MW / Accueil / Articles
A PROPOS DE:

THERAPHOSA 09 MAI 2020


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL PROGRESSIF

Music Waves est allé à la rencontre de Theraphosa dont l'actualité avait été assez riche en rebondissements. Après des soucis judiciaires kafkaïens, le groupe sort un premier album "Transcendance", une expérience sonore de haut vol.
ADRIANSTORK - 26.06.2020 - 1 photo(s) - (0) commentaire(s)

L'araignée Theraphosa est de retour et pourtant cette rencontre a failli ne jamais arriver. Les petits Frenchies sont tombés dans la toile d'un Goliath américain qui lui reprochait l'utilisation de son nom et son logo. Sans se démonter, Vincent et ses acolytes ont réussi à obtenir gain de cause. Et la musique dans tout ça? Après cette pénible expérience, le trio s'est retroussé les manches et a accouché d'un album en apothéose.


Nous avions conclu notre précédente interview par la question à laquelle tu aurais aimé répondre. Comme la question n’avait pas trouvé de réponse, nous t'avions proposé de commencer la promotion de ce nouvel album avec cette question. Est-ce que tu y as réfléchi?

La question que j'aimerais qu'on me pose? (réfléchit). Comme ça tout de suite, je ne vois pas.


Alors attendons la fin de l'interview. Peut-être qu'on trouvera une question que j'aurais oublié de poser.

Ça marche.


Tout d’abord, ça nous fait vraiment plaisir de vous retrouver pour un nouvel album.

Merci.


Pourtant lorsque nous t’avions croisé lors d’un concert il y a un an, tu nous avais alors révélé que le groupe avait quelques soucis d’ordre judiciaire. Est-ce que tu pourrais revenir sur cette mésaventure pour nos lecteurs?

L'histoire est simple. Un jour, j'ai reçu un mail d'un avocat français qui était au service d'une société américaine spécialisée dans la vente de vêtements de ski. Cette compagnie utilise comme nous le symbole d'une araignée sur ses produits. C'est d'ailleurs le seul point commun. A l'origine, nous avions décidé de déposer à l'INPI notre nom et notre logo. Pour ce genre de dépôt, un délai est imposé. Juste avant la fin du délai, la veille en fait, il y a eu une alerte et une marque a décidé de s'opposer à ce dépôt. Nous avons reçu une mise en demeure : nous devions abandonner le dépôt de notre nom et de notre logo sous risque de poursuites judiciaires. Bien évidemment, nous n'avons pas voulu coopérer. Nous nous sommes défendus avec nos moyens, bien modestes au regard de ceux d'une boîte américaine dont le chiffre d'affaire annuel s'évalue en millions de dollars. C'était un peu le combat de David contre Goliath. Nous ne sommes qu'un petit groupe français qui essaie de développer son projet et déjà on nous met des bâtons dans les roues... ça nous a coûté un max de thunes avec les frais d'avocat. On peut dire qu'on a semi-gagné, semi-perdu. Il faut savoir qu'à l'INPI, on peut déposer un nom ou un nom et un logo dans une certaine catégorie. Nous, on l'avait déposé en vêtements. La marque a estimé que notre logo pouvait être préjudiciable pour ses éventuels clients et qu'il pouvait y avoir un risque de confusion. Elle nous a aussi attaqué sur notre nom Theraphosa, ce qui n'avait aucun rapport. On a réussi à le garder tout comme notre logo si et seulement si notre nom est présent. C'est assez complexe, il y a des situations dans lesquelles où on a gagné et d'autres dans lesquelles on a perdu.


C'est kafkaïen...

Ils ont vraiment voulu nous terrasser en nous privant de notre logo et de notre nom. Bien sûr, on aurait pu tout changer. Mais c'était une question d'honneur.


Et d'identité, car renier votre nom en repartant de zéro, ça n'aurait aucun sens.

Exactement. Bon, c'est fini et heureusement car ça nous a coûté extrêmement cher et nous n'aurions pas pu suivre très longtemps. Quand tu déposes une marque, tu la déposes en France, en Union Européenne, aux USA. A chaque fois, c'est une procédure différente, des coûts supplémentaires. Quand il y a des procédures,  ce sont des procédures territoriales. Nous avons eu trois procès... On a fait de notre mieux pour se défendre. Notre avocat a trouvé plusieurs cas de jurisprudence qui allaient dans notre sens. Malheureusement et je ne m'avancerai pas, ça n'a pas marché alors que d'autres marques ont déposé des logos d'araignées et n'ont pas été inquiétés. Ça a été long et coûteux mais on a estimé faire ce que nous avions à faire.


