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TITRE:

Tyrant Fest 2018 - 1ère Journée - 17 Novembre 2018


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

BLACK METAL



Music Waves est à Oignies pour assister à une nouvelle édition du Tyrant Fest avec une fois de plus une affiche remarquable taillée dans le meilleur de l'art noir.
NOISE - 03.12.2018 -
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Né sur les cendres du Noise Dreamer Zone en 2016, le Tyrant Fest s’est donné pour objectif de mettre à l’honneur l’art noir dans un festival organisé à Amiens et depuis l’année dernière au cœur du pays minier du Pas-de Calais. L’édition 2017 était une réussite et il était impensable pour Music Waves de rater cette troisième édition qui s’annonce événementielle avec une affiche de grande qualité. Au-delà de la musique, le festival met aussi d’autres arts en valeur et profite à fond du magnifique cadre du 9-9 Bis d’Oignies. Centre culturel inauguré en 2013 il combine histoire et culture avec brio en proposant de revenir sur l’histoire de la mine et offre tout un arsenal au service de la culture. Il dispose d’une grande salle de spectacle, le Métaphone, qui est désormais une référence pour l’accueil des spectacles, mais aussi une autre salle et des studios de répétition. Dans ce cadre, le Tyrant Fest est dans l’écrin idéal et il va parfaitement l’utiliser durant ces deux jours.



Tout commence en matinée le samedi 17 novembre bien avant le premier concert avec une randonnée dans les terrils puis avec l’ouverture de la salle l’Annexe et de l’Auditorium. Dans la première salle on retrouve le merchandising dans un cadre chaleureux tandis que la deuxième est consacrée à des concerts intimistes, des conférences et des expositions de qualité mettant l’art visuel à l’honneur dans un état d’esprit underground proche de l’état d’esprit musical du week-end. Tout cela amène une ambiance particulière, à la fois sombre et attirante, et plonge les visiteurs dans un autre monde loin des tracas du quotidien. Il est aussi à souligner que toute cette partie artistique est libre d’accès pour tous les visiteurs. Le cœur du festival se situe lui dans le Métaphone. Dès son ouverture le public est très nombreux pour ne pas rater une miette de concerts prometteurs dans un cadre toujours très agréable, cette salle ayant été parfaitement pensé pour à la fois le confort des spectateurs et pour mettre à l’aise et en parfaite condition les artistes.



En ce milieu d’après midi ce sont les Suisses de Zatokrev qui ouvrent les hostilités. Depuis 2002 le groupe évolue dans un sludge teinté de doom avec en influence la scène post hardcore et l’esprit de Neurosis avec un côté lugubre et glacial qui prend aux tripes. D’entrée le ton est posé, les musiciens prennent leur temps avant de lancer réellement le concert. Cette introduction avec des sons lourds et inquiétants est parfaite pour poser cette ambiance si particulière. Puis le voyage débute, les titres vont s’enchainer et former un ensemble cohérent comme un livre qu’on parcourt. Les ambiances sont mixées à merveille, la facette sludge est écrasante de force et en assomme plus d’un. Avec un break atmosphérique planant et teinté de doom funeste le groupe dévoile une âme profonde. Les plages instrumentales sont longues, le chant est rare mais précieux. Le ton de damné de Frederyk est impressionnant, le chanteur montre un charisme certain et vit ses paroles au plus profond de lui-même. Dans cet océan digne de la folie des écrits d’un Lovecraft, ce chant est une bouée  en forme de complainte sombre et désespérée. Dans la suite l’esprit de Cult Of Luna va aussi planer avec des passages post hardcore atmosphériques. Ce voyage astral est fort et au chant on retrouve un côté pur avec une profondeur sortie des abysses. Le groupe excelle sur les montées en puissance et fascine un public attentif et respectueux.  Ce concert aura été un trip émotionnel d’une rare force, Zatokrev a proposé un voyage d’une sensibilité et d’une violence à fleur de peau. Il a lancé le festival de manière idéale, les bases sont posées et chacun se dit que ce week-end sera marquant.



