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RADIO : LE DEBUT DE LA FIN ?


TYPE:
EDITOS
GENRE:

-



Alors que les audiences viennent de tomber, la sentence est irrévocable, les radios ont perdu près de 2 millions d’auditeurs en un an. Une tendance qui se confirme année après année et qui s’est accentuée en 2020. Mais jusqu’où ?
STRUCK - 05.04.2021 -
2 photo(s) - (4) commentaire(s)

Si la baisse des audiences est autant constatée sur les radios généralistes que musicales, ce sont surtout les audiences des deuxièmes stations qui nous intéressent à proprement parler et la situation de NRJ -qui perd sa troisième place au rang des radios les plus écoutées et près de 700.000 auditeurs avec désormais 4,5 millions d’auditeurs- est la plus évocatrice.


Avant toute chose, petit retour en arrière ! Souvenons-nous d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Bien que le mouvement soit né avant, au début des années 1980, frénésie d’une jeunesse voulant se démarquer de la parole -et la musique- unique déversée par les radios étatiques, les radios pirates sévissaient sur la bande FM à grands coups de tubes rock internationaux sans aucune contrainte si ce n’est diffuser une musique-plaisir qui a bercé la jeunesse de bon nombre d’entre nous.

Depuis, comme toute industrie, celle de la musique s’est libéralisée et les labels par l’odeur alléchée des profits qu’ils allaient pouvoir générer sur la vente d’un nouveau contenant à venir (le CD) se sont engouffrés dans l’univers des radios FM à grand renfort de promotion pour placer leurs produits.

Dès lors qu’il est question de produit, de profit… la diffusion de musique est biaisée désormais axée sur l’aspect fédérateur du produit qui se doit de respecter un cahier des charges bien spécifique pour contenter la ménagère de moins de 50 ans. Le résultat ? Comme la programmation offerte et comme tout produit marketé, les morceaux proposés sont sans surprise, sans saveur… "de la merde !"





En plus de cette évolution aux considérations purement et tristement commerciales, pour protéger l’exception culturelle française, les autorités ont eu la bonne idée de greffer un quota de musique française de 40% (pour faire simple, en effet, un groupe français chantant dans la langue de Shakespaere n’entre pas dans cette catégorie. Mais alors quid d’un groupe français comme beaucoup font aujourd’hui chante le couplet en français et le refrain en anglais ?).

Avec toutes ces règles, la programmation radiophonique s’est réduite à peau de chagrin sur les ondes FM ! La liberté revendiquée d’antan des stations n’est plus qu’un vague mot, ces dernières l’ayant vendu sur l’autel du profit des publicités pour ne plus diffuser le même titre à l’envi.

Finalement, retour à la case départ ! Alors que les radios pirates étaient créées pour diffuser une musique différente de celle que nous imposaient les stations du service public, quelques années plus tard, elles viennent à diffuser les mêmes tubes imposés non pas par le pouvoir étatique mais celui économique cette fois-ci : libéralisme, quand tu nous tiens !

Si bien qu’aujourd’hui, le constat que nous avions fait il y a 10 ans avec Julien Guicherd alors programmateur de Virgin 17 ne s’est pas amélioré. Au contraire : vous pouvez même prédire la programmation musicale d’une station à l’avance déclinant les mêmes titres qui tournent en boucle. "Nous avons la radio que nous méritons" résumait-il !

Mais que s’est-il passé depuis pour l’amateur de musique ? Les webradios se sont multipliées et surtout les plateformes de streaming Deezer, Spotify ont vu le jour et se sont développées si bien que désormais tout amateur de musique averti (ou non) ira sur ladite plateforme qui lui sélectionnera une playlist sans avoir la contrainte de la redite et de la publicité…





Et finalement, nous parlons de radio puisque nous nous adressons avant tout aux amateurs de musique que vous êtes mais ce constat s’applique également à la télévision avec exactement les mêmes causes (publicité, satisfaire le plus grand nombre avec des programmations fédératrices sans saveur, développement des plateformes Netflix, HBO, Amazon Prime, Disney+ et Salto …) et les mêmes conséquences à savoir des audiences en berne.

