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TITRE:

PATRICK RONDAT GARE DE L'EST (LE 4 JUILLET 2008)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

GUITAR HERO



Juste avant de se rendre à Nancy pour un Masterclass, nous avons rencontré Patrick Rondat qui répond à vos questions. Une interview avec LE guitar hero français dont le talent légendaire n’a d’égal que la gentillesse !
STRUCK - 15.10.2008 -
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Struck : Merci Patrick de bien vouloir nous rencontrer. Penses-tu qu’au jour d’aujourd’hui, j’ai à te poser la question de te présenter ?
Patrick Rondat : Oh tu peux, y’a pas de soucis (Sourire). Moi, ça ne me pose pas de problème parce que je pars toujours du principe qu’il y a des gens qui ne me connaissent pas aussi… donc (il réfléchit)… c’est jamais facile…
En fait, donc, mon nom vous l’avez (Sourire) ! Ce que je fais ? Je suis musicien, je suis guitariste professionnel depuis… bah… 25 ans maintenant et je fais une carrière à la fois solo donc avec six albums dont le départ est en 1985 d’ailleurs, le premier album, y’a vingt ans.
Et puis, j’ai travaillé avec d’autres gens, je pense à Jean-Michel Jarre principalement avec qui je collabore depuis maintenant depuis 1992 de manière ponctuelle et puis, d’autres artistes avec qui… voilà… avec qui j’interviens.
Puis, une carrière aussi pédagogique puis, j’interviens dans différentes écoles tout au long de l’année pour des stages, des masterclasses et des choses comme ça…

D’où notre lieu de rendez-vous (NdStruck : la gare de l’Est) vu que tu te rends à un Masterclass à Nancy ?
D’où… voilà exactement.

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Comment vis-tu le fait d’avoir cette étiquette de guitar hero voire de leader de l’espèce française ?
(Gêné) Oh, ça fait pas partie des questions que je ne me pose pas directement dans le sens où bon, c’est une appellation, enfin pour moi, qui n’a plus trop d’intérêt dans le sens où c’était valable pour des gens qui étaient, comme dans les années 70, relativement uniques. Maintenant, des gens qui jouent bien de la guitare, y’en a des millions. Moi, j’essaie d’aller au bout de mon univers musical et je pense que l’appellation « guitar hero », y’a un côté, y’a un côté guerrier, combattant, prouesse technique…
En même temps, c’est un truc que j’assume mais je ne veux pas… pour moi, c’est limitatif d’une certaine manière, voilà, ça met trop l’accent sur le cirque, plus que sur la musique. Voilà, donc pour moi, c’était vraiment valable pour des gens comme Jimi Hendrix ou Eddie Van Halen ou des gens qui étaient hors du commun et qui étaient un peu seuls dans leur univers…

… dans leur créneau ?
Dans leur créneau, voilà. Maintenant, on n’est plus là. Maintenant, il faut essayer de… le fait de bien jouer de la guitare, ce n’est plus suffisant. Enfin, ça ne l’a jamais été mais ça l’est encore moins maintenant, je pense qu’il faut proposer quelque chose d’artistique, de musical et essayer d’en vivre !

Avant de passer à ton actualité, une dernière question liée à ton image : ta notoriété de guitar hero t’a aidé avec les filles ?
(Sourire gêné) Euh, peut-être, je ne sais pas, je suis un mec… Le problème c’est que je suis… ça pourrait peut-être aider si je m’en servais mais je suis un mec fidèle, en fait. Je suis avec ma femme depuis longtemps maintenant. J’ai des enfants… et puis, je ne cherche pas ! Je pense que quelqu’un qui aurait été à l’affût aurait pu s’en servir, oui (Rires).

Venons-en à ton actualité qui est ton nouvel album avec Hervé N'Kaoua…
N’Kaoua ! Ouais, c’est un nom, c’est marrant parce que ça sonne africain et il est espagnol, il est blond… si tu veux, c’est un espèce de mélange !

Peux-tu nous donner l'origine de cette idée et ta collaboration avec Hervé ? Comment s’est passé cette rencontre ?
Oui, bien sûr, c’est un truc qui est né y’a très longtemps, qui est né en 2004… enfin, la rencontre avec Hervé, suite à un masterclass, concert conjoint et en fait, on a eu un bon contact et j’ai trouvé la démarche intéressante justement. Et je pense qu’en tant qu’artiste, c’est important, de temps en temps, de composer des choses différentes de ce que tu fais habituellement et c’est même nécessaire et c’est même vital, je pense pour une musicien.
Donc, voilà, cette rencontre-là m’a donné envie de poursuivre et je lui ai proposé un album peu de temps après cette rencontre et donc c’est venu assez vite, il m’a dit oui tout de suite et après, il a fallu trouver les morceaux, trouver la démarche, trouver les gens qui aident à la réalisation de ce projet, ça s’est fait à Talence.
Et donc voilà, c’est un truc qui s’est fait progressivement… l’idée, c’était de mélanger, non pas de faire du néo-classique ou d’adapter du classique en métal mais de se servir de la guitare électrique comme si c’était un instrument classique. Simplement, c’est respecter au maximum l’écriture, respecter la tessiture des différents instruments quelque ils soient, voilà… Plus, intégrer une guitare électrique dans un univers classique que d’adapter ce que j’ai fais d’ailleurs !

