MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - IT CAME FROM BENEATH (30 NOVEMBRE 2018)
TITRE:

IT CAME FROM BENEATH (30 NOVEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



A l'occasion de la sortie de "Clair-Obscur" qui devrait permettre au groupe de sortir de l'ombre, rendez-vous était pris avec le batteur fondateur Julien Roppert pour une lumineuse interview...
STRUCK - 07.12.2018 -
5 photo(s) - (0) commentaire(s)

Une riche et longue rencontre pendant laquelle il fut question du fil rouge "Clair Obscur" que développe le groupe depuis ses débuts et qui atteint son apogée avec ce sublime album qui marque un tournant dans la carrière du groupe. Une interview pendant laquelle il sera question de l'évolution musicale du groupe qui a su briser les codes du style core dans lequel il avait pu s'enfermer à ses débuts et l'avenir avec en exclusivité le titre d'un des prochains morceaux du futur album du groupe dans lequel figurera un guest de prestige...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Julien Ropert : Ça va être bateau : "Depuis quand existe le groupe ?". Je crois que c’est qui revient le plus souvent mais c’est un peu logique…


"Clair-Obscur" est le moment où je voulais qu’on atteigne l’apogée de notre thématique






Mais on ne te la posera pas. Vous avez précédemment sorti un album éponyme, “When No Light Remains”, puis “The Last Sun” est-ce dire que la lumière, l’ombre et tout ce qui est caché est un thème récurrent chez vous ?

Exactement ! C’est le concept global du groupe depuis le début. Au départ, le nom du groupe It Came From Beneath contient également cette idée d’arrivée à la lumière. Je suis batteur et fondateur du groupe, c’est mon bébé depuis toujours. Et c’est vrai que par la suite, il y a eu cette envie d’avoir une espèce de fil rouge qui reste.
Et comme je voyais qu’il y avait beaucoup de relief dans notre musique, avec des points de lumière à des endroits, je trouvais intéressant de garder un concept qui soit toujours lié à la lumière effectivement et les contrastes.
Le premier album éponyme contenait cette idée avec également la pochette tout comme "When No Ligth Remains" et "The Last Sun" et donc, "Clair-Obscur" est le moment où je voulais qu’on atteigne l’apogée de notre thématique


Justement il va être difficile de trouver plus évident comme titre du moins pour développer votre thématique…

C’est vrai et nous ne nous sommes pas donné de limite alors que nous étions classés dans le carcan deathcore auparavant qui est devenu presque un gros mot dans le genre…


… et comment expliques-tu cela ?

Parce que déjà c’est une mouvance plus récente donc c’est vrai que tu as ce côté "c’était mieux avant" que je peux comprendre.


Mais pour le non-initié, quelle est la vraie différence entre deathcore et death metal finalement ?

Pour moi, foncièrement, c’est juste parce qu’il y en a qui se veut moderne qui met des slims avec des cheveux courts et l’autre qui se veut old-school, true avec de longs cheveux dégueulasses…


Et toi avec ta barbe taillée…

Je fais bobo, ce n’est plus possible (Rires)…


Musicalement, certains groupes ont sur-abusé du code du deathcore c’est-à-dire en gros, ça pilonne de blasts en permanence avec peu de richesse mélodique derrière


Mais en fait, c’est plus une question d’image que de musique ?

Franchement, je pense qu’à un moment donné, c'était les plugs, les tatoos… on a du gros blast mais aussi des mosh parts comme dans le hardcore, des gros beat downs à des moments…
C’est ce que j’ai aimé dans le deathcore et le metalcore, cette vague core… Pour faire du metal de gros bourrin, on n’était pas obligé d’avoir les cheveux longs jusqu’au fesses, des treillis et des rangers…
C’est ce qui m’a parlé au départ même si à la base, je suis fan de Slayer, Dissection… c’est mon monde, j’adore ça -j’ai eu les cheveux longs aussi- mais j’ai aimé voir débarquer à cette époque des mecs avec des chemises à carreaux, tout propres sur eux, pieds nus… et qui faisaient des trucs plus violents encore que Cannibal Corpse.

Je pense que ça a été un choc de culture et en plus, musicalement, certains groupes ont sur-abusé du code du deathcore c’est-à-dire en gros, ça pilonne de blasts en permanence avec peu de richesse mélodique derrière.


C’était votre cas à vos débuts ?

