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TITRE:

JJ WILDE (16 SEPTEMBRE 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Entre deux passages sur Taratata, RTL2..., la nouvelle sensation venue du Canada a a accepté de revenir sur son parcours et sur les obstacles qui ont jonché sa carrière... jusqu'à aujourd'hui, au micro de Music Waves !
DARIALYS - 18.11.2020 -
11 photo(s) - (0) commentaire(s)


L'an dernier, elle sortait son premier EP. Cette année, la jeune Canadienne native de la région d'Ontario sort son premier album, "Ruthless". Si la musicienne connaît aujourd'hui le succès, elle n'a pas oublié les dix ans de galère qui l'ont précédée avant d'en arriver là. Envie d'abandonner, recherche de plans B, le parcours de la rockeuse n'était pas tout tracé jusqu'à la rencontre de son manager qui aura accéléré les choses. Aujourd'hui, la carrière de notre interlocutrice est bel et bien lancée, et nous vous proposons de la découvrir.




Nous aimons commencer nos interviews sur Music Waves par la question suivante : quelle est la question que l’on t’a posée trop souvent et à laquelle tu en as marre de répondre ?

JJ Wilde : (Rires) Eh bien… "Quelles sont tes influences ?". On me la pose tout le temps. Ça se comprend donc je n’en ai pas marre mais c’est vraiment celle-ci que l’on me pose le plus ! (Rires).

 

Je pense vraiment que la musique que je joue vient du cœur

En 2019 tu as sorti ton premier EP, et cette année, ton premier album ("Ruthless", ndlr). Ton single ‘The Rush’ a fini 1er des charts canadiens. Dans quelques jours, tu vas passer sur l’émission musicale de télévision la plus populaire de France. Comment expliques-tu cette hausse de popularité en si peu de temps ?

Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer… Je pense vraiment que la musique que je joue vient du cœur. Elle vient de mes expériences personnelles. J’écris avec passion. Je ne sais pas si cela explique quelque chose, mais c’est peut-être un aspect qui plaît aux gens, ce côté vrai et honnête. Mais à vrai dire je n’en sais rien ! (Rires).


Est-ce que tu penses que tu as quelque chose en plus que d’autres groupes n’ont pas, qui expliquerait ton ascension rapide ?

Je pense qu’il est important de faire grandir son public de manière organique, de jouer tous les concerts, les bien, les moins bien, même les plus petits et ceux où il n’y a pas grand-monde. Je joue des concerts depuis que j’ai 18 ans. J’ai joué face à personne, face à 5 personnes, à 10 personnes…

 

J’ai failli arrêter la musique !

 

Tu as acquis beaucoup d’expérience, et comme tu dis, tu as commencé à 18 ans, c’est-à-dire il y a 10 ans. Qu’est-ce qui pour toi a été l’élément déclencheur de ta hausse de popularité ?

Je jouais beaucoup de petits concerts. Ça ne marchait pas vraiment mais j’aimais ça. J’ai failli arrêter la musique car j’ai joué pendant longtemps sans que cela ne décolle. C’était il y a 4 ans environ. Je cumulais 3 boulots : barmaid, serveuse et réceptionniste. Je jouais aussi 3 concerts par semaine et j’étais épuisée. Je vivais dans un appartement que je n’aimais pas, j’avais tous ces boulots à gérer. Ma famille m’a beaucoup soutenue et a fini par me dire qu’il me fallait peut-être un plan B, mais je n’en avais pas et je n’en voulais pas ! Mais j’ai fini par considérer d’autres options. J’ai songé à me reconvertir en tant que mécanicienne spécialisée dans les vieilles voitures, ou dans la menuiserie pour faire de beaux meubles. J’ai rencontré quelqu’un dans une université et je lui ai parlé de mes projets. J’aurais dû ressentir une certaine excitation mais je ne me sentais pas bien en réalité. J’avais un gros poids sur les épaules. Je n’avais pas envie de faire tout ça en réalité.


En fait ces solutions alternatives n’ont jamais été vraiment des options pour toi ?

Exactement. Je savais que je ne serais pas heureuse en me lançant là-dedans. J’ai donc pris la décision de continuer dans la même direction, où que cela m’amène. Et sans rire, une semaine ou deux après, j’ai rencontré mon manager ! J’avais décidé de m’ouvrir à toutes les opportunités. A ce moment-là, je préparais un duo avec un autre groupe dans lequel je jouais. On a fait une vidéo sur Facebook pour en parler, et mon manager l’a vu et il s’est dit : « qui est cette fille ? ».


Tu avais du talent, mais c’est la chance qui t’a révélée à lui. Aujourd’hui tout va bien pour toi, mais avec le recul, est-ce que ce n’est pas frustrant de se dire c’est grâce à la chance que tout a basculé ?

Oui c’est frustrant ! Je pense que c’est dommage car il y a beaucoup de talents qui ne sont pas découverts. Il faut faire de son mieux, mais même en faisant de leur mieux, certains ne sont jamais découverts.



Ces années compliquées expliquent-elles que tu essayes d’aller vite aujourd’hui, pour rattraper le temps perdu ou en tout cas éviter de tomber dans l’oubli après avoir connu cette ascension ?

