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A PROPOS DE:

STONE OF A BITCH (25 MAI 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ALTERNATIF

Stone le monde est stone... de Stone Of A Bitch dans une interview qui met les points sur les 'i' retrouvés.
CALGEPO - 12.06.2020 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Malgré la crise actuelle et la paralysie économique et culturelle qui s'ensuit, la vie des promotions continue, envers et contre tout, ne serait-ce que pour garder contact avec les artistes. Nous avons pu échanger quelques mots avec les deux protagonistes de Stone Of A Bitch (malgré quelques soucis de son pour Chris et un timing plus que serré) afin d'en dévoiler un peu plus et de renter dans l'intimité de "Intimalicious".


On avant conclu la précédente interview par la question que vous auriez aimé qu'on vous pose et Loïc, tu avais répondu : 'Joe Duplantier voudrait savoir si tu avais une préférence pour le lunch de ce midi ?". Alors ce lunch s'est il concrétisé ?

Loïc : J'avais totalement oublié cette réponse mais ça reste intact, je n'ai pas changé d'avis s'il veut bien surtout dans une période comme ça. Cela serait un défi à relever de trouver un restaurant ouvert et rejoindre Mario pour parler musique, ça serait énorme.





Vous étiez la pierre de la chienne mais en ayant perdu la lettre i de votre patronyme (Stone of a btch), êtes-vous devenus la pierre d´une chaine ou d´un chêne ? Blague à part, avez-vous subi des pressions pour changer votre nom ou -comme sur le précédent album où nous avions un morceau ´Tnbrs´(Ténèbres)-, le vent a-t-il balayé quelques voyelles ?

Loïc : C'est pour des raisons plus pragmatiques que ça. C'est pour des raisons évidentes de censure car sur les réseaux sociaux, ce n'est pas toujours bien interprété, du moins c'est interprété très librement. Certaines plates-formes ont mis en place des filtres et nous posent des problèmes quand on met en place des campagnes de promotion. On voulait contourner cela car ça nous empêche d'être visible à 100% et de faire passer nos messages. Cette petite manipulation nous permet de nous en sortir.


[Le thème] symbolise tout un cortège de menaces qu'on considère dans notre environnement extérieur ou psychique. Ça fait partie des forces d'influence auxquelles tout à chacun est confronté.



La pochette de ce nouvel EP "Intimalicious" continue de révéler votre nature bicéphale. Christelle est allongé sur le sable chaud d´une plage, réflexion sur votre part de lumière, mais son corps chétif risque bientôt d´être dévoré par les crabes, part sombre. Etait-ce votre grille de lecture? Une intimité malicieuse ?


Loïc : Complètement oui, c'est encore une représentation possible de la menace telle qu'on la conçoit ou symbolise. Ce thème de la menace est présent depuis le premier album et il revient dans les morceaux. Tu le vois dans le visuel mais aussi dans le titre de l'EP. Il symbolise tout un cortège de menaces qu'on considère dans notre environnement extérieur ou psychique. Ça fait partie des forces d'influence auxquelles tout à chacun est confronté.


Et a contrario, en mettant en avant 50% du groupe, n'avez-vous pas peur de déstabiliser votre équilibre anonyme auquel vous souhaitiez vous conforter ?

Loïc : (Hésitant) Cela fait partie de l'aventure humaine, c'est un guide plus ou moins conscient dans les décisions, les actes. De manière automatique c'est ce qui vient créer cette vie interne mais aussi cette mort interne. Tout processus d'énergie subit une création et une disparition et il est porteur d'énergie, de sens et dans sa trajectoire est porteur de tout élément créatif.





Dans la précédente interview, vous nous aviez dit que vous étiez étonnés parce que nous avions entendu des bruits de la "chienne" qui donne le nom de votre groupe. Nous justifions celle-ci par les effets sonores de 'That´s A War' à 3:05 que l'on pourrait prendre pour les jappements d´une chienne de paille. Etait-ce donc inconscient ?

Loïc : C'est intéressant que tu entendes ça. Il n'y a pas eu de sample de cris d'animaux dans ce titre. Je pense qu'on peut entendre des loups dans le premier album mais là je suis assez surpris de cette observation sonore, oui.


Plutôt que travailler sur la quantité, on a axé le travail sur la recherche sonore, la profondeur des sons


Question somme toute classique, après vous êtes frottés à l'exercice de l'album sur votre éponyme "Stone Of A Bitch", vous revenez avec un EP. Etait-ce parce que l'exercice était trop périlleux ou vouliez-vous poursuivre votre ascension à un rythme un peu plus réduit ?

