MW / Accueil / Articles / INTERVIEWS - DEAF HAVANA (10 FEVRIER 2017)
TITRE:

DEAF HAVANA (10 FEVRIER 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK ALTERNATIF



Music Waves a rencontré le chanteur de Deaf Havana pour évoquer les nombreuses nuits blanches que le groupe a traversé...
STRUCK - 24.02.2017 -
9 photo(s) - (0) commentaire(s)

... interview introspective avec James Veck- Gilodi qui s'est peu à peu ouvert à nous des difficultés que le groupe a traversé au point de songer d'arrêter la carrière d'artiste...



Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

(Rires) Quelle est la signification de Deaf Havana?
Le pire c’est qu’il ne veut rien dire: c’est un nom de groupe affreux (Rires)!





Mais n’est-ce pas le cas de la majorité des noms de groupes finalement?

Bien sûr, qu’est-ce que ça veut dire Foo Fighters (Sourire)!


C’est la première fois sur Music Waves, sans doute pour la première fois en France, nous en sommes très fiers, pourtant cette interview n’a failli pas se faire en raison des difficultés que le groupe a rencontré après la sortie de "Old Souls" (2013) où le groupe a presque failli ne pas survivre, quelles étaient les raisons de ces difficultés et votre état d’esprit à l’époque ?

Plein de raisons différentes à cela. Pour commencer, nous étions en désaccord avec notre management et nous avons arrêté les frais en le virant (Rires) ! Suite à cela, nous avons découvert que nous étions endettés à hauteur de 60.000 £ parce que notre manager et notre comptable avaient signé des budgets sans que nous soyons au courant : ils avaient dépensé des sommes folles…


Mais où sont passées ces sommes ; est-ce que votre manager est désormais riche ?

Il l’est, oui (Rires) ! Non mais ils ont dépensé de l’argent sur des trucs totalement stupides comme louer des bus démesurés pour les tournées… Sur le moment, nous pensions que c’était cool sans savoir combien cela pouvait coûter. Mais oui, nous avons arrêté de rire quand nous avons découvert toutes ces dettes.


Nous avons associé toute cette négativité au groupe et la conséquence est que personnellement, je ne voulais plus faire partie du groupe



Les raisons de ces difficultés étaient donc financières mais comment cela peut-il avoir un impact sur votre vie d’artiste et celui du groupe sachant qu’il fallait de toute façon rembourser ces dettes de toute façon ?

C’est vrai mais cette situation nous a tous rendus dépressifs. Nous avons associé toute cette négativité au groupe et la conséquence est que personnellement, je ne voulais plus faire partie du groupe. Mais avant cela, nous nous sommes dit qu’en faisant quelques concerts et surtout de gros festivals, nous pourrions rembourser toutes nos dettes et remettre les comptes à zéro.
Mon intention était donc de jouer ces concerts, rembourser nos dettes et je pourrais ensuite quitter le groupe et me trouver un job. Mais finalement, nous avons joué ces concerts, nous avons pris énormément de plaisir et nous avons réalisé qu’il n’était pas question d’abandonner.


Tu vis de ta musique, c’est qui est une chose assez rare finalement. Cela aurait été dommage d’arrêter pour des raisons financières surtout après les avoir réglées.

C’est vrai mais finalement nous n’en sommes pas arrivés là : nous sommes redevenus un groupe à nouveau…
Je pense que sur le long terme, c’est une bonne chose car cela nous a permis de réaliser la chance que nous avions.


Je ne pense pas que nous aurions écrit cet album si nous n’avions pas traversé ces moments difficiles.



Cela a également permis au groupe d’être plus soudés que jamais je suppose ?

Nous sommes plus proches en tant que personnes désormais et nous nous soucions plus de la vie du groupe.
Et toutes les chansons que j’ai écrites viennent de cette période, je ne pense pas que nous aurions écrit cet album si nous n’avions pas traversé ces moments difficiles.


Dans ces conditions, ne crains-tu pas l’écriture du prochain qui ne serait pas aussi inspirée ?

Non, parce que je trouverais d’autres sources d’inspiration.
Mais ce qui est certain, c’est que je ne souhaite pas revivre une nouvelle fois ce que nous avons vécu et je suis sûr que nous le revivrons pas parce que désormais nous savons ce qui se passe : nous nous occupons de tout…


Cela signifie que les questions financières sont gérées par le groupe ?

Oui, nous avons bien entendu un comptable mais nous sommes en contact permanent.


En clair, on comprend que ces moments difficiles ont permis au groupe de grandir et devenir plus mature ?

