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TITRE:

IN FLAMES (23 SEPTEMBRE 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

DEATH METAL



Björn revient sur l'écriture de "Battles", dernier né d'In Flames et sur la nouvelle évolution du groupe qui ne devrait pas manquer de diviser, mais certainement moins que "Siren Charms"...
PHILX - 10.11.2016 -
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Nous retrouvons Björn, qui nous attend confortablement assis, visiblement content de nous retrouver. Retour sur "Battles", dernier né du groupe, et sur la nouvelle évolution du groupe qui ne va pas manquer de faire parler...


Lors de notre dernière rencontre, nous étions dans les locaux de Sony France, et pour cette prochaine sortie, vous voilà signés par Nuclear Blast. Doit-on déduire que les résultats de "Siren Charms" n'étaient pas ceux attendus par Sony ?


Björn : En fait, on signe toujours des contrats de très courte durée, 1 ou 2 albums selon. On veut garder la liberté d'explorer la musique nous-mêmes. C'est vrai, on attendait de meilleurs résultats, mais c'est quelque chose qu'on ne peut pas anticiper. On fait la musique qu'on veut et qu'on aime, on estime faire notre part du boulot.


Comment a été prise cette décision de ne pas reconduire avec Sony ?

Je crois me souvenir que c'était mutuel. Le gars qui nous avait signés n'était pas en mesure de nous ancrer partout géographiquement. Il nous a pas mal diffusé en Allemagne, d'où il est originaire, mais il a eu beaucoup de mal à impliquer Sony. Je crois qu'ils n'ont pas une section metal très développée... C'était un peu la loterie, on a voulu tenter l'aventure dans un aussi gros label, et si ça ne le fait pas, ce ne sera pas si grave après tout ! Je réalise aussi que signer avec Nuclear Blast, qui est dans la place depuis tant d'années, avec tant d'albums, c'est une sorte de retour chez soi, ça fait du bien. Ils ont vraiment une parfaite compréhension de ce qu'on fait, Ils nous connaissent parfaitement, notre public, notre musique... Ce sont de vrais passionnés, ils n'ont pas peur d'essayer et supporter de nouvelles choses. Quand on avait quitté Nuclear, c'était pour voir comment ça se passait ailleurs, un peu comme quand on change de studio.





C'est également rassurant pour vos fans de vous voir revenir "à la maison", comme tu le dis.

Mais tu sais, on a écrit "Siren Charms" exactement de la même façon que d'habitude ! Ça part de mélodies, de riffs et on y ajoute basse et batterie, et on a nos titres ! Quand on l'a enregistré, on était à Berlin, en plein hiver. T'imagines le froid, le poids historique qui règne dans cette ville, d'autant qu'on était dans un studio juste à côté du mur qui séparait la ville. Je crois que cette ambiance se ressent dans l'album.


Tout à fait, mais avec le recul aujourd'hui, ce challenge était énorme. Là où avec vos albums précédents vous aviez réussi à trouver un mélange subtil de death mélodique et alternatif, pourquoi avoir pris ce risque de sortir de votre zone de confort en assumant ce choix de rupture alors qu'il aurait été tellement plus simple de reprendre la formule gagnante qui a ses fans ?

On cherchait vraiment à se renouveler, surtout ne pas se répéter. C'est notre volonté dans In Flames. Il y a quelques groupes qui se répètent, et pour lesquels on attend qu'ils se répètent : AC/DC, Maiden... Ils ont perfectionné leur son, et savent exactement ce qu'ils veulent faire, et sont très content de ça. Nous ne sommes pas comme ça, il nous faut avancer, perpétuellement. Une fois qu'un album est sorti, on ne peut pas écouter et prendre en compte ce que le label ou même tout le monde, disons-le honnêtement, peut nous dire. On sait qu'on ne peut pas satisfaire tout le monde. Tant que nous sommes contents du résultat de nos compos, on assume totalement.


Maintenant que vous sortez ce nouvel album, comme juges-tu "Siren Charms" ?

Je l'adore, on avait vraiment besoin de le sortir. Et quand il est sorti, je me souviens, je l'avais en main, et c'était le meilleur qu'on n'ait jamais sorti ! On a besoin de le penser. Aujourd'hui, c'est "Battles" le meilleur (rires). Je le pense sincèrement, on ne peut pas sortir un album sans en être ultra fier. Ça ne fonctionne pas !