Donc à l'état actuel, le cas est clos?

Le cas est clos sauf s'ils nous refont une nouvelle procédure. Et là, on ne pourrait pas suivre...


Tu penses que cet épisode dramatique a influencé l’écriture du nouvel album?

Je ne pense pas que ça a influencé l'album mais au contraire cela a renforcé la détermination du groupe à ne rien lâcher.


Je ne pense pas que ça a influencé l'album mais au contraire cela a renforcé la détermination du groupe à ne rien lâcher.



Peut-être un mal nécessaire en fin de compte?

Il y a un peu de ça. Il y a la transcendance. On passe à travers des épreuves, on prend le dessus sur ses démons et on surmonte les obstacles. Mais lorsqu'on a enregistré, on n'a pas pensé à ça. Inconsciemment, tout ça nous a renforcés.


Cette fois-ci Theraphosa s’est passé des services de son samaritain Jan Rechberger mais peut-être aviez-vous aussi envie d’enregistrer chez vous, même en raison d'un budget réduit? Mais autrement aurais-tu préféré enregistrer dans un autre pays, pourquoi pas en Finlande?

Je n'ai pas envie que les gens se disent qu'on est allé en France parce que c'était moins cher. On est allé en France parce que c'était un bon choix artistique. Francis Caste, avec qui nous avons travaillé et qui avait été recommandé par notre éditeur, a très bien compris l'esprit du groupe. La collaboration a été agréable et productive. Ce n'est pas parce que c'était moins cher que la qualité en a pâti.


Dans votre précédent EP, y avait-il un peu de Finlande? D'une manière générale, est-ce un pays où tu retournerais enregistrer dans le futur voire pour faire du tourisme?

Je n'ai pas d'affinités avec tel ou tel pays. Si j'ai le sentiment que la personne avec qui je vais bosser va vraiment apporter quelque chose au groupe parce qu'artistiquement, il se passe quelque chose, oui j'irai dans ce pays. Par contre, j'ai bien aimé la Finlande, car c'est très dépaysant. Il fait froid, l'architecture et les mentalités sont différentes. S'il y avait une opportunité qui irait dans le sens du groupe, il n'y a aucun problème pour y retourner. Si Jan avait été Allemand, on aurait été en Allemagne.


Rappelle-toi dans la dernière interview, nous avions dit si Jan avait été Afghan, vous seriez allés en Afghanistan...


(rires) Cela aurait été plus compliqué, mais techniquement oui.


La dernière fois, nous t’avions posé la question : est-ce que Theraphosa est un groupe démocratique et tu avais répondu que tu étais le chef mais que tes collègues avaient voix au chapitre et pouvaient exprimer leur veto. Pour autant, on a l’impression que tu as lâché un peu plus de lest dans cet album ou au contraire permis aux autres de s’élever, on pense à Mathieu qui a plus participé à la composition?

Oui c'est un peu des deux. Mais ça ne s'est pas fait brutalement et de façon réfléchie. Il n'y a pas eu de conflit, le processus était naturel. Les musiques sur l'album sont issues à 90% de compositions déjà prêtes. Comme je le disais dans l'interview précédente, je demande toujours l'avis de mes acolytes, ils ont toujours un droit de regard dessus et s'ils veulent modifier quelque chose ou s'ils ont des idées, je les encourage à le faire. C'est comme ça dans Theraphosa parce que cela a toujours été comme ça. J'ai quatre ans d'écart avec mes collègues. Quand on a commencé le groupe, j'avais 17 ans et eux 13. Comme j'avais lancé le truc, j'avais plus ou moins guidé le projet. A la suite, on grandit et mes comparses se sont plus impliqués dans le projet. Mathieu a plus participé sur les paroles avec des textes co-écrits, Martin en a écrit tout seul. Ils sont aussi un peu intervenus sur les compositions en matière d'arrangements ou d'éléments de composition. Pour résumer, ça a été beaucoup plus participatif.