En quoi ton approche instrumentale a dû être modifiée pour cet album ?
Bah, le travail de l’instrument est différent, c’est évident… Y’a des nuances de volume, y’a des nuances d’attaque… (Rires) et je mange en même temps, c’est terrible (Faisant référence au fait qu’il mange un pain au chocolat pendant l’interview)…
Y’a aussi comment dire… la sonorité de l’instrument parce que la guitare électrique, c’est un instrument de groupe et quand tu l’intègres dans un duo, c’est pas le même son que quand tu es dans un groupe avec basse, batterie etc.
Et donc, aussi bien au niveau du grain qu’au niveau des fréquences, au niveau de la sonorité, c’est très différent ! Donc, ça m’a demandé pas mal de boulot à ce niveau-là, d’adaptation, ouais… Puis, l’adaptation des pièces qui sont faîtes pour un violoniste, donc c’est évidemment pas le même instrument…

Justement, concrètement comment se réveille-t-on un matin et on a eu envie de remplacer des violons par de la guitare électrique sur des morceaux classique ?
Oh, c’est pas un matin ! Je pense que c’est une longue démarche, je pense qu’il y a beaucoup de guitaristes de rock, de métal… Je pense que ça a commencé avec Deep Purple, ça a continué avec pleins d’autres, y’a beaucoup de guitaristes de métal qui ont cette fascination pour le violon et malgré que ces instruments soient très différents, y’a une certaine parenté par moment dans la sonorité.
Et donc voilà, c’est une longue démarche. Bon après, c’est la rencontre avec Hervé qui a généré cette envie d’aller plus loin, le fait qu’il soit pianiste classique, prof au conservatoire, qu’il soit vraiment, si tu veux, dans cet univers-là uniquement. J’ai trouvé la démarche intéressante, cette espèce de dualité des deux univers, des deux mondes et que ça ne soit pas quelqu’un qui ait fait du rock ou du classique, qu’il est vraiment du milieu jazz mais qui ait vraiment une démarche vraiment classique pure, ça me permettait d’avoir aussi son véto sur les trucs c’est à dire arriver à des choses qui soient, on va dire, euh… certifiées conformes par quelqu’un du milieu.
Et voilà donc, j’ai trouvé la démarche intéressante et puis aussi, le fait de ne pas faire, ce que je disais tout à l’heure, des albums qui se répètent et d’arriver avec quelque chose qui… y’a des choses qui ont été faîtes mais ce genre de duo sur des musiques de chambre, ça n’a jamais été fait et donc, c’est pas évident dans la carrière d’un artiste d’arriver à faire un album qui n’a pas été créé dans la démarche.

Tu sembles parler de Hervé N’Kaoua comme, comment dirait-on, d’une caution…
Y’a un peu… Evidemment, ce n’est pas que ça ! Y’avait un peu de ça, si tu veux ! L’idée c’était justement d’arriver avec, si tu veux… c’était, comment dire, d’avoir une passerelle entre les deux mondes et la passerelle entre les deux mondes n’aurait jamais eu lieu si tu n’as pas, à un moment donné, des gens qui ont une certaine notoriété ou une certaine caution justement dans leur milieu respectif… c’est à dire, donc moi, on peut supposer que dans le milieu du rock, j’ai une certaine notoriété… bon, les gens ont assez de respect pour ce que je fais dans l’ensemble… Euh, j’avais un très bon clavier, pianiste de métal même si il avait fait du classique, ça n’aurait pas apporté l’ouverture des portes dans l’autre monde et donc, si tu veux, faire une passerelle entre ces deux univers, il fallait ça, pour moi, c’est important !

En parlant de passerelle, selon toi, le fait de mettre cet album dans la catégorie « métal » a desservi ou au contraire, aider à sa vente ?
Bah, je pense que, si tu veux quand tu te lances dans ce genre de projet, de toute façon, c’est difficile ! C’est un truc qui est long ! Je te mentirais si je te disais que ça a donné forcément aussi bien au niveau de l’accueil, au niveau justement du placement dans les magasins, si c’était exactement ce que j’avais voulu !
Evidemment, j’aurais souhaité que ça soit présent dans le rayon classique aussi. Il se trouve qu’en rayon classique, il y a deux choses qui nous ont bloquées.
La première c’est que soit tu bosses sur des œuvres d’un compositeur et à ce moment-là, tu rentres dans le rayon du compositeur, soit t’es dans le rayon de l’interprète mais, à ce moment-là, aussi bien Hervé que moi, on n’a pas une notoriété suffisante, y compris lui dans le classique pour avoir son propre bac, donc voilà, à côté des solistes de renommée mondiale.
Donc, on s’est retrouvé dans mon créneau parce qu’il se trouve que moi, je fais pas mal d’albums et donc, on s’est retrouvé dans ma boîte, c’était pas forcément l’objectif aux premiers abords mais bon, voilà…
Moi, si tu veux, j’ai assez d’expérience pour savoir que les choses se font lentement et que dès que tu sors d’un truc qui est évident, ça se complique ! On peut penser que ça facilite les choses mais non ! Voilà, les gens aiment que les choses soient claires, un guitariste de rock fait du rock, un guitariste fait du classique alors c’est du néo-classique et si tu fais du classique alors, bah, t’es un musicien classique donc tu as des instruments classiques et puis voilà ! Dès que t’es dans un truc un petit peu entre les deux, c’est plus compliqué mais en même temps, c’est pas ça qui m’empêchera ni de continuer, ni de regretter d’avoir fait ça…

Et avec le recul, que disent les chiffres niveau ventes ?
Oh, c’est… j’allais dire c’est encore un peu tôt parce qu’en fait, on a eu aussi des petits soucis avec la promo elle-même et la date de sortie qui a été décalée… Donc résultat, c’est tombé un peu tout à l’envers… donc euh… c’est un peu tôt, je crois qu’on fera un premier bilan, on va dire à la rentrée. C’est pas extraordinaire pour l’instant mais je ne suis pas inquiet plus que ça, je pense que tant qu’on n’aura pas fait une réelle tournée, réellement des dates un peu partout en France…

Et ton avis sur les retours de chroniques sur cet album ?
Bah écoute, j’ai eu pour l’instant beaucoup de bonnes réactions alors évidemment, je considère que c’est un album, que c’est un premier album quelque part dans ce style. Donc, il y a sans doute des choses que j’aimerais améliorer, il y a sans doute des petits détails mais euh… moi, j’en suis fier dans l’idée, dans la démarche, dans 80% de son exécution et l’accueil au niveau des chroniques serait plutôt positif…

Tu parles de premier album, on va laisser vivre celui-ci mais ça voudrait dire qu’il pourrait y en avoir un deuxième ?
Ca me paraît tout à fait envisageable, ouais !

