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TITRE:

H-ONE (20 JANVIER 2017)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

THRASH



Music Waves a rencontré les membres de H-One qui nous proposent avec "Cygne II" un disque engagé d'une puissance redoutable en forme de cri de révolte. A découvrir d'urgence...
STRUCK - 08.02.2017 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Alan (Guitare / Chant) : D'où vient le nom du groupe. A laquelle on ne répond pas. Secret défense !

Adrian (Batterie) : C'est, en effet, la question qu'on nous pose le plus souvent. On ne répond pas précisément à cette question puisqu'on souhaite laisser une part de mystère, et laisser deviner les gens !


Votre groupe a vu le jour il y a 12 ans mais on a le sentiment que vous avez pris réellement votre envol avec "Cygne" en 2012 en même temps qu’une prise de conscience écologie et citoyenne. C’était nécessaire pour vous de trouver un équilibre entre la musique et un concept fort dans vos thèmes et paroles ?

Alan : Oui, c'était nécessaire pour nous de raconter quelque chose" d'important, qui concerne tout le monde… Il faut surtout savoir qu'en 2005 j'avais 10 ans et Adrian en avait 15. On était beaucoup trop jeunes pour faire quelque chose de mature, tant dans la musique que dans les textes. Alors effectivement, on a trouvé réellement notre voie 7 ans après, avec notre démo "Cygne".


De fait doit-on s’attendre dans le futur à avoir des albums ou des EP dans les mêmes thèmes ? Il y aura par exemple un "Cygne III" ou "IV" ?


Alan : Pour nous, c'est important de délivrer un message à travers les paroles. On ne veut pas dire « vous devez faire ci, faire ça... » mais on veut plutôt partager ce que l'on ressent, essayer de faire une prise de conscience. Il y aura donc toujours un message derrière un album ou un EP. Mais je ne pense pas qu'il y aura une suite à "Cygne II", je pense que ce sera un autre concept. Nous avons commencé à le réfléchir mais nous n'avons rien décidé.





Quel a été le déclic, l’élément qui vous amené à vous faire des militants de la cause naturelle ?

Adrian : Nos parents nous ont toujours appris à respecter l'environnement. Le déclic a été de voir des gens balancer des mégots, des sacs plastiques dans les rues, sur les plages et le tout sans culpabiliser.
Quand tu es chez toi tu ne jettes pas tes emballages plastiques par terre dans ton salon. Nous vivons sur terre, nous devons la respecter de la même manière.

Alan : Tout est venu d'année en année, en regardant autour de nous, en écoutant Gojira... Et une phrase qui m'a toujours marqué : l'être humain a besoin de l'environnement pour exister, l'inverse n'est pas vrai.


Pas mal de gens, de plus en plus même, se passionnent pour la sauvegarde de la planète mais vous avez franchi le palier suivant en vous rapprochant de Sea Sheperd et d’autres, le contact d’associations locales qui vous ont récompensé en 2012 et permit la naissance de l’album a-t-elle joué dans ce positionnement plus militant ?

Alan : Pas vraiment. Quand nous avons été récompensés, on avait déjà le concept de l'album et avions déjà nos approches.


Ce faisant ne pensez-vous pas prendre un risque par rapport au public, peut-être plus terre à terre, et qui peut être dépassé par ces engagements très forts ?
En fait n’est-il pas délicat de ne pas tomber dans le prosélytisme ? J’ai vu que vous mettiez de la documentation sur les associations lors des concerts, comment cela est-il perçu par un public venu à la base pour s’amuser et pas forcément pour se mettre au courant de la cause animale ou écologique ?

Alan : On ne noie pas les gens avec l'écologie ou tout autre cause pendant les concerts (ni même sur les réseaux sociaux). Le public est là pour s'amuser comme tu dis et nous on est là pour faire de la musique, s'éclater, rencontrer des fans de musique, des musiciens etc... La documentation est simplement présente à titre d'information et de sensibilisation, pour les curieux.

Adrian : Effectivement, nous ne donnons pas cette documentation, les  gens se servent s'ils le souhaitent, elle est présente sur notre stand parmi plusieurs autres choses comme des flyers et stickers de la marque de fringues Toulousaine DINE, du groupe Sidilarsen, quelques cartes de visite de Gwen Vibancos qui a réalisé toutes les illustrations de "Cygne II"...


Au-delà des concerts avez-vous déjà songé à participer activement au travail de certains ONG ? Sea Sheperd est très actif dans le monde, vous vous imaginez à terme vous retrouver sur un bateau à contrôler les mouvements suspects des bateaux de pêche ? Sea Sheperd a gagné en audience ces dernières années auprès de notre génération, la cause écologique a gagné du terrain mais le combat semble difficile surtout avec l’arrivée d’un Trump aux USA, ce combat est-il une utopie ou pensez-vous pouvoir vraiment faire évoluer les mentalités, ne serait-ce qu’un peu à votre niveau avec votre musique et vos textes ?