Après ce voyage nous retrouvons les Polonais de Thaw. Entre doom, sludge et black metal le groupe se plait à mélanger les ambiances depuis 2010 et est déjà à la tête d’une belle œuvre avec quatre albums et divers singles. Le public est au rendez-vous et attend un nouveau voyage aux confins des tourments de l’âme humaine. Personne ne va être déçu car une chape de plomb va s’abattre sur le Métaphone. D’entrée c’est l’apocalypse, les musiciens sont en cercle et en imposent, donnant l’impression de préparer une cérémonie occulte. Avec un timbre très grave  d’outre-tombem M. impressionne, l’intensité dégagée prend à la gorge. A côté l’ensemble musical est tout aussi prenant, nageant entre noise et doom avec une lourdeur frappante. Il se dégage également une face funèbre à glacer le sang. Ces 45 minutes vont être un voyage d’une sacrée force. Le groupe joue avec les nerfs des spectateurs en le bousculant avec une force peu commune. Tantôt hypnotiques tantôt d’une incroyable puissance, les titres s’enchainent avec un côté lugubre rendant le mal palpable. Les musiciens ne sont pas bavards, ils sont concentrés sur leur art et le public apprécie comme sonné par ce mélange du meilleur des forces de l’art noir. Dans la suite du concert le côté lancinant est mis en avant avec une force herculéenne. Le voyage proposé par Thaw a été d’une classe énorme et quand la musique s’arrête et que la lumière revient il règne dans la salle un calme troublant - comme si chacun cherchait à se remettre de cette claque. Ce concert confirme l’excellent début de cette journée au vu de l’affluence au stand du groupe on devine que pas mal ont fait une belle découverte.



Avec Hangman’s Chair le ton musical va changer mais l’âme va rester bien noire tant le groupe aime aussi aller fouiller là où ça fait mal dans les tourments de l’esprit humain.  Et même si le ton plus heavy stoner est un peu à part dans cette affiche, ce concert va être un grand moment. Le côté sludge amène une puissance certaine pas si loin des aspects post proposés par les autres formations. Ensuite la cohésion et l’envie d’en découdre du groupe vont balayer tout sur leur passage. Après une longue introduction permettant de pénétrer cet univers sombre et apocalyptique le groupe balance un énorme ‘Naive’. Extrait de l’excellent dernier album ‘Banlieue Triste’, il est d’une force émotionnelle rare avec un chant profond intense et une musique puissante qui évoque Alice In Chains avec des aspects cold wave prenants. Dans la suite ‘Sleep Juice’ et ‘04/09/16’, deux autres nouveautés achèvent de convaincre le public. L’alternance entre puissance et mélodie est parfaite, le stoner sludge se marie à merveille à cette voix si profonde et faisant passer les émotions avec grâce. A côté de la puissance des plages plus calmes apportent un beau côté aérien. Dans la suite ‘Give & Take’ puis ‘Requiem’ confirment avec des aspects psychédéliques, puissants et atmosphériques. En fin de concert ‘Cut Up Kids’ et ‘Full Ashtray’ achèvent le concert en beauté, la dernière étant un énorme et long voyage mixant les genres avec une force rare qui nous emmène dans une autre galaxie avec ce chant plaintif qui prend aux tripes. Hangman’s Chair a proposé un concert hors normes avec une rare profondeur d’âme et une mélancolie teinté de révolte remarquable d’intensité. Il en a fasciné plus d’un au sein d’un public calme et attentif sonné par une claque musicale remarquable, et confirmé sa place à part dans la scène métallique hexagonale.






L’occultisme et la spiritualité vont
ensuite revenir en force avec l’arrivée des Suisses de Schammasch. Très créatif, le groupe s’est bâti une solide réputation en très peu de temps. Il bascule entre death et black metal et aime soigner ses textes et ses visuels. Son dernier album était triple et avant-gardiste et récemment il a proposé un EP basé sur les écrits de Lautréamont et ses Chants de Maldoror. Les musiciens sont cagoulés, habillés en robes de cérémonie, et leur leader C.S.R. en impose avec un maquillage doré très fin, le décor avec crânes ajoutant au côté cérémoniel du concert. L’introduction avec fumée et un son lointain amène l’ambiance, lugubre à souhait. Puis avec le premier titre le groupe envoie la sauce avec une puissance impressionnante. Ce black metal incantatoire est d’une force certaine et retourne pas mal de monde. Il se dégage de cette chanson une énorme force occulte avec un break délicieux écrasant de force et des passages atmosphériques amenant une force d’âme certaine, prenante et effrayante. Le succès est au rendez-vous avec une atmosphère de recueillement. Ensuite avec ‘Golden Light’ et son intro douce et attirante le groupe confirme sa force. Il prend son temps pour mieux attraper ses victimes par la gorge. On pense à Behemoth pour cette force noire si prenante et cette implacable puissance de feu. Les titres sont longs et cela permet de transporter l’auditeur très loin. La suite va tabasser tout autant, au-delà de la force il y a une finesse, quand l’art se mixe avec la puissance le résultat est colossal. En fin de concert, au travers d’un instrumental d’une rare force, la face ésotérique est parfaitement mise en avant. Avec cette performance Schammasch a montré qu’au-delà de la violence le black metal était aussi et surtout de l’art et un style de vie à part. Il aura fait honneur à cette idée avec classe.






