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TITRE:

ADAGIO LE 9 JANVIER 2009 (BLACK DOG)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL MELODIQUE



Excepté le nouveau arrivant Chris Palin au chant, c'est le groupe au complet qu'a rencontré Music Waves pour la promo du petit dernier "Archangels in Black"...
STRUCK - 13.03.2009 -
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Question traditionnelle pour les lecteurs néophytes qui ne connaîtraient pas Adagio : pouvez-vous vous présenter ?
Kevin : Alors le groupe a commencé avec le premier album « Sanctus Ignis » en 2001. Donc, Stéphan, ici présent, avait fait une démo qui s’appelait « Vision » et qui était antérieure au premier album. Puis, il est parti aux Etats-Unis pour faire une pré-maquette de « Sanctus Ignis » avec un clavier émérite qui s’appelle Vitalij Kuprij mais l’association ne s’est pas faite puisqu’il y a eu des divergences sur les points de vues musicaux…
Franck : … et de l’alcool (Rires) !
Stéphan : … aussi (Rires) !
Kevin : … et il rentré en France, il a trouvé ensuite des musiciens pour créer Adagio qui était au départ, un projet avec ce premier album.
Franck était aussi là dès le début, ensuite moi, je suis entré en 2002, avant l’album « Underworld » et c’est là qu’en fait, Adagio est devenu véritablement un groupe à part entière puisque ça s’est vachement hexagonalisé et qu’on est tous des potes finalement, on peut dire ça…
Franck : … oh, plus même !
Kevin : « Underworld » qui est sorti en 2003 est un album plus prog que « Sanctus Ignis » qui était plus orchestral…
Franck : Qu’est-ce qu’il parle bien (Rires) !
Kevin : Eric nous a rejoint pour la tournée « Underworld » en 2004, c’est ça ?
Eric : 2003…
Kevin : Donc, c’est là que le line-up des musiciens est au plus soudé et qu’on ne se quitte plus !

Malgré tout, il y a beaucoup de mouvements au niveau des chanteurs… En effet, « Archangels In Black » marque l’arrivée de Chris Palin ? Pouvez-nous parler de cette arrivée et à contrario, du départ de Gus Monsanto ?
Eric : On va commencer par le départ qui est de notre part…
Stéphan : Ah bon ? C’est nous qui sommes partis (Rires) ?
Eric : C’est nous qui l’avons congédié, nous dirons donc… Pourquoi ? Pour différentes choses : déjà la distance…

Pas de divergences musicales ?
Franck : Pas musicale mais des divergences de travail, de la conception du boulot…

D’accord parce que vous en conviendrez la couleur, la tessiture du chant de Chris Palin est très proche de celle de Gus Monsanto…
Stéphan : Au niveau de leur registre de voix, ils ont tous des similitudes… David (NdStruck : Readman, chanteur sur « Sanctus Ignis »), c’était un autre registre encore, c’était Fm, clair… j’aime beaucoup mais un peu différent de ce vers quoi on tend maintenant…
Mais non, c’était au niveau de la conception du travail qu’avec Gus, ça posait des problèmes…

Votre actualité est la sortie d’« Archangels In Black » : pouvez-vous nous parler de cet album ? Y-a-t’il un concept derrière cet opus ?
Franck : (A Stéphan) Ca, c’est toi !
Stéphan : Non, vas-y ! On verra si on est d’accord…
Franck : Non, je ne pense pas que ça soit un concept en particulier. Tout le monde y voit ce qu’il veut grosso modo. C’est bien de se faire un avis personnel sur la musique, les images que ça peut évoquer à une personne ou une autre. Je ne pense pas vraiment qu’il y ait un truc…
Kevin : Il y a des thèmes par morceau quand même !
Franck : Oui, quelques thèmes et la littérature aussi comme le vampirisme que je n’ai pas lu : honte sur moi…
Stéphan : En même temps, il n’est pas super connu non plus…
Franck : Et il est bien au moins ?
Stéphan : Ouais !
Franck : Et bien, je le lirais (Rires) ! Et voilà, je pense que chacun y voit…
Stéphan : … y trouve, peut y trouver…
Franck : … T’inquiète pas, ce n’est pas enregistré (Rires) !
Stéphan : Non mais, j’ai fait passer les choses que j’avais à dire, à exprimer… Après, il y a des gens qui peuvent s’y retrouver, des gens qui vont le prendre comme un film…

