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TITRE:

GRETA VAN FLEET (28 MARS 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARD ROCK



Nous avions rendez-vous avec les nouveaux Led Zeppelin, Greta Van Fleet, quelques heures avant de monter sur scène et se frotter au public français, ...
STRUCK - 09.04.2018 -
10 photo(s) - (0) commentaire(s)

Sexe, drogue et rock'n'roll... comme on a l'habitude de dire... Dans le cas présent, l'interview que nous avons menée avec Danny Wagner le batteur du groupe réunissait deux des trois conditions... Si de rock, il est bien entendu question, malheureusement pour nous, il ne fut pas question de jolies filles légèrement vêtues s'offrant corps et âme à leur idole dont nous aurions pu profiter, mais plutôt de substances illicites... Et pour casser l'éventuelle image de rockeur déluré, ce n'est pas Danny qui s'est présenté à nous sous l'emprise desdites substances ! Faute de place, la rencontre s'est déroulée dans les locaux réservés au personnel et c'est un nuage de fumée qui nous a accueilli... pour une drôle d'interview !





Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Danny Wagner : Trop souvent ? D’où vient le nom du groupe (Sourire)…


Et je ne te la poserai pas…

… (Rires)


C’est toujours un compliment d’être comparé aux meilleurs !





En revanche, je suppose qu’une des questions qui revient souvent concerne la comparaison avec Led Zeppelin, non ?

Oh oui, c’est clairement la deuxième qu’on nous pose juste après celle du nom du groupe (Rires) !
Tu sais c’est quelque chose que nous prenons avec beaucoup de fierté… Led Zeppelin n’est ni plus, ni moins le plus grand groupe dans le genre. Donc c’est toujours un compliment d’être comparé aux meilleurs !


Assumez-vous cette comparaison et avec le recul, reconnaissez-vous avoir composé des titres très Led Zeppelin ?


Absolument ! Et pour être franc, je me suis penché sur les raisons qui expliquaient ce rapprochement et je dirais que nous partageons la même énergie pure que nous essayons de délivrer, mais aussi les mêmes influences blues, comme les Rolling Stones, les Who d’ailleurs… et tout cela influence notre son !


N’avez-vous pas l’impression d’arriver au bon moment et à la bonne place alors que le mouvement revival est en plein essor ?

Tout à fait ! C’est très intéressant parce que tout cela est arrivé très rapidement. Et justement quand nous allions sortir cet album, nous savions pertinemment que c’était vraiment le moment idéal pour le sortir !


Nous baignons dans cette musique depuis notre plus tendre enfance !





Comment de jeunes musiciens comme vous tombent-ils dans une musique qui berçait la jeunesse de leurs parents ?

Je pense que tout cela vient du fait que nous avons tous grandi dans une petite ville. Nous avons grandi en étant très proches de nos familles et en écoutant la radio et mon père avait plein de vinyles, de cassettes, de CDs... et nous écoutions cette musique de l’époque… Nous baignons dans cette musique depuis notre plus tendre enfance !


Justement quelle est la réaction de tes parents en voyant que tu deviens célèbre en jouant la musique qu’ils t’ont fait écouter ?


Ils sont très fiers et très contents de constater que leur gamin a pris cette route différente de la leur et ça leur permet d’avoir plus d’espace et moins de frais dans leur maison (Rires) ! Plus sérieusement, ils ont toujours à l’écoute et m’ont toujours soutenu ce qui est phénoménal, je ne pouvais rien demander de plus…


Il y a une trentaine d’années, Kingdom Come avait été lapidé par la presse spécialisée en raison de ses références à Led Zeppelin. Comment vivez-vous la différence de traitement qui vous est appliquée ?

La façon dont nous sommes traités est assez intéressante et différente suivant l’endroit du monde où tu te situes dans le monde et même rien qu’en Europe : les personnalités sont très différentes de ce que nous avions l’habitude de côtoyer chez nous ! Par exemple, le tour manager qui s’occupe de nous ici et qui est différent du nôtre nous disait que nos fans étaient super cools, respectueux et quand ils nous abordent ce n’est que pour dire du bien du groupe… Il était surpris car ils sont très différents des autres…


Mais comment expliques-tu ce revirement des médias notamment qui crachaient sur les groupes qui faisaient du revival des années 1970 et aujourd’hui les encensent ?

