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TITRE:

TAGADA JONES (29 SEPTEMBRE 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Tagada Jones ne lâche rien et est plus remonté que jamais surtout en cette période particulière où les libertés se réduisent à "peau de chagrin"...
STRUCK - 20.11.2020 -
9 photo(s) - (0) commentaire(s)


Le temps n'a pas de prise sur la colère du presque trentenaire Tagada Jones. Et en cette année 2020 , Niko et sa bande nous reviennent avec leur dixième album qui devrait enfoncer le clou de la popularité sans cesse grandissante du chef de fil de la scène punk française...





Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Niko : D’où vient le nom Tagada Jones…


Le succès actuel de Tagada Jones [...] est un peu dû à toute cette jeunesse qui se retrouve dans les idées qu’on véhicule depuis des années



Et on ne te la posera pas… "La peste et le choléra" sorti il y a un peu plus de trois ans était un cri de colère contre pas mal de choses, le système en place, une vague brune qui prend de l’ampleur, des migrants trainés plus bas que terre, or force est de constater que trois ans après tout s’est empiré alors que cela ne semblait guère possible, comment avez-vous vécu ces trois années, avez-vous parfois le sentiment que le combat est vain ?

Je dirais même plus que ce combat est vain depuis 25 ans. Ça fait 25 ans qu’on décrit des choses et ça fait 25 ans que malheureusement, aucun des sujets qu’on aborde n’évolue positivement ! Malgré tout, le combat n’est pas vain parce que plein de gens viennent nous voir en concert, qui se rallient à nous et voient en nous une tribune qui crie fort ce qu’ils pensent. Il y a beaucoup de gens à qui ça fait du bien, ça nous fait également du bien…
Il y a quelques petits sujets sur lesquels on peut avoir quelques lueurs d’espoir comme par exemple, la prise de conscience écologique chez les jeunes dont je parle dans le dernier album. On sait que ça prendra du temps, des dizaines d’années avant qu’ils ne prennent le pouvoir et mettent des choses en place mais je pense qu’il y a une lueur d’espoir chez les jeunes, je la ressens. Il y a beaucoup de jeunes qui viennent à nos concerts. Le succès actuel de Tagada Jones -on n’a jamais eu autant de succès qu’aujourd’hui- est un peu dû à toute cette jeunesse qui se retrouve dans les idées qu’on véhicule depuis des années.


C’est vrai que les libertés se réduisent à peau de chagrin




Malgré tout vos idées progressistes semblent bien loin de faire école dans une société de plus en plus égoïste et repliée sur elle-même, as-tu encore l’espoir de changer quoi que ce soit dans ce monde actuel où Hanouna, Praud et Zemmour fixent les débats d’idées, dans lequel l’écologie est oubliée, dans lequel les ministres poussent à remettre l’uniforme et où Charlie reste bien seul dans le combat contre les obscurantismes ?

C’est vrai ! Mais est-ce que le fait d’être un peu isolé est un réel problème ? Non ! Nous avons toujours été isolés. Nous sommes un groupe indépendant, underground. Nous sommes vraiment à part et nous avons toujours été un peu tous seuls de notre côté.
Aujourd’hui, on se sent moins isolés. J’ai l’impression qu’il y a un retentissement plus important autour du groupe et des concerts qu’on peut donner.
Concernant nos idées, c’est vrai que les libertés se réduisent à peau de chagrin. La façon de traiter la Covid par les gouvernements tend à prouver à ce que tu dis et tend à isoler encore plus les gens et les rendre encore plus égoïstes : ça arrange bien les gouvernements ainsi ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Mais est-ce qu’un jour on ne va pas avoir une contreréaction ? Hier Marseille, Nice… demain, ce sera où ? On ne sait pas…


La colère est toujours là, elle est en eux !


Oui mais on a un très bon exemple récent, en 2018 la révolte des gilets jaunes qui a fait vaciller le pouvoir mais sans réussir finalement à changer quoi que ça soit, comment as-tu vécu cette période de révolte et comment juges-tu ce mouvement qui a été en partie récupéré par certains partis et notamment une partie de la droite dure ? Et en extrapolant, admettons que Tagada Jones devienne extrêmement populaire, ne risqueriez-vous pas d’être également récupérés tant tout semble corrompu dans cette société ?