Alan : C'est vrai que ça aurait été l'éclate de partir en mission avec Sea Shepherd ! Mais bon, c'est un investissement à plein temps. Nous voulons tenter notre chance avec la musique et ce n'est donc pas possible de lier les deux.
On constate que de plus en plus de monde est sensible à l'environnement et à la cause animale, donc oui on pense que les mentalités évoluent de jour en jour. Et nous à notre niveau, la chose que nous pouvons faire c'est relayer les informations et aider à la sensibilisation.

Adrian : Je me suis toujours imaginé partir en mer avec Sea Shepherd, me demander quel poste je pourrais avoir, ce que je pourrais  apporter à la mission… Et j'en reviens toujours à me dire : « T'façons, j'suis une bille en Anglais, ça va pas l'faire ! »


Musicalement à présent vous proposez un metal moderne et bien costaud et très varié, de fait on ne vous cantonne pas dans un genre particulier, on parle de metal au sens large du terme, ne pas être enfermé dans une case par les médias ou les fans doit être une satisfaction ?

Alan : C'est très bien comme ça, effectivement. Nous même ne savons pas dans quel genre nous classer. On est tellement influencés par beaucoup de styles différents (metal ou autre), ça me paraît normal de ne pas être rangé dans un genre.


Vous avez des influences, pour le côté metal moderne qu’on peut rapprocher de Lamb Of God pour le côté groovy et puissant et de Gojira pour le son des guitares, ce mélange sonore couillu vous convient ? Ces deux groupes sont des modèles pour vous ?

Alan : Dans le mille ! Pour ma part, Lamb Of God est une grande source d'inspiration pour la guitare. Et Gojira est une énorme source d'inspiration pour nous trois, tant musicalement que humainement.

Adrian : Il y a forcément 2 ou 3 plans de batterie que j'ai piqué à Chris Adler ou à Mario !


Avec des titres comme 'Salt War', 'Home' ou 'Black Cloud' on peut vous rapprocher du son de grands anciens comme Pantera et Soulfly pour la facette thrash. Pantera malgré les années qui passent reste une référence absolue et un peu comme le précurseur de toute cette scène thrash moderne qui existe depuis 20 ans, le groupe est aussi un exemple pour vous ?

Alan : Effectivement, on nous le dit souvent ! On aime beaucoup Soulfly et Pantera. Sans avoir voulu pour autant nous inspirer d'eux, ils nous ont sûrement influencés inconsciemment.


De même Max Cavalera et ses travaux divers depuis déjà longtemps est-il un modèle, d’abord musical et aussi dans l’idée de combat qu’il a entrepris pour le tiers monde avec Sepultura à l’époque de Roots et de Chaos AD ?


Alan : Je ne me suis jamais vraiment intéressé à ce que Max Cavalera a fait dans Sepultura.

Adrian : Il faut savoir qu'à l'époque de Sepultura avec Max & Igor Cavalera, nous étions très jeunes (7/8 ans pour ma part, si je ne me trompe pas), nous n'écoutions pas encore de metal à cette période. L'esprit Cavalera est arrivé avec Soulfly principalement !


Mais vous avez une autre facette qui peut surprendre, on retrouve dans plusieurs chansons un côté plus stoner et sludge, bien gras et costaud. 'Pray For My Name' par exemple semble être le croisement parfait entre du Crowbar et du Metallica époque Load. Tandis que 'Headcharger' avec sa basse bien grasse et groovy, son côté assez agressif peut rappeler ce que faisait Down à ses débuts, toute cette scène est aussi à compter dans vos influences ?

Alan : Oui en effet, on aime beaucoup le stoner. On peut citer aussi Clutch ou encore Black Stone Cherry.


D’ailleurs ce titre 'Headcharger' : de par son nom faut-il le voir comme un clin d’œil au groupe français du même nom et qui officie dans un stoner burné de grande qualité ?


Alan : C'est en effet un clin d'œil au groupe français. On a eu la chance de faire leur première partie il y a plusieurs années, et ce concert est resté gravé dans ma mémoire. Leur prestation live, et plus particulièrement celle de Seb, le chanteur, m'a énormément influencé pour la suite.

Adrian : Oui, on avait tellement passé un bon moment, de chics types ! Je les ai recroisé sur un festival durant l'été 2015 : toujours un bonheur de les voir. Puis musicalement, c'est la branlée !