Et quel est le thème principal donc ?
Stéphan : Le vampirisme… C’est un sujet, en ce moment, qui est vachement médiatisé, utilisé…

Et pourquoi Adagio s’y intéresse maintenant ?
Stéphan : Parce que je m’y intéressais depuis longtemps…

Et pourquoi avoir attendu le quatrième album pour traiter de ce sujet ?
Stéphan : Parce que je n’avais pas assez approfondi le sujet et puis, parce que j’avais envie de parler d’autres trucs sur les autres albums…

Outre le changement de chanteur, de label, quelle est la différence majeure avec « Dominate » ?
Stéphan : La prod… La prod et le mix ! Le fait est que Kev’ et moi avons pu faire ça de façon autonome, donc, on a pu vraiment aller dans la direction de ce que l’on voulait : faire des essais, des tas d’expériences au niveau du son, au niveau du mix… enfin, plein de choses et donc ça, ouais, c’est le principal truc !
Ensuite, le retour des arrangements qui étaient un peu partis sur « Dominate » et peut-être, je dirais plus de cohésion dans l’ensemble. Sur « Dominate », il y avait, pour moi, un manque d’homogénéité sur certaines choses, j’aime beaucoup l’album, hein mais je trouve que celui-ci est beaucoup plus homogène pour moi.
C’est vraiment la symbiose entre « Underworld » et « Dominate » : il y a la force de « Dominate », il y a des éléments orchestraux et un peu l’ambiance d’« Underworld » dans un format plus structuré comme les morceaux de « Dominate ».

Et justement le durcissement du son depuis « Underworld » : est-ce délibéré ou est-ce naturel ?
Stéphan : C’est un choix ouais… C’est un choix délibéré… enfin, un choix…
Franck : … naturel délibéré (Rires) !

Donc, ce n’est pas fait dans le but de se distinguer d’une scène metal symphonique surchargée et d’arrêter les comparaisons avec Symphony X notamment ?
Stéphan : Ca, en toute honnêteté, c’est vrai que ça me gonfle… Forcément au bout d’un moment… Au bout de huit ans, c’est saoulant !
Mais non, ce n’est pas le but ! Le but principal, c’est que sur scène, on a aussi envie… La musique d’« Underworld » principalement et d’anciens morceaux sont vachement plus prog et donc demandent vachement plus de concentration…
Franck : Donc, moins d’éclate sur scène…
Stéphan : … Beaucoup moins de partage.
Kevin : C’est une musique qui s’écoute plus que pour le fun, quoi !
Stéphan : Et donc, on a préféré simplifier, partir exploiter le côté metal plutôt que d’approfondir le côté prog parce que pour la scène, ce n’est pas là qu’on s’éclate le plus. Je veux dire, on a le clip, les séquences, il y avait beaucoup de parties où tous les quatre on doit jouer tous ensemble, les doubles croches, les trucs syncopés ou quoi… et ce n’est pas évident en même temps de partager avec le public…
Franck : … Bouger…
Stéphan : … Headbanger…

A propos de public, vous avez constaté une évolution de votre audience ?
Stéphan : Oui, il y a beaucoup plus de petites gothiques… C’est bien (Rires) !