Au début, nous étions dans les codes du metalcore au tout départ. Sur l’aspect mélo, nous respections vraiment beaucoup ces codes même si il y avait déjà selon moi notre patte.
Mais sur l’EP "The Last Sun", on a commencé à sortir petit à petit de ces carcans mais pas suffisamment parce qu’on m’a quand même dit que ça pilonnait puis mosh part puis ça repilonnait puis mosh part… Effectivement, nous n’étions pas suffisamment variés.


N’est-ce pas un écueil lié au fait que le leader du groupe est un batteur ?

Il y a ce côté-là mais je fais aussi de la guitare à côté et nous composons à trois, même si le premier EP, je l’avais entièrement composé seul.
C’est vrai que c’est mon bébé mais sur le dernier EP, on a commencé à ouvrir mais comme nous avions un nouveau chanteur depuis peu de temps, on s’était dit qu’avec un chanteur avec une plus grosse voix, ultra grave, j’avais également pris du niveau techniquement à jouer de la batterie… et c’est vrai que l’aspect défi technique a peut-être empêché que le dernier EP en date soit plus développé mélodiquement.

Avec cet album, nous nous sommes dit que des groupes qui techniquement explosent tout, il y en a des milliers, on pourra toujours bosser pour devenir les meilleurs mais est-ce que notre but est de devenir les meilleurs techniquement ? Au final, non ! Je suis content de ce que je fais sur ma batterie. Bien sûr que j’ai envie de m’améliorer et sur d’autres styles comme la funk… mais ce n’est pas la question. On kiffe le style musical qui enchaîne gros blasts -c’est notre toile de départ- mais si en plus, on se faisait vraiment plaisir !


C’est comme si on avait un code de la route avec nous et qu’on s’y tenait. Par exemple, l’album “When No Light Remains”, on sent qu’on avait le petit dictionnaire du deathcore avec nous.





Cela signifie que vous ne vous faisiez pas plaisir par le passé ?

Si, mais c’est comme si on avait un code de la route avec nous et qu’on s’y tenait. Par exemple, l’album “When No Light Remains”, on sent qu’on avait le petit dictionnaire du deathcore avec nous.


Ce n’est pas l’album de la maturité mais celui de la sincérité !


Mais n’est-ce pas le reproche qu’on peut faire à tous les groupes de la vague core finalement ?

Au final, c’est ça ! C’est la raison pour laquelle à un moment, on a eu un autre parti-pris. Avec tout le délire du concept clair-obscur, à une époque, on aurait été dans l’idée de l’enregistrer dans le studio où tous les groupes enregistrent de bons trucs. Et en fait, non !
On a décidé de se faire plaisir en sachant pertinemment qu’on ne sera jamais riches avec la musique - on a envie de beaucoup tourner - et le délire a été de faire un putain d’album qui nous plait à nous ! Ce n’est pas l’album de la maturité mais celui de la sincérité !
Cet album est sincère. Si on avait des riffs à la At the Gates et bien, on les a mis. Tout le morceau ‘Clair-Obscur’, c’est du post-hardcore pur et dur, et bien, on l’a fait…


… peu importe les codes…

… On s’en tamponne !


Vous vous faîtes plaisir en faisant abstraction des codes et en faisant cela, on ne pourra pas dire de cet album que c’est un énième album core…

J’analyse cet album également ainsi avec le recul mais ça n’a pas été un parti-pris au départ pour corriger les défauts que les chroniques pouvaient dire de nous sur les précédentes sorties. C’est juste qu’on s’est fait plaisir en laissant les choses que nous composions et qui sonnaient bien même si ça ne fait pas trop dans le style, comme ce solo à la Pantera qu’Alexis (NdStruck : Alexis Merle, guitare) nous a apporté ou encore ce démarrage mathcore à la Dillinger Escape Plan…
Il y a de tout dans cet album du mathcore, du post-hardcore, du djent… si bien qu’aujourd’hui, on dit de "Clair-Obscur" que c’est un album de death metal moderne.


Votre album est plus obscur que clair, où se trouve la clarté de cet album ? Est-ce comme dans la peinture des petites touches de clair pour mettre en valeur l’obscurité ?