L’enchainement des performances est intense mais personne n’est fatigué et après un moment pour souffler chacun attend de pied ferme Der Weg Einer Freiheit.  Le groupe allemand  a vu le jour en 2009 et depuis ne cesse de monter en puissance avec un black metal d’une rare force, pas loin de l’esprit d’un Emperor ou d’un Dissection. Le début dans le noir avec juste un son de piano a de quoi surprendre mais là aussi cela amène cette ambiance si particulière importante pour plonger tout le monde dans l’univers du groupe.  Puis c’est une guerre qui est lancée et qui frappe le public, ce black pur et dur arrache tout sur son passage. Au chant Nikita en impose avec un ton agressif et hargneux. Une ambiance de fin du monde plane sur la salle, le public accueille cela avec ferveur et se laisse entrainer dans un tourbillon de puissance. On retrouve en outre une force atmosphérique intense parfaitement mixée avec la violence. Après ce début en fanfare Nikita remercie le public avec une belle sincérité puis la folie redémarre avec un énorme ‘Skepsis Part I’. Ce titre délicieusement intense est porté par d’excellents jeux de lumières. La deuxième partie de la chanson arrache tout autant, on retrouve toute la splendeur du black avec encore une fois un superbe break mélancolique. Dans la suite ‘Ewigkeit’ est une de claque de plus. Le succès est énorme et le groupe promet de vite revenir en France. La fin de concert sera tout aussi percutante avec toujours un parfait mélange entre puissance brute et passages plus calmes atmosphériques. Der Weg Einer Freiheit a fait souffler un vent de folie sur le Métaphone avec un black musclé sachant alterner les ambiances. Il a rencontré un succès fort mérité et aura été un des grands moments de cette belle journée.



Il reste un grand nom pour achever cette première journée. Avec Aura Noir le festival accueille une légende du genre. En plus de 25 ans de carrière les Norvégiens se sont taillé une belle réputation avec un black teinté de thrash dans l’esprit de Darkthrone et Venom avec une hargne énorme et un côté crade et cru sans concession. Le ton change après tant de groupes plus ésotériques mais personne ne veut rater un tel moment et la salle est encore très pleine pour accueillir ce trio maléfique. Il n’y a pas de chichis avec le groupe. Il fonce droit dans la tronche avec ‘Sons Of Hades’. Suite à un accident, Agressor est assis mais cela ne l’empêche d’éructer derrière sa basse avec hargne. Le tout est brut de décoffrage et ce côté direct n’est pas sans faire penser à Motörhead. Cette énergie pure et dure chauffe bien le public et pas mal de pogos et de slams se lancent. Les titres vont s’enchainer à toute allure dans une cadence infernale. Aura Noir ne fait pas dans la dentelle et cette violence est jouissive. De temps à autre Apollyon prend le micro derrière ses fûts et sa voix bien rock fait le taf. Avec ‘Destructor’, ‘Shadows Of Death’ ou ‘The Stalker’ et ‘Unleash The Demon’ le groupe donne une belle leçon taillée dans le meilleur d’un black thrash old school. Durant le show et pendant un petit moment Agressor se lève de son siège et au vu de son sourire carnassier on devine qu’il savoure le moment présent à pleines dents. Avec ‘Swarm Of Tortures’ le groupe balance un ancien titre savoureux et apprécié. La fosse est de plus en plus en fusion et l’ambiance ne cesse de grimper de plusieurs crans. Tout cela fait taper du pied en rythme, ce côté à l’ancienne est fort plaisant à savourer, chacun se prenant une décharge musicale. En fin de concert ‘Deep Tracts Of Hell’ et ‘Black Thrash Attack’ achèvent leur monde. Ces classiques ne font pas de quartier et mettent une dernière fois le feu. Aura Noir se retire alors sans en rajouter et après avoir balancé la sauce avec conviction. Le trio a frappé un joli coup et achève une journée parfaite.  En revenant doucement sur terre chacun dans le public peut se dire qu’il reste une journée de folie à savourer.







Plus d'informations sur http://www.myspace.com/derwegeinerfreiheit
 
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