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TITRE:

ATOMIC ROCKET SEEDERS (15 JANVIER 2021)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL ALTERNATIF



Les Luxembourgeois d'ATOMIC ROCKET SEEDERS vous expliquent comment ils vivent la sortie de leur tout premier album dans un contexte si particulier, et pourquoi ils ont hâte de le jouer sur scène.
PROGRACER - 17.03.2021 -
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Votre actualité est la sortie de votre album éponyme mais nous croyons savoir qu'au départ, l'album devait sortir au printemps. C'est la crise sanitaire qui a principalement retardé la sortie ?

TAP: Exactement. Notre décision de ne pas fixer de date de sortie précise avant d’avoir reçu la version vinyle de l’album s’est avérée juste. La pandémie et ses conséquences ont retardé la production des vinyles et CDs de plusieurs mois. Cette situation nous a aussi privés de vraies possibilités d’organiser des concerts ou tournées pour promouvoir l’album. Ce délai n’a donc pas vraiment causé de problème et nous avons pu planifier la sortie plus ou moins comme prévu.


C’est une bonne chose pour nous de ne pas être catégorisé dans un style spécifique


Les artistes aiment rarement les étiquettes, mais vous êtes très durs à classer car vous balayez plusieurs styles de metal. Lequel vous définit le mieux ? Alternatif ? Groove pourrait également convenir tellement votre musique  entrainante et groovy, donne envie de bouger.

TAP: L’écriture de nos morceaux est très variée et nous essayons justement d’attaquer tous les styles de musiques différents qui nous plaisent, tout en gardant une base metal dans la majorité des cas. Si je devrais choisir une catégorie spécifique qui décrit notre style le mieux, je dirais aussi que “Alternative Metal” serait un bon choix. Sur ce premier album nous avons des morceaux qui se rapprochent au Stoner, Metalcore, Hard Rock années 70, Blues, etc. C’est plutôt une bonne chose pour nous de ne pas pouvoir être catégorisés dans un style très spécifique.




D'où vient ce riff doom très profond de l'intro ? D'inspiration Black Sabbath ?

TAP: Dans ce cas-ci, je dirais que c’était plutôt inspiré par des groupes du genre “Down” et “Crowbar”, qui utilisent des gros riffs sombres et lents pour créer des ambiances bien lourdes, tout comme Black Sabbath qui utilisait déjà cette approche pendant la fin des années 60. C’est la même intro que nous utilisons pour notre set live actuel avant d’enchaîner sur “Eternal Ashes”, qui est un morceau bien plus rythmique et rapide. Nous étions d’avis que ça serait une bonne idée de faire pareil sur l’album, pour reproduire cet effet plus ou moins “live”.


Vous cultivez ce goût du riff 80's avec '...Captain Johnny Green' et 'I Know Youre Waiting For' ? Nous avons cru parfois sauter de Slipknot à Jimmy Hendrix. Sont-ce des groupes qui vous ont influencés ?

TAP: C’est tout à fait ça. J’ai grandi principalement avec les influences musicales de mon père qui étaient notamment le 70’s Hard Rock, Fusion Jazz, Progressive Rock et Rythm and Blues. Donc aussi des groupes comme Jimmy Hendrix Experience, les premiers albums de Deep Purple, Genesis, Alice Cooper et Kansas, etc. À l’âge de 15 ans, c’était en 2000, j’ai découvert le premier album de Slipknot, qui m’a ouvert aux différents styles de metal bien plus bourrins de l’époque. C’est depuis que j’ai commencé à apprécier le côté très agressif dans la musique.


De façon générale, quelles sont vos influences de l'époque ?

Certaines autres influences des époques et styles différents: Queens of the Stone Age, Jamiroquai, Incubus, Periphery, Machine Head, Senri Kawaguchi, Soundgarden, Ill Bill, Exotic Animal Petting Zoo, Alter Bridge, et beaucoup d’autres.