Récupérer Tagada Jones, ça serait compliqué ! D’ailleurs, je me suis dégagé des gilets jaunes tout de suite. Je n’ai pas honte de mes positions : au début, j’ai dit qu’on soutenait le mouvement qui venait de la rue. En revanche, nous sommes contre les récupérations, nous avons donc pris du recul vis-à-vis de ce mouvement parce qu’il a été récupéré. Mais l’idée de base est bonne parce que ce sont des gens qui se mettent ensemble et peu importe la couleur, le métier, le rang social, le sexe… Peu importent les différences, tout le monde descendait pour crier haut et fort un sentiment de révolte.
Attention toutefois -il y a un titre qui parle de ça ‘Nous avons la rage’- au terreau que ça créé. Je veux dire que ce n’est pas parce que le mouvement a été étouffé -notamment avec la crise de la Covid qui arrange bien le gouvernement sur certains sujets parce qu’il détourne l’attention- que la colère a disparu : la colère est toujours là, elle est en eux !


En avril, vous avez proposé une chanson et un clip sur ce mouvement, ‘Nous avons la rage’, c’était important pour vous de redonner la parole au peuple, aux gens normaux qui luttent dans ce mouvement loin des leaders qui ont perdu pied ?

L’appel du pouvoir est quand même incroyable mais c’est vrai ! La soif du pouvoir ! Les gens partent de rien avec ce mouvement et d’un seul coup, ils se retrouvent projeter un peu leader de quelque chose et se découvrent une passion pour la notoriété et la soif du pouvoir.


Mais n’est-ce pas humain finalement ? Fatalement, ne sommes-nous pas corrompus sans le savoir et le devenons réellement quand les opportunités se présentent ?

Il y a forcément des gens qui peuvent prendre du recul avec ça -et heureusement d’ailleurs- et la sagesse des années fait que tu peux avoir de plus en plus de recul avec ça. Mais il faut être réaliste, la société est faîte pour nous manipuler.
Je prends l’exemple d’un ami : Rémi Gaillard, qui est assez engagé aussi. Il a voulu se lancer dans la politique mais laisse tomber, jamais il n’aurait cru ce qu’il a vécu : les pressions… c’est la folie !
J’ai un petit côté utopiste donc je crois qu’on peut faire changer les choses sinon tu ne fais rien.

Mais tu sais, le paysage politique a énormément changé, c’est le premier reflet d’un ras le bol général : les gens ont arrêté de voter d’un seul coup pour les socialistes et la droite classique !


Certes, nous avons voté pour quelque chose de nouveau…

On ne sait toujours pas pour quoi on a voté…


… mais le risque, c’est que cette volonté de changer louable au demeurant débouche sur un des derniers votes différents à savoir un vote extrême…

Ça laisse de la place à Le Pen mais ceci dit, toi comme moi avons cette crainte mais à la fois, aux dernières municipales, ce sont les Verts qui sont sortis de nulle part.
Nous avions tous peur d’une grosse vague d’extrême droite au pouvoir pour les municipales et finalement, ce sont presque les gros perdants de ces élections. Et à côté, nous nous sommes découverts une passion pour les écolos et je trouve ça plutôt bien.
Si nous n’étions pas passés dans un nouveau paysage politique, je pense que jamais les écolos n'auraient eu les mairies qu’ils ont eues.


Votre nouvel album s’intitule "A feu et à sang", penses-tu vraiment que le pays est à feu et à sang ou c'est quelque chose que tu redoutes ?


Je pense même que le monde est à feu et à sang. A la base, nous devions appeler l’album "Hors norme" et puis, la Covid a fait basculer le titre au dernier moment pour retourner vers "A feu et à sang" parce qu’on pense que le titre représente un peu mieux cet album mais aussi beaucoup plus la situation mondiale actuelle qui intègre aussi bien la Covid que les incendies qu’il y a eu en Australie. Il y a un morceau ‘Les 4 éléments’ qui traite un peu de ça en se demandant si la planète n’est pas en train de se défendre de l’homme.


