels !



On a un peu évoqué le sujet auparavant mais avec notamment ’Balls Balls Balls’, vous accentuez la comparaison avec Ultra Vomit. Mais comme on l’a évoqué, cet album a une dimension narrative qui vous permet de vous distinguer : était-ce votre intention et/ou la raison d’être même de Princesses Leya, à savoir jouer une pièce sur scène ?

Dédo : Nous n’avons jamais essayé de nous différencier d’Ultra Vomit. Ce sont les gens qui font cette affiliation qui est cohérente dans l’absolu parce qu’il y a de l’humour… mais on ne s’est pas dit qu’on allait faire un truc pour qu’on ne nous compare pas à eux. En toute modestie, nous avons créé quelque chose d’assez nouveau dans le sens où mêler le côté théâtral des blagues aux vrais moments live concert : ce n’est pas quelque chose qui se fait trop à part dans la comédie musicale, sachant qu’il y a très peu d’humour mis en avant dans les comédies musicales. Par la force des choses, on se différencie sans forcer quoi que ce soit et sans volonté de s’écarter d’Ultra Vomit parce que je les adore, je suis pote avec eux depuis très longtemps : ce sont des cousins naturels !


Et cette différenciation naturelle ne va-t-elle pas prendre tout son sens lorsque vous remonterez enfin sur scène ?

Dédo : D’ici 2050, il peut s’en passer des choses !

Schoumsky : (Rires)  


Ca ne nous paraissait pas cohérent de faire un album qu’avec des chansons parce que ce n’est pas nous : les sketchs sont l’ADN du projet Princesses Leya !





Et ainsi confirmer que Princesses Leya avec cet album en l’occurrence - et tous ses sketchs qui ne seront pas forcément écoutés plusieurs fois sur support physique - est un groupe de scène plus que n’importe quel autre groupe ?

Schoumsky : Nous voulions vraiment faire quelque chose qui représente le plus possible ce que nous sommes sur scène et ça ne nous paraissait pas cohérent de faire un album qu’avec des chansons parce que ce n’est pas nous : les sketchs sont l’ADN du projet Princesses Leya !
Le fait d’avoir un album mêlant sketchs et chansons, c’est que les gens peuvent écouter à la fois dans l’ordre comme un film d’1h45 et si on leur casse les couilles avec nos sketchs, ils n’écoutent que les chansons. Mais aujourd’hui, il y a très peu de gens qui écoutent un CD en entier…

Dédo : Il y a très peu de gens qui achètent des CD tout simplement…

Schoumsky : Voilà (Rires) ! Ce qui est bien, c’est que les gens peuvent vivre le truc comme ils le veulent. Et comme je te disais par ailleurs, on va faire des petits dessins animés pour les sketchs sur Youtube, ça sera l’occasion de les appréhender autrement.

Dédo : On essaie d’être un peu transmédia par rapport à ça, que ce soit à la carte !

Schoumsky : J’adore quand il dit "transmédia" !

Dédo : T’aimes bien "transmédia"…  mais tu ne vois que le côté négatif du truc, tu préfères que je dise "multiplateforme" ou "protéiforme" ?

Schoumsky : J’aime bien "protéiforme" !

Dédo : Nous essayons donc d’être protéiforme afin de faire en sorte que les gens aient un truc à la carte….

Schoumsky : Alors "truc à la carte", ça fait service Uber : on fait du Uber Metal (Rires) !


A ce titre, comment envisagez-vous l’avenir en termes de composition ? Ici, on en est présence d’un album avec un fil rouge, c’est un disque qui raconte une histoire qu’on ne va pas écouter dans le désordre. Même sur scène, quand on va voir Princesses Leya, en réalité, on assiste plus à un spectacle avec une narration qu’à un concert à proprement parler. Est-ce que vous vous voyez à l’avenir ne faire par exemple que des disques 100% musicaux comme un Ultra Vomit ou un Didier Super, ou alors l’aspect narratif et chronologique d’une histoire qui s’installe et progresse est-il indissociable de votre travail ?

Schoumsky : J’ai écrit le scénario autour des chansons qu’on avait composées en m’amusant de savoir comment les intercaler.


J’ai l’impression que les gens aiment bien qu’on leur raconte des histoires.




… sachant que ce côté fil rouge vous différencie aujourd’hui…

Schoumsky : Oui et je pense que s’il y a un deuxième album, ça sera une autre aventure. Et les autres musiciens ne sont pas juste des accompagnateurs, ce sont des personnages à part entière : c’est pour ça qu’on réfléchit même à l’idée d’une BD, on veut créer un comics qui s’appelle les Princesses Leya et dans lequel il y aura plein d’aventures. Et s’il y a un deuxième album, est-ce que ce sera la suite directe de "L’Histoire sans Fond" ou ça n’aura rien à voir ? L’avenir le dira…

Dédo : … en tous cas, il y aura toujours ce côté aventure ou histoire qu’on peut suivre parce qu’au-delà du fait que ça nous différencie peut-être d’autres groupes, c’est vraiment quelque chose qui nous représente vraiment : c’est la formule parfaite pour insérer des blagues et de la musique et ce serait dommage de s’en priver parce que depuis très longtemps, j’ai l’impression que les gens aiment bien qu’on leur raconte des histoires.