Jouer devant des milliers de personnes au Wacken, un an après notre première prestation live, nous a vraiment bien surpris


On a parlé d’influence et à ce titre, Limp Bizkit fait partie des groupes incontournables de l’époque. Que représente d'ouvrir pour Limp Bizkit ou de jouer au Wacken Open Air pour un jeune groupe ?

TAP: Ce sont des expériences assez impressionnantes pour nous. Nous étions privilégiés de pouvoir jouer sur la scène du Wacken Open Air après avoir gagné le concours national de la “Metal Battle” - un concours annuel mis en place par les organisateurs du Wacken qui a lieu dans plus de 40 pays autour du monde. De pouvoir gagner ce concours au Luxembourg et grâce à cela, jouer devant des milliers de personnes au Wacken, même pas un an après notre première prestation live en fin 2017, nous a vraiment bien surpris. Une expérience inoubliable. Pareil concernant l’ouverture pour Limp Bizkit devant une salle remplie. J’apprécie vraiment chacun de ces moments et nous sommes impatients de pouvoir continuer avec les concerts et commencer nos premières tournées prochainement, et de finalement pouvoir promouvoir la sortie de notre premier album.


Vous avez également remporté un concours "Rock The South" en 2019. Ce tremplin vous a-t-il aidés à lancer votre carrière en Europe ?

TAP: Concernant le “Rock the South”, il s’agit d’un concours national de plus petit calibre, comparé à la “Metal Battle” par exemple. Mais tout de même très important pour la scène locale, donc aussi pour nous-mêmes. Le premier prix nous soutient financièrement pour la création d’un de nos futurs projets, que nous allons pouvoir vous présenter prochainement.


Vous avez percé un peu plus rapidement en Allemagne qu'en France. Ce n'est pas très étonnant quand on voit la façon dont les médias mainstream traitent du metal. Du coup la promo française revêt-elle une importance particulière ?

TAP: Nos promos sont généralement ciblées sur tout les territoires du monde. D’habitude ce serait bien plus efficace de cibler les pays plus intéressés à ce style de musique mais pour l’instant nous essayons de faire passer notre musique un peu partout dans le monde, même s’il s’agit d’un public bien plus petit. Le Luxembourg et les pays autours sont automatiquement plus facile à toucher, vu l’origine du groupe.


Du coup, il ne reste que le digital pour vous faire connaitre. Ce ne doit pas être simple de se faire connaitre et d'assumer un lancement en cette période, non ?

TAP: C’est vrai que ça nous a fait un peu bizarre de sortir un album, en plus notre tout premier, sans pouvoir jouer de concerts release ou organiser de tournées. Dans l’autre sens, c’était plus important pour nous de ne pas perdre de temps avec la sortie de l’album. De cette manière nous serons prêts dès qu’il sera de nouveau possible de jouer des concerts sans restrictions concernant le nombre de personnes permises, nous pouvons nous concentrer sur la pub en ligne et en même temps continuer les compositions pour le prochain album. Nous avons encore quelques vidéos de prévues dans les mois à venir pour promouvoir notre album!



Il n'y a qu'une seule véritable respiration de tempo sur l'album, au cœur de 'Captain Johnny Green' et elle est d'une grande force émotionnelle. Ce type de développement progressif vous intéresse-t-il à développer dans un futur proche ?

TAP: Absolument. Nous essayons d’expérimenter avec beaucoup d’influences et ambiances différentes. Avec 'Johnny Green', l’occasion s’est parfaitement présentée pour pouvoir intégrer ce passage bien plus calme et ambiant, qui a aussi mené aux paroles qui parlent d’un trip psychédélique. Le côté énergétique dans la façon de composer restera souvent une priorité mais nous allons aussi continuer d’explorer encore plus les extrêmes dynamiques, autant pour le calme que pour le bourrin.