"Siren Charms" a beaucoup divisé au départ mais fans et média se sont joints à sa cause, hormis quelques media conservateurs qui critiquent toujours ce choix artistique. Comment juges-tu cette différence de traitement entre les fans, et ceux qui n'acceptent pas que "Colony" et "Whoracle" soient si loin derrière et votre volonté de vous renouveler ?

Comme je le disais, on ne peut pas tenir compte de tout ce qu'on nous dit... En réalité, on s'en fout ! On a toujours divisé ! Quand on a sorti "Jester Race", et ça commence à dater, on a divisé parce que "Lunar Strain" et "Subterranean" avaient un autre son ! Ensuite est venu "Whoracle" et certains se sont dit : "Ah merde, il est où ce son death metal ?" et d'un coup, "Jester Race" est devenu le meilleur pour eux ! Ensuite, on a fait "Colony" et la réaction fut la même "Ah merde, "Whoracle" était bien, pourquoi avoir fait ça ?" et ainsi de suite (rires) ! C'est comme ça !

Vous me connaissez très bien, donc vous savez que ce que vous, et les médias en général, pouvez dire ne me fera rien changer dans ma façon d'écrire. Sinon, je serais dans la démarche de vous faire plaisir, et ça ferait quand même chier plein de gens, moi y compris parce que j'essaierais de faire quelque chose qui n'est pas moi. Mais au final, notre base de fans continue de grandir parce qu'il y a quelque chose dans notre musique qui rajeunit notre public. Donc en concert, on voit des mecs qui nous suivent depuis 20 ans, qui ont même parfois des enfants qu'ils amènent, mais aussi des jeunes parce que notre musique est suffisamment variée pour plaire à un grand nombre. Et le live est quelque chose que nous privilégions beaucoup. Pendant l'écriture, on imagine l'effet que certains riffs donneraient sur scène et c'est super agréable. Les gens qui nous voient sur scène ne peuvent que comprendre pourquoi on le fait.





D'ailleurs, votre prochain live va sortir à peu près en même temps que votre nouvel album, comme si un chapitre se clôturait, à la manière de "Tokyo Showdown" en 2001 avec la sortie de "Reroute to Remain" qui ouvrait alors une nouvelle direction artistique. Vous comprenez cette sensation de chapitre, d'étape ?

C'est difficile d'avoir cette analyse quand on est au milieu de toute l'histoire. Je manque de recul aujourd'hui, tu me poseras la question dans 40 ans et je pourrai me retourner plus facilement vers ces années passées. Pour l'instant, tout est très linéaire pour moi, alors que je sais que pour l'auditeur, c'est les montagnes russes ! (rires)


Bien sûr, vous avez tout de même beaucoup évolué !

Tu sais qu'entre "Clayman" et "Reroute" par exemple, la seule chose que nous ayons changé, c'est le producteur. Nous n'avons rien touché d'autre sur notre façon de composer, nous avions les mêmes idées, les mêmes idéaux, la même spontanéité. Pour moi, tout est une question de son, de producteur, de studio. Si on mettait "Battles" en face de "Lunar Strain", on se demande s'il s'agit du même groupe ! (rires) Mais c'est normal, il y a eu 12 albums entre les deux !


Tu es fier d'en être arrivé là aujourd'hui ?

Oh que oui ! T'imagines, 20 ans plus tard, je suis là avec vous pour en parler. Au début, on ne s'en rend pas compte, on est éblouis par tout ce qui nous arrive, les tournées, partager la scène avec Metallica, etc ! Regarde, d'en parler, j'ai encore des frissons, je suis l'homme le plus chanceux du monde !


Après Jesper il y a quelques années, c'est au tour de Daniel Svensson de quitter le groupe après 15 ans. Comment l'avez-vous vécu ?