Schoumsky : Oui, Homère avait bien chopé le filon…

Dédo : Oui, oui, il y en a deux/ trois dans la tragédie grecque…


La seule vision du metal sur les médias mainstream reste trois mecs qui montrent leur cul au Hellfest et ça devient un peu pénible.




Pour parler un peu du concept, l’histoire met en scène un peuple qui vit dans un univers parallèle où Jingle Society, une multinationale fictive possédant tous les médias, produit elle-même la totalité des morceaux qui passent à la télé ou à la radio, en l’occurrence, des morceaux de merde, en plus de censurer les musiques produites par d’autres artistes. Et tout ceci, dans le but d’abaisser le QI moyen de la population. Votre humour est léger, bon enfant le plus souvent. On sent que Princesses Leya est un groupe de déconne. Pour autant, derrière cet humour ambiant, on sent que cette société fictive que vous décrivez n’est pas si fictive que ça. Aujourd’hui, on voit bien que les musiques mises en avant dans les médias sont des musiques commerciales très pauvres en termes de mélodie et de paroles, parfois vulgaires, tandis que les musiques plus construites hors des standards de la radio restent malheureusement underground. Sous couvert de l’humour, est-ce que Princesses Leya n’a pas aussi pour vocation à dénoncer certains problèmes de société comme celui-ci ?

Schoumsky : Je n’ai jamais entendu autant de virgules dans une seule phrase : c’est un truc de dingue (Rires) ! Nous avons écrit cet album pendant le confinement : donc passablement, tu as le temps de réfléchir à la vie, tout ça (Sourire) ! L’idée est que Dédo et moi détestons absolument l’humour donneur de leçon mais évidemment, il y a une critique et une crainte de ce qui se passe. Je vais prendre l’exemple tout con des Victoires de la Musique, cette espèce d’ "invisibilisation" de la musique extrême…

Dédo : "Invisibilisation" ! Tu parles de "transmédia" mais "invisibilisation", tu as le droit de faire ?

Schoumsky : Oui, j’ai dit "invisibilisation", je suis abonné à quelques revues scientifiques dans lesquelles il y a du vocabulaire, je me cultive… Non, j’écoute France Info tout simplement (Sourire).
Non mais il y a très clairement un problème de représentation. On parlait tout à l’heure de Quotidien, la seule vision du metal sur les médias mainstream reste trois mecs qui montrent leur cul au Hellfest et ça devient un peu pénible. On a quand même des groupes comme Gojira, qui représente la France mondialement et qui a un succès de taré ! C’est con mais Ultra Vomit fait partie des groupes qui ont fait des tournées complètes sur les trois dernières années et rien dans les médias traditionnels. Il y a cette espèce de truc où la musique FM devient de plus en plus pauvre à mon sens et ça rejoint un modèle de pensée uniforme qui me fait un peu peur surtout en ce moment où ça s’accentue. Donc oui, l’uniformisation de la pensée fait flipper !

Dédo : C’est dans l’air du temps sans vraiment l’être dans le sens où c’est quelque chose qui est cyclique et qui existe depuis toujours. Ce n’est pas nouveau de se rendre compte que les médias préfèrent véhiculer des clichés de certaines choses parce que c’est rassurant : tout ce qui est considéré comme différent du grand public est mis de côté ! C’était déjà le cas à l’époque du rock qui était une diabolisation totale, c’est juste qu’on a pris un peu plus d’intensité au fur et à mesure. Ce problème est présent depuis la nuit des temps, depuis qu’il y a une industrialisation autour de ça.
Même si ce n’est pas nouveau, c’est bien que nous en parlions maintenant sous couvert d’histoire et d’humour sans donner des leçons mais c’est effectivement une représentation d’un truc assez commun mine de rien…

Schoumsky : Et puis le monde devient bête : j’ai lu qu’il y allait avoir des Pampers connectés pour avertir les parents quand le gamin a fait dans sa couche.

Dédo : C’est bien pour les gens qui n’ont pas d’odorat ! C’est bien pour les handicapés !

Schoumsky : Oh, ça va les handicapés (Sourire) !


Sous le couvert d’une étiquette "metal parodique", votre album peut plaire à presque tout le monde ou en tout cas à un vaste public. En revanche, le revers de la médaille est que vos textes sont en français, il semble donc difficile pour vous exporter ailleurs. Princesses Leya est voué à rester un groupe franco-français ?

Schoumsky : Pour l’instant oui, ce qui n’est pas grave parce qu’on est hyper xénophobes (Rires) !