L'album est bizarrement agencé, car on a l'impression que le ton se durcit au fur et à mesure que les titres s'enchaînent, notamment au niveau du chant qui est plus sage sur le début de l'album, les riffs qui sont plus syncopés et agressifs sur la fin ? Est-ce voulu, et pourquoi ?

TAP: Il y avait plusieurs facteurs qui ont joué un rôle dans le choix de l’ordre des titres sur l’album. Comme c'est notre premier album, une bonne partie des auditeurs ne savent pas vraiment à quoi s'attendre. En considérant cet aspect, il était important pour nous qu’il y a une certaine progression dans différents niveaux, surtout au début de l’album. L’intro d’une ambiance doom prépare le terrain pour le premier titre et single 'Eternal Ashes', qui est bien plus énergique et contient plusieurs éléments qui peuvent se retrouver sur l’album, tout en gardant une structure plus simple. Le prochain morceau 'Self-Destruct' mélange des rythmiques plus inhabituelles avec des changements de riffs inattendus et une structure plus complexe. Ça continue avec 'Revolution 20**' qui donne dans du stoner. Nous avons vraiment essayé de garder une bonne dynamique variée et intéressante pendant toute la durée de l’album. Avec un de mes morceaux préférés de presque huit minutes 'Black Starwberries' vers la fin de l’album, qui est bien progressif, et notre seule reprise 'Mad World' comme tout dernier titre, qui évolue au fur et à mesure mais reste tout de même de loin le morceau le plus calme de l’album.


Nous avons aussi généralement utilisé le même matériel que nous utilisons en live pour garder un effet authentique


Y-a-t-il un fil conducteur ou un concept commun aux différents titres de l'album ? Est-ce un exercice qui vous intéresse de faire plus tard ?

TAP: Je dirais que le seul vrai concept de l’album est d’avoir une sélection de titres très variés, tout en gardant un fil conducteur dans l’énergie et le son. Pour cette raison nous avons décidés d’utiliser la même disto de guitare dans la grande majorité des titres p.ex., avec des touts petits changements adaptés au style du morceau. Nous avons aussi généralement utilisé le même matériel que nous utilisons en live pour garder un effet authentique et similaire à l’expérience sur scène.


Tu passes du chant clair au screamo avec une grande facilité. N'est-ce pas difficile physiquement à assumer sur scène ?

TAP: A mon avis, si c'était trop facile sans devoir m’efforcer et en chier dans certaines parties, ça ne serait pas vraiment rock’n’roll (Rires). Mais généralement ça ne cause pas de problème. Il est toujours important de bien s’entraîner pour pouvoir atteindre un niveau de qualité élevé sur scène en restant fidèle au son des enregistrements tout en ajoutant cette énergie qui peut uniquement être reproduite dans un environnement live.



Ce mélange de voix est une des forces de l'album, renforcé souvent par des chœurs. Qui s'en charge ?

TAP: Nous avons décidé d’utiliser très peu de backings sur cet album pour plusieurs raisons. Pour l’instant je suis le seul au chant et j’ai préféré ne pas mettre de chœurs supplémentaires qui pourraient éventuellement manquer dans un environnement live, une fois pris l’habitude de les entendre. Aussi, très souvent les groupes ou producteurs choisissent d’ajouter un tas de différents instruments, effets, voix supplémentaires dans le mix, ce qui est généralement un bon choix. Mais personnellement, j’ai assez souvent été déçu par des prestations live de groupes que j’aime bien à la base en écoutant leurs albums. Soit certains éléments présents sur l’album qui me semblaient importants manquaient, soit les sons étaient reproduits par des samples d’une telle façon que c’était dur de pouvoir différencier entre ce qui est réellement live ou pas. Dans notre cas et pour notre style de musique nous avons pris la décision de garder le tout le plus authentique  possible, pour pouvoir reproduire l’expérience de l’album en ajoutant de l’énergie.


C'est important pour vous de continuer d'écrire sur ce double registre vocal ?