Tu vois, avant de partir, Jesper avait pas mal de problèmes personnels, il n'était pas enthousiaste à l'idée de tourner, et pendant les tournées, il n'était pas bien du tout. Ça a posé problème pendant environ 5 ans. C'était notre problème et c'était à nous de le gérer en interne. Ce n'est pas quelque chose que nous voulions ébruiter. Donc quand il nous a annoncé qu'il quittait le groupe, c'était presque un soulagement car on pouvait gérer la situation et faire avec, et de là, avancer. Daniel, lui, nous a annoncé que sa famille lui manquait. Ses enfants grandissent et c'est quelque chose qu'on ne peut pas rattraper. Ce sont des raisons contre lesquelles je ne peux pas lutter. Au niveau où on est aujourd'hui, avec les très nombreux voyages, les tournées, etc., je fais en sorte de ne pas avoir à travailler quand je suis chez moi. Par exemple, on a enregistré l'album de février à avril, et depuis je suis chez moi !


On peut effectivement voir sur les réseaux sociaux que vous prenez le temps de profiter, comme par exemple sortir votre propre bouteille de Whiskey !

Ahah, oui, tu as vu ça ? C'est le gros kiff d'Anders, c'est un vrai passionné, et en plus ça change un peu quand beaucoup de groupes prêtent leur image à de la bière par exemple, pour faire de l'argent.. Alors qu'avec le Whiskey, tu n'en fais pas ! Donc on a sorti 300 bouteilles avec Glenfarclas, qui est connu pour faire les choses à l'ancienne et qui n'est en rien relié à la musique metal, c'est cool ! C'est collector, il faut même que je m'assure d'avoir la mienne avant qu'elles partent toutes (rires) !


Avec plus de 10 albums et 20 ans d'existence au compteur, on peut dire que vous gardez une certaine rage, et on devrait même dire : "vous retrouvez cette rage" quand on compare avec "Siren Charms". Nous parlions de nouvelle dimension avec ce disque car il suit une évolution plus naturelle que certains précédents. Comme s'il synthétisait le son d'In Flames des années 2000 jusqu'au début des 2010 : une équilibre parfait entre votre côté alternatif assumé, et votre fond metal. Es-tu d'accord avec cette analyse ?

Même si comme je le disais on a une approche assez similaire d'album en album, on s'est mis à bosser de façon plus intime avec Anders. On se partage les idées très tôt dans le processus d'écriture, c'est très itératif. Avec les années, on ne regarde jamais derrière nous, mais on se sert de notre expérience qui est en nous.





On a parlé du départ de Jesper, de Daniel... Penses-tu que le groupe puisse survivre au départ d'un des 3 membres historiques ?

Je pense qu'In Flames est plus grand et solide que les individus qui le composent, mais ceci dit, le jour où Anders s'en va, je ne pense pas continuer sans lui, impossible. Tous les membres du groupe - Jesper aussi - sont comme des frères pour moi. Je passe plus de temps avec eux qu'avec ma propre famille, à cause de la compo, enregistrements, tournées, promo...


...A boire du Whiskey...

A boire beaucoup de Whiskey ! (rires) mais qui que ce soit dans le groupe sera traité de la même façon, de même avec Joe !


'Drained', 'Like Sand' et 'Battles' sont emblématiques de cette idée de mélange des genres. On y trouve les accroches et la puissance des riffs et solo qui rappellent les époques "Soundtrack to Your Escape" ou "Come Clarity"...

C'est très juste, c'est comme ça qu'on aime notre musique, et surtout à jouer sur scène, il y a beaucoup de dynamique. On ralentit de temps en temps pour laisser le public respirer et ensuite BOOM ! C'est quelque chose à laquelle on ne pensait pas quand on a fait "Jester Race", "Whoracle"... Je pense que l'expérience nous a fait gagner ça, ou en tout cas, j'aime le penser ! On est très fiers de ces albums, je les trouve très bons, mais quand il s'agit de les jouer live, on est loin de la puissance des titres plus récents, parce qu'ils n'ont pas été écrits dans cet objectif. Il y a plein de guitares dans la version studio sauf que sur scène, il n'y en a que 2 ! Ça ne peut pas fonctionner.


Cet album est très cohérent dans sa façon de mélanger les émotions : c'est puissant, avec des mélodies solides atteignant l'apogée sur 'Wallflower', un long morceau qui intègre tous les atouts du groupe aujourd'hui. Est-ce que l'écriture d'un tel morceau était difficile ? Positionner l'apogée du disque à sa toute fin, c'était aussi une volonté ?

