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UNITED GUITARS (04 DECEMBRE 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

GUITAR HERO



United Guitars fait parler la poudre sur Music Waves.
NEWF - 15.12.2020 -
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A l'occasion de la sortie du volume 2 de United Guitars, Music Waves a rencontré Ludovic Egraz, l'initiateur et tête pensante du projet. Une interview très sympathique d'un passionné de guitare et de musique, également rédacteur en chef du célèbre magazine Guitare Xtrême.





Pour présenter le projet "United Guitars – vol1", tu disais que « la guitare électrique perd beaucoup de terrain ». Est-ce que le succès de ce volume 1 t’a fait changer d’avis sur la question ?

Non, parce que je sais qu’il y a une niche de fans de guitare qui sont toujours au rendez-vous et qui continuent d’aimer ça. Les festivals comme « Guitare en Scène » ont du succès. Et Joe Satriani remplit encore le Grand Rex. Il y a toujours un public de niche présent. Le constat que j’avais fait, c’est que plus généralement, le rock et ses dérivés ont déserté les grands médias aujourd’hui. On n’est plus vraiment dans un monde de rock and roll, mais de musique électronique, de hip hop. Il y a de très bonnes choses dans ces styles-là mais c’est de plus en plus de la musique désincarnée. Il y a même des gens qui sont venus me voir en disant : « c’est super votre projet, ça rappelle l’époque où les gens jouaient des instruments. »
C’est un peu vrai. Aujourd’hui, les gamins ont accès à des outils de production et juste avec un I-Pad et certaines applications, on peut créer des instrus qui ont un son super produit. C’est une autre façon d’envisager la musique qui a complètement changé. La guitare a encore une place là-dedans. On trouve de la guitare derrière Rihanna ou Jay-Z ou des gens comme ça. Il y en a toujours un petit peu mais elle a une place beaucoup plus confidentielle. Elle est fondue dans la masse, au même titre que les claviers ou la basse. Ce n’est plus un instrument de guitar-heroes comme il y en avait dans les années 70, 80 et un peu dans les années 90.
La démarche de cette collection d’albums "United Guitars" est aussi de montrer aux gens que la guitare est un instrument expressif qui peut quasiment tenir le rôle d’un chanteur et qui peut raconter des histoires avec beaucoup d’expressivité.


La guitare est un instrument expressif qui peut quasiment tenir le rôle d’un chanteur et qui peut raconter des histoires.


La présence sur ce volume 2 de Manou Rao qui a à peine 17 ans est un vrai espoir pour l’avenir de la guitare, non ?

C’est vrai, mais Manou, c’est un peu différent. Il est franco-indien. Son papa a été bercé par le rock des années 70 et il a transmis à Manou son amour pour Deep Purple ou des groupes comme ça. Manou a grandi dans ce cocon musical-là. C’est un espoir, en effet. J’espère que les gens de son âge vont être sensibles à sa démarche et à ce qu’il est en train d’accomplir.


Le volume 2 est promis au même avenir que le volume 1 avec 25 000 € récoltés en crowdfunding (sur 15 000 demandés) et plus de 500 contributeurs. A quoi tu attribues cet engouement pour le projet "United Guitars"?

Je crois qu’aujourd’hui le monde de la guitare et de ceux qui s’y intéressent a déserté les médias mainstream au profit d’internet. Beaucoup de gens font des choses dans leur coin, que ce soit des vidéos, des tutos ou des cours. Mais j’ai l’impression qu’ils ne composent pas beaucoup. Aujourd’hui on a des guitaristes qui se font connaître en ne faisant que des vidéos de moins d’une minute sur Instagram où ils montrent un plan. Ça crée un effet « waouh » mais il y a très peu de projets axés autour de réelles compositions avec une réelle démarche artistique. Je pense que les gens qui s’intéressent à la guitare sont vraiment sensibles au fait que la guitare n’est pas que de la démonstration ou du test de matos mais aussi des compositions originales qu’on passe beaucoup de temps à élaborer et au sein desquelles on essaye de capturer de vraies performances. C’est important pour moi que les musiciens se retrouvent en studio avec un temps limité pour jouer ce qu’ils doivent enregistrer.


Sur Instagram ou sur Youtube, beaucoup de guitaristes se comportent comme les filles qui retouchent leurs photos avec Photoshop.