Donc, avec ce virage, vous avez drainé plus de public ?
Stéphan : Il y a des gens qui étaient réfractaires au style du groupe avant parce que c’était un peu associé aux musiciens, musique complexe donc chiante, enfin bon !
Pour « Dominate », le fait que certains morceaux comme « Dominate » ou je ne sais plus lesquels étaient sur des samplers, les gens se sont dis : « Oh merde, ce n’est pas uniquement cette image qu’on a des groupes pompeux, néo-classiques, tout ça ! ». Il y a aussi ce côté-là et donc ouais, ça a ramené des gens qui étaient dans une scène un peu plus extrême, du moins du metal plus traditionnel…

Et donc maintenant, si vous deviez définir la musique d’Adagio aujourd’hui : comment la qualifieriez-vous ?
Stéphan : Bah apparemment, le côté progressif, je pensais qu’il n’y était plus mais il y est toujours. Donc, je dirais dark progressif metal.
Kevin : Gothique dans l’état d’esprit…

Stéphan, quelles sont tes influences au niveau des orchestrations classiques et des guitaristes ?
Stéphan : Au niveau des orchestrations pas classique on va dire, des orchestrations purement : mon influence principale et pour Franck aussi, Franck et moi, on aime beaucoup John Williams.
Après, au niveau des orchestrations plus classiques, moi, j’aime beaucoup certains compositeurs notamment un compositeur polonais qui s’appelle Penderecki qui a fait un énorme travail sur les cordes notamment sur les basses, contrebasses enfin dans le registre des bas et que je trouvais vachement intéressant… Euh qui d’autres ? Mozart forcément aussi…

Et au niveau guitaristes ?
Stéphan : Bah moi, mon préféré, c’est Guthrie Govan ! Je crois que c’est le guitariste le plus novateur qui arrive à allier une technique monstrueuse à une musicalité…

Pourtant pour le grand public, son nom est lié à Asia…
Stéphan : Ce n’est pas là où il pouvait s’exprimer le plus mais vraiment, je pense qu’il a mis tout le monde sur le cul…

Et toi Kevin, quelles sont tes influences niveau claviers ?
Kevin : Alors déjà, j’ai commencé une formation classique donc, j’ai fait le conservatoire jusqu’à l’âge de treize ans. Donc, mes influences, c’était tous les auteurs/compositeurs standards que l’on étudie à l’école c’est à dire Bach, Beethoven, Mozart, Chopin, ce sont les quatre piliers qui font le travail de la technicité tout au long du parcours musical.
Et puis après, j’ai baigné dans le prog avec mes parents qui écoutaient du prog à fond, dans les années 70/80. Donc, j’ai commencé, je crois, par Genesis ensuite tous les classiques : Pink Floyd, Yes, King Crimson, Emerson, Lake & Palmer surtout qui avaient repris d’ailleurs les tableaux d’une exposition de Kieslowski que j’avais étudié aussi et qui m’avait plu… Les standards, les Symphony X, Angra, Dream Theater, voilà forcément…
Et maintenant, alors, je n’écoute plus trop… si tu veux, je n’écoute plus trop de metal comme j’en écoutais…

[IMG]http://musicwaves.fr/Pics/Upload/Articles/Extras/ADA01.jpg[/IMG]

Sans transition, quel est votre avis sur la scène metal française ?
Eric : Mis à part les nouveaux qui arrivent que ce soit Gojira, Dagoba, Eths…
Stéphan : One Way Mirror, Ultra Vomit…
Eric : … hormis ces derniers qui sont sur leur créneau, il n’y a pas grand chose !

Mais selon vous, c’est une question de culture ?
Stéphan : C’est parce que, c’est honnêtement très très difficile d’arriver à faire un truc international en étant français parce qu’il n’y a aucun support de la part des fans de metal français, il faut le dire ! On ne peut pas dire qu’on soit chauvin, au contraire quand tu essaies de faire l’effort d’aller vers cette direction-là, t’es plus montré du doigt que vraiment soutenu…
Franck : Surtout si tu chantes en anglais !
Stéphan : Ouais, surtout si tu chantes en anglais. Mais, ce n’est pas notre culture. En Finlande, ce n’est pas rare de trouver dans les dix premiers des ventes chaque mois, un groupe de metal… Ici, putain !!!