Oui, c'était tout à fait délibéré. En fait, on avait les structures des chansons très rapidement. Il nous restait à peaufiner tous les détails. Tu vois 'The Chosen Pessimist' (issue de "A Sense Of Purpose", NDLR) qui démarre tellement calmement, puis elle grossit, grandit jusqu'à devenir énorme à la toute fin. Dans notre réflexion d'orienter les chansons vers le live, on s'est dit que certaines avaient besoin d'un schéma similaire, et c'est très sympa à faire car on n'a aucune règle à respecter. Puis on n'avait pas envie de le faire sur toutes, tu vois, on n'est pas Opeth, mais le fait que quelques-unes soient taillées comme ça suffit à rendre l'album intéressant.


Howard Benson s'est beaucoup impliqué dans la composition. C'était important d'avoir une sorte de guide qui vous conseille ? Est-ce que par le passé, vous avez souffert d'un manque d'un point de vue extérieur qui puisse vous conseiller objectivement ?

On est ultra protectionniste de notre musique, on n'a jamais laissé personne dans notre cercle. Cette fois-ci, on a eu la chance de pouvoir parler à 8/10 de nos producteurs préférés de tous les temps. Déjà, ils nous connaissaient tous, ce qui était super cool ! Ensuite, tous nous ont proposé leurs projets, et Howard nous a dit ne rien vouloir retravailler, mais plutôt peaufiner. Ce mec est très bon, toutes les idées qu'on lui balançait nous revenaient parfaitement polies. Toute l'équipe était géniale, j'ai enregistré avec Mike qui a enregistré Van Halen, Kiss, Aerosmith, tu vois, que des petits groupes (rires) ! J'ai beaucoup appris à son contact !





Enfin, c'est une coïncidence, mais vos amis de Dark Tranquillity sortent leur album à peu près en même temps que vous. Avez-vous gardé contact, et que penses-tu de leur évolution musicale, qui a vu son tempo rapidement ralentir mais qui reviennent à aux racines d'un death mélodique ?

Oui, on a bien évidemment gardé contact ! Leur évolution musicale est très intéressante, et très réussie parce qu'ils ont toujours fait ce qu'ils ont voulu. Je suis fier d'eux. Anders Jivarp, leur batteur, jouait à ma place et on reconnait instantanément leur son. C'est très fort.


Vous avez aussi une identité très forte, et un son très reconnaissable malgré vos nombreuses évolutions !

Oui, je pense que c'est en nous, on ne peut pas se cacher, et je n'en ai pas envie ! T'imagines dans 20 ans un mec capable de reconnaitre notre son ! Mais tu sais qu'en plus de Dark Tranquillity, il y a aussi Evergrey, Hammerfall, Meshuggah qui sortent un nouvel album cet automne. J'ose pas imaginer le fun des tournées, ça va être énorme !


Que penses-tu du retour de "At The Gates" qui revenait en force en 2014 avec l'excellent "At the war with reality". Ça t'a rendu nostalgique de vos débuts de les revoir ?

Je ne suis pas du type nostalgique, romantique, tout ça. J'aime ma vie telle qu'elle est aujourd'hui. Et je n'ai pas eu la chance de les voir après la sortie de l'album. Je les avais vus juste avant en festival, et ils jouaient principalement du "Slaughter Of The Soul" et quelques autres des albums d'avant. Ça, ça m'a rendu nostalgique.


Quelles sont tes attentes de "Battles" ?

Je m'attends à ce qu'il divise l'audience (rires) ! Et ça me convient bien !


C'est ce que tu recherches ?

Non, pas particulièrement, mais je sais que ça va se produire ! C'est pareil pour tellement d'autres groupes comme Metallica, Maiden, etc. !


Merci beaucoup Björn !

Merci à vous les gars ! C'est vraiment un plaisir de revoir des gens comme vous qu'on croise depuis des années que l'on peut considérer comme des amis même si l'inconvénient, c'est que nous vieillissons un peu plus à chaque fois (Sourire)...




Plus d'informations sur http://www.inflames.com/main.html
 
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