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TITRE:

EMY TALIANA (15 NOVEMBRE 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

POP



Rencontre avec la pétillante Emy Taliana pour briser le silence à l'occasion de la sortie de son EP
CALGEPO - 11.12.2017 -
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Music Waves est parti rencontrer  Emy Taliana pour nous parler de son EP "Briser Nos Chaînes", un album pop plutôt réussi, mais aussi de la libération de la parole des femmes.


Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Pourquoi tu fais pas un télé crochet comme The Voice ou La nouvelle Star ?



Emy Taliana, tu proposes avec « Briser nos Chaines » un EP assez convainquant, comment a-t-il été composé et en combien de temps ?

Merci beaucoup. Cet EP a mis environ 9 mois à être créé, marrant non ? Oui je l’ai vécu un peu comme une grossesse, avec tout ce qui va avec, les joies, les tristesses, l’euphorie, les nausées, tout plein de vagues d’émotions différentes. Une aventure merveilleuse. J’ai écrit et composé seule le titre 'Briser nos Chaînes' et les autres j’étais en co-composition avec mes supers compagnons de scène Patrice Bui et Florent Gayat !


Une rupture n’est jamais facile à cicatriser, mais une chanson peut être une douce pommade.


Les paroles semblent être autobiographiques notamment ‘Temps de Nuit’ qui joue sur les sonorités et dans lequel tu évoques la rupture amoureuse, l’écriture pour toi est-elle cathartique ?

C’est clair. Je crois beaucoup en la thérapie de la musique. En la thérapie tout court d’ailleurs. Extérioriser les blessures pour guérir. Et si en plus ça peut aider d’autres à guérir par le biais de la musique et bien je crois que c’est bon, j’ai atteint mon but. Quelqu’un m’a dit un jour « merci de mettre des mots sur nos maux » ; ça m’a tellement touchée. C’est pour cette raison que je fais de la musique. Une rupture n’est jamais facile à cicatriser, mais une chanson peut être une douce pommade.



‘Briser nos chaines’ semble être un hymne à la liberté dans laquelle tu expliques t’imprégner de regards hagards notamment, contre lesquels tu apportes de la positivité, peut-on y voir un soupçon politique ou sociétal dans cette chanson ?

Oui, tout à fait. Je trouve que l’être humain a une facilité déconcertante à se plaindre facilement et à souvent voir le verre à moitié vide. Alors j’essaie par ma musique d’apporter un peu de positivisme dans ce monde où l’on cultive un peu trop la peur et où nous ne sommes pas assez encouragés à exprimer ce qu’il y a de beau en nous. Mais malgré tout l’être humain me passionne, et j’aime à croire que chaque personne a en lui quelque chose de beau et de bon, même si des fois c’est bien caché (rires) ! Les gens et leur histoire m’inspirent beaucoup.


Mais l’important pour moi ce n’est pas « ne jamais se morfondre », mais plutôt d’en sortir assez vite. Car sinon c’est un cercle vicieux qui prend beaucoup d’énergie.


Sans rentrer dans une analyse exhaustive, tes chansons semblent être très féminines dans le sens où elles mettent en exergue un aspect très conquérant tout en soulignant le fait d’aller de l’avant, de ne pas se plaindre, alors que parfois, lorsque les hommes composent des chansons de rupture amoureuse, ils ont tendance à se morfondre, que penses-tu de ce regard qui peut être porté sur tes titres et sur cette approche peut être différente de vivre les suites d'une rupture ?

Je pense que c’est une chouette analyse qui me ressemble assez ! Je ne crois pas que se morfondre soit grave en soi, c’est sans doute même une période inévitable quand on vit des épreuves. Mais l’important pour moi ce n’est pas « ne jamais se morfondre », mais plutôt d’en sortir assez vite. Car sinon c’est un cercle vicieux qui prend beaucoup d’énergie. Je crois qu’il est important de savoir voir la beauté de ce qui nous entoure même quand ça va mal. Du coup j’essaie du mieux que je peux de retranscrire ça dans mes titres. Aller de l’avant, et surtout se relever. Chaque fois, ne rien lâcher et continuer d’y croire.