Alors, justement le concept du clair-obscur, c’est l’utilisation massive de couleurs sombres pour faire exploser le blanc. Comme les tableaux de Caravage, on a l’impression que 90% de sa toile est noire mais pourtant, on se prend une lanterne dans la gueule même si le tableau est très peu éclairé : c’est un peu ce que nous voulions !
Du coup, les thèmes sont souvent plutôt tristes et tendent vers le dépressif mais les tous petits moments de respiration prennent toute leur signification. Il y a du clair-obscur dans chaque morceau et l’album en entier est monté en clair-obscur… On est prog, on met même des mesures impaires les gars (Rires) !


Et donc comme tout groupe prog qui se respecte, "Clair-Obscur" est un concept-album ?

C’est effectivement un concept-album même si les titres ne suivent pas à la façon "Scenes From a Memory" de Dream Theater mais il y a un concept tout du long. Même les morceaux ne sont pas mis dans un ordre aléatoire, tout est vraiment pensé pour aboutir et finir à quelque chose.


Aussi libre soit-on, on est toujours prisonnier de quelque chose malheureusement


Quelle est la signification de la pochette de votre album avec cette plume et son lien avec le titre ?

C’est un pur tableau clair-obscur qui a été fait par ma tante que je remercie. Elle est artiste peintre néo-classique et du coup, je n’avais jamais osé lui demander parce que de manière générale, ces toiles valent assez cher et que ça prend beaucoup de temps à faire. Elle aime bien le fait que je fasse de la musique, on s’entend très bien mais je n’avais jamais osé lui demander. Mais comme toute ma réflexion était vraiment liée à la peinture sur cet album, je me suis dit : "Je lui demande. Si ça passe, c’est banco et si elle refuse, je ne vais pas mourir". Et finalement, elle était super contente, elle m’a demandé sur quoi je voulais qu’on parte. Au départ, j’avais pensé à des choses classiques voire trop classiques une fois de plus c’est-à-dire le crâne avec une nature morte et une bougie… Elle m’a dit qu’il fallait aller ailleurs et finalement, on se retrouve dans tout le concept de la liberté et quoi de plus libre qu’un oiseau et la plume clouée. C’est-à-dire qu’aussi libre soit-on, on est toujours prisonnier de quelque chose, malheureusement.
Ça fait philosophie de bar, mais de base je suis quelqu’un dans la contradiction, je suis quelqu’un de très extrême : soit hyper content, soit hyper malheureux ! Et donc sur cet album, soit c’est tout noir ou tout blanc -même si il y a des digressions au milieu- et de la même manière, il y a cette pochette qui est un vrai clair-obscur en termes de technique de peinture mais aussi, cette liberté qui est apportée par la plume y compris toutes les ailes à l’intérieur de l’album et pourtant, nous sommes quand même cloués… Ça reste une fois de plus cette bataille entre deux mondes.


Votre musique est assez technique (variation de rythmes - ‘Heat Death’, ‘Chased’ - et riff élaborés), comment avez-vous réussi à réunir puissance et technicité, sans jamais perdre d’intensité et d’intérêt ?

Pour le coup, je pense que tu viens de le dire et ça me fait penser à ‘Batushka’ dont le fondement de base à la batterie se veut black qui mélange chant orthodoxe russe avec des chants hurlés -sur scène il y a des capes et tout- et au final, le blast est mixé assez en retrait… et c’est magnifique, parce que les grattes sont hyper déliées. Je fais un parallèle avec ce groupe parce que finalement, si on prend la batterie seule, on est bien dans un truc de gros bourrins mais comme par-dessus, on développe des thèmes, des grilles d’accords larges, on prend le temps de développer les thèmes, on prend le temps de mettre plein de hauteur, plein d’épaisseur… choses qu’on n’avait pas forcément fait auparavant, et bien, l’auditeur ne se focalise pas uniquement sur le fait qu’il s’en prend plein la tronche au niveau de la batterie, il sent la tension que ça amène et parfois, le thème qui est au-dessus va voyager sur 20 mesures alors que sur ma batterie, je vais avoir compter 10 cycles alors que mon gratteux est sur la même grille d’accord, il sait que derrière ça va moduler.

Finalement est-ce que ça a été tant pensé quand on l’a fait comme ça ? Oui et non. Pour certaines parties, oui sur le langage musical quand on sait que le thème qui succède à l’autre est pile le rapport mineur de celui majeur qui va arriver ensuite et en faisant entrer le thème rapidement, ça va créer une grosse tension et au final, ça marche. Parfois, on fait des tests à l’arrache et ça marche aussi, ou des grattes qu’on fait tourner à l’envers sur le CD et ça créé un thème bizarre… Mais encore une fois, on s’est amusé sur ce canevas de base…


… c’est vraiment le mot d’ordre de cet album, s’amuser…

C’est clair qu’on s’est amusé (Sourire) !


