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TITRE:

DEPERIR (21 décembre 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLACK METAL



Rencontre avec WT (chant) et Loki (guitare) à l'occasion de la sortie du premier méfait de Dépérir.
CHILDERIC THOR - 12.02.2018 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Loki : Ta deuxième question.

Dépérir se présente comme un groupe franco-québécois. Comment cette alliance est-elle née ?

Loki : Deux Français qui immigrent au Québec! Moi-même, Loki (guitare) et Sorthei (batterie), avons créé Dépérir en France en 2011, lorsque nous nous sommes retrouvés à vivre dans la même ville au Canada en 2015 nous avons recruté un chanteur, WT et Arawn a la basse ! L’alliance était née.

Pour les petits Français que nous sommes, pouvez-vous nous dire comment se porte la scène black metal québécoise ? 

WT : La scène Black Metal Québécoise est en plein essor! En effet, si le Black Metal Québécois est apparu passablement plus tard qu’en Scandinavie, en Grèce, en France et au Brésil, par exemple, avec des groupes pionniers comme Tenebrae , Ordoxe, SlotveanFrozen Shadows, Monarque et Svalbard (etc.), sa scène est actuellement en pleine diversification. Le début des années 2000 a d’abord connu la création d’une étiquette Métal Noir Québécois, c’est-à-dire un Black Metal entièrement francophone, mélodique et crasseux axé sur l’histoire et le nationalisme québécois prônant la séparation du Québec de la fédération canadienne. Depuis une dizaine d’années de nouveaux groupes apparaissent régulièrement avec des approches différentes, des sons plus ou moins brutaux et le font  souvent en français sans nécessairement rester accrochés aux thèmes des groupes revendiquant l’étiquette Métal Noir Québécois. En somme, il y a beaucoup de groupes de Black de divers acabits, beaucoup de concerts de Black, dont l’incontournable Messe Des Morts qui combine volet international et local, tenue annuellement à Montréal depuis 2011. Le tout est stimulant et encourage le dépassement et une certaine forme d’originalité!





Quand on pense à celle-ci, on pense à des entités telles que Forteresse, Monarque ou Sorcier des Glaces. Vous sentez-vous proche de ces groupes ?

WT : Étant basés dans la même ville qu’eux, nous avons bien entendu des contacts fréquents cordiaux et même amicaux avec leurs membres. Cependant, sur le plan de notre son, bien que notre matériel soit en français comme eux, je crois que nous nous distinguons avec une approche plus brutale alors que ces trois entités évoluent dans une branche beaucoup plus atmosphérique et mélodique du Black Metal. Nous sommes donc proches socialement, mais pas nécessairement musicalement.

Pourtant en vous écoutant, Akitsa ou Thesyre sont des noms, parmi vos compatriotes, qui viennent plutôt à l'esprit... vous retrouvez-vous dans ces groupes ?

WT : Pour ma part, ce sont deux groupes que j’ai écoutés, oui, mais je ne crois pas que Loki, qui est le compositeur du groupe, les connaisse autrement que de nom. Je crois que la ressemblance peut provenir du fait que nous partageons des influences communes : DarkthroneImpaled Nazarene, Marduk, les Légions Noires, le vieux Arkhon Infaustus…etc.

En fait, Dépérir se veut avant tout le chantre d'un black metal cru et rapide, malsain et quasi nucléaire avec sa radicalité venimeuse. Etes-vous d'accord ?

Loki : Oui.

Il y a chez vous une sorte de souci du dépouillement, de l'épure qui commence dès la pochette de votre album. Peut-on dire que vous cherchez à renouer avec une forme de cruauté originelle ?

Loki : Tu as tout compris!

Cet album semble avoir été capturé très vite comme si vous cherchiez là aussi à conserver une énergie brute et sans concession. Est-ce le cas ?

Loki : C’est surtout la composition des titres qui est instinctive et rapide. Ce n’est pas notre genre de rester enfermés des heures à travailler un riff ou un titre en particulier et effectivement la session studio a été rapide.

Pour autant, le son se veut clair et tranchant loin d'une bouillie polluée. Est-ce important pour vous d'avoir ce son à la fois authentique mais puissant ?