Je suis d’accord à 100%.


C’est paradoxal mais oui, nous avons tous besoin de traverser des moments difficiles pour grandir.



Et même si cela peut sembler paradoxal, penses-tu que vous aviez besoin de traverser de tels évènements pour devenir ce que vous êtes ?


C’est paradoxal mais oui, nous avons tous besoin de traverser des moments difficiles pour grandir. Et d’un point de vue artistique, les meilleures chansons sont souvent celles négatives (Sourire).


Vous vous êtes connus très jeunes au collège, cette longue histoire malgré votre relative jeunesse doit être une aide précieuse pour apaiser les éventuelles tensions ?

Bien entendu, si nous n’avions pas eu cette longue amitié, je pense que nous aurions fait nos chemins chacun de notre côté.


"Old Souls" a eu un très bel accueil positif auprès de la critique et du public (atteignant le top 10), avez-vous eu cette certaine pression après un tel succès ?

En fait non ! Si nous avions sorti cet album rapidement après "Old Souls", nous l’aurions peut-être eu parce que je n’aurais pas écrit les chansons que j’ai écrites pour cet album mais il y a eu cette longue période de silence…





Nous avons lu que "Old Souls" a été écrit de façon très rapide sur un mois, là vous avez pris plus de temps, comment s’est déroulé le processus d’écriture et d’enregistrement de "All These Countless Nights" ?

J’ai dû écrire cet album sur une période de deux ans, j’ai donc eu pas mal de temps pour écrire des chansons différentes et on peut l’entendre, cet album est plus diversifié que "Old Souls".
Et l’enregistrement a été complétement différent : nous avons enregistré cet album dans les conditions du live


Et pourquoi ce changement ?

Nous souhaitions que cet album soit plus énergique et je pense que nous y sommes arrivés en capturant l’énergie que nous dégagions à tous jouer ensemble dans ce studio : cela marche nettement mieux ainsi.


Mais encore une fois, vous avez été inspirés comme jamais pour cet album, changé votre façon d’enregistrer… ne craignez-vous pas la suite et ne pas retrouver tous ces éléments ?

Non, parce que je pense que nous encore avons plein d’inspirations tirées de cette période…


Cela signifie-t-il que vous avez déjà du matériel pour le prochain album ?

Oui, j’ai plein de titres en stock… Pour cet album, nous avons dû écrire 25 chansons -nous avons sélectionné 12- et nous pourrons donc en prendre pour le prochain album…





Vous avez fait appel à Adam Noble qui a produit des groupes comme Placebo, Paul McCartney, Ed Sheeran… quel a été son apport dans le processus de réalisation de l’album ?

Un apport énorme ! Nous sommes devenus de très bons amis et par exemple, c’est lui qui nous a conseillé d’enregistrer cet album live, il nous a aidés en nous proposant des idées de mélodies… C’est vraiment super de travailler avec lui car avant tout, je me sens à l’aise avec lui : dans ces conditions, c’est facile de travailler.


C’est donc le début d’une longue collaboration ?

Tout à fait !


Sauf si vous avez à nouveau des problèmes financiers…

(Rires) Non, je ne l’espère pas…


À l’écoute de l’album, on sent que les influences de la Brit Rock bien assimilé, ‘Sing’ lorgnant vers le meilleur de Placebo ou Smashing Pumpkins, ‘St.Pauls’ sonne comme Bush, quels sont les groupes qui vous ont inspirés ?

Smashing Pumpkins, Placebo (Rires)… et qui d’autre ? Ryan Adams que j’aime beaucoup…


On a le sentiment aussi que votre musique revêt aussi une influence américaine notamment Bruce Springsteen pour qui vous avez ouvert, fait-il partie des artistes que vous aimez ?

Bien sûr, j’adore Bruce Springsteen. De façon générale, nous avons des influences américaines tout simplement parce que nous écoutons de musique américaine…


Excepté vos problèmes financiers notamment, quels sont les thèmes que vous abordez dans ce nouvel album ?

On traite du fait de grandir, d’être plus mature… Ce sont essentiellement ces thèmes que nous abordons dans cet album.


La solitude semble être un des thèmes qui apparaît dans le titre ‘Seattle’ ou même sur l’artwork avec cette femme qui tient une fusée de détresse à la main : est-ce le cas ?

Tout à fait ! Cette fille est également sur notre vidéo et elle est seule… : elle représente le sentiment d’aliénation…


Un sentiment que tu partages personnellement ?

Oui ! Plein de choses que j’écris traitent de ce sentiment de solitude…


Mais tu n’es pas célibataire ?