Autre surprise, le titre plus court et très doux, 'Moved Reasons', il est comme une récréation planante et atmosphérique, comme une sorte de trêve ou de respiration dans un disque très revendicatif, quelle était votre objectif en le plaçant dans l’album ? Il peut évoquer ce qu’a proposé Gojira sur son dernier album en 2016 avec un ton bien plus calme et apaisé, là c’est vous qui les avez influencés sur le coup ?

Alan : Le but de ce morceau est de faire une « pause » au milieu de l'écoute. J'ai toujours aimé les albums de metal où il y a un morceau qui se démarque un peu, qui permet effectivement de respirer un bon coup avant de repartir pour la suite de l'album.

Adrian : Effectivement, on peut entendre ce genre de morceaux qui coupent l'album en deux chez Gojira dans la plupart de leurs albums, sur l'album "The Infection" de Chimaira ou même sur l'album "Post Mortem Nihil Est" de Dagoba.


Ce disque va déjà avoir deux ans à présent, vous avez eu je suppose le temps de bosser sur de nouveaux titres, doit-on s’attendre à une sortie prochaine de votre part ?

Alan : Il n'y a pour l'instant pas de sortie prévue. On continue à faire des concerts avec les titres de "Cygne II", et quand on en aura marre on passera à autre chose ! Le but est de ne pas aller trop vite, et de prendre son temps pour composer les prochains titres de façon à ce qu'ils marquent une évolution pour le groupe.

Adrian : Nous avons des idées de côté, certaines un peu plus abouties que d'autres, mais ce ne sont que des idées, on souhaite d'abord ressentir l'envie de faire autre chose avant de s'attaquer sérieusement à d'autres compositions, jusqu'à la fin d'année 2016 nous étions encore trop sur "Cygne II".
Je pense qu'il y aura une certaine évolution entre "Cygne II" et un second opus grâce à l'arrivée d'Arnauld (basse) entre temps, puis tout simplement parce que nous évoluons chaque jour !





Pourquoi l’avoir réédité : afin de bénéficier de l’aide promo de Dooweet et lancer le successeur de cet album ?


Adrian : Le but est, en effet, de faire découvrir cet album aux professionnels et aux amateurs de musique et de metal. Je pense qu'on aura un peu plus de poids à la sortie de notre second album grâce à cette démarche.
On ne voulait pas laisser "Cygne II" dans l'ombre, c'est pourquoi on a bossé avec Dooweet, et on s'arrache les cheveux pour trouver un maximum de dates.
Ce premier album nous a aussi permis de découvrir le coté professionnel lié à la sortie de l'album. Toutes ces démarches nous préparent pour la suite, il y a des choses qu'on fera différemment à l'avenir !


Quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ?

Alan : Lors d'un concert à Carcassonne il y a quelques années, tout le public criait ensemble le nom du groupe juste avant qu'on entre sur scène. À notre niveau c'est tout simplement fou. J'espère revivre ça un jour !

Adrian : Ouais, c'est un chouette souvenir ça, je suis jaloux…
J'ai beaucoup de très bons souvenirs depuis les débuts de H-One comme notre tout premier concert dans un bar à Carcassonne avec nos potes du collège qui ont retourné le bar avec un gros pogo, une vidéo est d'ailleurs disponible sur Youtube, il faut fouiller un peu car elle n'apparaît pas sur notre chaîne. Ou encore notre première grosse scène (Scène du festival de Carcassonne) en 2006, j'avais 16 ans et on a joué devant près de 1000 personnes !


Au contraire le pire ?

Alan : Faire un concert avec un groupe local qui annule au dernier moment. On a fait 2 entrées...

Adrian : Il m'est arrivé de faire un concert qu'on pourrait qualifier de bien dégueulasse : perte de baguette, pied de cymbale qui se desserre du coup inutilisable, manque de concentration, oubli de breaks et de plans. On s'est tous les trois décalés …
Avoir envie d'arrêter de jouer au 3/4 du set, ou simplement avoir hâte d'être à la fin du set, ce n'est pas normal ! C'est arrivé qu'une fois.


Quelle est la question que vous aimeriez que l’on vous pose ?

Alan : Avez-vous des hobbies ? A laquelle je répondrai : non je n'ai pas de chien.

Adrian : "Ah, tu es musicien ? Mais sinon, ton vrai métier ?"
C'est une question culte dans le monde de la musique, et même si je ne prétends pas vivre de la musique, ce serait une joie d'y répondre et d'expliquer que musicien peut être un métier !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Alan : Merci à toutes les personnes qui nous suivent, et pour celles qui ne le font pas encore n'hésitez pas à faire un tour sur les réseaux sociaux et à suivre nos actus ! Et merci à Music Waves !

Adrian : On a des dates qui rentrent en 2017, surveillez nos actus et venez boire un coup avec nous !
Merci et longue vie à Music Waves !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://honemusic.free.fr
 
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