Et vous, comment êtes-vous perçus à l’étranger ?
Stéphan : On n’est perçu qu’en France et au Japon… parce qu’il n’y a pas eu de travail fait sur les autres pays de façon concrète à part pour le premier album. Donc, le premier album, il y a eu de supers échos, ça aurait pu démarrer vraiment si le travail avait été fait…

Et pourquoi ce travail n’a pas été fait ?
Stéphan : Parce que les maisons de disques suivantes n’ont pas spécialement aimé le deuxième album. A partir de là, il y a peut-être eu une perte de motivation et puis, des changements de labels, des labels qui n’étaient pas motivés du tout : je veux dire Locomotive pour ne pas les citer, sur l’album « Dominate », n’a pas bossé…. D’ailleurs, je ne sais même pas si ils bossent sur certains groupes (Rires jaunes) !
Enfin bon… Et voilà, donc en gros, si ce n’est pas travaillé, c’est difficile de se faire un nom ailleurs. Donc, maintenant, en fait, on essaie de redresser la barre, c’est aussi pour ça qu’on a signé avec Listenable, c’est un label qui me semble plus reconnu à l’étranger, tout du moins en Europe…

A ce titre, pensez-vous que cette signature soit adaptée au style musical d’Adagio ?
Stéphan : Je pense que si il l’a fait, c’est aussi… Ca a été une démarche volontairement commune, donc quelque part, on s’y retrouve tous les deux…

Oui, mais tu es d’accord quand je dis que cette signature chez Listenable…
Stéphan : a surpris…

… Oui et comme je disais tout à l’heure, on pouvait s’attendre à un virage plus extrême de votre part…
Stéphan : Comme faire un album de black ou de metal extrême, mais non…

Quelle est la contribution de l’artwork sur votre musique ?
Stéphan : En toute honnêteté, sur les précédents albums, je trouve qu’on a fait des artworks… on ne s’est pas vraiment fait chier dessus…
Franck : Sur « Dominate » ?
Stéphan : Non, pas sur « Dominate », sur « Underworld », la pochette est laide…
Franck : Sur « Dominate », elle n’est pas (Rires)…
Stéphan : Elle n’est pas jojo…
Franck : Elle est partie d’un bon sentiment mais le résultat n’est pas terrible.
Stéphan : Sur « Underworld »…
Franck : … c’est la couleur qui choque…
Stéphan : Non mais on dirait qu’elle est énorme, quoi !
Franck : Mais elle est énorme et elle a bu, hein (Rires) !
Stéphan : Elle a un cou !!!
Franck : « Sanctus Ignis », c’est la moins laide.
Stéphan : L’intérieur est mieux…
Kevin : C’est dire !
Stéphan : Enfin, voilà, on n’aime pas trop nos artworks à part le dernier, on a tous été d’accord, ce qui est assez rare parce qu’être d’accord sur un même point, c’est difficile !
Franck : Bien méchant, bien tape à l’œil au niveau des couleurs, au niveau de tout…

Ce qui pourrait renforcer ce virage extrême…
Stéphan : Ouais, ouais, c’est un ensemble : les paroles, la musique et la pochette.

Si vous deviez faire découvrir votre musique à quelqu’un qui ne vous connaîtrait pas : quel titre d’Adagio choisiriez-vous pour lui faire découvrir votre musique et pourquoi ?
Stéphan : Pffft (Il siffle) on pourrait tous en avoir un différent, je pense !
Eric : Je dirais « Fear Circus » parce que pour moi, c’est la plus facile d’écoute, la plus accessible.
Stéphan : Pour le public metal, je dirais « Vamphyri ».
Kevin : Pour le public prog, on peut conseiller un « Next Profundis » ou un…
Stéphan : « Codex Oscura » du dernier…
Kevin : … ou un « Codex Oscura » du dernier.

(A Franck) Et toi, tu n’as pas de titre à me donner ?
Franck : (Rires) Pour le progressif, je dirais « Next Profundis » sans hésiter et du dernier, un truc plus metal entre guillemet, ouais, « Undead » ou « Fear Circus ».