Pour un groupe, il faut avoir un certain statut musical pour se permettre d’avoir des titres relativement différents pour ne pas perturber le public





Votre album est varié en intensité et en rythme, on y a répondu en partie mais est-ce que cette variété est votre identité désormais ?

Si c’est vers ça qu’on tend et si c’est ce que les gens ressentent, j’en serais plus que ravi !
Je voudrais qu’on accentue encore plus ça à l’avenir. Dans l’idéal et vous le savez mieux que moi, pour un groupe, il faut avoir un certain statut musical pour se permettre d’avoir des titres relativement différents pour ne pas perturber le public. Je prends un groupe comme Dillinger Escape Plan qui était complétement barré et plus, ils se sont développés en passant d’une recette composée de 90% de titres mathcore où on s’en prenait plein la tronche et quelques petites expérimentations à des albums où ils s’en foutaient : en plein milieu d’un morceau, il pouvait se poser et chanter en mode bar avec un petit fil jazz sur la batterie et ça passait crème. Voilà, je t’avouerais que l’évolution d’un Dillinger Escape Plan est celle qui me fait rêver tout en gardant cette violence et que les mecs viennent autant pour la bagarre et que d’autres mélomanes viennent écouter ce qu’on joue.


Pour la première fois de ma vie après un album, je vais dire que si il y avait quelque chose à changer, je ne changerais… rien !


On a lu des chroniques qui disaient que vous aviez du mal varier vos ambiances (alors que pour nous c’est tout le contraire), D’autres reprochent la sécheresse de la production alors qu’on trouve votre production aérienne. Etes-vous fiers de votre production, qu’est-ce que vous aimeriez changer ?

Pour la première fois de ma vie après un album, je vais dire que si il y avait quelque chose à changer, je ne changerais… rien ! Je ne dis pas ça dans le sens où il n’y a pas de défaut. Il y a des défauts mais selon moi, l’album parfait n’existe pas… Bref, notre album a des défauts, je pourrais les citer mais je ne le ferai pas (Rires) !
Cet album a des défauts mais c’est ainsi, c’est une photo instantanée : c’est comme nous refaisions cette interview jusqu’à ce qu’elle soit bien (Rires) !


Et puis, ce qui va plaire à certains, va être détesté par d’autres et inversement…

Il est possible que nous gardons encore des codes et certains trouvent ça ennuyeux ?


Je ne voulais pas avoir le même son que tous les autres groupes


Il est impossible de faire l’unanimité…

Et finalement tant mieux sinon nous ferions tous du Maître Gims qu’on passe à la radio en permanence (Rires) !
Au final, c’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas allés enregistrer aux Etats-Unis ou travailler avec le producteur de Betraying the Martyrs qui a un son de fou pour avoir le même son que tout le monde… et nous avons préféré garder la démarche que nous avons depuis le début. C’est-à-dire de le faire plus ou moins nous-mêmes avec des gens qu’on connaît et qui ne sont pas forcément de ce métier : le mec qui a fait le master est beat maker pour du hip hop, il a un groupe We Are Magonia dans la veine de Carpenter Brut, synthwave. Nous avons donc bossé ensemble dans une démarche différente, la seule chose que je voulais était que le son soit massif par contre je ne voulais pas avoir le même son que tous les autres groupes. Le mec qui écoute tous les groupes de Sumerian Records ne va pas trouver qu’on sonne comme tous les groupes Sumerian Records.


Vous avez réussi à faire groover les titres, quelles étapes de composition vous ont permis d’imposer ce groove ?

Je pense que je vais m’attribuer en partie le mérite de ce groove (Sourire). C’est sur la rythmique que ça se créé. J’ai beaucoup d’amis à Lyon comme Kevin Foley qui a été batteur de Benighted pendant des années ou Flo (NdStruck : Florent Marzais), le batteur d’In Arkadia qui sont des machines de guerre hyper technique. De mon côté, je n’arrive pas être constant sur un style : je suis hyper volubile comme tu peux le constater, ça part dans tous les sens et au niveau batterie, c’est pareil (Rires) ! Même si je m’entraine toutes les semaines pour garder les blasts rapides, je ne peux pas m’empêcher de me poser et de jouer du Curtis Mayfield, de la vieille soul, je suis capable de jammer sur du Aretha Franklin… Le meilleur compliment qu’on a pu me faire est le batteur d’In Arkadia donc qui m’a dit que même si mon jeu était perfectible, ce qui était cool c’est que ça groovait !