Soyons lucides, plus personne n’écoute de stations musicales radio aujourd’hui pour de la musique. Les auditeurs se figent sur une station en particulier en fonction de leur affinité non plus avec la musique diffusée mais une tranche horaire et un animateur donné ou sur de petits trajets en voiture sachant que lorsque la publicité commence sur une station, toutes les stations le sont également. Si bien que de nos jours, rien ne différencie les stations musicales -qui n’ont de musicales que le nom- et les stations généralistes.


Dans ces conditions, qui aujourd’hui écoute encore la radio pour la musique diffusée ? Quel avenir prédire à ces stations si ce n’est une mort à petit feu ? Et quitte à prolonger la réflexion jusqu’à la démagogie : pourquoi continuer à verser une redevance si ce n’est pour ne plus consommer la musique / télévision sur les supports dépassés ?



Plus d'informations sur http://www.musicwaves.fr/
 
(4) COMMENTAIRE(S)  
 
 
LYNOTT
06/04/2021
  0
Je n'écoute pour ma part que RMC pour "l'After" (émission de foot), et France Info pour...l'info ! Voilà bien longtemps que je ne trouve plus mon compte en matière musicale sur les ondes !
MONSIEUR BLEU
05/04/2021
 
12
0
Edito très intéressant ! Pour moi, il devient difficile de trouver une bonne radio. Entre les titres sans saveur répétés à l'envie et ces pubs au débit verbal insoutenable, je la branche de moins en moins souvent. A la maison, c'est les CD ! J'en ai bien assez et dans des srtyles suffisamment variés pour écouter au loisir Metal, Rock, Hard, Jazz, Blues, classique, world musique et chanson française. En voiture, en dehors des émissions que j'aime suivre sur mes trajets, c'est très souvent des CD passés sur clé USB.
Par contre, étant frontalier de la Belgique, je retrouve encore avec plaisir de bons programmes Rock, Pop voire Metal sur Classic21. Entre les émisisons classic Hits, Bed And Breakfast, le journal du rock, Time Machine et autres (les superbes "making of" de Marc Ysaye qui traite chaque semaine d'un album Rock ou Hard Rock, c'est sur Classic 21 mais vous pouvez le retrouver sur internet, essayez, même sur des albums que vous pensez connapitre par coeur, vous apprendrez des trucs). Plusieurs radio belges (francophones ou non) me rappellent ce qu'on avait en France il y a 30 ans... Pourvu que ça dure !
TONYB
05/04/2021
  0
Pour info : la redevance n'abonde QUE France televisions et les radios associées à Radio France. Soit France Inter (la plus écoutée actuellement), France Info, France Culture ... et qui ne passent pas de musique ou très peu, et très peu de pub. Egalement dans ce giron le réseau France Bleu pour l'info locale. Et pour la musique, FIP, France Musique et Le Mouv'. Et même si cette dernière a perdu son originalité initiale, je pense que pour ce qui concerne les radios, on ne peut qu'être satisfait de la qualité des radios dépendant de la redevance.
Pour ce qui concerne les radios privées, et notamment celles qui ciblent les jeunes, il est évident qu'elles ont perdu de l'auditoire en raison de l'expansion des plateformes de streaming. Et l'analyse excellente de Struck concernant le rabachage des sempiternels mêmes titres vaut pour toutes, qu'elles s'adressent aux jeunes ou aux moins jeunes. Exemple avec RTL2 qui nous gavent des mêmes titres de Police (4 ou 5 différents pas plus), des mêmes titres de Goldmann (5 ou 6 ?), U2 (3 ou 4) etc ...
Quant aux généralistes type RTL, RMC ou Europe 1 .... l'écoute de quelques instants de radio entre deux plages de pub est tout bonnement insupportable cqfd.

Pour ma part :
- quand je veux écouter de la musique, c'est CD perso
- sinon, pour la radio; France Inter et France Info.
CORTO1809
05/04/2021
  0
Pour répondre à la question dans la conclusion, moi ! J'écoute encore une radio pour la musique qu'elle diffuse. Mais lassé des OUI FM et autres RTL2 qui, comme le dit cet article, diffusent inlassablement les mêmes titres qu'il faut avoir la patience de retrouver, noyés qu'ils sont au milieu d'une tonne de pub, je n'écoute plus que Radio Classique : pas de pub, peu d'infos, beaucoup de culture. Bon d'accord, ce n'est pas du rock, mais au moins les titres ne sont pas tronqués, la programmation est variée et que de belle musique !
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