Tous les membres d’Adagio participent à des projets parallèles. Stéphan, quand comptes-tu faire un projet solo typé shred ?
Stéphan : Un projet typé shred ? Ouais, c’est en prévision. Ouais, il y a plein de trucs que j’aimerais faire mais il y a tellement de travail à faire sur Adagio, pour faire avancer les choses, que j’essaie d’organiser un ordre de priorité.

Kevin, tu commences à être de plus en plus reconnu comme producteur de groupes de prog metal avec Venturia, Myrath -groupes partenaires de Music Waves- tu as d’autres projets ?
Kevin : Des petits groupes par-ci, par-là…

… Sachant que tout petit groupe qui passe par toi devient, tout suite, plus gros…
Kevin : Non, non, non (Gêné)… Il ne faut pas exagérer non plus ! Je ne sais pas, j’essaie de m’investir… Tout ce que je sais, j’essaie de… C’est difficile d’être objectif quand même sur ton travail mais je ne me contente jamais de faire simplement du travail d’enregistrement, c’est à dire que quand un groupe vient me voir, j’essaie d’amener quelque chose, de faire le maximum que je puisse faire… si j’ai des idées même au niveau des arrangements, de la compo, du son, j’essaie d’apporter des trucs.
Mais après, tu ne peux pas aider tous les groupes, c’est à dire, voilà, j’ai des groupes préférés dans les productions comme Myrath par exemple avec qui j’ai vraiment travaillé pour le prochain album, là je suis en train de mixer le nouveau, je me suis investi à fond… Je ne peux pas faire ça avec tous les groupes.

Et quelle sera la couleur du prochain Myrath justement ?
Kevin : Ca va être du metal oriental, vraiment !

Stéphan, à propos du travail de production de Kevin, que penses-tu du dernier Venturia ?
Stéphan : Ah bah, forcément, ça joue de très haute volée techniquement (Silence)… J’apprécie beaucoup Charly, on est pote depuis très longtemps mais musicalement, je ne vois pas les choses de la même façon, tout comme lui ne voit pas les choses de la même façon que moi. Donc, c’est super bien fait, c’est vraiment super bien fait mais je n’ai pas plus d’affinité que ça, musicalement sur celui-là, je préfère l’ancien…

Ca expliquerait pourquoi Adagio partagera la scène avec To-Mera plutôt que Venturia ?
Stéphan : Bah, il y a aussi le fait que l’important pour nous au stade où on en est, c’est quand même de jouer à l’étranger vu qu’on n’a pas pu le faire avant. Essayer vraiment de développer ça et l’intérêt, c’est de faire une sorte de partage avec le groupe qui joue pour nous. Donc là, on fait une date, on les fait venir en support en France et nous, on va faire des dates avec eux au Royaume-Uni.

A propos de live, avez-vous prévu de faire un Dvd Live ?
Stéphan : Je pense que c’est encore un peu tôt pour un groupe comme Adagio !

Mais comment expliquez-vous que si peu de groupes de metal symphoniques en ait fait ?
Franck : C’est une question de moyen !
Stéphan : Et on ne veut pas bâcler, en fait…

Imageons que vous soyez vendeurs : quels arguments utiliseriez-vous pour vendre « Archangels In Black » ?
Eric : Mélodique, agressif, technique…
Stéphan : … Bah, ça dépend, c’est difficile : il faut se mettre dans la peau d’un commercial et c’est assez présomptueux pour un musicien… Si on le fait en se mettant vraiment d’un point de vue externe, je pense qu’on arrivera beaucoup mieux à le vendre…
Eric : C’est ce que j’ai fait moi, hein !
Stéphan : Je veux dire qu’une maison de disques peut dire certaines choses. Nous, si on le dit, ça fait complètement con, quoi, si tu vois ce que je veux dire !
Mais je pense que je dirais une sorte de symbiose entre différentes cultures de musique et le metal avec un côté peut-être mélancolique et tragique, sombre qui peut plaire aussi bien aux fans de metal mélodique que certains fans de metal plus moderne et extrême et un peu aussi de virtuosité…
Franck : Qu’est-ce que tu parles bien (Rires) !
Kevin et Eric : Ouais (Rires)…
Stéphan : C’est vachement dans l’ordre ce que j’ai dis en plus (Rires)…