La guitare a quand même toujours un peu été la course à la vélocité. Les plus grands ont commencé comme ça. Quand on regarde ce que faisait Satriani dans ses premiers albums avec des solos monstrueux et ce qu’il fait maintenant. Il va quand même toujours vers plus de musicalité, même si c’est un des rares qui l’a toujours recherchée.

Oui, mais sur Instagram ou sur Youtube, beaucoup de guitaristes se comportent comme les filles qui retouchent leurs photos avec Photoshop. Enormément de guitaristes veulent paraître ou se montrer sous un jour un peu idyllique. Donc ils vont retoucher leurs prises pour que ce soit parfait. Mais au final la vision est faussée.
Sur United Guitars, les musiciens sont sur place en train de jouer. Il n’y a pas de chichi. L’équipe vidéo qui nous assiste pendant les sessions capture vraiment les performances. Pour toutes les vidéos que nous publions, dans 98 % des cas, ce qu’on voit à l’écran est ce qui est sur l’album. L’objectif est de proposer des disques de guitares instrumentales qu’on peut écouter avec plaisir et qui ne sont pas que des albums de démonstration.





Le volume 1 comportait 24 guitaristes. Le volume 2 en comporte 30 dont 14 nouveaux. Comment as-tu fait ton choix parmi tous ces excellents musiciens ?

Je suis rédacteur en chef de Guitare Xtrême  depuis plus de 10 ans. J’ai donc un réseau assez unique dans le monde de la guitare. Je connais tous les guitaristes professionnels français et étrangers grâce aux interviews et aux rubriques pédagogiques que j’ai pu faire dans le magazine. Aujourd’hui, avec les moyens d’apprentissage en ligne, beaucoup de guitaristes sont très bons et n’ont plus de raison de ne plus savoir faire quelque chose. En un clic, tu peux savoir comment jouer tel plan, utiliser telle technique ou régler ton matos. Ce n’est donc pas étonnant que le niveau soit monté à ce point. Mais ce n’est pas pour autant que les gens sont capables de composer de la musique ou de jouer dans un studio sous une certaine pression. Il faut donc que ces critères-là soient remplis.
Ensuite pour rentrer dans l’ADN du projet "United Guitars", il faut être capable pendant une période de ne plus penser uniquement à soi et savoir s’investir dans un projet collectif, c’est-à-dire mettre des idées en commun et passer du temps à composer quelque chose qui ne va pas servir à sa propre carrière solo ou à son propre groupe. Il faut aussi pouvoir s’engager à faire la promotion de l’album auprès des médias qui le demandent. C’est du temps et ce sont des efforts qu’il faut être prêt à fournir pour le bien du projet. J’ai pu constater que tout le monde n’est pas prêt à faire ça.


Ce deuxème volume est encore plus éclectique que le premier. Donnes-tu une feuille de route aux musiciens pour les compos ou les laisses-tu libres ?

Dans la sélection des guitaristes, je prends en compte leur profil musical. Par exemple, je ne vais pas prendre trois guitaristes de thrash sur le même album, ça ne rimerait à rien. J’essaye vraiment d’avoir un panel musical assez large. Ensuite si dans les premières maquettes que je reçois je constate que certains morceaux sont trop proches, soit je demande à certains de proposer autre chose, soit on réajuste un petit peu. Mais globalement ils ont tous carte blanche pour proposer ce dont ils ont envie.


Ce qui compte, c’est d’avoir du talent et quelque chose à dire.


Les guitaristes qui ont émergé grâce à Youtube sont bien représentés. Neogeofanatic et Saturax étaient déjà présents sur le vol 1. Florient Garcia est le petit nouveau sur ce volume 2. Il nous gratifie d’un excellent titre funk rock bien groovy (‘Funky Enough’). Youtube est-il un vivier pour United Guitars ?

Pour percer aujourd’hui quand on joue de la guitare, c’est difficile. Youtube est un moyen de se faire remarquer et d’exister. Pour moi, c’est un vecteur de découvertes parmi d’autres. Je peux aussi tomber sur un super guitariste pendant un concert ou en écoutant un album que je viens de recevoir. Je n’ai pas d’a priori. Pour moi, il n’y a pas de clivage entre les médias. Ce qui compte, c’est d’avoir du talent et quelque chose à dire. Quand j’ai intégré des youtubeurs au projet, on m’a critiqué en me disant que ce sont des gens qui jouent dans leur chambre derrière une caméra et quand ils seront confrontés à jouer avec des gens, ils n’en mettront pas une dedans. Mais en fait pas du tout. Florent Garcia est un super bon musicien. Il a fait très peu de prises, il a vraiment un très bon niveau.
D’autres youtubeurs jouent sur les deux tableaux. Par exemple, Nicolas Chona s’occupe de la chaine Youtube Tone Factory mais fait aussi beaucoup de scène. D’ailleurs son groupe Nico Chona & The Freshtones sort un album le même jour que nous. C’est un super performer.
Saturax essaye aussi de plus en plus de sortir de sa chaine pour jouer dans la vraie vie. Neogeofanatic, c’est pareil, il joue dans ADX et a d’autres groupes avec lesquels il fait des concerts. Donc je crois que tout ça va se mélanger de plus en plus.