Paradoxalement, la terrible expérience qui vous a secoué vous a peut-être permis de mieux vous souder?

Je ne pense pas que cela ait joué car nous avons toujours fonctionné ainsi. Mais quelque part, quand trois membres de groupe sortent de l'argent de leur poche pour se défendre, cela veut dire que les trois croient ensemble à leur projet. Pour nous défendre à hauteur du montant requis, il faut y croire. Si tu n'y crois pas tu abandonnes tout de suite car ça a l'air insurmontable. Nous avons eu la chance d'avoir une famille qui nous soutienne. Sans eux, on ne sera jamais là où on est aujourd'hui. Même si on est pas si loin que ça mais comme on commence à entendre parler de nous ici et là, c'est en partie grâce à notre famille.





On va entrer dans le vif du sujet.
L’album démarre en lourdeur avec 'Stigmata Of The Purest Pain' où growls et riffs affûtés de guitare fleurissent mais soudain on prend une direction un peu inattendue qui tempère l’esprit : la voix est plus claire et les lignes plus mélodiques. Est-ce une façon de montrer que ce Dieu ou cette Bête en nous peut cohabiter pacifiquement dans notre être soumis à la dualité ? Comme une façon de faire la synthèse du précédent album ?

D'une certaine manière ça cohabite. Je vais donner ma vision de l'album car mes collègues auront un autre avis. Il y a une coexistence mais le but c'est de la dompter. Le mélange de growls et de passages clairs, aériens et mélodiques peut être perçu comme une schizophrénie mais en même temps, on peut le considérer comme une apothéose. Tu cries et puis tu pries.


Il y a comme une élévation. On vous sent d'ailleurs plus à l'aise avec les soli de guitare, notamment celui sur ce morceau un peu plus équilibriste. Vous vous faites plus confiance.

Les soli ont été pensés mélodiquement, il n'y avait aucune volonté de faire de l'excès de technique. C'était au service de la mélodie c'est-à-dire raconter une histoire. Ils ne sont pas particuliers car je ne les ai pas conçus comme des soli de guitare standard. Il y a un mélange de choses mais ils ont été conçus comme une plus-value au morceau.


C'est fortifiant, c'est comme si ça ouvrait une autre porte.

C'est un peu comme une autre invocation, une autre prière. Le côté épique tiraillé avec un dialogue. C'est difficile de mettre des mots.


'The Curse Of Chronos' laisse passer un esprit un peu plus onirique? Quel est ton rapport avec la mythologie?

Pour résumer rapidement, c'est une image du temps de manière très générale. Le temps est notre bien le plus précieux et nous l'oublions souvent. C'est lié à tout mais c'est tellement abstrait qu'on l'oublie. C'est peut-être la chose la plus importante à prendre en compte. Prendre conscience du temps que tu perds et que tu gagnes. Sur ce morceau, ce sont des images sur l'action du temps sur l'homme. L'impact qu'a le temps sur toute création humaine. Cela représente un espoir et une malédiction.




Vous utilisez tout au long de cet album des chœurs célestes comme le fit After Crying avec la voix de l’ange. Est-ce pour illustrer l’élévation vers cet au-delà?

Oui. Nous avons utilisé les chœurs parce que nous aimons les chœurs. Quand on écoute de la musique sacrée, les chœurs nous poussent vers le haut et on a l'impression de se rapprocher du divin. Les chœurs sont associés à l'Eglise donc il y a une dimension spirituelle et divine. L'utilisation des chœurs sert à ce but-là mais on a aimé le rendu. Leur effet va dans le sens de l'album et l'enrichit.


Je me suis fait avoir une fois avec des voix féminines sur un autre album qui étaient des programmations informatiques. Rassure-moi, ces chœurs féminins sont faits par des créatures humaines?

C'est un hybride en fait, ce sont de vrais samples, de vrais chanteurs enregistrés en Bulgarie mais sous forme d'un plugin. Les notes, tu les programmes mais les voix sont vraies. Faire venir un vrai ensemble dans un studio doit être très couteux. Pas dans nos prix de groupe en voie de développement en tout cas. C'était l'option la plus logique.

'Mother Night' est un morceau plein de mélancolie dans lequel la guitare file son chemin. Même lorsque le morceau décolle, on ne peut pas se départir de cette tristesse. C'était voulu?

