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TITRE:

PROGRESSIVE NATION 2009 AU ZENITH


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

METAL PROGRESSIF



Music Waves était massivement présent pour ce grand rendez-vous du metal progressif !
ZOSO - 08.10.2009 -
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Dream Theater n’en finit pas de grossir. Alors qu’ils sont sur le point d’entrer dans la nouvelle décennie pour la troisième fois de leur existence, le célèbre quintet américain conserve son statut de leader incontesté sur une scène si mouvante et polymorphe qu’y être à ce point inébranlable dans le temps constitue déjà un exploit en soi. Il en sera toujours pour dire (et je ne serais pas le dernier) que leur albums récents sentent la facilité, l’empâtement, le confort, le pilotage automatique. Mais Dream Theater (comprendre : Mike Portnoy & John Petrucci) n’en a cure et poursuit sa route, avec toujours plus de fans dans son sillon. Leur dernier né - Black Clouds & Silver Linings - s’est vendu au-delà des espérances des fans et des cauchemars des détracteurs.

Tout ça pour dire : replaçons Dream Theater dans son contexte de 2009. Toute considération artistique mise à part, il n’est pas possible de nier l’évidence : en 2009, Dream Theater est énorme. Leur impact sur la scène progressive est dantesque, leur légitimité à ce poste inoxydable. Sur des critères généraux, c’est très net : personne ne leur arrive à la cheville. Du coup, l’attente générée par une tournée aussi ambitieuse que cette « Progressive Nation », qui aligne pas moins de quatre groupes dans une soirée, est forcément importante. Le public drainé par cette grande fête du progressif est forcément plus éclectique. Pendant le temps d’attente, si certains headbanguent sur ‘Ashes’ (de Pain of Salvation), d’autre fermeront les yeux de plaisir en entendant le sublime ‘Starless’ du Roi Pourpre (reprise ici par Neal Morse).

Le groupe qui monte sur scène lorsque le noir se fait pour la première fois est Unexpect. Venu du Québec, ce groupe de death-sympho-prog-tech-indé-avantgarde-ma-grand-mère metal doit sa place à la forte impression qu’ils ont faite à Mike Portnoy. Leur dernier album, « In A Flesh Aquarium », remonte certes à 2006 mais il présente une formation véloce, technique, loufoque, délirante, qui délivre des compositions démembrées et géniales qui ne sont pas sans rappeler Mr. Bungle. Le caractère capillotracté de leur musique pourrait laisser émettre des doutes sur la qualité d’un tel concept en live. Seulement, le groupe se révèle extrêmement en place. Tout est joué à cent à l’heure et tout colle parfaitement. Le groupe fait front sur scène, la batterie étant placée à gauche de la formation, et présente un spectacle impressionnant. Danses tribales, touffes tournoyantes, violoniste déchainé, et même un clone de Kerry King qui met pas mal d’ambiance à droite. Un son un peu brouillon s’affine au fur et à mesure d’un set trop court qui éclate sur un ‘Desert Urbania’ qui fera très forte impression à votre serviteur, ainsi qu’aux premiers rangs (de nombreuses rumeurs entendues à la sortie du concert laissent entendre que les personnes situées en gradin, loin du contact établi par le jeu de scène, ont eu des réactions plus variées...).

C’est très rapidement après le départ du précédent groupe que Bigelf montera sur scène, après que certains membres se soient montrés pour humblement installer leur matériel aux cotés de leur roadies. Le look annonce clairement la couleur pour cet autre groupe chouchou de Portnoy : That 70’s Show. Claviers vintages, lunettes à la John Lennon, et même un chapeau haut-de-forme. Malheureusement, si leur arrivée donne le sourire et attire la sympathie, ce revival hard/prog des seventies est loin de tenir ces promesses. Bigelf emprunte aux années plus récentes un chant monocorde sans saveur et leur compositions peinent à provoquer l’intérêt, faute de mélodies marquantes et d’éléments intéressants. La guitare est inaudible et la basse omniprésente. Sur tout leur set, seuls quelques rares moments de bravoure - comme l’intervention clownesque de Portnoy - parviennent à sauver l’auditeur de l’ennui.