Ce n’est pas vraiment ça je pense. J’ai attendu si longtemps que du coup, j’ai beaucoup de choses à dire. J’ai beaucoup de chansons écrites qui sont prêtes et mes nouvelles chansons sont toujours mes préférées, donc j’aime écrire continuellement et sortir des morceaux régulièrement. Mais ce n’est pas par peur que tout ça s’arrête. C’est juste que j’ai eu cette chance qui s’est présentée à moi, alors je la saisis ! (Rires).


Tu joues du rock à l’ère du rap. Pourquoi avoir choisi ce style ?

J’aime le rock. Mes premières influences venaient du rock. C’est aussi la musique de mon grand frère et de mes parents. Mon amour de la musique vient d’eux. J’ai été élevée avec Led Zeppelin, Bruce Springsteen et beaucoup de groupes de ce genre. J’ai trouvé mon style avec le folk, le picking, etc. Donc quand j’ai écrit ma propre musique, j’ai pioché dans mes influences folk. En ce qui concerne l’instrumentation, j’ai joué dans des groupes mais je n’ai jamais écrit de la basse ou de la batterie. C’est quelque chose que l’on a travaillé avec mon producteur. On a tout écrit tous les deux.


Comment as-tu composé ces chansons ? En écoutant cet album, il semble avoir été écrit à l’ancienne, avec une guitare et un carnet sous la main.

Oui ! (Rires). Je procède comme ça. J’écris toujours mes idées dans un carnet. Dès que je me sens influencée, je prends ma guitare, j’enregistre ça sur mon portable. Je joue 3 ou 4 fois mes idées et j’improvise dessus. Parfois, ce sont des notes très sporadiques, parfois c’est une chanson entière qui va me venir. Mais en tout cas c’est ça qui fonctionne avec moi ! (Rires).



Est-ce que des fois tu n’as pas du mal à comprendre ce que tu as voulu écrire au moment où tu as eu l’inspiration d’un nouveau morceau ?

Eh bien, c’est pour ça que j’essaye à la fois d’écrire et d’improviser. Des fois, j’ai une idée, mais il m’est impossible de la retranscrire et je sais que ça ne va rien donner. Alors je chante la mélodie et je l’enregistre au cas où avant de l’oublier.


Ta voix est souvent proche de celle d’Amy Winehouse, notamment sur le morceau ‘Trouble’. Ta voix est vraiment impressionnante. Est-ce que tu t’entraînes beaucoup, ou est-ce quelque chose d’assez naturel chez toi ?

C’est naturel. Je ne fais aucun entraînement, je ne suis pas bonne à ça ! (Rires). Parfois je suis fatiguée donc il faudrait que je m’entraîne pour éviter ça. Je fume, je bois du whisky… (Rires). Ma voix n’était pas la même il y a 10 ans.


Mais c’est aussi quelque chose qui plaît aux gens ! Peut-être qu’en pratiquant plus et en devenant plus technique, cela ne servirait pas tes morceaux.

C’est vrai. Je pense que cela vient du cœur. Maintenant que je joue plus de concerts, je dois faire plus attention à ma voix, m’échauffer, etc. Mon manager me le demande ! (Rires).


Il y a un morceau qui diverge des autres et qui revêt un côté un peu aventureux. Il s’agit de ‘Wired’. Est-ce que tu peux nous en parler ? Est-ce que ce morceau a quelque chose de différent pour toi ?

C’est un morceau que j’ai écrit lors de l’un de mes premiers voyages à Los Angeles avec mon producteur Fredrick. C’était un condensé de tout ce que j’avais pu ressentir au cours des deux dernières années. Cela retrace la frustration et le désespoir que je pouvais ressentir à une époque où je ne savais pas comment faire pour avoir ce que je voulais. L’album dans sa globalité traite de ça, mais encore plus spécifiquement sur ce morceau. Je pense que c’est pour ça que ce morceau est un peu différent. Il y aussi de la colère, de la rage, de la tristesse. C’est ce que je voulais dire en premier lieu, et ce morceau l’illustre bien.



Cet album est influencé par tes années compliquées. Maintenant que tu as eu la chance de voir les choses décoller pour toi, est-ce que tu n’as pas peur d’avoir peut-être moins de choses à dire ?

J’y ai déjà pensé mais je ne crois pas. J’ai toujours quelque chose à dire sur quelque chose ! (Rires). Il y a tellement de choses qui peuvent m’inspirer dans la vie. Il faut juste savoir vers où regarder. J’ai parlé de tout ça sur cet album, mais j’ai toujours vécu de manière très passionnée dans ma vie, dans le bonheur et dans la douleur. Je pense qu’on peut toujours trouver de l’inspiration en soi. Il faut juste savoir comment mettre à profit certaines situations vécues pour les exploiter comme il se doit. Si ça se trouve je me suis moi-même mise dans cette situation pour pouvoir écrire à ce sujet ! (Rires). Ça peut ne pas être bien pour ma vie personnelle mais faire des bonnes chansons ! (Rires).