Dédo : Dans l’absolu, le projet reste franco-français dans le sens où il va parler un peu plus aux Français. Maintenant, je ne dis pas que nous allons intéresser les gens à l’étranger mais une musique quelle qu’elle soit et quelle que soit sa langue peut intéresser des gens : les albums d’Ultra Vomit peuvent aussi bien marcher aux Etats-Unis qu’en France. Nous allons peut-être perdre le côté narratif mais je trouve ça bien parce que ça poussera peut-être les gens à apprendre une nouvelle langue et c’est quelque chose d’intéressant dans la vie.

Schoumsky : On devrait peut-être nouer un partenariat avec des logiciels d’apprentissage de langue.

Dédo : Il y a de la maille à se faire !

Schoumsky : On devrait faire ça !


La seule limite imposée en interne, c’est principalement celle de Dédo qui essaie de limiter le nombre de jeux de mots




On disait un peu plus tôt que Princesses Leya va piocher ses idées dans des influences musicales super larges. On retrouve parfois quelques blagues un peu grasses ou grinçantes notamment sur le titre ‘La Vieillesse’, très drôle avec un humour noir à la Didier Super vraiment réussi. Pour autant, est-ce qu’il y a une limite que vous ne souhaitez pas dépasser ?

Schoumsky : La seule limite imposée en interne, c’est principalement celle de Dédo qui essaie de limiter le nombre de jeux de mots : au bout de tant de jeux mots, il quitte le projet !

Dédo : Et on n’est pas loin…

Schoumsky : (Rires) J’ai dû offrir quelques japonais pour faire passer la pilule. Mais non, on ne se pose pas cette question… On part du principe que si les gens n’ont pas de second degré, c’est leur problème…


Plus il y a de degrés, plus c’est festif !



… sachant qu’on est souvent au-delà du second degré…

Dédo : Peut-être mais c’est bien du coup !

Schoumsky : Plus il y a de degrés, plus c’est festif !

Dédo : Plus c’est bien cuit !

Schoumsky : (Rires) Oui, c’est un spectacle bien cuit !


On a parlé d’un prochain éventuel album mais avant cela, si tout va bien, vous devriez revoir la scène. A ce titre, avez-vous déjà commencé à réfléchir à la manière dont vous allez adapter cet album sur scène ? Car finalement, c’est presque une comédie musicale avec des personnages qui rentrent, qui sortent. On imagine qu’il faut avoir des comédiens pour jouer les personnages que vous rencontrez en chemin, mais aussi des costumes, des décors… Est-ce que la scène va vous obliger à repenser l’album et à l’adapter pour que ce soit compatible à un format live ?

Schoumsky : Pas du tout !

Dédo : Non, d’autant plus que le spectacle n’est pas le même que l’album. C’est justement la dernière plus-value de ce projet…

Schoumsky : Tu as dit "plus-value", tu deviens un connard de HEC !

Dédo : "Plus-value", ça va ! Putain, on ne peut pas dire "plus-value" sans se faire juger, c’est quoi cette société !
Non, en fait, l’histoire de l’album est différente de l’histoire du spectacle. C’est-à-dire que c’est une histoire exclusive avec des chansons qu’on va retrouver dans le spectacle en live mais qui seront autour d’un autre scénario… Les gens auront donc droit à un petit bonus.

Schoumsky : C’est le problème des vannes parce que les gens aiment bien retrouver les mêmes chansons donc les chansons restent les mêmes mais les vannes, c’est bien d’avoir une surprise sur scène plutôt que de la connaître par cœur.

Dédo : Ce qui différencie l’humour de la musique. En musique, tu veux écouter l’album, tu vas réécouter l’album avant d’aller au concert, tu veux entendre les chansons que tu as écoutées dans ta voiture… En humour, quand tu as entendu une vanne, si tu la réentendre, ça ne fait pas le même effet : tu la connais déjà !

Schoumsky : Après tu as des sketchs des Inconnus que tu remates et tu te dis : "Wahou les cons !".


Je suis plus vieux, donc dans un autre style, je pensais à Coluche…

Dédo : Bien sûr, bien sûr mais ça passe, parce que tu décides de le réécouter... Mais tu retournerais voir un spectacle où tu reverrais le même sketch ? Même si tu kiffes, je pense que tu dirais que c’est dommage parce que tu aurais voulu voir quelque chose de nouveau. C’est très vicieux !

Schoumsky : Mais faut se battre contre ça parce qu’il y a des gens qui sont venus voir plusieurs fois notre spectacle et il faut les encourager (Rires) !





Nous avons commencé cette interview en vous demandant quelle était la question que l’on vous avait trop souvent posée. Au contraire, quelle serait celle que vous aimeriez que je vous pose ?

Dédo : Suis-je un vrai brun ? Et la réponse est oui !

Schoumsky : Si tu es un vrai brun ?

Dédo : Oui on me demande souvent si je suis un vrai brun.

Schoumsky : C’est vrai que comme tu te fais aussi les sourcils, on peut avoir un doute (Sourire)…


Merci

Princesses Leya : Merci à toi


Merci à Darialys pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/zeprincessesleya/
 
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