La tension monte ensuite d’un cran. Il faut dire que le groupe qui s’apprête à monter sur scène n’est pas n’importe qui. Depuis de nombreuses années, Opeth a su séduire un large panel de fans grâce à sa formule puissante et lyrique déployée sur une discographie que beaucoup qualifient de parfaite. C’est avec le calme ‘Windowpane’ que le groupe ouvre le bal. Après cette intro un peu timorée et statique, la machine Opeth se met finalement en marche pour délivrer un show puissant et précis. Le son est excellent (les basses sont plus puissantes sur les premiers rangs mais rien de grave) et permet de saisir toutes les subtilités mélodique de la musique d’Opeth. Conscient que son black metal progressif ne convient pas à tous les spectateurs, le très sympathique Mickael Akerfeldt préfère en rire : « We know some people don’t like us because of the vocals… we don’t give a shit ! ». ¨Pourtant, il est ici mauvaise langue, le public étant entièrement acquis à la cause des Suédois. De véritables tueries s’enchainent comme ‘Reverie/Harlequin Forest’, le dévastateur ‘Deliverance’ et son riff grandiose, ou enfin ‘Hex Omega’ qui conclut en beauté un set très réussi.

Les américains de Dream Theater se feront un peu plus attendre, seul bémol d’une organisation jusque là irréprochable. Lorsqu’enfin l’intro retentit, un frisson parcours la salle. Derrière un rideau levé sur la scène, le groupe apparait en ombre chinoise. Explosion, tombé de rideau, puis le raz de marée qu’est ‘A Nightmare to Remember’ retenti dans le Zenith. Le morceau passe très bien l’épreuve du live grâce à des refrains facilement mémorisables. Même le controversé growl de Portnoy est l’occasion pour une fosse survoltée de se déchirer les cordes vocales. Une petite surprise attend les fans d’Awake puisque ‘The Mirror’ et ‘Lie’ suivent. James Labrie se révèle très à l’aise sur ces morceaux loin d’être évidents et réussit d’ailleurs une performance générale enthousiasmante. Revenu à un haut niveau avec courage, il nous offre un ‘In The Name of God’ qui balaye celui du Budokan. Il est malheureusement difficile d’être aussi élogieux sur un Jordan Rudess très léger : soli épouvantables, sons en plastique, manque total d’à propos… la performance du claviériste n’est sauvée que par sa virtuosité (‘Dance of Eternity’ reste un gros moment) et le visuel sympa qui l’accompagne, un magicien animé qui joue en même temps que lui et parfois en duo. Un autre regret est indubitablement l’abysse engendrée par la succession ‘A Rite of Passage’ / ‘Wither’. Si la première fait son petit effet en live - ce qui compense partiellement son manque d’intérêt - difficile de trouver une justification à un ‘Wither’ abominable. Le solo de Petrucci est heureusement une gorgée d’eau dans ce désert. Le guitariste se révèle d’ailleurs irréprochable et se démarque vraiment de ses collègues instrumentistes (Portnoy et Myung se contentent d’assurer). Sa performance est presque sans faille : Irréel sur les soli de ‘In The Name of God’, génial sur un passage aérien de ‘Count of Tuscany’ qui prend alors une autre dimension. Ce morceau, qui semblait le plus attendu par le public, conclut parfaitement le set avec un final écrasant. La petite heure et demie est passée si vite.

En sortant, les quelques réserves exprimées ici ne parvenaient pas à gâcher l’impression d’une excellente soirée. Malgré toutes les controverses qui suivent le groupe à la trace, les membres de Dream Theater prouvent encore une fois qu’ils sont non seulement capables de rallier le public à leur cause le temps d’une soirée, mais également de créer une belle cohésion autour d’un monde aussi particulier que celui du metal progressif. Décidément, Dream Theater n’en finit pas de grossir.


Plus d'informations sur http://www.dreamtheater.net
 
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