C’est un retournement de l’avis des populations : j’aurais aimé une meilleure explication que celle-ci mais je n’en ai pas d’autre (Sourire)…


En résumé, on peut dire que vous êtes doués mais aussi chanceux…

Il y a effectivement une partie liée à nos capacités mais nous sommes conscients que nous sommes au bon endroit au bon moment : les bonnes personnes se retrouvent avec la bonne musique ! C’est exactement ce qui se passe actuellement et j’essaie d’en profiter au maximum parce que nous vivons un truc de fou !


Comment gérez-vous la pression des médias qui vous considèrent comme le prochain groupe phénomène ?

Je dirais que c’est le mélange entre comprendre ce que tu as, ce que tu fais… mais effectivement, nous sommes conscients que c’est quelque chose qui est dans l’air… Pendant les tournées, nous sommes très occupés, c’est donc assez simple finalement de ne pas tenir compte de ce qui se passe…


[Nous] gard[ons] les pieds sur terre





Mais n’avez-vous jamais craint que l’un d’entre vous prenne la grosse tête ?

Bien sûr qu’on y a songé ! Mais on y arrive en gardant les pieds sur terre, et comme je te l’ai dit nous venons de familles très soudées.
En ce qui nous concerne, nous vivons cette expérience comme un apprentissage qui nous permet de voir ce qui se passe à travers le monde.


"From The Fires" est en fait la reprise de votre EP "Black Smoke Rising" renforcé de 4 nouveaux titres. Est-ce une démarche spontanée s’inspirant de ce que pouvaient faire les formations des années 70, ou un plan marketing bien étudié ?

En fait, l’idée de « From the Fires » était de combiner ces quatre premières chansons et de nouvelles parce que « Black Smoke Rising » était déjà sorti en avril ou mai de l’année précédente. Nous pensions qu’il en fallait plus et tout n’était pas encore prêt, plein de chansons sonnaient de la même façon, nous avons donc décidé d’ajouter les titres de l’EP en attendant le prochain temps libre qui nous permettra d’enregistrer le prochain album. Le concept de cet album est d’exposer certaines de nos influences comme Sam Cooke que nous écoutons depuis que nous sommes tout petits et Fairport Convention. La plupart du temps, nos chansons partent dans ce style…


Sur la reprise du ‘A Change Is Gonna Come’ de Sam Cooke, vous utilisez des chœurs gospel. Est-ce une expérience que vous envisagez de renouveler ?


Même si nous n’y avons pas encore réfléchi, nous sommes ouverts… cela dépendra si les chansons le nécessitent ou pas.


On a évoqué les deux reprises : pourquoi l’avoir fait dans un album de huit titres dont quatre issus du précédent EP : une volonté de rendre hommage à vos influences ou un manque d’inspiration ?

Ce n’est clairement pas le cas (Rires) ! Plein de chansons sur lesquelles nous travaillons doivent avoir 3 ou 4 ans, nous avons un large arsenal de chansons à notre disposition. Et nous avons encore en stock d’autres titres que personne n’a pu écouter parce qu’ils ont été enregistrés en… 2018 ! Bref, je peux te garantir que nous n’avons aucun manque d’inspiration !


Et qu’est-ce qui est prévu pour ces titres ?


Nous sommes trop loin de l’échéance pour fixer une date certaine mais nous espérons pouvoir le sortir après juin ou juillet de cette année…


Le but est de battre le fer tant qu’il est chaud ?

Non, mais en réponse à ta question sur le manque d’inspiration, nous sommes très créatifs et c’est le rythme que nous nous sommes donné. Nous savons comment nous composons et désormais nous savons le faire dans des environnements différents comme dans un studio, pendant notre temps libre…


Au-delà de l’influence de Led Zeppelin, on peut penser aux Black Crowes sur ‘Edge Of Darkness’, et aux Rolling Stones sur un ‘Talk On The Street’ plus direct. Ces groupes font ils partie de vos influences ?

Absolument ! Le blues, la musique de la Motown, le funk, la country… font partie de nos influences mais une des influences majeures est l’invasion musicale britannique : nous avons découvert ça quand nous étions à l’école primaire et cette musique nous a totalement coupé le souffle ! Mais quand je parle de British Invasion, je parle de tout le mouvement des Stones, les Who, les Kinks… nous sommes tombés amoureux de tous ces groupes quand nous étions à l’école !


Nous ne sommes pas un groupe qui a peur du changement




Avec toutes ces influences, est-ce que le groupe va évoluer musicalement dans le futur ?