Non, je ne ressens pas ce sentiment chez moi mais plutôt quand je suis en tournée et ce même quand je suis entouré…


C’est quelque chose qui pourrait remettre en cause ton implication dans le groupe ?

Aujourd’hui, non mais peut-être que dans quelques années, je pense que je prendrai une année sabbatique… mais aujourd’hui, nous devons beaucoup tourner.


D’ailleurs qui a réalisé cette très belle pochette ?

C’est un Mexicain qui s’appelle Jamie Martinez. Nous sommes allés au Mexique pour tourner notre vidéo et prendre des photos et effectivement, c’est un photographe incroyable.


Je n’écris pas une chanson en me disant que ça va être un tube.




"All These Countless Nights" contient de très beaux titres pouvant être des hits, nous pouvons citer ‘Trigger’ ou 'Fever' ? Est-ce que tu recherches absolument à composer des hits ?

Non, je n’écris pas pour ces raisons. Je ne dis pas que ce ne serait pas cool que ça soit des hits mais je m’en soucie pas trop en fait : je suis déjà content de pouvoir écrire des morceaux. Mais non je n’écris pas une chanson en me disant que ça va être un tube.


Mais à quel moment tu te dis qu’un morceau peut devenir un tube potentiel ?

Probablement quand nous l’enregistrons ou du moins quand nous terminons l’enregistrement.
Dans ma tête, les démos sonnent différemment de ce qu’elles vont être au final et en ajoutant un coup de vernis, on se dit qu’une chanson peut être un tube.


Vu que nous n’avons rien sorti pendant très longtemps, c’est déjà génial de pouvoir sortir ce nouvel album que je considère comme le meilleur que nous ayons pu faire.



Comment te sents-tu à l’issue de ce long processus de composition et d’enregistrement ? Et comment qualifierais-tu ce nouvel album ?

Vu que nous n’avons rien sorti pendant très longtemps, c’est déjà génial de pouvoir sortir ce nouvel album que je considère comme le meilleur que nous ayons pu faire.


A ce propos, n’as-tu jamais douté que vos fans vous oublient ?

J’étais un peu soucieux de cela mais il semblerait que ce n’était pas nécessaire, l’accueil est très bon.


Qu’attends-tu de cet album à part l’argent que l’on te souhaite qu’il apporte au groupe ?

(Rires) J’espère qu’il nous permettra de grimper un échelon et nous permettra de continuer à faire de la musique et nous mettra à l’abri d’autres ennuis financiers (Sourire). Mais de façon générale, je dirais que je suis content de pouvoir jouer de la musique et j’ai assez de chance pour vivre de cela - ce que peu de gens peuvent se permettre.


Vous avez annoncé à l’issu du Reading Festival en 2016 vous lancez une grande tournée pour promouvoir ce nouvel album ? Dans quel état d’esprit abordez-vous cette tournée après votre vécu précédent ?

Nous sommes beaucoup plus positifs parce que comme je l’ai dit, nous sommes heureux de pouvoir sortir de nouvelles chansons…


… et rien n’était moins sûr suite à vos ennuis…

Exactement ! Et aujourd’hui, nous sommes excités à l’idée de jouer nos nouveaux titres sur scène.





Aurons-nous la chance de vous voir en France ?

Bien sûr, nous allons jouer à Paris le 27 mars.


En ces temps troubles, aborderiez-vous l’écriture de chansons politiques un peu comme le groupe Manic Street Preachers ?

Oui, mais je ne suis probablement pas assez intelligent pour écrire de tels textes... mais mon frère le pourrait !


Mais avec l’argent que vous allez gagner, vous allez pouvoir l’engager comme co-auteur…

(Rires) Mais oui à 100%, j’aimerais écrire de tels titres parce que ce qui se passe dans le monde avec notamment la Grande-Bretagne qui vient de quitter l’Union Européenne : c’est horrible et ça me préoccupe beaucoup…


Comment expliques-tu ce Brexit sachant que toutes les Anglais que nous croisons artistes ou non, étaient contre ce retrait ?

Parce qu’il y a plein de gens stupides en Angleterre !


Les gens plus âgés ?

Pas nécessairement. Par exemple, toute l’Ecosse, tout le monde à Londres voulait rester dans l’Union Européenne mais seuls les Pays de Galles et les petites villes anglaises voulaient quitter…


Un peu comme en France finalement…

Je pense que c’est à peu près partout pareil comme cela s’est également produit aux États-Unis avec l’élection de Donald Trump.