Et tu as parlé de tournées, dates… Comment ça se présente ?
Bah écoute, on commence à avoir des dates un peu éparpillées qui tombent, on doit jouer dans un festival de guitare en Italie en septembre, je pense faire un date parisienne à la rentrée et j’aimerais bien faire quelques dates un peu partout, ouais…

Est-ce difficile de tourner quand on propose un registre instrumental tel que le tien ?
Alors si tu veux, on va dire dans le créneau métal, le seul problème qu’il y a, c’est que généralement, les tournées sont liées à une sortie d’album. C’est donc, on va dire, dans un cadre de métal traditionnel c’est à dire sortie/promo/quelques showcases et quelques mois plus tard, la tournée avec la date française.
Et en fait, tant que tu ne refais pas d’album… c’est à dire ce qui empêcherait de faire une tournée maintenant avec mon groupe, c’est de faire un nouvel album… Il faut que je fasse un nouvel album avec mon groupe pour rentrer dans ce truc. Ca, c’est le premier truc.
Le deuxième avec Hervé, l’autre problème, c’est pas tellement lié à ça, c’est qu’on ne peut pas jouer dans des salles comme les salles où on joue d’habitude parce que bah… acoustiquement, c’est pas la démarche au niveau son, ce n’est pas ce qu’il faut. Et donc, les gens, qui pourraient me programmer en me connaissant, n’ont pas les salles qu’il faut pour ça ! Donc, il faut s’atteler à contacter des gens qui sont plus issus de la culture, qui sont plus issus des salles… on va dire, en son direct, en sono quasiment. Et donc, c’est un peu différent aussi bien pour le tourneur que pour programmer ça. Donc voilà, pour l’instant c’est ça !

A ce titre, il faudrait contacter Christophe Godin qui a été confronté au même type de problème avec son projet 2G qui a notamment joué au Triton sur Paris…
Ouais, ça peut faire partie des choses, tout à fait, oui…

Imaginons que tu sois vendeur : comment vendrais-tu ton dernier opus sachant que le concept est assez éloigné de ce que tu produis habituellement ? Attention, la violence n’est pas une permise…
(Rires) Comment dire ? Je ne sais pas ? Ce n’est pas évident pour un musicien d’être vendeur de son produit ou justement de transformer en produit. Ce n’est pas évident !
L’argument, c’est qu’il y a un album qui est nouveau… le concept est nouveau, le mélange des timbres est nouveau, les pièces qui ont été abordées, n’ont pas été abordées pour la plupart… bon y’en a pour certaines qui ont été faîtes, j’pense à l’ « Hiver » de Vivaldi mais plein d’autres, notamment toutes les sonates n’ont pas été abordées, donc voilà !
Je pense que c’est un album intéressant dans le sens où il n’y a pas de… ch’ais pas moi, j’ai quand même une discothèque assez sérieuse et je n’ai aucun album qui ressemble à ça, tu vois ? Et donc rien que pour ça, je pense que ça vaut le coup, au moins de l’écouter…

Il n’y a aucune composition personnelle sur cet album ? Y’en aura-t-il sur l’éventuel deuxième ?
Non, ce n’est pas… Enfin, je ne sais pourquoi mais ce n’est pas dans ma démarche pour l’instant. On en intègre quelques unes sur scènes… euh, on a en fait par Manu Martin, mon clavier, c’est un clavier qui joue avec moi, avec mon groupe, il a fait deux/trois arrangements sur deux/trois titres piano classique/guitare électrique. Donc, on interprète certains de mes morceaux plus pour… bah faire plaisir aux gens qui me connaissent, puis aussi détendre l’atmosphère parce que c’est aussi répertoire aussi assez tendu, assez stressant à jouer. Donc, on le fait sur scène, je pense qu’on le fera sur scène… Maintenant le faire sur l’album ? Je n’ai pas ça en tête pour l’instant… C’est délicat, si tu veux, de mélanger Foret, Beethoven et… toi… Tu vois ce que je veux dire ? Y’a un côté euh… je sais pas, ça me paraît bizarre ! Moi, y’a un truc qui va pas dans ma tête, faut savoir ce que l’on est… ce n’est pas un complexe d’infériorité !

Mais quelque part, tu n’as pas déjà fait ce mélange dans « Amphibia » avec la reprise de Vilvadi ?
(Catégorique) Ce n’est pas pareil, ce n’est pas pareil… parce que, si tu veux, c’est une adaptation et je l’ai vraiment fait dans un concept et c’était un titre d’un compositeur classique dans mon répertoire qui était, au niveau du son et au niveau de l’esprit… qui était proche de ce que je suis. Je l’avais un peu, je me l’étais un peu appropriée…
A partir du moment où là, c’est vraiment des compositeurs classiques que tu joues quasi-texto et que tu as 80% de compositeurs, ça fait un peu… enfin moi, j’me sens pas…