Tous ceux qui nous connaissent le savent, nous ne sommes pas un groupe qui a peur du changement mais je ne veux pas en dire pas plus parce que notre histoire ne fait que commencer (Rires) ! Mais aujourd’hui, nous écrivons principalement des chansons de rock’n’roll parce que c’est ce qui porte le groupe actuellement mais quand le titre s’y prête, nous tentons des approches différentes mais tout en faisant attention que cela fasse sens. Mais vous verrez dans les nouvelles choses à venir (Sourire)…


Je ne suis pas d’accord avec l’image que véhicule le rock’n’roll qui n’a selon moi rien à voir avec le rock’n’roll !



Sur des titres tels que ‘Black Smoke Rising’, vos paroles traduisent un regard aiguisé sur la société actuelle et une forme de revendication. Comment fait-on preuve d’une telle maturité à vos âges alors que la plupart des formations de votre génération préfèrent parler de choses plus légères comme les filles, l’alcool, etc… ?

Ce que j’ai appris de l’industrie, c’est que quand tu montes sur scène, l’effort est si intense que la fatigue qui en découle n’est pas seulement physique mais aussi émotionnelle. J’ai le sentiment que plein d’artistes vidés ont besoin de se ressourcer. Nous avons la chance d’avoir grandi dans la nature à faire des activités de plein air mais aussi visiter une ville : nous voulons continuer de nous distraire et voir le plus de choses possible… nous voulons profiter au maximum des avantages que nous offre le fait d’être musicien. Je ne suis pas d’accord avec l’image que véhicule le rock’n’roll qui n’a selon moi rien à voir avec le rock’n’roll !


Quelle importance revêtent les textes à vos yeux ?


C’est la partie de Josh et c’est quelque chose de très naturel pour lui. Je me souviens qu’il a écrit ‘Flower Power’ en 15 ou 20 minutes. Ce sont généralement des textes qui tournent autour des idées humaines, la paix, l’amour moderne…


Dans ces conditions, vous sentez-vous proches d’artistes engagés tels que Bruce Springsteen, Bob Dylan ou autres ?

Absolument ! Bob Dylan est une grande influence. Bruce Springsteen, George Harrison… plein d’artistes de différents genres nous ont influencés dans leur message.


Est-ce que vos fans sont attentifs à votre message ?

Nous avons de la chance parce que j’ai discuté avec beaucoup d’entre eux et s’intéressent vraiment à ce que nous disons et ne sont pas là uniquement pour s’amuser. En tant que compositeurs, il y a plein d’éléments pris en compte : les parties musicales bien sûr, les textes mais également, si on parle de vinyles, tu as l’aspect physique artistique de la chose… un album est une œuvre d’art ! Et c’est cool de savoir que notre public s’intéresse à nos textes parce que ce que nous sommes est dans nos textes !





Comment envisages-tu l’avenir ?

Je serais très heureux tant qu’on continuera à nous donner l’opportunité de jouer de la musique (Sourire). Je sais qu’à notre prochaine tournée européenne, nous jouerons dans de plus grands endroits (NdStruck : au Download le 18 juin avec notamment Guns’n’Roses). J’espère qu’on pourra faire une tournée de stades… à travers le monde : nous allons découvrir plein de nouveaux pays comme le Japon, c’est super excitant !


Et ce n’est que le début…

Ce n’est que le début et j’ai hâte de découvrir de nouveaux pays : j’adore voyager !


Ce n’est que le début mais vu l'accueil de ce premier album, avez-vous la pression en pensant au prochain ?


Je parlerais plus de responsabilité. Je n’ai jamais ressenti de stress…


Aujourd’hui, ce n’est que du plaisir…

… que du plaisir ! C’est ainsi que j’appréhende toute cette situation (Sourire)…


On a commencé par la question qu’on t’avait trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?


Hum…


… ou quelque chose que nous n’aurions pas abordée ?

Oh non, tu as été très complet mais j’aime les questions qui traitent des liens entre les Etats Unis et l’Europe parce que la chose qui m’a le plus marqué pendant cette tournée. Vous avez une histoire encre plus riche en Europe et les gens sont très différents, j’adore cette diversité et c’est génial de pouvoir rencontrer tous ces gens !





Et ce soir, tu vas croiser le public français…


Ouais et je suis super excité, j’ai hâte de monter sur scène et les croiser (Sourire)


Merci

Merci


Merci à Loloceltic pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://gretavanfleet.com/
 
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