Loki : Oui! On n'est en plus en 1990, même si les compositions sont clairement plus orientées old school que black moderne. Sonner comme un groupe qui enregistre avec un dictaphone… non merci! Ça a donné le charme des groupes de l’époque, certes, mais aujourd’hui, si tu sonnes comme un groupe des années 90, sois tu manques d’originalité soit tu manques de matos! (rires)





L'album ressemble à un bestiaire terrifiant où se mêlent haine, sexe, meurtres... Les tueurs en série vous inspirent également. Ces chansons en évoquent-elles certains plus particulièrement ?

WT : Effectivement, je suis passionné par les histoires de tueurs en série qui représentent à mon sens le dépérissement des valeurs de la société occidentale moderne. J’ai écrit les paroles de la pièce «Tourments de mon âme» justement en me mettant dans la peau d’un tueur en série nécrophile, mais il s’agit plus d’un tueur imaginaire créé à partir de diverses histoires connues que d’un tueur réel en particulier. Je suis plus précis lorsque j’aborde la guerre ou le terrorisme, comme dans «Shrapnel» qui traite de la répression du peuple palestinien à Gaza ou de «Esprits Violés», qui aborde les décapitations-spectacles d’otages de l’État islamique. 

Avec vos préoccupations, Dépérir se distingue d'ailleurs de l'apparat forestier ou patriotique de mise chez les groupes cités plus haut. Qu'en pensez-vous ?

WT : Oui, nous nous distinguons définitivement de cette image, même si personnellement je partage les idées de ces groupes à plusieurs degrés, je ne crois pas qu’il aurait été authentique pour Dépérir de tenter de s’approprier cette imagerie. Tout d’abord, notre musique évoque un penchant plus brutal du Black Metal et deuxièmement, étant donné les origines diverses des membres de Dépérir, nous n’avons pas tous les mêmes idées, ni le même intérêt envers ces thèmes. J’écris donc sur des thèmes sales, lugubres et malsains qui nous intéressent tous, mais je le fais en français, car c’est notre langue maternelle commune et que sa poésie est inimitable ! 

Ceci dit, même si vous aimez foncer pied au plancher, les ambiances rampantes et sinistres ne vous déplaisent pas comme le montre 'Le misanthrope’ par exemple... Validez-vous cela ?

Lok i: Tout à fait! On ne se donne aucune direction, comme dit plus haut, notre musique est instinctive et reflète les émotions qui nous habitent lors de sa composition. Tout est possible dans Dépérir, mais ça restera toujours sale, lugubre et malsain.

Le black metal peut épouser plusieurs formes. Quel est votre définition du genre ?

Loki : Le mal.
WT : Horreur, malheur, destruction.





Qu’attendez-vous de la sortie de cet album ?

Loki : On n'a pas de grandes ambitions, si c’était le cas on ne ferait pas ce genre de musique ! Notre seul souhait est de jouer live. Ce qu’on aime c’est voir les corps se mutiler dans la fosse et ensuite se saouler avec eux !

Pensez-vous qu’il puisse y avoir des ambitions hors francophonie ?

Loki : Je ne suis pas contre, mais WT est bien plus radical que moi sur le sujet!
WT : Nous avons déjà de nombreuses réactions positives de gens vivant dans des pays hors francophonie et ne parlant aucunement la langue de Molière! Donc pourquoi pas? Cependant, je ne compte pas écrire en anglais seulement pour plaire! Dans ma tête, le Black Metal ne se prostitue pas pour gagner plus de fans! Est-ce que les groupes norvégiens, finlandais ou suédois qui chantaient dans leur langue natale ont eu un succès limité à leur pays d’origine? Forteresse, Monarque et bientôt Délétère vont jouer jusqu’en Allemagne avec des paroles en français. Ça veut tout dire.

Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

Loki : Voulez-vous de la cocaïne et des putes dans votre bus de tournée avec Impaled Nazarene ?  

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Loki : Satan.
WT : Tabarnac!



Plus d'informations sur http://www.facebook.com/deperir666
 
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