Loïc : On avait suffisamment de matériel pour sortir un nouvel album mais on a voulu faire un travail un peu différent. Plutôt que travailler sur la quantité, on a axé le travail sur la recherche sonore, la profondeur des sons, se poser plein de questions nouvelles sur la manière de fabriquer ces sons non seulement dans le confort d'un studio mais aussi au quotidien dans nos sessions de travail et aussi sur scène. Là ça a été l'occasion de réviser plein de choses, plein d'acquis sur le matériel et les évolutions technologiques, en se concentrant sur le fait de savoir comment les intégrer dans le projet. En se recentrant sur ces cinq titres, le processus de production a permis de répondre à plein de ces questions-là et de s'y attarder davantage, que ce soit en terme de percussions, au niveau des sons de guitare, des arrangements. On a pris plus d'espace pour avoir ce temps-là et explorer.


Ce qui signifie que pour le prochain vous n'allez pas forcément sortir un nouvel EP, mais avec cette expérience, sortir un nouvel album ?


Loïc : C'est peut être prématuré de dire ça mais on a une idée précise de ce que l'on veut faire, mais je ne révèlerai rien de plus maintenant (Rires).





Dans le précédent album, vous nous promettiez d'éclairer la part sombre de notre esprit, est-ce que cet album continue à enquêter à ce sujet ou le cas est clos ?


Loïc : Non non, il ne l'est pas. Cela fait partie des thématiques centrales depuis le premier album. C'est présent au quotidien dans le matériel thématique que nous composons et encore au centre de cet EP. La menace, la quête d'identité, les conflits intérieurs, les phénomènes de naissance et de mort qui font partie du cycle de vie. C'est ce que l'on appelle des distorsions humaines qui sont résumés dans le terme de "Bitch" présent dans le nom du groupe et qui font toujours partie de nous.


'Roses' retrouve l'esprit sombre de votre premier album avec un rock sec porté par ses percussions arides et sa basse tentaculaire, 'welcome to the volcano' peut-on entendre, une façon pour vous de débuter en cinquième vitesse ?


Chris : C'est telle que je suis. Dans la vie de tous les jours, je suis un peu une fonceuse et j'avais à cœur que cet album démarre sur une bonne patate, une bonne pêche pour dire que l'on revient.

Loïc : On est chaud, on est dans le volcan (rires).


Attention à ne pas vous brûler les ailes ! Vous craignez ça ?


Chris : Non, on est ignifugé... 


On se concentre sur les épines pour montrer à quel point que tout ce qui est beau peut être aussi que visuellement beau et presque pourri de l'intérieur.




Des roses, il semblerait que vous n'ayez gardé que les épines, était-ce une manière de vous concentrer sur l'aspect le plus noir de la beauté ?


Chris : Je ne dirais pas ça. On se concentre sur les épines pour montrer à quel point que tout ce qui est beau peut être visuellement beau et presque pourri de l'intérieur. Le chemin de la vie, c'est un peu ça. On voit la vie belle et en fait on est sans cesse attaqué par les épines de la rose.


En gros, se méfier des apparences ?


Chris : Tout à fait !

Loïc : C'est quelque chose que tu peux voir dès le premier album. Qui est l'innocence et qui est la menace... et ce n'est pas forcément ce que tu vois dès le premier abord ! Et ça soulève des questions sur le rôle de chacun de ces personnages dans cette interaction. Et juste pour rebondir, je ne suis pas certain qu'on ait davantage porté l'intérêt sur les épines que sur les pétales. Il y a vraiment cette dualité dans le son et dans le thème mais c'est vrai que c'était un moyen d'illustrer que le chemin est fait de deux types d'énergies : celles qui font du bien et celles qui sont plus douloureuses.


A contre courant des artistes actuels, vous vous dissimulez dans le clip de 'Roses' et lorsqu'on vous aperçoit vous semblez mal à l'aise. Timidité ou protection de l´intimité ?


Loïc : Alors toi tu entends des chiens et tu nous vois sur le clip de "Roses" (Rires). Tu es très fort et tu as des super pouvoirs.

Chris : Je suis flattée de la comparaison mais ce n'est pas moi dans le clip (Rires). Mais par contre le modèle que tu vois sur la pochette, c'est la même actrice que sur le clip. On a collaboré avec elle sur les deux projets visuels.

Loïc : Après, ceci dit, on ne peut pas t'en vouloir parce qu'il y a une certaine ressemblance entre les acteurs et nous. C'est presque venu par hasard mais il y a une forme d’ambiguïté, oui.


'Poison Namaste' est avec son titre oxymore (le bonjour empoisonné) une nouvelle façon de tout compartimenter en deux hémisphères et les faire cohabiter. Avec ce morceau ou 'Pulp Me In' cela s'exprime musicalement par le mélange des sonorités électro et un rock puissant. Est-ce que la représentation de ces deux sonorités est volontairement consciente ?