A l’avenir, est-ce que tu sais dans quelle direction musicale tu veux aller ?

Je ne sais pas, je pense que ça va sortir spontanément, comme pour cet album. Je n’ai pas fait les choses intentionnellement. Certaines choses étaient intentionnelles, mais les choses sortent spontanément, globalement. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer. Je vais expérimenter de nouvelles choses. Que ce soit du rock ou de la folk, il y a des choses que j’aime en tant qu’artiste et qui ressortiront dans l’album. En tout cas ce ne sera pas un album de ballades au piano ! (Rires).

 

La musique est une thérapie qui permet de faire son deuil et de surmonter les étapes.


 

Dans le clip de ‘Funeral For A Lover’, tu te mets à nue à la fois sur le plan littéral et figuré. Est-ce que tu considères ta musique comme une thérapie ?

Oui, absolument. J’écris à propos des choses que je vis ou que j’ai vécues. Dans cette vidéo, on me retrouve dans ma forme la plus vulnérable et c’est ce que je cherchais à exprimer. Comme ce cauchemar où tu te retrouves à l’école et tu es nu. J’ai fait ça intentionnellement car c’est quelque chose qu’il m’était difficile à faire à la base. Parce que je me retrouve dans une position vulnérable et que je me mets à nu pour en parler, cela montre que les autres peuvent faire la même chose. Beaucoup m’ont écrit suite à cette chanson en me remerciant pour ce morceau car elle faisait écho en eux pour différentes raisons. Mais oui, la musique est une thérapie qui permet de faire son deuil et de surmonter les étapes.


Certaines de te photos de toi que l’on retrouve sur les réseaux sociaux sont très évocatrices et séduisantes. Est-ce quelque chose d’important dans ton art ?

J’imagine oui. Je suis comme ça. Certains aiment bien se créer un personnage, mais moi, je ne voudrais pas montrer une facette de moi qui ne me correspond pas. Si cela plaît aux gens, tant mieux, si ça n’est pas le cas… (Rires).


Tu réponds à ma prochaine question qui était : est-ce que tu ne crains pas que certains se focalisent sur ton image plutôt que sur ta musique ?

Non car je pense que si c’est le cas, c’est leur choix. C’est quelque chose que j’ai appris au cours de mes expériences. Les gens ont toujours une opinion, qu’on le veuille ou non. Quoi que tu fasses, quelqu’un va te juger, même si tu fais de ton mieux. Donc il vaut mieux être honnête. Si certains ne regardent que mes photos sans écouter ma musique et me jugent là-dessus, c’est leur problème, pas le mien ! (Rires).


Nous vivons dans une période particulière, mais beaucoup d’artistes en ont profité pour composer. C’est ton cas aussi ?

Oui, j’ai été très inspirée. Je crois que toutes les annulations et l’incertitude ambiante m’ont inspirée. Les idées sont sorties d’elles-mêmes et j’ai retrouvé un état d’esprit créatif. Quand on part en tournée, on se dit que l’on va avoir beaucoup de temps pour écrire, mais en réalité je n’écris jamais beaucoup. Et quand je suis de retour de tournée, j’ai envie de voir mes amis et tout le monde. Ce n’est jamais facile de trouver le temps d’écrire. Là, je n’avais rien d’autre à faire. Si je n’étais pas créative, qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre ? (Rires).



Est-ce que tu penses que ce virus aura été un obstacle dans ta promo, même si tu es là avec nous aujourd’hui ?

Je pense qu’il y a deux manières de voir les choses. Bien sûr, ça aurait été super de jouer des concerts après la sortie de l’album pour faire parler la musique. Mais en même temps, les gens écoutent beaucoup plus de musique en cette période, parce qu’ils ont plus de temps peut-être. Les gens streament davantage. Certains vont essayer de découvrir de nouvelles musiques. Dans ce sens-là, tout ça est positif. Mais concernant les concerts, c’est regrettable, donc c’est un mélange de deux sentiments différents (rires) !


Nous avons commencé cette interview en te demandant quelle était la question que l’on t’avait posée trop souvent. Pour finir, quelle serait la question que tu voudrais que je te pose ?

Je n’avais jamais réfléchi à celle-ci ! La question que j’aimerais que l’on me pose… (Elle réfléchit). Je crois que c’est une bonne question ! (Rires). Je ne sais pas vraiment. Peut-être : « de quoi as-tu peur ? » ou « qu’est-ce qui te passionne ? ».


A laquelle voudrais-tu répondre ? Aux deux peut-être ?

Concernant mes peurs… Je crois que j’ai peur de passer à côté de quelque chose, d’une opportunité si cela me fait peur. J’ai peur que la peur contrôle ma vie, c’est ça qui me fait le plus peur. Ça peut sembler bizarre ! (Rires). J’ai peur que mes peurs gouvernent ma vie au lieu d’y faire face.


Et quelles sont tes passions ?

A part la musique, ce serait interagir avec les gens, les conversations, l’énergie que tu reçois des gens. C’est ce que je préfère, je dirais.





Merci beaucoup (en français) !

Merci (en français) !


Et merci à Newf pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/jjwildechild/
 
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