Et ensuite, après la tournée ? Ton futur : tu as prévu un album plus guitar hero comme beaucoup de tes fans le demandent ?
Oui, c’est pas… J’vais rassurer tout le monde, ce n’est pas un changement de cap total ! Non, non, pas du tout et d’ailleurs, je compte m’y mettre cet été, avancer assez sérieusement.
Mais je suis quelqu’un qui prend du temps, si tu veux, pour faire des albums et la raison est que je vais chercher à voir par rapport à ce que j’ai fait, c’est qu’il y a des identités dans les albums, des personnalités et ils ne se ressemblent pas tant que ça même si il y a un lien entre tous mes albums et j’ai envie que ça dure ça, tu vois ? J’ai pas envie d’arriver avec un « An Ephemeral World 2 » un peu moins bien ou un peu pareil. Ca ne m’intéresse pas et je n’ai pas habitué les gens à ça et je pense que ce n’est pas ce qu’ils attendent de moi, tu vois ?
Donc, l’idée s’est de faire un album… voilà qui ait sans doute des incidences liées avec mon travail avec Hervé, pas forcément des couleurs, pas forcément un duo guitare électrique/piano, pas sous cette forme-là mais que ça ait une incidence sur mon travail. C’est évident que c’est des couleurs que j’ai envie de réutiliser, tu vois ? J’ai des choses que j’ai apprécié dans tous mes albums, des choses que j’ai moins appréciées…

Et justement qu’as-tu le moins apprécié ?
Oh, maintenant, ce que j’apprécierais le moins maintenant, c’est des formules, des morceaux un peu courts, on va dire, des formats chansons. Oh, ce n’est pas que je les renie hein ? mais des formats, on va dire, couplets/refrains/solo… voilà du métal sans chant, on va dire, ce n’est pas vers ça que j’ai envie d’aller.
Euh, je me sens plus près d’un « Amphibia » le morceau « Amphibia », je me sens plus près de « Take This » dans le dernier album, faire des morceaux assez longs avec des parties planantes au milieu… euh, plus floydien par moment, j’ai envie d’aller vers ça !

Très progressif dans le fond ! Justement, beaucoup de tes fans regrettent le fait que tu n'essaies pas de fonder un groupe de métal progressif car aussi bien techniquement qu’humainement parlant, tu pourrais t’adjoindre les services des meilleurs musiciens sur la scène progressive…
Oh, de toute façon, le line-up, je pense l’avoir avec Patrice (NdStruck : Guers), Dirk (NdStruck : Bruinenberg). Au niveau musical et humain, moi j’ai pas tellement de souci, pour intégrer du chant, ça serait la démarche… ouais (Il réfléchit) si tu veux, je n’ai pas tellement envie, non plus, de faire un clone de Dream Theater bis, tu vois ?

Oui, quoique le métal progressif actuel…
… (Il coupe) ce n’est pas que ça, on est d’accord !
Alors moi, les groupes qui me branchent, tu vois, c’est vraiment… genre Porcupine Tree… enfin, toute cette partie-là…

Steven Wilson…
… C’est vraiment quelqu’un, lui et le groupe, je pense au batteur notamment…

…Gavin Harrison…
… J’adore ! C’est très, très… ce que j’aime bien, c’est technique, musical. La technique ne prend pas le pas sur la musicalité, à aucun moment.
Alors, mon seul regret, entre guillemet, c’est que moi, j’aurais mis des parties de solo plus près de ce que je suis moi, voilà !
Je pense que c’est pas du tout l’état d’esprit dans lequel il est et je respecte totalement mais euh, en même temps, je n’ai pas envie de faire un truc qui ressemblerait à Porcupine Tree avec des solos dedans, tu vois ?
Faut aussi une voix, je n’ai pas envie d’avoir un chanteur de métal euh… tu vois, qui couvre 27 octaves voilà ! Il faut trouver la personne, ce n’est pas un truc que je m’interdis, si tu veux, tu vois ?

Ca arrivera lorsque tu rencontreras la bonne personne…
Voilà, tu vois, je ne sais pas, j’ai rencontré un mec d’un groupe français qui s’appelle The Demians. Donc lui, j’ai rencontré principalement le guitariste/chanteur de ce groupe-là (NdStruck : Nicolas Chapel), c’est quelqu’un qui a quelque chose…

Tu viens de parler d’un artiste français, toi qui a arpenté la scène « métal » depuis plus de 20 ans, quel est ton avis sur la scène française ?
Bah écoute, y’a des choses qui se passent, on parle de The Demians dans un domaine, on pourrait parler de Gojira dans un autre…
Bah moi, je trouve que c’est des groupes… enfin, j’ai énormément de respect musicalement et pour la démarche et pour le résultat qu’ils ont obtenu. C’est à dire de partir de France, en plus, ils sont de province et arriver à faire un truc qui est crédible à l’étranger, qui est crédible musicalement, c’est énorme ! Donc, j’ai énormément de respect pour eux…

A cet égard, tous les groupes qui suivent dans le sillage de cet exemple ont une nouvelle façon de penser à savoir se tourner résolument vers l’étranger…
Oui, oui, oui. Je trouve ça, c’est génial. Et je trouve que les groupes français maintenant n’ont plus à souffrir de quoique ce soit. Quand ils proposent des trucs maintenant, ça joue, t’as pas l’étrange malaise des dire : « Tiens, c’est bizarre, ça ressemblerait presque… ».
Et moi, donc enfin, je dis succès mérité et je trouve ça bien, je trouve ça vraiment bien qu’ils fassent ça !