Loïc : Tu viens de définir la nature du duo qui techniquement est constitué de ces deux aspects électrique et électro, donc forcément ça ressort dans la sonorité et dans la façon dont on travaille et la manière dont on interagit avec les instruments. Cela vient faire écho avec cette dualité et ce manichéisme que tu cites.





Cette dualité se retrouve dans le chant. La voix de Christelle est de plus en plus magnétique, sensuelle même lorsqu'elle se montre dure ('Roses') voire complètement acrobatique ('Pulp Me In') comment t'entraines-tu à passer de l'autre coté du miroir ?

Chris : Je m'entraine pas, je vis le texte et je vis ce qu'il m'inspire. Je le retranscris avec ma voix et, pour être honnête je n'avais pas la sensation que tu perçois et que tu décris d'avoir un peu cette voix caméléon qui m'a déjà été attribuée. Mais pourquoi pas, je n'ai pas de technique particulière, ce n'est que du ressenti à travers mon chant.


Tu dis être surprise de ce constat, c'est étrange, tu tne e sens pas plus comédienne que chanteuse et vois-tu une différence entre l'interprétation et le chant ?


Chris : Non, pour moi il n'y a pas de frontière entre les deux. Quand tu chantes, tu racontes une histoire un peu comme une comédienne joue un rôle dans un film ou au théâtre. Le chant en lui-même doit suffire à raconter une histoire et à la faire comprendre à ceux qui l'entendent. Ce qui m'étonne c'est d'évoquer ce sentiment de changement au niveau de ma voix alors que je n'ai pas eu ce sentiment en studio ni quand on est sur scène. Mais tant mieux si l'auditeur le perçoit aussi.

Loïc : Mon explication de la chose c'est que c'est probablement porté par les ambiances derrière. Tu vas avoir des ambiances un peu calmes, un peu planantes dans lesquelles Chris va avoir tendance à avoir une voix un peu soul et quand derrière les filtres et les excitants sonores vont se mettre en place, donc les disto, les guitares ou la saturation les Moog, ça va porter davantage d'agressivité ou d'autres timbres. C'est aussi accompagné par la voix et l'ensemble doit faire écho à ce que tu dis.


A propos d'ambiance, vous disiez dans notre précédente interview votre intérêt pour le rock progressif. Dans cet EP, les durées des titres commencent à s'allonger, tu parlais également d'expériences sonores, est ce que l'on peut voir une incubation du virus prog ?


Loïc : On était porteur sain je devrais dire.

Chris : Et on développe les symptômes.

Loïc : J'espère que c'est contagieux...


C'est cette évolution des atmosphères qui nous parle vraiment car elle apporte un cadre pour raconter cette évolution mentale qu'on essaye de décrire.


C'est donc un grand intérêt vers cette orientation ?


Loïc : C'est toujours quelque chose qui nous a toujours porté. Les premiers albums de Pink Floyd, je les ai écoutés alors que je n'avais pas 10 ans, derrière des groupes progressifs qu'ils soient à tendance pop, rock, metal... C'est cette évolution des atmosphères qui nous parle vraiment car elle apporte un cadre pour raconter cette évolution mentale qu'on essaye de décrire. Tu parles d'une ambiance, d'un état d'esprit et voilà, on va osciller ou traverser d'autres états. Le rock progressif apporte une palette d'illustrations sonores dont il faut se servir.


A l'inverse du précédent album, nous n'avons plus droit à notre shoot de lumière, qui faisait le poivre de l'album précédent, êtes-vous devenus plus pessimistes avec le temps et surtout en cette période ?

Chris : Cet EP a été influencé par une période assez sombre et les mélodies et les textes en ont été impactés donc effectivement ça se ressent sur cet EP. Mais maintenant de là à dire qu'on est plus pessimistes non, je dirais plus réaliste sur notre regard par rapport au monde qui nous entoure et en même temps on a envie d'explorer un peu plus loin le côté sombre que tout un chacun peut avoir.


Après l'accalmie, comment comptez-vous défendre l'album sur scène ? Vous avez prévu des reports de dates ?


Loïc : On a une série de showcases qu'on avait commencé à entamer et qu'on a reprogrammé avec toute une logistique. On a une envie redoublée de retrouver la scène, d'accompagner l'EP auprès du public.


Merci beaucoup.

Merci à vous et pour le regard porté sur l'EP.


Merci à Adrianstork pour sa collaboration et son  regard.




Plus d'informations sur https://www.facebook.com/stone-of-a-bitch-969202593133542/
 
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