Justement, niveau thématique le disque semble toujours aussi engagé dans cet esprit de gauche, qui se bat pour l’égalité, pour la planète et contre la mondialisation, le fanatisme, le sexisme et l’intolérance, ces combats et ces thèmes sont la base du groupe, votre raison d’exister ?

Non…


L’ADN de Tagada Jones, c’est le public !




… je te coupe, soyons utopistes : considérons que tous ces problèmes ne soient pas, est-ce que Tagada Jones continuerait de faire de la musique ?

Notre raison d’exister est de partager de bons moments avec notre public. En général, les musiciens commencent à jouer de manière très égoïste d’abord tout seuls puis avec ses copains dans la cave. Et avec le temps, tu te rends compte que tu joues pour le public. Et nous jouons pour échanger avec le public : l’ADN de Tagada Jones, c’est le public !
Je n’y crois pas une seule seconde mais imaginons que du jour au lendemain, tous les sujets se règlent que nous n’ayons plus un seul problème sur la planète, je serais le plus heureux du monde même si je ne sais pas ce qu’on chantera (Rires) !


Cette crise de la Covid est une catastrophe parce qu’elle nous individualise encore plus !



Mais comme je le disais, c’est une utopie et vous avez encore plein de sujets à traiter. D’ailleurs, les paroles semblent aussi aller à appeler à la fraternité et l’entraide, on pense à ‘Les autres’, qui dénonce l’individualisme, la solution c’est aussi de se serrer les coudes et d’avance les uns avec les autres mais quitte à se répéter, n’est-ce pas vain tant notre société est égoïste ?

Je pense que les gens sont égoïstes et la société fait en sorte qu’on le devienne de plus en plus. La société nous individualise !
Moins il y a de choses sociales, plus ça arrange nos leaders, que ce soit les gouvernements, les grosses entreprises, les capitalistes… et cette crise de la Covid est une catastrophe parce qu’elle nous individualise encore plus !
J’ai toujours une flamme d’utopie et de positivisme en me disant que les gens vont taper du poing sur la table. Je serais content que les restaurateurs emmerdent tout le monde et restent ouverts…


Le débat est quand même terrible à mettre en opposition liberté et santé…

Si vivre, c’est rester seul chez soi, ce n’est pas ainsi que je conçois la vie et je pense que personne ne la conçoit de cette façon.
Donc à un moment, il va falloir l’accepter : les gens qui se sentent en danger restent chez eux confinés s’ils veulent et que ceux qui veulent prendre des risques les prennent… Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de prendre de risque ? J’accepte de ne pas faire prendre de risque aux autres mais pourquoi les bars, la musique vivante sont les boucs émissaires alors qu’on est tous collés/ serrés dans le métro, dans les supermarchés…


On sent aussi toujours de la hargne en vous, on pense à ‘Un Lion en cage’, un sacré cri de guerre. Montrer que le temps ne vous a pas calmé ou assagi et prouver à vos détracteurs que la bête bouge encore et fortement ?

Oui, je pense. Avec le temps, on peut avoir l’habitude que certains groupes perdent un petit peu de leur fougue mais nous resterons virulents à dire ce nous avons envie de dire.


Le titre ‘De Rires et de Larmes’ sonne moins engagé de prime abord, faut-il voir ce titre comme une sorte de bilan de ces derniers mois pour toi et le groupe que ce soit d’un côté personnel ou professionnel ?

Non, c’est la perte de notre sonorisateur -qui avait 33 ans et qui est mort d’un cancer- qui a déclenché ce titre. C’est une injustice incroyable ! C’était le plus jeune d’entre nous : pourquoi ça lui est tombé dessus ? Quelques mois avant sa mort, il était encore en tournée avec nous au Japon : nous savions qu’il était malade mais nous avions des étoiles plein les yeux parce qu’on avait l’impression de le voir revivre, mais la maladie l’a quand même terrassé ! Mais la vie doit reprendre : on se doit de repartir, on se doit de revivre, la vie est faite ainsi. C’est donc par rapport à lui qu’on a écrit ce titre !