Complètement. Avec le groupe, on parle des morceaux. Quand je compose une chanson, je le fais instinctivement. Je la ressens physiquement et spirituellement mais je n'arrive pas tout de suite à mettre des mots dessus. Les accords parlent pour moi dans la tête, le feeling que je cherche à retranscrire est tout de suite identifié par mon cerveau. Mais c'est difficile de mettre des mots tout de suite. Sur 'Mother Night', on a acceptation, résignation mais...


Quand je compose une chanson, je le fais instinctivement. Je la ressens physiquement et spirituellement mais je n'arrive pas tout de suite à mettre des mots dessus.


... pas désespoir.

C'est ça, c'est vraiment une complainte avec une touche de réconfort. Quelque part tu t'y complais. A force d'être confronté à ce qui est noir en toi, tu peux trouver un outil qui te sert de carburant pour la création.


On sent vraiment que le chant s’élève sur ce morceau, que tu sembles guidé par une logique souterraine, en témoignent les growls qui arrivent avec un timing parfait. Comment as-tu travaillé le chant sur ce morceau et en général sur tout l’album?

Avant j'y allais beaucoup au feeling. Mon frère qui fait des lignes de chant le fait aussi. On écoute la partie instrumentale et on chantonne dessus sans forcément réfléchir à la mélodie que l'on recherche. Sur ce morceau, c'est instinctif mais la ligne de voix, c'est en fait une ligne de guitare. J'ai remarqué que la façon dont je composais à la guitare était différente de la voix et que si je calquais ma voix sur ma manière de composer à la guitare, j'obtenais une mélodie différente. Plus dans une approche de guitariste soliste mais ça demande beaucoup d'efforts. 'Mother Night', c'est le morceau le plus difficile à chanter, sur le refrain je vais au plus haut de mes capacités.

Justement, Music Waves c’est un site d’obédience musiques progressives, j'ai l'impression que vous avez été pris en flagrant délit progressif sur ‘Mother Night’ que pensez-vous du genre?

Ce qui est marrant, c'est que les gens qui écoutent Theraphosa me disent que cela ressemble à du metal progressif mais moi je n'en écoute pas ! Finalement, ce qui colle le mieux pour la musique du groupe serait du metal progressif, c'est le terme qu'on utilise pour définir notre musique. Les morceaux sont variés, les durées s'allongent, il y a des évolutions assez soudaines au sein d'un morceau, ce qui est typiquement prog, tu as raison.


Donc ce n'est pas un genre qui t'effraie, tu pourrais continuer sur cette lancée.

Complètement. Mais je ne sais pas comment les choses vont évoluer et quel sera notre état d'esprit sur l'album suivant. Mais globalement, de plus en plus de nos morceaux seront dans cette approche-là. C'est à dire raconter une histoire et ne pas se poser la question de la durée mais de la pertinence et de la richesse. Je trouve que c'est un raisonnement typiquement prog. Notre but n'est pas de taper dans les trois minutes trente. L'histoire a un début et une fin mais s'il y a 15 minutes entre les deux, peu importe. Il n'y a pas de limite. Nous sommes arrivés au stade où il y a zéro limite, nous faisons ce que nous voulons.


Nous sommes arrivés au stade où il y a zéro limite, nous faisons ce que nous voulons.



On retrouve la lourdeur du premier morceau sur 'Obsession' mais en plus labyrinthique, logique puisque le fil d’Ariane a permis à Thésée de se sortir du Labyrinthe.

On a refait 'Obsession' qui était sur le premier pour avoir une cohérence sonore. On en a profité pour faire quelques arrangements. C'est toujours 'Obsession' mais autant l'enrichir  légèrement pour ne pas perturber les gens. C'est aussi le mix. Chaque ingé, chaque producteur a sa tâche. Celle de Jan diffère de Francis. C'est peut-être pour ça que tu as trouvé une variation.


L’album se clôt par la marche 'The Legacy Of Arachne', tribale et angélique, une montée finale vers un autre ailleurs, comme si c’était une synthèse de l’album, est-ce comme ça que ce morceau a été pensé, une fin en apothéose?