[IMG]http://musicwaves.fr/Pics/Upload/Articles/Extras/ADA02.jpg[/IMG]


Stéphan, toujours toi, pourquoi endorses-tu des guitares LAG ?
Stéphan : Parce que ça fait super longtemps et la collaboration s’est toujours passée à merveille. Il y a un rapport humain qui est exceptionnel et puis, je pense que ce sont les seuls assez motivés, passionnés et à l’écoute pour faire un instrument aussi beau que celui-là et donc qui correspond à 200% à ce que je recherchais !
Ca a pris du temps, ça a pris près de dix ans, on a fait cinq prototypes mais au bout du compte, on est arrivé à faire un truc parfait !
Donc, ouais, ouais, LAG… je ne dis pas ça parce qu’il faut que je le dise ou quoi, non, Michel (NdStruck : Michel Chavarria) fait partie de ma famille, quoi !

Que vouliez-vous faire quand vous étiez gamins ?
Eric : Musicien.
Stéphan : Guitar Hero.
Kevin : Docteur.
Stéphan : T’es un peu docteur en chirurgie…
Kevin : … en chirurgie du son !
Franck : Moi, je me souviens d’avoir fait le conservatoire, je ne voulais pas le faire mais je n’avais pas le choix… Je ne pensais pas faire ça plus tard mais je ne sais pas… J’ai toujours aimé les effets spéciaux depuis l’âge de cinq ans. Depuis que je suis petit, je m’intéresse à ça et si je n’avais pas fait de musique, j’aurais aimé travailler…
Stéphan : … Moi, je pense que Franck dans la vidéo, en tout cas ou dans le film, c’est vrai que ça aurait pu…
Franck : Ouais, ce n’est pas mon truc, c’est balèze mais ça m’aurait plu ! Moi, enfermé derrière un ordinateur pour faire trois plans de synthèse et pour Star Wars, je l’aurais fait…

… Et faire trois plans de synthèse pour un clip d’Adagio ?
Franck : Oh, j’aimerais bien…
Stéphan : Il bosse énormément sur tout ce qui tourne autour du groupe.
Franck : Mais je n’ai pas tout, ça prend du temps…
Kevin : Et pas tout le matériel…
Franck : Si, le matériel, ça va maintenant : Adobe… Non, mais je dis ça mais il y a plein de gens qui le font superbement bien et forcément…

… Ils sont chers !
Franck : Ils sont chers mais ça se paie !
Stéphan : Non mais ce qui est super dans ce groupe, c’est que chacun de nous a un truc. Kevin, c’est la prod. Franck, c’est tout ce qui est vidéo, c’est vraiment génial quoi ! Moi, j’essaie de manager un peu le groupe…
Eric : … Et moi, je fais la bouffe (Rires) !
Franck : Et super cuisto !

Et vous êtes fiers de ce que vous êtes devenus ?
Stéphan : Fiers pas vraiment…
Franck : Content oui !
Stéphan : Content oui, content d’avoir partagé ces choses-là ! Mais ouais, à nos âges de pouvoir faire une interview pour Music Waves (Sourire), pouvoir partir comme en colo’ mais en ayant passé la trentaine et pouvoir partir avec ses meilleurs potes comme ça à l’étranger… Enfin voilà, quoi, c’est énorme !

Tu parlais de la trentaine…
(A l’unisson) La vingtaine, la vingtaine (Rires) !