La défense des femmes ressort également avec ‘La Biche et le Charognard’. Comment expliques-tu qu’encore aujourd’hui les femmes sont jugées sur leurs tenues et qu’on appelle même les jeunes filles à s’habiller normalement là où on ne demande rien aux hommes ?

C’est super injuste ! Ma fille a 18 ans et est en plein dedans : elle vit sa crise féministe. Mais je lui dis que tout n’est pas bon à prendre dans l’extrémisme féministe. En revanche, je lui octroie le droit de vivre : elle a le droit de s’habiller comme elle a envie de s’habiller. Je suis né à la fin des années 1970 et nous avons connu ces libertés avec nos parents issus de la génération 1968 et aujourd’hui, on voit les libertés se restreindre au fur et à mesure. Je ne suis pas d’accord avec ça : Charlie a le droit de dire ce qu’il veut, on a le droit de rigoler de tout… L’indifférence auprès de toutes les violences qu’elles soient conjugales ou autres est anormale : toutes les femmes sont confrontées à ça !
Ce titre a deux sens à savoir le sens direct avec l’agression, et un deuxième évoquant l’attentisme des gens. Nous sommes tous confrontés à ça -des paroles machistes, des gestes déplacés…- nous sommes un peu habitués et nous avons tous notre rôle à jouer pour faire avancer les choses du bon côté.


Tu as évoqué Charlie, le procès concernant l’attentat a lieu ce moment, l’attaque récente en lien avec ça… L’intégrisme religieux en général, ne te dis-tu pas que ce combat est plus que jamais nécessaire même s’il semble sans fin ?

C’est ce que nous dénonçons depuis des années. Dans notre ouverture d’esprit, nous n’avons aucun souci à ce que les gens aient la religion qu’ils veulent. En revanche, la liberté de chacun s’arrête là où commence celle de l’autre. Je ne suis pas du tout d’accord quand on essaie d’imposer sa religion aux autres : ça ne devrait pas exister ! Que tu vives ta religion, aucun problème mais que tu essaies d’obliger les autres de vivre la tienne : ça ne va pas du tout ! Mais tu sais, nous sommes aujourd’hui dans cette crise mais je m’amuse à rappeler que nous avons connu les Croisades avec le catholicisme et c’était exactement la même chose !


On paie les pots cassés d’une politique qui a commencé dans les années 1970 notamment une politique urbaine qui était de getthoïser les gens.




Tu as parfaitement raison mais aujourd’hui, tous ces éléments réunis laissent la porte grande ouverte aux extrêmes…

De toute façon, ils s’engouffrent dedans ! La porte est entre-ouverte et ils n’arrêtent pas de donner des coups de pieds dedans pour essayer de s’infiltrer. Je pense qu’on paie les pots cassés d’une politique qui a commencé dans les années 1970 notamment une politique urbaine qui était de getthoïser les gens.
Aujourd’hui, il ne faut pas se leurrer, il y a une manipulation énorme auprès des jeunes les plus défavorisés. Et on parle d’un acte isolé d’un fou qu’il ne faut pas généraliser. Tous les musulmans ne sont pas pour l’extrémisme fanatique mais à écouter les médias, le Rassemblement National, on a l’impression qu’ils le sont tous…


Dans le prolongement, ‘Le dernier baril’ vous voit parler de politique internationale autour de l’OPEP. Cette thématique autour du Proche et Moyen-Orient n’est pas souvent abordée, cela vous semble toujours aussi important d’en parler et de pousser un coup de gueule ?