Votre musique est éprouvante par des harmonies dérangeantes (‘Desert Hills’), dans la lignée du death oldschool, est-ce aussi votre identité, et votre intention de dérouter l’auditeur avec des instants étranges ?

Ah oui, oui, complétement ! C’est comme dans un film, il ne faut pas que ce soit monotone, il faut qu’il se passe des trucs.
Et là, c’est vrai qu’aller chercher cette espèce de triton diabolus, on a tous envie d’aller le chercher ! Mais c’est vrai que quand d’un seul coup, on trouve une espèce de dissonance vraiment dégueulasse (Rires) et qu’on module juste dessus, il faut avouer que l’effet marche trop bien !


On l’a dit, votre musique est variée mais également accessible. Est-ce que c’était votre intention cette immédiateté constante ?

Je pense que ça s’est fait naturellement parce que c’est ainsi qu’on la ressent. Je ne pense que nous ayons vraiment réfléchi dans ce sens-là. Nous étions contents d’amener des choses : par exemple, le titre ‘Clair-Obscur’ ne devait être qu’un interlude qui ne devait pas durer plus de 30 secondes et de digression en digression, nous sommes arrivés à 5 minutes avec du piano… on s’est demandé où nous allions, limite on se demandait si à la suite, il n’y allait pas aller avoir un featuring de Catherine Ringer (Rires) !

Du coup, oui il y a donc une manière de faire dans l’urgence mais après, ça revient toujours à se faire plaisir en fait !


Pourquoi ne pas chanter en français, sachant que vous avez des titres en français (‘Ténèbres’) et que l'on sent une envie d'affirmer votre identité française ?

Alors, ce n’est pas plus compliqué que ça : ça vient de notre chanteur - et je plussoie aussi - et sa manière de brailler, il aime la manière dont il va travailler sa voix comme un instrument et il aime le faire en anglais. Je l’entends, je le comprends complètement…


Mais qui est arrivé à faire rimer français avec metal même si j’ai en tête Nico de feue The Arrs ?

Carrément, il est énorme !
Mais je vais lui faire sa promo au passage, pour moi, un brailleur qui défonce tout mais qui vient d’un autre monde, c’est celui qui nous a fait un featuring, c’est Johan Girardeau, le chanteur de Celeste. Il est venu chanter sur l’album. Il n’avait jamais fait de featuring pour qui que ce soit même si les membres de Celeste sont de super amis. J’ai composé ‘Fading Lights’ et arrive un passage black metal old-school et je me dis que c’est pour lui. Alexi qui le connaît très bien me dit qu’il allait me répondre d’aller me faire foutre. Ça n’a pas loupé aussi sobre que bourré (Rires) !
Et à un moment, je lui demande si je peux lui envoyer le titre et il y a un passage qui est selon moi pour lui et là, il accepte. Déjà, c’est le meilleur cadeau qu’il m’ait fait mais il me répond que ce sera en français. Bien évidemment que ce devrait être en français, son identité, sa manière de brailler est en français. Donc il est venu, posé des paroles en français et c’est vrai que ça marche trop bien !


Certaines chroniques résument votre album: efficacité et brutalité, est-ce un bon résumé de votre travail ? On y ajouterait mélodies, pesanteur et étrangeté, est-ce que ces cinq mots résument bien votre musique ?

Complétement ! Ça me fait vachement plaisir parce que si on le résumait juste par brutalité, c’est bien mais est-ce une fin en soi ? Non ! Mais si on l’enlevait, je serais hyper déçu parce que pour moi, il faut qu’il y ait des moments où il faut que ça me prenne aux tripes aussi par la violence. Mais si il n’y avait pas ces moments où on s’est permis de développer des thèmes de guitares super larges, ça aurait été triste.


Si on s’amuse sur plus de titres comme nous l’avons fait par exemple sur le titre ‘Clair-Obscur’ qui tranche vraiment avec le reste, l’effet de longueur sera déjà moins présent.