Honnêtement oui. A la base, le morceau ne devait même pas figurer sur l'album. J'ai toujours adoré les musiques de film tout comme mes deux collègues. La musique classique aussi mais la musique de films est l'héritière de la musique classique à mon sens. Elle perpétue certaines règles de composition, elle utilise des ensembles, on est sur le même esprit. J'ai toujours voulu donner une ambiance cinématique à la musique du groupe. J'ai fait ce morceau comme ça par pur plaisir et on l'a trouvé tellement épique qu'on l'a placé à la fin de l'album. Plus besoin de mots, laissons l'espace au son. Cela résume musicalement toute la philosophie du groupe. Forcément c'est subjectif, chacun y trouvera sa propre interprétation. Comme tu le dis, c'est une apothéose mais qui en même temps ouvre sur une suite.

Sur le premier album, on avait une ascension thématique conceptuelle, le premier étant la prise de conscience du dieu en nous, le second l’élévation vers cet au-delà et le troisième le couronnement ou la chute?

Bonne question! Dans le groupe, on a des divergences d'opinion là-dessus. On a construit cet album en double-sens pour que deux personnes opposées d'un point de vue spirituel puissent comprendre l'esprit. Il n'y a pas de message, notre but n'est pas de donner une directive mais de partager une vision qui est déjà différente entre nous. Je ne pourrai pas te donner la suite. Mon point de vue c'est de s'approcher sur un plan symbolique du divin. En tant qu'homme, dépasser les défauts de l'humain, les dompter pour arriver à un stade supérieur à l'état précédent. Alors que pour mon frère, rien n'est supérieur à Dieu. Mon concept de transcendance est opposé au sien. Avec ma vision des choses, on irait vers ce couronnement mais mon frère ne sera pas dans cet esprit. Ce qui est sûr, c'est qu'on continuera dans cette voie mais je ne sais pas encore sous quelle forme, quel degré et quelle intensité.

Faites un double album : le couronnement et la chute!

Carrément! Ça serait une très bonne idée. On a plein d'idées comme ça. Notamment sur ''La Divine Coméie'' de Dante, tout ce qui est théologique qui a un lien plus ou moins fort avec la religion ou des concepts éthiques. Faire des albums thématiques nous intéresse. Rien n'est fait mais nous avons déjà du matériel en stock, on verra avec le groupe quelle direction prendre.





Dans "The God Within", tu parlais du mythe d’Arachne pour justifier que Dieu était en nous, dans cet album intitulé "Transcendance", est-ce que l’araignée comme dans le film d’Ingmar Bergman "A Travers Le Miroir" serait ce Dieu en nous, car elle tisse des toiles entre la terre et le ciel?

Je vois ce que tu veux dire mais il n'y a pas eu cette analogie. Cette araignée n'est pas Dieu, c'est plus un symbole. Je parle en mon nom, si mon frère était là, tu aurais une réponse différente. L'araignée est un symbole de volonté et de conscience en soi. Elle représente ce que tu as en toi pour te dépasser et ne pas avoir peur. Dans le mythe, il y a une force d'insoumission. Beaucoup de gens ont réussi parce qu'ils y croyaient alors qu'ils étaient annoncés perdants.


Dans le film de Bergman, l'araignée n'était pas Dieu mais c'était plutôt issu d'une hallucination du personnage principal qui perdait la raison.

Je t'avoue que je n'ai pas vu ce film, donc je ne pourrais pas m'identifier à ça.


On parlé de cinéma mais aussi de philosophie. D'autres media vous intéressent-ils? Comme la littérature, les jeux vidéos?


Carrément ! Je ne lis pas beaucoup même si ce que j'ai lu m'a beaucoup marqué. Pour 'The Butcher' sur le premier EP, le titre est inspiré d'un personnage de ''Diablo''. Je trouve que les jeux vidéos peuvent être une œuvre d'art. Certains jeux vidéos te font voyager aussi loin que la musique ou le cinéma penvent te faire voyager. Dans l'album-là, on ne s'est pas vraiment inspiré de ce medium. Les sources de cet album ont été plutôt la philosophie, la théologie, la mythologie. Mais tout est possible.


Je ne sais pas si on t'a souvent posé cette question. Tu es un collectionneur d'araignées, peux-tu nous parler de cette passion, comment elle est née, si tu possèdes encore des araignées et si tu arrives à partager cette passion avec d'autres aficionnados?