Vous vous voyez faire ça combien de temps ?
Stéphan : Ca tue ça ! Parce qu’on a l’impression d’un peu d’être vieux, putain !
Franck : Non mais ce n’est pas le truc. Moi, j’aurais l’impression que c’est limité dans le temps mais quand on voit certaines personnes, on se dit que « Wahou »…

Des exemples ?
Franck : Des exemples ? Aerosmith, Lemmy…

Oui avec des styles différents d’Adagio notamment depuis son évolution avec du chant extrême ?
Stéphan : Oui mais peut-être que ça va s’ouvrir aussi…
Franck : Non mais des chants, il n’y en a pas que ça…
Stéphan : Du chant extrême, il n’y en a pas beaucoup…
Franck : Si il y en a trente secondes dans tout l’album !
Stéphan : C’est plus un élément qui soutient le chant lead. En fait, ce n’est pas un truc extrême…
Donc, non, on ne se pose pas la question !
Franck : Le plus longtemps possible !

Nous sommes en Janvier et sa période traditionnelle des vœux : que peut-on vous souhaiter pour cette année 2009 ?
Eric : Tourner beaucoup à l’étranger…
Stéphan : Pour l’instant, on a une date avec To-Mera en France le 25 Février au Casino. On a deux dates avec eux, une à Londres et une à Manchester en Avril. On a le show Metal Fest 2009 le 11 Avril avec Scar Symmetry et Textures…

… Je te coupe mais vous n’appréhendez pas la réaction des spectateurs dans de tels festivals aux groupes au contenu plus extrêmes ?
Stéphan : Bah là, c’est assez simple, sur les deux jours de festival, on est le seul groupe avec une voix mélodique, je vais dire…
Kevin : Non mais avec des casques de chantier, des bottes de chantier, c’est bon (Rires) !
Stéphan : D’un autre côté, on l’a déjà fait au Hellfest, on était avec Samael, Crematory… Il n’y avait que des groupes extrêmes, ça s’est très bien passé ! Parce que, après aussi, c’est une histoire de son, tout dépend comment tu mixes le truc : c’est sûr, si tu le mixes avec la guitare rentrée, avec la batterie toute gentille et tout ouais… Mais un morceau comme « Vamphyri », si tu rentres dedans et d’un coup, tu headbangues et puis qu’il y a vraiment le son, il n’y a pas de souci quoi !

Et donc vous avez d’autres dates ?
Stéphan : On a quoi d’autres ? On a un festival français mais comme ce n’est pas annoncé, on ne peut rien dire (NdStruck : le Hellfest)…
Mais ça commence à se monter, on a un nouveau tourneur… Comme on n’avait pas de tourneur jusqu’à présent, c’est aussi pour ça qu’on n’a pas percé… Toute l’organisation jusqu’à maintenant était inexistante sur plein de points. Donc, en fait, c’est pour ça aussi que les gens ne nous ont pas découvert…
On a fait table rase, on repart à zéro avec un nouveau label, un nouveau tourneur, un nouveau chanteur, un style plus approprié, un album sur lequel on a pu passer du temps, qu’on a envie de défendre vraiment à 100%.... Donc là, on part sur de bonnes bases pour vraiment travailler !

Avant de se quitter, je vous laisse le mot de la fin : que voudriez-vous dire aux lecteurs de Music Waves ?
Stéphan : Ah là, en général comme on n’arrive jamais à trouver un truc et que c’est toujours un truc cliché, ce qu’on fait maintenant, c’est qu’on demande à la personne qui nous pose la question de dire le mot de la fin, en fait et là, il se rend compte comme c’est dur (Rires) !

Ok. Et bien, le mot de la fin, je vous le réserve, je vous souhaite une super année 2009 avec plein de concerts notamment à l’étranger, que tous les espoirs que vous avez placé dans ce nouvel album, label, tourneur et cette promo se concrétisent de la meilleure des façons et débouchent donc sur plein de concerts… Et comme nous sommes encore dans la période des vœux, santé, bonheur, et plein de bonne musique !
Stéphan : Bah, c’est gentil ! Bah idem, pareil pour toi, les lecteurs de Music Waves et pour les familles de tout le monde, et puis plein de metal !

Merci.
(A l’unisson) Merci à toi.


Un grand merci à Jess de Listenable pour avoir permis cette rencontre.


Plus d'informations sur http://www.adagio-online.com/
 
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