Neogeofanatic est d’ailleurs dans le même état d’esprit que toi. Il disait récemment en interview sur Youtube qu’il avait bossé la guitare comme un malade et que maintenant il voulait faire de la musique.

Oui mais tu sais, la dernière fois que j’ai rencontré Joe Satriani, je lui ai posé cette question et il m’a répondu que s’il avait 15 ans aujourd’hui, au lieu de rêver de faire un album, il passerait peut-être ses journées à s’occuper de sa chaine Youtube ou de son compte Instagram. Les choses évoluent. Avant ce n’était pas facile non plus de se faire connaître. Il fallait passer par le circuit label-éditeur-tourneur etc. Aujourd’hui c’est différent mais ce n’est pas plus simple pour sortir du lot car beaucoup de gens se lancent dans la guitare sur Youtube. Comme dans l’ancien système, il y a du bon et du mauvais. Ça permet aussi à beaucoup de gens médiocres d’exister et d’avoir des followers qui ne savent pas toujours faire la part des choses. Mais quand on cherche bien, il y a quand même des pépites.


Avant Internet, on apprenait beaucoup la guitare à l’oreille en décryptant les morceaux, ce qui obligeait à développer une certaine musicalité et pas uniquement se concentrer sur la technique pure, justement.

Les gens qui apprennent actuellement le font aussi mais un peu plus tard. Tout ce qu’ils peuvent choper comme information en ligne aujourd’hui leur fait gagner dix ans. Par exemple, quelqu’un comme Manou Rao, à son âge, la plupart des guitaristes de l’ancienne génération jouaient péniblement des morceaux de Metallica. Lui, à 17 ans, est déjà très loin de tout ça. Et maintenant, il commence à faire de la musique.


United Guitars est aussi un excellent moyen de faire découvrir certains guitaristes au plus grand nombre. Est-ce que faire découvrir des guitaristes méconnus était un objectif du projet dès le début ?

Oui. Disons qu’ils ne sont pas si méconnus que ça par les passionnés. Soit ils sont démonstrateurs, soit ils sortent des albums de leur côté. Mais c’est vrai que c’est une façon de montrer à un public plus large qu’il existe des musiciens hyper talentueux en France. Et peut-être aussi d’amener des gens qui ne s’intéresseraient pas trop à la guitare de prime abord d’en écouter et pourquoi pas d’en jouer.





United Guitars se féminise un tout petit peu avec ce volume 2. C’est une excellente idée d’avoir invité Nina Attal. Est-ce que ce sont les prémisses d’une féminisation plus importante sur le volume 3 ?

Il devait y avoir une autre fille. On était en pourparlers avec une Norvégienne qui s’appelle Tora. Mais avec le Covid, elle a préféré ne pas venir en France. Déjà que Doug Aldrich et Youri De Groote ne pouvaient pas venir, c’était un peu compliqué. On a donc décidé de reporter cette collaboration avec Tora.
Mais pour moi, le genre ne rentre pas en ligne de compte. Je me fous totalement qu’un bon guitariste soit un mec, une fille ou un transgenre. L’important est qu’il fasse de la bonne musique et qu’il touche le cœur des gens. Nina n’est pas là à cause des critiques qu’on a eues sur le premier album. Je l’ai rencontrée, je l’ai entendue jouer. Elle a plein de choses à raconter avec sa guitare, c’est la seule raison de sa présence sur cet album.


Il y a un soin tout particulier dans cet album pour les associations de guitaristes au sein d’un même morceau. Certains avec des univers assez proches comme Yarol Poupaud et Fred Chapellier. D’autres avec des univers plus éloignés comme Florent Garcia et Saturax. Comment gères-tu ces associations ? C’est toi qui décides ou c’est plutôt au feeling entre les musiciens ?