Vous êtes présents sur les réseaux sociaux, est ce devenu le meilleur moyen de promotion pour les jeunes artistes ?

Tom (NdStruck : Tom Ogden), notre batteur est en charge de cela et je suis convaincu qu’il le fait très bien et que cela a un impact positif mais je suis trop vieux jeu en ce qui me concerne, je n’utilise pas ces moyens.


Questions traditionnelles de Music Waves avant de se quitter, quel est ton meilleur souvenir d’artiste ?

Hum, il y a plusieurs mais je dirai que jouer sur scène avec Bruce Springsteen est assez incroyable.


Justement vous avez ouvert pour Bruce Springsteen, Muse… quelle peut être la prochaine étape ?

Je ne sais pas… Mais je ne m’en fais pas car je serai toujours excité par l’idée de monter sur scène.
Mais je vois ce que tu veux dire : je répondrai que nous essayons simplement de construire la carrière de notre groupe en devenant plus grand plutôt que d’ouvrir pour un autre groupe.


Tu as évoqué ton meilleur souvenir, au contraire, quel serait le pire ?

Hum, il y a pas mal aussi mais je dirais la tournée que nous avons faite aux États-Unis début 2014, il faisait un froid de canard et il n’y avait personne à aucun de nos concerts. Nous avons traversé les États-Unis à coups de trajet de 10 heures par jour : nous ne mangions pas, nous ne dormions pas… c’était l’Enfer sur Terre pendant cinq semaines. Et en plus, nous avons perdu de l’argent ! Bref, il n’y avait aucune raison pour que nous soyons là-bas… et je me souviens que je regardais les horaires des vols pour revenir chez moi… Tous les autres membres m’empêchaient de rentrer mais bon, de toute façon, je n’avais pas l’argent nécessaire pour me payer ce vol retour (Rires) !





Mais pourquoi ça n’a pas marché avec le public américain, votre musique ne convient à ce public ?

Je ne pense pas sachant que nous n’étions pas la tête d’affiche de cette tournée, nous jouions en première partie d’un groupe qui s’appelle Ash dont personne n’a jamais entendu parler que ce soit en Grande-Bretagne mais aux États-Unis aussi apparemment. Honnêtement, nous nous demandions ce que nous faisions là : nous avons dû faire 28 concerts et seulement deux en valaient la peine !


Le Brexit a été rendu possible parce que les Anglais sont très étroits d’esprit et je les déteste !


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Hum, je ne sais pas… Je reviens de New-York et d’Allemagne où j’ai également fait des journées promotionnelles et on a dû me poser toutes les questions possibles (Sourire) !
Mais on l’a un peu abordé toute à l’heure, on ne m’a jamais demandé ce que je pensais de l’Angleterre…
Tout le monde pense que nous venons d’Angleterre, nous aimons l’Angleterre mais il faut savoir que nous détestons l’Angleterre ! Nous adorons Londres mais ce n’est pas représentatif de l’Angleterre ! Le Brexit a été rendu possible parce que les Anglais sont très étroits d’esprit et je les déteste ! On a l’impression que l’Angleterre fait un retour en arrière plutôt que de progresser.


Malheureusement, cette tendance est mondiale : tu as évoqué les Etats-Unis et cela nous pend aussi au nez ici en France…

C’est vrai !





Merci beaucoup

(En français) "De rien" (Sourire)


Merci à Calgepo pour sa contribution…


Plus d'informations sur http://www.deafhavanaofficial.com/
 
(0) COMMENTAIRE(S)  
 
 
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 9658
  • 9659
  • 9660
  • 9661
  • 9662
  • 9663
  • 9664
  • 9665
  • 9666
Haut de page
EN RELATION AVEC DEAF HAVANA
DERNIERE CHRONIQUE
DEAF HAVANA: All These Countless Nights (2017)
4/5

Deaf Havana confirme avec ce nouvel album qu'il est l'un des plus bels espoirs d'un brit rock à la recherche d'un second souffle avec un concept qui aurait pu gagner en efficacité s'il avait été plus concis. Une belle résurrection.
DERNIERE ACTUALITE
DEAF HAVANA : Nouvelle vidéo live
 
AUTRES ARTICLES
ALEX CORDO (08 FEVRIER 2017)
Music Waves a rencontré Alex Cordo, responsable de "Origami" que nous avons qualifié de bouffée d’air pur dans le monde confiné de la guitare instrumentale
TOMY LOBO (16 FEVRIER 2017)
Tomy Lobo et Music Waves ouvrent la cage aux oiseaux...
 

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2021