Pourquoi avons-nous fait ce titre ? Nous sommes allés jouer à Dubaï - ça peut paraître paradoxal que Tagada Jones joue à Dubaï mais je suis pour voir ce qu’il se passe partout. Bref, une succession de faits ont abouti à ce que nous jouions à Dubaï. On a vu comment ça fonctionnait là-bas. Il faut savoir qu’aujourd’hui, les plus grands fonds d’investissements mondiaux sont l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis. Et c’est le thème du titre, tous ces gens voyant la fin du pétrole arriver investissent dans le monde -il faut savoir que le plus grand actionnaire de Live Nation est un fond d’investissement d’Arabie Saoudite- et c’est ça qui m’a donné envie d’écrire sur cette fin du pétrole parce que les gens vont s’entretuer : on parle des plus grosses sommes d’argent au monde, des plus grandes puissances au monde qui sont liées au pétrole ! Quand tu regardes bien, l’Etat Islamique n’était pas si con quand ils ont voulu se faire de l’argent : ils ont mis main basse sur le pétrole qu’on leur achetait, ce qui était incroyable !


A l’opposé du pétrole, ‘La nouvelle génération’ lance un SOS et vous y faites parler des enfants, vous faites un constat sévère sur la génération actuellement au pouvoir, penses-tu que la suivante peut faire quelque chose ? En gros, crois-tu en une Greta Thunberg ?

Un petit peu, un petit peu… C’est peut-être lié à ce que mes enfants sont en pleine vingtaine et je trouve que tous leurs copains ont une certaine conscience que je n’avais pas l’impression de voir à notre époque. Peut-être que dans une dizaine ou une quinzaine d’années quand ils arriveront au pouvoir, il y aura des choses positives qui seront mises en place…


… mais ne serait-ce déjà pas trop tard ?

Il paraît qu’il n’est jamais trop tard (Sourire)…


On a parlé de combats. As-tu songé écrire un titre dans lequel tu dénoncerais les outils comme les réseaux sociaux que les gens utilisent pour se révolter et qui ne sont visiblement pas les bons et qui nous manipulent en nous montrant ce que nous voulons bien voir et finalement comme tout le reste nous divisent ?

En fait, si tu veux, plein de fois, j’ai eu envie d’écrire à ce sujet. Les gens n’utilisent pas les réseaux sociaux comme ils devraient les utiliser. De mon côté, je les utilise comme un outil de promotion et basta : je n’ai jamais mis une seule information personnelle car je sais qu’à un moment, je vais me les reprendre dans les dents.
Je n’ai pas trouvé l’axe pour pouvoir l’assumer à 100% parce que sinon je traite tout le monde de con…


Et pourquoi pas ?

Tu ne peux pas mettre ça dans les paroles en disant : "Vous êtes vraiment tous cons !" (Rires)…


Mais nous le sommes tous finalement…

Oui et non, parce que je l’utilise en outil de promotion mais je le vois comme la peste. Ça me fait penser à la justice sur internet, ça peut être intéressant quand ça permet de rouvrir des dossiers mal jugés, en revanche, juger des gens sur des propos sortis de leur contexte et les lyncher sur la place publique, ça n’a aucun sens…


Nous avons vraiment envie de voir le public et quelque part, on préfère les voir avec des contraintes sanitaires que ne pas les voir du tout et j’ai l’impression que c’est réciproque !




On a pas mal parlé de la Covid, pour un groupe live comme le vôtre ce n’est pas un arrache-cœur de ne pas pouvoir partager avec le public ?

C’est méchamment frustrant ! On vit cette frustration de ne pas pouvoir défendre cet album live. On a longuement hésité à le sortir et puis finalement, on l’a juste décalé d’un mois et on également décidé de maintenir nos deux dates au Trianon : on verra bien ce que les règles sanitaires nous imposeront. En discutant avec les gens, je comprends qu’il y en a plein qui n’auront pas envie de nous voir en restant assis mais d’autres auront envie de nous voir donc finalement, on va faire ces deux dates. En revanche, si on me dit que la grosse tournée de 25 dates en avril devra se faire tout en places assises,  je t’avoue que ça me ferait super chier.
Mais nous avons vraiment envie de voir le public et quelque part, on préfère les voir avec des contraintes sanitaires que ne pas les voir du tout et j’ai l’impression que c’est réciproque !