TAP: Tout à fait. Nous avons prévu d’ajouter des harmonies vocales dans certaines de nos futures compositions et nous sommes justement en train de bosser sur les backings avec Thierry entre autres. C’est toujours intéressant pour nous d’essayer de nouvelles choses et pouvoir les utiliser dans les compos et en live.


J’aime travailler avec d’autres personnes créatives pour pouvoir créer des morceaux bien variés et intéressants


D'ailleurs, l'écriture est-elle un exercice collégial dans le groupe ?

TAP: Au cours des années notre line-up a souvent changé et en tant que seul membre constant du groupe et guitariste/chanteur, j’ai principalement contribué à l’écriture des morceaux, en collaboration avec Mike Riedel, un membre fondateur du groupe. Quelques idées de nos anciens membres ont aussi trouvé leur place sur l’album. J’aime travailler avec d’autres personnes créatives pour pouvoir créer des morceaux bien variés et intéressants et nous avons déjà une partie des morceaux  pour le deuxième album, qui ont étés composés en collaboration avec d’autres musiciens.


Parlez-nous un peu du mixage, parce que le son est énorme pour un trio. On a l'impression que vous êtes 4 ou 5.

TAP: C’était très important de trouver le bon studio qui sait par exemple reproduire le son et l’énergie qu’un vrai ampli de guitare dégage, en gardant un spectre de fréquences bien large. En tant que trio, il nous fallait aussi une basse bien présente, qui sait aussi parfois prendre la place d’une deuxième gratte pour renforcer certains passages. Les mecs de chez Pitchback Studio à Francfort ont fait un travail magnifique dans tous les registres et se sont assurés d’adapter chaque détail à nos besoins.


Nous avons bien aimé la reprise de 'Mad World'. Elle reste assez fidèle à l'orignal. C'est un hommage ?

TAP: C’était plutôt un choix basé sur plusieurs critères : en tout premier il doit être possible pour nous de faire une cover qui change de l’original. Dans le cas de 'Mad World', qui est un morceau de Tears for Fears à la base, nous nous sommes plutôt basés sur la version de Gary Jules, qui est bien plus calme et mélancolique. Le début de notre reprise garde ce calme mais monte progressivement en intensité jusqu’à la fin du morceau. Il devait aussi être possible de pouvoir l’assurer en live en tant que trio et que je puisse m’identifier aux les paroles. Je voulais absolument finir cet album avec une petite reprise et 'Mad World' était un bon choix pour nous.



Quel est votre meilleur souvenir en tant qu'artiste ?

TAP: Dans mon cas je dirais que ce sont les quelques secondes avant de monter sur scène pour ouvrir devant le public de Limp Bizkit avec une salle remplie de milliers de personnes. C’était un mélange de joie, d'anxiété et de pure concentration. De voir et entendre un public apprécier notre musique, et qui est à la base pas venu pour nous, était vraiment une expérience magnifique.


Et au contraire, le pire ?

TAP: Il y a eu beaucoup de moments assez durs dans les dernières années et mon cerveau a tendance à les oublier une fois passés (Rires) Par contre, un problème qui est malheureusement omniprésent et très actuel, est la situation mondiale avec le Covid-19. C’était triste de ne pas pouvoir jouer de concerts pour la sortie de notre tout premier album et de ne toujours pas pouvoir prévoir de futurs concerts jusqu’à maintenant. Mais dans l’autre sens ça sera un grand plaisir de pouvoir recommencer les premiers concerts, dès que ça sera possible en toute sécurité, devant un public qui sera sûrement autant excité que nous après tout ce temps !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

TAP: Ça nous ferait super plaisir si vous trouviez le temps d’écouter notre tout premier album et regarder notre clip vidéo du single 'Eternal Ashes' sur notre chaîne YouTube ! Et si jamais ça vous plaît, il est possible de nous soutenir en visitant notre shop sur atomicrocketseeders.com . J’espère que nous allons pouvoir nous voir très bientôt dans une salle de concert !


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/atomicrocketseeders/
 
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