A l’heure actuelle avec ces affaires de harcèlement dans le cinéma, la politique et même dans la vie de tous les jours qui finissent par sortir, que penses-tu de la parole qui se libère dans les média, les réseaux sociaux ?

Je suis extrêmement touchée par tous ces témoignages et cette parole qui se libère ENFIN. Je pense vraiment que c’est une très bonne chose que les femmes parlent, puissent exprimer leur détresse, leur mal-être intérieur et que la honte change de camp. Tous ces hommes de « pouvoir » qui profitent de leur influence médiatique pour décider de la carrière d’une femme, ça me dégoute et me révolte. Je viens de composer un titre sur le sujet justement, et j’espère de tout mon cœur que les victimes seront enfin écoutées et épaulées pour que ça n’arrive plus jamais.


Je ne compte même plus le nombre d’hommes m’ayant répondu avec un regard pervers « oui je vais t’oser tu vas voir ». Jamais une femme ne m’a manqué de respect comme ça


As-tu eu affaire à ce genre de cas au cours de ta carrière ?

Je n’ai pas été harcelée sexuellement au niveau physique, par chance. En revanche, des hommes lourds, ou insistants qui font des remarques désobligeantes, j’en ai à la pelle. Que ce soit dans la rue ou dans mon métier. Je me souviens il y a quelques années je défendais un de mes titres qui s’appelle « ose-moi », je ne compte même plus le nombre d’hommes (journaliste, animateurs, présentateurs, etc) m’ayant répondu avec un regard pervers « oui je vais t’oser tu vas voir ». Jamais une femme ne m’a manqué de respect comme ça. Et je n’avais que 19 ou 20 ans…


Je vois qu’en France, la pop a une mauvaise image, mais je vois aussi que ceux qui remplissent les Zenith sont des chanteurs et chanteuses de pop le plus souvent


Tu baignes dans une pop teintée de rock et d’electro, au final assez moderne, tout en chantant en français, hormis ‘Universe’. La pop en France a souvent mauvaise presse cataloguée très vite comme commerciale voire simpliste alors qu’elle jouit outre-manche d’une tout autre vision, penses-tu prendre un risque en t’orientant vers ce style ?

Je n’ai pas l’impression de prendre un risque, j’écoute ce que me dictent mon intuition et mon inspiration. Et chaque fois que je laisse parler ma créativité c’est de la pop qui en sort (rires). Alors oui, je ne vous cache pas que j’ai assez souvent été « victime » de gens sortant des milieux puristes comme le blues, le jazz, etc - des musiques que j’écoute d’ailleurs et que j’aime aussi - qui m’ont souvent dit que la pop c’est « de la soupe ». Et bien, si la pop c’est de la soupe, je vais essayer en toute humilité d’en faire une super bonne soupe faite maison ! Trêve de plaisanterie, je vois qu’en France, la pop a une mauvaise image, mais je vois aussi que ceux qui remplissent les Zenith sont des chanteurs et chanteuses de pop le plus souvent alors… j’aimerais bien jouer dans les Zenith (rires) !!!



Quel est ton regard sur ces étiquettes trop vite collées ?

J’ai pendant longtemps beaucoup souffert de cette étiquette. J’ai l’air aujourd’hui d’assumer parfaitement de faire de la pop française et c’est vraiment le cas. Mais il a fallu que je travaille énormément sur moi pour ne plus que ça me touche ou que ça me fasse douter. C’est assez facile de coller des étiquettes, mais je peux vous garantir que faire de la pop nécessite énormément de travail, car finalement si certains morceaux peuvent paraître « simples » en sortant de studio, c’est aussi là la difficulté, faire un morceau travaillé mais qui va avoir l’air simple à la sortie et qui du coup sera abordable par le plus grand nombre. Car finalement c’est sans doute ça qu’on veut quand on est artiste, c’est toucher le plus de personnes, non ?