Les deux. Certains me disent qu’ils aimeraient beaucoup bosser avec untel. C’est intéressant que tu parles du morceau de Saturax (‘Reborn A Man’) parce que justement on a 3 guitaristes aux styles très différents sur ce titre (Saturax, Michael Benjelloum et Forent Garcia) et pourtant l’enchainement des solos raconte la même histoire. On a ça aussi sur le morceau composé par Yvan Guillevic, Michael Benjelloun et Swan Vaude (‘Shining Superstar’) alors que les trois n’ont strictement rien à voir musicalement et pourtant ils ont composé le morceau tous les trois et ça fonctionne super bien.
La différence sur ce volume 2 par rapport au volume 1, c’est qu’il y a des morceaux composés à plusieurs. Je voulais essayer ça. Il y a aussi le morceau de Nina Attal composé avec Yoann Kempst (‘Gossip Girl’). Fred Chapellier a composé avec Fabrice Dutour (‘Thick As Thieves’). Moi, j’ai composé un morceau avec Pat O’May (‘The Ride Of Wisdom’) et Jean Fontanille a composé avec Pascal Vigné (‘Tricky Treat’). Ces morceaux composés à plusieurs sont une nouveauté que j’ai imposée. Vu que je connais tous les guitaristes séparément mais que eux ne se connaissaient pas forcément personnellement, je vois à peu près les personnalités qui peuvent matcher. Donc je leur ai proposé de rentrer en contact entre eux pour collaborer.


United Guitars a intégré des fans de guitare au projet, comme François Tuphé le gagnant du concours United Guitars Contest et Jean-Michel Lioret gagnant du crowdfunding. Comment vois-tu le projet à l’avenir ? Pourrait-il être encore plus ambitieux pour fédérer une communauté de guitaristes à l’échelon national ?

C’est le but qu’on s’est fixé en faisant un album par an. Hélas avec le Covid, on n’a pas pu refaire le festival « United Guitars » qu’on avait fait au mois de février. On espère pouvoir l’organiser au mois de mai 2021 mais rien n’est certain, vu les interrogations actuelles sur le spectacle vivant. C’est très compliqué d’envisager de réserver une salle, de faire travailler des prestataires et de réarranger les morceaux. Un truc qu’on a constaté avec le premier album, quand on commence à vouloir jouer les morceaux pour faire du live, ils ne sont pas forcément transposables en l’état à la scène. Donc il faut réarranger les titres. Certains guitaristes peuvent venir au festival, d’autres non parce qu’ils ont des engagements par ailleurs. Ce serait frustrant d’entamer tout ce travail pour au final devoir l’annuler.
On devait faire une listening party au Hard Rock Café pour célébrer la sortie de l’album, on n’a pas pu le faire à cause du couvre-feu. A chaque fois, quelque chose se met en travers et empêche d’avancer. On va quand même faire le « United Guitars Contest » parce que la première manche se déroule en ligne. On pourra peut-être faire la deuxième manche dans une salle plus petite, quitte à la faire dans un studio d’enregistrement en comité plus restreint.


Eddie Van Halen n’avait que 20 ans quand il a révolutionné la guitare. J’attends toujours le ou les mecs qui vont écrire une nouvelle page de l’histoire de cet instrument.


Il y a une nouvelle génération de guitaristes comme Plini, Jakub Zytecki ou Scott Lepage (guitariste de Polyphia) qui ont une approche de la guitare assez différente de leurs ainés. Que penses-tu de cette nouvelle génération ?

Pour moi, techniquement, ils n’apportent pas grand-chose puisqu’ils font des choses qui existaient déjà. Polyphia a juste détourné des effets qui existaient avant pour les adapter à leurs compositions. C’est intéressant mais que ce soit chez Plini ou chez Polyphia, rien ne m’a bouleversé pour l’instant. Je trouve leur travail de recherche et de composition intéressant mais je n’ai pas vraiment reçu de claque.
J’ai des copains qui ont vu Polyphia en première partie de Steve Vai au Namm Show l’année dernière et de l’avis général, c’est un peu inconsistant sur scène. Disons qu’il ne se passe pas grand-chose.
La dernière claque que j’ai reçue, c’est plutôt Animals As Leaders. Mais finalement Tosin Abassi a déjà un certain âge. Eddie Van Halen n’avait que 20 ans quand il a révolutionné la guitare. J’attends toujours le ou les mecs qui vont écrire une nouvelle page de l’histoire de cet instrument. Certains cherchent comme Mateus Asato mais j’attends qu’ils pondent des classiques.
Par exemple j’adore Guthrie Govan qui est un guitariste exceptionnel. Il a fait un album solo il y a dix ans que je considère comme un album moyen (Ndlr : "Erotic Cakes"). Il a fait des super collaborations avec Steven Wilson ou Hans Zimmer. Il a une musicalité incroyable dans son jeu mais artistiquement, j’attends toujours qu’il propose quelque chose de pertinent.
Après, dans d’autres styles, il y a des gens très impressionnants. J’ai vu Marcus King en concert. On touche à un univers très spirituel. Mais pour moi c’est du revival. Il joue une musique qui existait déjà avec le Grateful Dead et The Allman Brothers Band.
Donc oui, Animals As Leaders est très intéressant, comme certains morceaux de Periphery. J’aime beaucoup aussi Kadinja. On avait Pierre Danel et Quentin Godet sur le premier album de United Guitars. Ils incarnent pour moi en France cette nouvelle génération de guitaristes. Je reste ouvert à cette nouvelle génération et j’espère qu’il y en a un qui va sortir du lot.