On parlait de groupe métal progressif, à ce propos quelles sont les vraies raisons pour lesquelles tu as quitté l’aventure Elegy et Consortium Project ? Comptes-tu donner suite à l’un d’eux ?
Pour l’instant, ce n’est pas prévu. Honnêtement, ce n’est pas prévu. Je pense que c’était… moi c’est une expérience, j’en ai retiré énormément de plaisir, c’était vraiment cool, c’est des gens que j’estime beaucoup, c’était vraiment agréable.
Le Consortium, c’était vraiment une rencontre notamment la tournée avec Stephan Lills (NdStruck : guitariste de Vanden Plas) et toute l’équipe, c’était vraiment, c’était que du bonheur. Donc ça, j’en garde un très bon souvenir. Elegy pareil, bon il se trouve que ça n’a pas forcément, ça n’allait pas forcément vers ce que je voulais, y’a des caractères... Ian, le chanteur, c’est un mec qui est génial, qui a une voix extraordinaire, qui a beaucoup de talent, qui a aussi une vision de ce qu’il veut faire, tu vois ? Et c’est pas forcément le mienne, tu vois ? Mais moi, il m’a proposé, à un moment donné, de revenir sur un truc là… Mais ch’ais pas, y’a ça, y’a le fait de l’éloignement c’est à dire tu peux y aller mais en même temps, entre le projet avec Hervé, le fait que je sois à la bourre avec mes compos pour mon propre groupe… euh repartir là-bas pour répéter, plus les master-classes, les machins… à un moment donné, bon…

… y’a des choix à faire…
Ouais, voilà, tu peux faire mais bon ouais, moi, j’aime bien aussi garder… on parlait de ma famille, j’ai aussi envie de garder du temps, voilà. Je ne veux pas être à fond là-dedans tout le temps parce que j’aime bien aussi vivre !

Comment expliques-tu que tu sois connu par le (grand) public comme musicien de ... ou musicien ayant joué avec, plutôt que pour ton oeuvre et tes compositions en « solo » ?
Oui, c’est marrant ! Parce qu’en fait, je ne suis pas quelqu’un.. je ne suis pas réellement un side-man, ce n’est pas un truc que j’ai fait beaucoup.
En même temps, le grand public, on peut supposer qu’il ne soit pas au fait de l’instrument, de la guitare. Et en fait, quand ils te connaissent à travers la télé et à travers des spectacles, c’est évident que quand tu fais ça, il y a de grande chance que ce soit à travers Jarre et donc voilà quoi !
Mais moi, c’est un truc qui ne me dérange pas plus que ça parce que, si tu veux, ce que j’ai fait avec Jean-Michel, je l’assume totalement et je trouve qu’il m’a fait une belle place, donc voilà !

En as-tu ressenti les répercutions sur ta carrière solo ?
Y’a eu de toute façon des répercutions ! Maintenant, ce n’est pas forcément quantifiable en terme de ventes ou quoique ce soit… Maintenant, c’est évident que ça a un impact et puis de toute façon, ça a un impact dans ma tête, le plaisir de l’avoir fait, le plaisir d’avoir jouer dans des endroits, des lieux mythiques, je pense à Wembley, des choses que j’aurais sans doute jamais fait et que je ne referais peut être jamais dans ma vie, tu vois ? Enfin, tu vis en France, que tu fais de la guitare, et aller jouer au stade Wembley, un jour, y’a quand une chance sur je ne sais pas combien de milliard que ça t’arrives (Rires) !
Bon, si tu veux, j’en tire pas une fierté particulière. Simplement, je suis content de l’avoir fait et donc voilà, c’est des choses qui méritent d’être vécues…

A propos de guitar hero toi, qui fais partie du patrimoine guitaristique national, quel regard portes-tu sur la nouvelle génération de guitaristes, en France ou ailleurs ?
Des noms, des noms ? T’as des noms en particulier ?

Christophe Godin…
Christophe, Jean Fontanille, Pascal Vignier, Youri de Groote… enfin, y’en a pas mal..

Stephan Forte…
Stephan Forte…

Charly Shanona…
Charly…
Et bien, j’en pense que du bien de ces gens-là, à la fois musicalement et humainement.
C’est ce que je disais d’ailleurs, tu vois, on parle de Pascal Vignier de Triple FX, je le vois quasiment tous les mois, on bouffe ensemble à Nancy, c’est vraiment… Que ce soit lui, Youri, Stephan que je connais bien… Je connais moins Charly, on s’est croisé deux/trois fois mais c’est pareil, c’est un mec super !
Ou Godin que je connais depuis des années en fait, il joue avec mon bassiste, y’a très longtemps. Donc, ça fait dix ans que je connais Christophe.
Et je trouve qu’il y a un vrai… à la fois, y’a une grande qualité musicale et c’est des gens qui sont humainement vraiment sympas, quoi ! Donc, une vraie entraide. Ch’ais pas, y’a un sentiment que je n’ai pas connu moi, dans les années 80 où quand j’étais guitariste, c’était un peu, pas qu’entre les guitaristes d’ailleurs, même entre les groupes, y’avait une espèce de guerre, tu vois ? Avant les concerts, dans les machines, même dans les groupes métal avec chant, c’était vraiment une ambiance merdique de ce côté-là ! Et là, y’a vraiment une ambiance super sympa, voilà !
Et moi, j’ai une espèce de rôle de patriarche là-dedans qui est, en fait, pas désagréable (Rires) !
En tout cas, c’est des gens, tous avec des personnalités différentes, des sons différents, des styles différents et qui ont un talent extraordinaire !

A ce propos, la plupart des guitar heros ont revu leur coupe de cheveux ces dernières années...
… ouais, c’est vrai !

… c'est quand que tu passes à la tondeuse ?
Bah, pas pour l’instant !