Penses-tu au contraire que t’orienter vers des chansons en anglais aurait plus de résonance et pourrait t'apporter une reconnaissance encore plus grande ?

Je me suis posé cette question, oui, avant d’écrire et de composer cet EP. Effectivement chanter en anglais permet de rêver à une carrière internationale. Je ne dis pas que je ne le ferai jamais. Les sonorités anglaises me plaisent énormément. Mais pour le moment je me concentre sur mon pays, et puis qui sait… Chanter en français à l’étranger ça a déjà été fait donc… rien n’est impossible !!


Pink est une immense inspiration pour moi en tant qu’artiste mais aussi en tant que femme et en tant qu’être humain. J’aimerais un jour écrire et composer aussi bien qu’elle.


Au-delà, quels sont les groupes ou chanteur(se)s qui ont nourri ton identité musicale, on pense à Madonna, Katy Perry, Avril Lavigne, Alanis Morissette ?

Eh bien vous pensez bien !! En effet j’écoute beaucoup Katy Perry, Alanis Morissette, mais aussi énormément Pink, Paramore, Imagine Dragons, Lukas Graham et en France Zazie. J’aime les femmes de caractère. Quand j’adore un (ou plusieurs ) album(s), j’adore découvrir qui se cache derrière. Je lis et regarde des interviews de ces artistes que j’admire. Ils m’inspirent par leur musique, mais aussi par leurs comportements et les idées qu’ils défendent. Pink est une immense inspiration pour moi en tant qu’artiste mais aussi en tant que femme et en tant qu’être humain. J’aimerais un jour écrire et composer aussi bien qu’elle.



La production de ton album est très léchée, peux-tu nous dire comment il a été enregistré et quelle est l’équipe qui t’a accompagné ?

On l’a enregistré dans un studio/gîte à 2h de Paris. Didier Thery (ingé son de Shaka Ponk) nous a accueillis dans un corps de ferme réaménagé en studio et gîte pour les artistes. C’était une ambiance dont j’avais toujours rêvé étant petite. Partir m’exiler à la campagne avec « mes garçons » et passer des jours, des nuits à travailler, composer, essayer, écrire, réécrire, manger, dormir, refaire le monde. Et c’est ce qu’il s’est passé. Il y a eu une vraie magie qui s’est libérée avec Patrice Bui (guitares, chœurs, composition), Florent Gayat (Basses, composition) et Romain Bachelard (Batteries).


Tu bénéficies de l’accompagnement et de l’expertise de Dooweet, comment se déroule l’accompagnement et mesures-tu à ce jour l’apport de cette collaboration qui aujourd’hui semble indispensable pour un artiste afin de sortir du lot ?

Oui, nous travaillons ensemble depuis quelques semaines donc c’est vraiment tout frais. J’ai très rarement rencontré une équipe aussi bienveillante, réactive, et qui fait ce qu’elle dit. Leur approche est saine, et surtout je crois qu’ils ont pleinement compris ce que c’est qu’un artiste en développement. Ça demande du temps, de la patience et surtout beaucoup de travail pour convaincre les professionnels que quelque chose est possible. Et je ressens en Christophe (qui s’occupe de mon projet) une véritable bienveillance, une envie que l’on réussisse ENSEMBLE. Je travaille énormément et j’ai souvent eu l’impression d’être seule, mais depuis que je travaille avec Dooweet, je sens un soutien vraiment solide de leur part. Pour le moment nous sommes au début de notre collaboration, et il se passe déjà de jolis évènements autour de cet EP grâce à eux, alors je ne peux que continuer de leur faire confiance, continuer de travailler dur de mon côté pour qu’on avance main dans la main et qu’on arrive ensemble à faire parler de ma musique.


As-tu le projet d’un album complet et envisages-tu un crowdfunding ?

Oui, j’ai le projet d’un album complet. J’ai déjà fait un crowdfunding pour cet EP et j’en serai éternellement reconnaissante à toutes ces personnes qui me font confiance. Je ne sais pas encore à ce jour si je ferai de nouveau appel à eux, pour le moment je me concentre sur la sortie de cet EP et sur les concerts à venir pour le défendre sur scène.