Aussi loin que je m'en souvienne, j'avais vu une araignée par terre à 6 ans. Le visuel m'a frappé instantanément. J'ai trouvé ça super beau. La sensation a été intense. Sans le savoir pourquoi, cet intérêt s'est développé. Mes parents m'ont offert des livres sur les araignées, j'allais dans la nature regarder des araignées. A onze ans, j'ai eu ma première mygale et j'ai ensuite élevé des mygales pendant dix ans. J'en ai eu jusqu'à cinquante.


Cinquante!

Ce n'est pas énorme pour des éleveurs de mygales. Justement ça fait le lien avec l'autre partie de la question. J'ai rencontré d'autres aficionnados, des éleveurs avec qui tu crées des liens car forcément notre passion est particulière. Ce n'est pas un animal très demandeur. C'est très simple de s'occuper d'une mygale, à l'exception de certaines espèces un peu plus fragiles. Il ne faut pas faire le foufou avec. On me demande souvent : ''Ah mais tu la prends dans tes mains?'' On voit souvent à la télé des animaux exotiques que tout le monde manipule mais en fait manipuler une mygale n'est pas une bonne idée. Ce n'est pas un animal qui s'apprivoise. De plus certaines espèces sont plus agressives. D'autres toxiques... Ce n'est pas quelque chose qu'il faut faire sauf absolue nécessité comme je l'ai appris dans les livres. Je voulais juste les observer et les protéger. J'avais l'impression qu'en les gardant avec moi hors des conditions rudes, je pouvais préserver l'espèce. L'étape que je n'ai pas pu développer c'est la reproduction. Mais pour une question logistique, je n'ai pas pu. Ça paraît bizarre, mais j'aimerais un jour faire un centre de refuge pour arachnides, mygales ou scorpions. Depuis je n'en ai plus qu'une. Même si ce n'est pas un animal qui demande beaucoup d'attention, il suffit juste de lui donner à boire et à manger chaque semaine et ça suffit, je préfère me concentrer sur la musique. Aujourd'hui, je veux juste les aimer. Elles sont dans la nature et je les aime quand même. Je n'ai plus besoin de les avoir dans ma chambre pour les aimer.


On en vient à la question fatidique. Est-ce qu'il y a une question à laquelle tu aurais aimé répondre pendant cette interview?


Oui j'ai une idée. ''Qui sont les gens que je voudrais remercier pour notre parcours ?'' J'aurais bien aimé que tu la poses.


Et bien je te la pose.

Déjà ma famille, pas forcément à restreindre à la famille de sang. Sans eux on ne serait pas là, même si on a encore du chemin à parcourir. Ce n'est pas possible d'arriver quelque part, on est toujours en évolution. On ne peut pas se dire ''J'ai réussi''. Tous ces gens-là, je veux les remercier. Les gens avec qui on a bossé, je pense à Denis Goria. Il suit le groupe depuis longtemps. Tous ceux qui nous suivent depuis le début. C'est important de leur dire qu'on est reconnaissant envers eux.

C'était le mot de la fin, une fin en apothéose pour paraphraser cet album. Merci Vincent pour cette interview.


Merci à toi ! Bye.



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/theraphosamusic/
 
(0) COMMENTAIRE(S)
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'article, ajouter quelques anecdotes, quelques connaissances ou tout simplement raconter votre vie...
 
Aucun commentaire. Soyez le premier à donner votre avis sur ce article
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 19565
Haut de page
EN RELATION AVEC THERAPHOSA
DERNIERE CHRONIQUE
Transcendence (2020)
Theraphosa se surpasse et l'araignée tisse une toile riche et solide entre ciel et terre, entre prog et metal prog. Toutes les chroniques sur THERAPHOSA
DERNIERE ACTUALITE
THERAPHOSA : Nouvelle lyric video
VIDEO
Toutes les actualités sur THERAPHOSA
AUTRES ARTICLES
ARTICLE PRECEDENT
SURVIVAL ZERO (07 JUIN 2020)
Music Waves prend de la hauteur en rencontrant via écran interposé Pierre Labaillif membre de Survival Zero dans le cadre de la sortie de "The Ascension"
 
ARTICLE SUIVANT
HYPERDUMP STORY SAISON 3 : EPISODE 114
En exclusivité mondiale, Music Waves vous propose de suivre désormais les passionnantes aventures illustrées de HyperDump dans sa quête pour devenir le plus grand groupe du monde.

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020