Un petit point matériel : dans ces 20 dernières années, y a-t-il un produit/instrument/logiciel/ampli/technologie qui ait marqué selon toi le matériel musical ou plus globalement ton approche musicale... en clair, au niveau guitare, quelle est l'innovation qui a été la plus intéressante pour toi et pourquoi ?
Honnêtement (Silence)… Non, la seule innovation, c’est technologique… C’est le fait qu’on puisse enregistrer maintenant ses albums chez soi ! C’est tout ce qui est… bon, le fait d’avoir un Mac ou un Pc, d’avoir des logiciels et des cartes sons et de pouvoir faire des albums chez soi…Ca reste l’innovation importante.
Euh, la modélisation, pour moi, c’est pas une innovation importante au niveau de la guitare… euh, après le reste, la meilleure innovation de la guitare, c’est le guitariste, hein ? J’veux dire c’est les guitaristes qui avancent, c’est pas les guitares ! Les guitares sont à un niveau tel maintenant où, tu vois ? J’veux dire, j’vois l’Ibanez que j’ai là, bon c’est mon modèle, hein, j’veux dire on peut toujours trouver des choses à changer mais globalement, je sais que j’ai vachement plus de boulot pour m’améliorer moi que l’améliorer elle, tu vois ?

A ce propos, pourquoi avoir changé d’endorsement d’ESP à Ibanez ?
Depuis dix ans maintenant… Bah écoute ce qu’il s’est passé, j’étais chez ESP depuis dix ans aussi et en fait, ça a changé d’importateur en fait et les gens qui ont importé ESP se sont fait retirer la carte et c’est surtout avec eux que j’avais un lien à la fois humain et, on va dire, professionnel.
Et donc quand eux se sont fait retirer la carte ESP, je n’ai plus eu tellement envie de continuer avec ESP. J’avais d’autres petits soucis niveau pièces détachées, c’est une marque qui fait des supers guitares mais en tout cas, à l’époque, c’était un peu merdique au niveau des pièces détachées, au niveau du suivi des modèles… Enfin, c’était un peu compliqué, tu vois ?
Et donc, tant que j’étais comme, comme je suis quelque de fidèle et comme Claude (NdStruck : Gaudefroy de COM Distribution) l’importateur d’ESP à l’époque m’avait aidé donc bon, j’suis resté avec principalement pour ça. Mais quand il s’est fait retirer la carte, je n’ai pas eu tellement envie de continuer.
Alors, c’est vrai après il y a eu d’autres options, y’a l’option Vigier qui fait des guitares extraordinaires, c’est un mec super, enfin bon, pour qui j’ai beaucoup d’estime et qui est français. Donc, c’est évident que ça a été des choses que j’ai pris en compte, y’a eu plusieurs marques qui m’ont contacté. Ce qui m’a plus plu chez Ibanez, ça reste principalement une histoire de confort de jeu, d’ergonomie de l’instrument que j’aime bien, qui me correspond bien et le fait que ce soit une marque internationale et ça tu ne peux pas l’enlever non plus, malgré tout…

Tu parlais tout à l’heure d’enregistrement d’album chez soi, selon toi, c’est une bonne ou mauvaise chose pour la musique en générale ?
Bah, c’est un peu des deux. Si tu veux la bonne chose, c’est que ça permet à des gens avec des budgets moyens ou nuls de faire des disques, ce qui était impossible à mon époque, c’est à dire, il fallait signer avec une maison de disque ou sinon tu ne faisais pas de disque ! Ca c’est le point positif.
Le point négatif, c’est que tu peux faire ça chez toi, pendant des semaines, des mois et des années et c’est pas forcément le reflet de ce que tu es vraiment, c’est à dire, on se retrouve avec des gens qui produisent des albums qui sont supers mais les gens ne sont pas au niveau de ce qu’ils présentent musicalement. Bon, ce n’est pas le cas des gens que tu m’as cité, hein ? Tu vois Christophe, sur scène, tu sais bien qu’il ne met pas dix ans pour faire ses disques mais par contre, y’a des gens, c’est pas comme ça… Enfin, moi, j’ai vu des grosses différences c’est à dire, que tu peux perdre la notion de live et en fait, rentrer dans le concept de pousser le bouchon au maximum sans tenir compte du fait que quand tu fais de la musique, il faut être aussi capable de… bah de franchir cette barre que tu te places tous les jours quelque soit ta forme, quelque soit ta vie, et ça veut dire qu’il faut en garder sous le pied… Des fois, tu peux tomber dans l’engrenage de pousser, pousser, pousser et de perdre la musicalité et de perdre un peu cette notion de live de ta musique, quoi !
Et puis aussi, le phénomène internet c'est-à-dire… après bon, après on est dans une société qui flatte vachement l’ego de tout le monde et j’trouve que c’est un peu chiant, quoi ! C'est-à-dire, t’as les mecs, ils jouent depuis trois mois, ils font un pauvre solo, ils se filment, ils le mettent en ligne… je trouve ça un peu déplorable, enfin pour moi…

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Et au final, dans sa globalité, selon toi, internet c’est une bonne ou mauvaise chose ?
C’est pareil que le reste, c’est comme toutes les inventions, tu sais ! Dans toutes les inventions, y’a des choses qui ont amené à des choses extraordinaires et puis, les mêmes inventions ont amené la bombe atomique ! Bah, c’est un peu pareil !
Ce qui est intéressant, c’est que ça permet, malgré tout, de développer des artistes qui n’auraient peut-être pas eu lieu d’exister sans internet, donc ça, c’est important. Et le défaut, c’est que ça met tout le monde au même niveau et là, le mec, il joue depuis six mois, il se filme, bah si se fout en ligne, t’as des gens qui se mettent en scène sur internet, qui font parler d’eux alors que c’est pas forcément mérité…

Et dans le même ordre d’idée, quel est ton avis sur l’évolution du business musical ?
A quel niveau ?

Commercial notamment…
Non, je pense que c’est plus facile de se faire connaître et plus difficile d’en vivre, voilà !