Je mesens à ma place [sur scène] et j’ai toujours l’impression que chaque soir de concert, les chansons sont différentes, alors que ce sont les mêmes ! C’est la magie du live.


On a vu quelques vidéos sur internet de prestation live car c’est avant tout sur scène que vivent les chansons (et les tiennes ont un fort potentiel), que ressens-tu sur scène ?

Oh, c’est gentil ça, merci beaucoup ! La scène c’est vraiment pour moi la base de tout. Faire vivre les morceaux en live, sentir les réactions des gens immédiatement, dans l’instant. Vivre un moment unique avec eux, et avec mes musiciens. Je ressens à la fois beaucoup d’excitation et en même temps beaucoup de sérénité. Je m’y sens à ma place et j’ai toujours l’impression que chaque soir de concert, les chansons sont différentes, alors que ce sont les mêmes ! C’est la magie du live. C’est l’instant, maintenant, tout de suite. On partage, on ne pense plus à nos peurs, ou nos doutes. Quand je suis sur scène, je n’ai plus AUCUN doute sur rien.


Quelles sont les dates de tes prochains concerts ?

Elles devraient tomber pour 2018. Je suis en pleine négociation de dates de concerts, dès que c’est fixé je vous en informe bien sûr !!


Qu'attends-tu de la sortie de cet album ?

J’espère que les gens seront touchés par ce que j’ai à leur partager, j’ai encore plein de choses à leur offrir donc j’espère qu’ils seront curieux de mon travail et que ça leur plaira. A chaque nouveau projet, j’y mets tout mon cœur et toute mon âme, j’espère qu’ils le sentiront. Et bien évidement j’espère de tout mon cœur que cet EP me mènera à une belle tournée...



Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

J’ai beaucoup de beaux souvenirs. La période en studio pour cet EP est un des plus beaux mais sans hésiter je répondrai sur scène. J’ai eu la chance de monter sur scène avec Zazie il y a un an et de chanter un de ses titres avec elle. Ce n’était absolument pas prévu, mais la vie réserve parfois de magnifiques surprises. C’était une soirée extraordinaire aux Folies Bergères.


Au contraire le pire ?

Aha, si mes musiciens lisent cette interview, cette question risque de déclencher des fous rires nerveux !! Un concert à Genève, où un programmateur charlatan nous a fait venir pour jouer selon lui devant mille personnes, mais la salle était presque vide, nous n’avions rien à manger, nous n’avons jamais été payés, ni défrayés du transport et avons dû payer notre hôtel au dernier moment, tout ça entre 22h et 2h du matin… Bref une soirée qui aujourd’hui nous fait beaucoup rire, mais qui, sur le moment était assez cauchemardesque !


Je soutiens en tant que marraine l’association Imagine For Margo depuis plus d’un an. C’est une association qui récolte des fonds pour la recherche sur le cancer chez les enfants.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ? quelque chose dont vous voudriez nous parler qui vous tient à coœur?

Alors oui, je soutiens en tant que marraine l’association Imagine For Margo depuis plus d’un an. C’est une association qui récolte des fonds pour la recherche sur le cancer chez les enfants. Ils organisent plein d’évènements auxquels je participe chaque fois que je le peux. Notamment une grande course chaque mois de septembre. Cette année nous étions je crois 5 000 coureurs, et 1 million 600 mille euros ont été récolté, c’est extraordinaire. C’est une belle leçon de vie.

Alors si l’envie vous prend de venir soutenir une belle association, rejoignez nous :)


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Et bien chers lecteurs, merci du fond du cœur d’avoir lu cette interview jusqu’au bout et d’avoir été curieux de me connaître un peu plus ! Et un immense merci à Music Waves, j’ai pris beaucoup de plaisir à répondre à vos questions super intéressantes, et merci Dooweet bien sûr :)


Plus d'informations sur http://emytaliana.com/
 
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