Si j’avais juste un reproche à faire sur votre album c’est sa longueur. Es-tu conscient que la longueur peut nuire à l'efficacité et allez-vous corriger cela à l’avenir ?

Je vais être sincère mais oui et cela viendra aussi de la diversité. Si on s’amuse sur plus de titres comme nous l’avons fait par exemple sur le titre ‘Clair-Obscur’ qui tranche vraiment avec le reste, l’effet de longueur sera déjà moins présent.
Mais n’est-ce pas plus intéressant de chercher plus de diversité ? Quand les titres s’enchaînent avec un tempo proche, c’est vrai qu’on a le sentiment d’être sur le même titre et donc que c’est long. On s’en est rendu compte et on a essayé de varier et on ne s’ennuie pas une seule seconde sur toute la première partie de l’album, passé ‘Clair Obscur’, on en encore ce morceau qui nous reprend… mais je pense qu’il y a peut-être un titre de trop mais c’est mon avis personnel mais... c’est dur de sacrifier un de ses bébés, les gars (Rires) !
 

Quelle sera la suite après la sortie de cet album ?

Je souhaite plein de concerts, certains sont déjà posés…


Tout s’annonce bien...

Pour l’instant, ça s’annonce plutôt pas mal, je suis assez content ! La preuve, nous sommes là aujourd’hui, on fait cette interview : je suis content !


Il y a un tournant qui se fait avec cet album !



As-tu atteint les objectifs que vous vous étiez fixés avec cet album ?

Je ne devrais pas le dire parce que je suis hyper superstitieux mais j’ai l’impression qu’on en prend le chemin. Il y a un tournant qui se fait avec cet album ! On a commencé à enregistrer la batterie, j’étais en studio avec les guitares pré-maquettées et on a fait une petite vidéo Facebook postée comme ça. C’était le patron de Send the Wood qui a vu ça sur Facebook, il a écrit à notre ingé son en lui disant qu’il aimait bien et qu’il voulait entrer en contact avec nous. Et petit à petit, il y a eu plein d’autres petites agréables surprises. Et aujourd’hui, je me retrouve avec vous et ça me fait super plaisir, je passe un très, très bon moment…





On parlait de guest. Allez-vous réussir à sortir de sortir de sa retraire le boss de Send the Wood Hadrien Tourrenc en le faisant brailleur en guest sur votre prochain album ?

Hadrien si tu nous entends, ça te ferait pas de mal parce que ça va, la paperasse mais venir gueuler un peu te ferait du bien !
Et puis, il fait ça très, très bien !
Mais j’ai réussi à convaincre Johan de chanter, je peux convaincre Hadrien de venir sur le prochain album…


On a commencé par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Ça me demande beaucoup de réflexions aujourd’hui (Rires) !


Je te propose que pour la promotion du prochain album dans lequel figurera Hadrien en guest, de commencer l’interview par cette question…

Et ainsi, ça m’oblige de devoir sortir un prochain album !


Et te rappeler de nous…


Oh ça, je ne vous oublierai pas parce que j’ai passé un putain de bon moment ! Désolé de la placer mais ça valait le coup de la mettre !


Qui sera le titre du titre dans lequel figurera Hadrien ‘Ça valait le coup de la mettre’ ! Putain c’est génial !

(Rires) Merci les gars !


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/icfbtheband/
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 15665
  • 15666
  • 15667
  • 15668
  • 15669
Haut de page
EN RELATION AVEC IT CAME FROM BENEATH
DERNIERE CHRONIQUE
IT CAME FROM BENEATH: Clair Obscur (2018)
4/5

“Clair Obscur” est une belle rondelle équilibrée, qui marche sur le fil ténu entre ombre et lumière, entre grâce et pesanteur.
DERNIERE ACTUALITE
IT CAME FROM BENEATH : Nouvelle vidéo
 
AUTRES ARTICLES
HYPERDUMP STORY SAISON 2 : EPISODE 048
En exclusivité mondiale, Music Waves vous propose de suivre désormais les passionnantes aventures illustrées de HyperDump dans sa quête pour devenir le plus grand groupe du monde...
FREEHOWLING (28 NOVEMBRE 2018)
A l'occasion de la sortie de leur album “A Frightful Piece of Hate” aux multiples facettes, FreeHowling lève le mystère sur cet album brûlant, sur sa personnalité et sur ses aspirations futures.
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2024