Un reproche de certains fans qui arpentent Music Waves : ton site internet n’est pas au niveau de ta maestria ; comptes tu mettre à jour ton site web côté interface, couleurs et infos ?
Oui, oui, c’est tout à fait vrai, j’ai eu plein de propositions pour le refaire. On est en train d’en refaire un avec Manu, mon clavier. Ca prend un peu de temps, on a quelques soucis…

… donc pour l’instant, tu te reposes sur ta page Myspace ?
Pour l’instant, en fait, je l’ai lancé principalement pour ça, pour servir de transition, pour que les infos circulent le temps que mon site soit refait complètement. Donc, ça devrait arriver maintenant, j’espère assez rapidement…

Sans transition, qu'est ce que tu écoutes ces derniers jours comme groupes ?
Euh bah, les gens que j’aime bien, j’parlais de Porcupine Tree, de Steven Wilson, tout ce qu’il fait.
Dans les guitaristes, j’aime bien Gusthrie Govan, euh pas forcément au niveau compo forcément, mais au niveau du jeu, je trouve que c’est un mec qui a quelque chose que j’aime bien…
Euh voilà, j’écoute ça et puis beaucoup de classique, et puis bon, je n’ai pas tant de temps que ça en fait, je m’aperçois…
En faut, je m’aperçois quand je suis chez moi, entre la vraie vie, les courses, bosser la gratte, préparer les cours, bosser les titres… tu vois ?

Dans le prolongement de la précédente question : la fameuse question « Lost » : ton avion se crashe sur une île déserte mais le scénariste est sympa, il te laisse prendre cinq album dans ta valise, lesquels prends-tu et pourquoi ?
Wahou… Bah euh, ch’ais pas ? Le Requiem de Mozart, le premier Van Halen, sans doute le premier Malmsteen, Al di Meola : « Elegant Gypsie » et j’prendrais un Porcupine Tree.

Ca fait beaucoup de référence au groupe de Steven Wilson depuis le début de l’interview…
Ouais, ouais, oui parce qu’il y a un côté, une dimension, ch’ais pas comment t’expliquer… Quand tu fais de la musique et quand tu écoutes de la musique, y’a des gens qui te font décoller, voyager et pas d’autres. C’est à dire, ch’ais pas comment trouver les mots pour ça, t’as des gens quand tu les écoutes, tu en restes à ce qu’ils font, tu te dis : « Putain, comment il fait ce temps-là ? Comment il fait ce truc-là ? » mais tu en restes là, tu en restes à un truc digital : « Comment il fait ce plan-là ? Putain ça, ça tue ! ». Voilà, t’en es dans ce concept-là !
Et t’en as d’autres… tu vois, tu mets Porcupine Tree dans la bagnole et tu roules et tu voyages avec… Ch’ais pas comment dire, c’est images qui me viennent… Tu vois, j’ai un bon test, quand je fais de la musique, je la mets avec des paysages et y’a de la musique, ça marche pas, au bout de deux minutes, t’éteins, tu dis : « Bon, bah ça, ça me fait pas bouger tellement ! », tu vois ce que je veux dire ?

Et sinon concrètement, tu as déjà rencontré Steven Wilson ?
Non, je ne l’ai pas croisé directement. Je sais qu’Olivier Garnier lui a passé un album. Voilà, je suis pas sûr… j’ai l’impression, alors je ne veux pas parler des goûts d’un mec que je ne connais pas, j’ai l’impression que c’est pas le genre de guitare qu’il aime bien…
Si tu veux, quand tu vois tous les invités… s’il aimait ce genre de truc, il aurait pu inviter Satriani, Vai et au lieu de ça, il invite Robert Fripp… Bon, j’ai rien contre Robert Fripp, c’est un mec que je trouve hyper intéressant mais c’est toujours des guitaristes un peu dans ce trip-là, quoi !
Tu vois le guitariste de Rush, j’adore Rush… euh, c’est pas les solos de Rush qui m’ont le plus marqué, si tu vois ce que je veux dire, ce n’est pas un soliste que j’apprécie spécialement… J’adore la musique de Rush, tu vois ?
Donc, je me dis si il n’a pas invité ces gens-là, c’est qu’il ne doit pas aimer ce genre de truc tout simplement.
Maintenant… sinon, il m’appelle demain pour faire un solo gratos à l’autre bout du monde, j’y vais, voilà !

Je sais que tu es un grand amateur des grosses cylindrées américaines (les GT Shelby-Les Mustangs-Les Dodges...), que pense t-il de la nouvelle tendance qui consiste à sortir de nouvelles versions de ces bijoux 70's…
(Il coupe) Ouais, les nouvelles Challengers Camaro…

… préfères-tu toujours les anciens modèles avec moteurs vrombissants et design rustre ou as-tu un coup de coeur en ce qui concerne les nouveaux modèles ? Si oui, lequel ?
Oh, je ne sais pas… Ecoute, honnêtement, si tu veux, si j’ai le choix, je préfère une ancienne, c’est évident ! Maintenant, je considère que c’est de jolies voitures, tu vois ? C’est vrai que la Camaro qui va sortir en 2009, je trouve qu’elle est assez réussie. Maintenant, ça ne me fait pas le même effet, quand même, qu’une ancienne.
Et puis là, on rentre dans un autre problème, on rentre dans un problème d’environnement… Enfin, l’écologie, c’est compliqué c’est à dire que t’as une passion et une culpabilité qui est liée à cette passion. Tu vois, alors autant tu te dis une ancienne, autant produire des voitures comme ça à l’heure actuelle…Est-ce que c’est réellement… en même temps, ça maintient le rêve… J’aurais beaucoup d’argent, je serais capable d’en acheter, oui mais je prendrais une ancienne quand même, ouais !