En fait, ces nouveaux guitaristes ont une approche plus jazz et moins rock de la guitare.

Oui mais c’est aussi le cas de Guthrie Govan qui a incorporé tout ce vocabulaire à base d’arpèges et de chromatismes dans l’univers du son saturé. Ça existait un peu avant mais il l’a démocratisé. Mais si on schématise l’histoire de la guitare, les gens qui ont été très marquants sont Robert Johnson, Django Reinhardt, Wes Montgomery, Jimi Hendrix, Eddie Van Halen. Certaines personnes pensent qu’il y a un avant et un après John Mayer. Je ne suis pas vraiment d’accord. C’est un très bon compositeur et un très bon guitariste mais il n’y a pas grand-chose de nouveau dans ce qu’il propose. J’attends le nouveau Eddie Van Halen, le mec qui va révolutionner l’instrument avec un vent de fraîcheur qu’on attend avec impatience.


Etre bon ne suffit pas, il faut aussi composer de la musique.


C’est sûr que pour le coup, Eddie a été la grosse claque.

Il a fait avancer le jeu de guitare. Il a composé de super morceaux, parce que être bon ne suffit pas, il faut aussi composer de la musique. Il a fait avancer le matériel en fabriquant sa propre guitare qui a inspiré tout un tas de constructeurs. Il a fait avancer le domaine de l’amplification. C’est le premier qui a trempé les micros dans la paraffine pour éviter le feedback. Aujourd’hui, tous les fabricants de micros trempent leurs micros dans la paraffine. Lui, il a eu l’idée de le faire à 18 piges. C’est un mec assez extraordinaire.






Il y a encore quelques grosses pointures françaises qui n’ont pas participé à United Guitars (comme Christophe Godin ou Patrick Rondat). Est-ce envisageable à l’avenir ?

J’en ai parlé avec Christophe juste avant le confinement après le concert de Mörglbl au Triton. En fait il est dans une phase où il n’a plus trop envie de mettre l’accent sur la musique instrumentale. Il a envie de se réinventer. Il a monté son nouveau groupe, The Prize, avec une chanteuse. Il veut vraiment se démarquer de cette image de guitariste instrumental. Il soutient le projet "United Guitars", il trouve ça super mais pour l’instant il n’a pas envie d’y participer. Evidemment il sera le bienvenu s’il change d’avis.
Patrick Rondat est à un moment de sa carrière où il se cherche un peu. Il ne trouve plus vraiment sa place avec les nouvelles technologies dont on parlait tout à l’heure. Il est dans une phase où il se recentre sur sa propre musique. Mentalement il ne se sentait pas de venir en studio avec nous. En revanche, on va sortir un livre avec United Guitars et il a eu la gentillesse de le préfacer.


Il sort quand le bouquin ?

Incessamment sous peu. On est en train de le finaliser. On a pris un peu de retard parce qu’on n’est pas nombreux à organiser tout ça.


L’album est gorgé de guitares et se termine sur une voix, celle de Nina Attal. Clin d’œil ou provocation ?

En fait Thomas Fratti a écrit ce morceau très touchant (‘Hollywood Spleen’). Il m’a raconté un peu l’histoire de ce titre qui a été inspiré par sa séparation. Je trouvais ça chouette de finir par une voix féminine. Nina était dans le studio et on lui a demandé d’improviser quelque chose et je trouve que ça donne un truc super.



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/unitedguitarsarmy/
 
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