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TITRE:

COWARDS (31 MAI 2016)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARDCORE



Music Waves a profité de sa participation au Hellfest 2016 pour évoquer avec Cowards son dernier rejeton en date, le poisseux "Rise To Infamy" et aborder un avenir qui s'annonce prometteur.
CHILDERIC THOR - 07.06.2016 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Tellement… Dans le désordre : si on faisait cette musique par besoin de catharsis, de raconter l’histoire du groupe ou encore de parler de notre méthode de composition/d’enregistrement

"Rise To Infamy" est sorti il y a maintenant un an. Comment a-t-il été accueilli ?

On a l’impression qu’il a été plutôt bien accueilli. Quoi qu’il en soit, il nous a permis de tourner décemment et on en a écoulé un bon paquet. 

Avec le recul, êtes-vous toujours satisfait de cet album ?

Totalement oui.

Par son intensité qui jamais ne faiblit, celui-ci est à la fois d'une grande brutalité et particulièrement malsain et poisseux. C'est un album dérangeant. C'est-ce ce que vous recherchiez ?

Dérangeant ? Il en faut plus pour rendre quelque chose dérangeant, non ? Pour autant qu’on aurait voulu avoir cette prétention là, non, l’idée de base était plutôt de faire quelque chose de fatiguant, de prégnant, quelque chose de vicieux et massif, sans être puissant ou flamboyant. Malsain, non, poisseux, merci. Fatigué et fatiguant a été notre leitmotiv tout le long de l’écriture et de l’enregistrement.

Par rapport à "Shooting Blanks And Pills", la durée des titres a raccourci. Loin des 9 minutes au compteur des 'Scarce' ou 'Grand Failure', vous avez privilégié un format plus ramassé, plus tendu, ce qui rend l'album extrêmement massif. Etait-ce une volonté ?

Oui et non, ça s’est fait tout seul mais ça ne nous a pas dérangés… Alors on n’a pas cherché à faire de morceaux fleuves, sans s’empêcher de s’étendre nous plus sur un morceau si l’envie y était. Il y’a peut être eu une volonté de faire des morceaux moins chiants.





Allez-vous poursuivre dans cette voie ?

Faire des morceaux moins chiants ? Oui on va essayer de s’y tenir. Après on a beau se dire parfois qu’on va faire un morceau direct sur un format bien court mais on n’y arrive que rarement. Pour les morceaux monolithiques, d’autres sont bien meilleurs que nous.

Cowards est-il une forme de catharsis pour ses membres ?

Non. 

Malgré cette violence infâme, on a pourtant l'impression que vous ne vous prenez ni la tête ni au sérieux...

Oui il y a de ça. On est plus les Heckel & Jeckel du game qu’autre chose : disons plutôt qu’on ne prend personne au sérieux et qu’on sait bien que ce qu’on propose n’a aucune importance. Ce qui ne nous empêche pas de le faire très sérieusement.

Pensez-vous pouvoir allez encore plus loin avec votre prochain disque ?

C’est difficile à dire et ça dépend de ce que tu entends par prochain disque, on est en train de boucler notre prochain EP et une chanson pour un split avec Stuntman, et on a eu beaucoup de mal à trouver le temps pour bosser sur tout ça, donc évidemment pas le temps de peaufiner autant que pour le "Rise" où on s’était vraiment donné l’objectif d’aller plus loin. La question subsiste aussi de savoir si on veut vraiment aller plus loin. On n'aurait pas envie d’aller beaucoup plus loin dans “la musique extrême”, trop de carnaval, trop de clowns.

Avez-vous déjà commencé à bosser dessus ? Francis Caste sera-t-il encore de la partie ?

On vient tout juste de finir un EP et une chanson pour un split avec Stuntman à Sainte Marthe, avec Francis.

Affilié par facilité au hardcore et au sludge, vos racines ne sont-elles pourtant pas à chercher, entre autres, du côté du black metal, dans sa définition primitive, celle des Bathory et autre Hellhammer ? 

Pas sûr pour le black primitif mais ce qui est sûr c’est qu’on entièrement ignorant en hardcore et qu’on n’a jamais cherché à dire le contraire. Sorti de certains classiques et autres groupes inconnus dont on a déjà parlé par le passé, on a plutôt une appréhension de l’atmosphère urbaine souvent liée au hardcore et souvent mise en opposition au black metal et c’est vrai qu’on a un amour non dissimulé pour ces dissonances qui rendent le black si grinçant. Après que ça soit en black ou en hardcore, encore une fois, le carnaval, ses costumes, ses codes et ses clowns, on le laisse volontiers aux puristes. Qu’ils retournent étiqueter des disques à la Fnac.





A contrario, on ne vous sent pas si connectés que cela avec d'autres groupes typés hardcore auxquels on pourrait vouloir vous comparer...

A défaut de savoir de qui tu parles, c’est vrai qu’on n’est en réalité connecté qu’à très peu de groupes, voire de gens. Ils nous fatiguent. Ca ne nous empêche pas d’avoir, nous semble-t-il, tissé des liens qu’on pourrait qualifier de liens de qualité, avec des gens croisés sur la route, de Greg de Terrain Vague à Rouen, en passant par Thomas de RVINES et ses copines inverties, à Matthias évidemment de Throatruiner qui nous soutient et nous supporte depuis le début, les excellents types de Daggers (Capitaine Hadock en tête) ou Elizabeth, ou plus proche de nous, les enfants de Lodges. Si ta question est de savoir si on se sent appartenir à une scène, la réponse est non, apparemment aujourd’hui il faudrait faire cette musique mais être bien lisse sous tout rapport, sous peine de déranger.

Votre art sent bon le bitume et une urbanité lépreuse. Vous sentez-vous proche de certains groupes de rap et de hip-hop ?

Notre art ? Proche à proprement parler, non, mais certains d’entre nous retrouvent plus de leur vie dans des morceaux de hip hop que de Metallica, c’est sûr. Et il nous arrive plus souvent d’écouter du hip hop sur la route que du gros son.

Vous serez bientôt à l'affiche du Hellfest. Qu'attendez-vous de cette date ? Ne vous sentez-vous pas davantage dans votre élément dans l'ambiance survolté d'un petit club ?

On n’en attend rien d’autre que d’en jouir sans se cacher et quand bien même ça ne représente pas encore grand-chose, on reste très fiers d’avoir été invités. Et oui, on se sent plus à l’aise dans un petit club mais détrompe-toi : l’ambiance n’y est pas si survoltée que ça, ou pas si souvent en tout cas. On pourrait aussi se demander quelle est la part d’habitude dans cette complaisance dans les caves pourries des ruelles de nos villes, on croirait ne jamais pouvoir s’en lasser mais pour le moment on ne goûte qu’à ça et sans se plaindre, on ne peut quand même pas vraiment en déduire grand chose.

Le 21 mai, vous allez aussi jouer avec Cult Of Occult : les oreilles vont saigner !  Que pensez-vous de ce groupe parmi les plus intenses ?
Ils sont très gentils et ils ont beaucoup de matériel vintage.

Quel est votre meilleur souvenir d’artiste ?

A titre personnel, un de mes maîtres a bien des niveaux, Julien Chanut, a dit un jour : j’espère que je ne l’ai pas encore vécu.
J’ajouterai quand même : quel artiste ?

Au contraire le pire ?

Julien Chanut a aussi répondu à cette question : J’espère qu’il est loin derrière moi.

 


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