Tu parles d’écologie, c’est effectivement un sujet qui te touche particulièrement depuis ton deuxième album…
« Rape of this Earth », ouais, bien sûr. C’est un problème qui touche tout le monde, j’ai un peu peur que ça devienne la dictature de demain c’est à dire que je trouve, maintenant, on met la culpabilité sur tout le monde. On est dans une société vachement répressive, l’air de rien, vraiment répressive. Et en fait, chaque excès de comportement donne lieu tout de suite à une répression et en fait, on sanctionne 95% des gens pour 10%...
Et puis, y’a aussi beaucoup de démagogie, c’est à dire que culpabiliser un mec qui prend sa bagnole parce que ça pollue alors qu’on sait très bien qu’au jour d’aujourd’hui, on ne peut pas vivre sans les taxes sur le pétrole. C’est à dire l’Etat ne pas peut vivre sans les taxes sur le pétrole. Le pétrole, il est partout, si t’enlèves tout ce qui a du pétrole autour de nous, je veux dire, t’enlèves les vernis, t’enlèves les peintures, t’enlèves les plastiques, t’enlèves les gobelets, t’enlèves les housses de grattes… Donc si tu veux, on nous met une culpabilité alors qu’on a aucun remplacement de tout ça et que de toute façon, l’Etat ne peut pas vivre sans.
Un : on nous demande de continuer d’acheter des bagnoles, on nous demande de rouler, de moins polluer mais en même temps, quand t’achètes une voiture, la seule sanction est financière, c’est à dire moi, par exemple, cette espèce de surtaxe de bagnole qui pollue déjà, je trouve ça concerne qu’une petite portion de voitures… De toute façon, des Porsche Cayenne, y’a pas grand monde qui peut s’en payer, de toute façon, c’est minoritaire, t’en vois pas tant que ça dans la rue non plus. Et donc, globalement, ça change rien à la planète c’est à dire, j’ai les thunes, je t’emmerde ! Et donc, si tu veux ça, ce n’est pas un truc que je veux entendre…

Mais c’est quand même ce vers quoi notre société tend de plus en plus ?
Ca, c’est clair mais ça, ça me fait chier, tu vois ? Voilà, alors maintenant, y’a des mecs qui vont peut-être me crever les pneus de ma Pontiac parce que je suis une vilain pollueur et que je fais peut-être 5.000 kilomètres par an et que je vais moins polluer que d’autres gens… Mais bon, c’est le monde qui est comme ça !

On change de sujet : qu’est-ce tu voulais faire quand tu étais gamin ?
Euh, j’avais pas de… Tu sais moi, j’ai découvert la guitare, j’avais 17 ans. Moi, je n’avais pas vraiment d’ambition professionnelle ou des choses que je voulais faire. Quand j’ai commencé la guitare d’ailleurs, j’pensais pas spécialement devenir musicien professionnel parce qu’à l’époque, je pensais que c’était impossible, en France, d’être vraiment professionnel. Donc voilà, je pense que je serais content de ce que j’ai fait, je serais content de moi…

Justement c’était la suite de la question : es-tu fier de ce que tu es devenu ?
Oui, disons que je suis fier d’être en accord… Tu sais, je suis, malgré tout, en accord avec mes pôles d’intérêt quand j’avais, on va dire, entre 15 et 18 ans, t’as des rêves qui te touchent. Bon, on parlait de voitures, ça fait partie des rêves que j’avais et je suis content d’avoir gardé ça, c’est à dire que je suis en accord avec ce que j’étais à cet âge-là et pas avoir enterré mes rêves, tu vois ?
Tu vois, j’ai des enfants, j’ai deux mômes, c’est pas pour ça que j’ai acheté un Scenic, tu vois ce que je veux dire ? Alors, j’ai rien contre les gens qui achètent des Scenic et avec des enfants, c’est pas ça… mais je veux dire j’voulais pas changer, j’ai acheté un vieux Chrysler Voyager pourri pour trimbaler tout le monde et ça va très bien comme ça. Euh, ça consomme beaucoup mais bon, c’est pas grave ! Et donc voilà, je suis en accord avec ce que je voulais être voilà…

A propos de fierté : quel est le projet/album/participation dont tu es le plus fier ?
Oh, y’en a plein évidemment, le solo avec Petrucciani, c’est un truc qui m’a marqué. L’album avec Hervé, j’en suis très fier, « An Ephemeral World » aussi, la collaboration avec Jarre aussi, le G3, j’en suis aussi assez fier…

Et à l’inverse et avec le recul quel est le projet/album/participation que tu ne ferais plus ?
Oh, c’est mon tout premier album avec « The Element », avec le groupe. Là, le truc de 85 parce que je m’en serais bien passé de ça, voilà…

Un dernier mot pour les fans qui te lisent sur Music Waves ?
Bah qu’ils soient patients pour mon site, ça va arriver et puis, pour mon album aussi, ça va arriver. Ca va mettre un peu de temps mais je pense qu’on arriver avec un album, j’espère en 2009, hein… J’vais essayer de composer ça pour cette année…
Si, je vais sortir un songbook aussi en fin d’année qui sera un espèce de songbook best-of, un peu avec des titres que je sais que les gens attendent, je pense à « World of Silence », je pense à une version du « Presto » parce qu’il y en a beaucoup qui circulent mais beaucoup de petites erreurs, un peu partout. Donc, je vais en mettre une vraie.
Euh voilà, j’vais faire ce songbook là pour la fin d’année et commencer à composer pour l’année prochaine, pour le prochain album.

Parfait, merci…
Merci à toi !


Avant de fermer la page de cette entrevue, un grand merci à TonyB, Vibrato et surtout Skardeus qui ont contribué avec leurs questions à rendre cette interview si passionnante…


Plus d'informations sur http://www.rondat.com
 
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