Musicalement je retrouve cette patte, entre punk, rock et metal crossover, vous vous retrouvez dans cette idée de melting pot d’influences ? Je vous situe à la croisée des Sheriff, des Bérurier Noir et The Exploited pour la facette punk, de Suicidal Tendencies pour la facette metal avec une pointe de Bad Religion pour la facette plus punk mélodique, tu t’y retrouves ?

Oui je m’y retrouve. Nous défendons les différences et nous n’avons jamais eu de carcans. Dans la musique, nous avons plein d’influences et nous ne voudrions surtout pas être catalogués d’un style bien défini.
Et oui, bien évidemment, nous avons l’influence rock alternatif français, punk anglaise, punk américaine, on a l’influence metal, un peu de hardcore, même de groupes punk hip hop qu’il pouvait y avoir à New-York dans les années 1990… Nous sommes fiers de mettre tout ça dans notre musique !


Tu parlais de rock alternatif français, si je vous relie aussi à ce qu’était Noir Désir dans les années 1990, avant de sombrer et quand le groupe semblait être à la pointe du combat, es-tu d’accord ?

Oui, je dis souvent que nous sommes un groupe de rock français. J’estime que nous sommes plus un groupe de rock français que de punk français. Si il faut nous mettre dans une case, la case punk est celle qui nous caractérise le plus mais nous sommes un groupe de rock français ! Ce qui nous a donné envie de faire de la musique, c’est le rock alternatif français et ce sont les groupes que tu as cité et Parabellum, Sheriff, Wampas, Bérurier Noir mais c’était aussi La Mano Negra, Noir Désir…


Et vois-tu des héritiers capables de prendre le relais ? On a le sentiment que seuls les grands anciens sont encore là en première ligne, vous en France avec Lofofora et No One is Innocent, tu ne sens pas un peu seul parfois dans ce combat ?

Ça met un peu de temps, c’est normal : j’exagère un peu mais le rock est à peine en train de revenir presque à la mode. Pendant tellement de temps, nous sommes restés sur les musiques électroniques - tous les jeunes faisaient de la musique électronique. Avant que des groupes de rock reviennent sur le devant de la scène, il faut d’abord que le rock revienne à la mode, que les jeunes se remettent à faire du rock, qu’ils fassent leur petit bonhomme de chemin parce que ce n’est pas du jour au lendemain que tu te retrouves à remplir les salles…
Donc oui, je pense que dans quelques années, il y en aura peut-être, du moins j’espère…


On a cassé plein de codes et les gens ne s’en rendent pas trop compte !




On a commencé cette interview par la question qu'on t’a trop souvent posée au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

Je ne sais pas, c’est une bonne question… Peut-être me demander si on est assez fiers de notre dernier disque et je répondrais qu’on a voulu expérimenter et pousser encore plus loin chaque action. C’est bien que tu aies cité les groupes dont tu as parlé parce que tu as vraiment cerné que nous sommes un groupe qui a diverses influences et on a voulu rendre hommage à toutes ces influences. Et quand on a fait un titre comme ‘De rires et de Larmes’, c’est un titre qu’on a orchestré un peu à la Transplants, finalement nous ne sommes pas très loin de cet univers. A la base, c’est un morceau que je voulais faire avec Damny (NdStruck : Damny Baluteau) de La Phaze -c’est d’ailleurs Damny qui a fait les machines pour nous- et nous sommes allés jusqu’au bout du titre…
Sur ‘Nous Avons la Rage’, quand j’ai écrit le morceau, j’ai mis une box hip-hop et j’ai placé ma voix dessus pour casser les codes parce que mine de rien, on a tout le temps l’habitude de faire la même chose. Et le rendu fait que les gens ne me disent même pas que c’est si différent que ça, ce qui me surprend… On a cassé plein de codes et les gens ne s’en rendent pas trop compte ! Je pensais qu’on allait me dire que nous étions allés loin dans ce que nous avons fait mais en fait pas du tout, et les gens ne le pensent même pas : c’est ce qui est rigolo (Sourire) !


Merci

Merci à toi !





Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.tagadajones.com
 
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