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TITRE:

SAXON (29 SEPTEMBRE 2015)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HEAVY METAL



Rencontre avec un Biff Byford en pleine forme et très en confiance quant à la sortie du dernier album des Saxon. Retour sur les coulisses d'un album très réussi...
PHILX - 30.10.2015 -
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Notre dernière rencontre remonte à 2012 pour la sortie de "Call to Arms". Aujourd'hui, vous sortez votre 21ème studio record "Battering Ram". C'est le 5ème en 3 ans. Est-ce une sorte de réponse à ceux qui te posent toujours la question de quand tu penses prendre ta retraite ?

Je ne sais pas ! (rires) On fait des albums quand on a le temps de travailler dessus en fait. Suite aux annulations des concerts l'an dernier, j'ai parlé aux autres membres du groupe, et leur ai proposé d'écrire un nouvel album. Ce n'était donc pas planifié de longue date, on a juste eu un peu de temps pour le faire.





Encore une fois, ta voix y est très puissante et monte parfois haut, comme on peut l'entendre sur "Queen of Hearts" ou "Destroyer". Comment fais-tu pour conserver ta voix au top ?

Ben écoute, je ne fais rien de particulier ! (rires) J'ai conscience de mon corps et de ses capacités, mais je ne m'entretiens pas la voix, ni m'entraîne. Physiquement, ça m'arrive de faire de l'exercice... parfois... mais c'est tout !


En Décembre 2014, Nigel Glockler a été atteint d'une rupture d'anévrisme et a été hospitalisé pendant un mois. Dans cet album, on dirait qu'il tape encore plus fort et plus vite que jamais. Est-ce qu'à son séjour à l'hôpital ils n'en auraient pas fait un homme bionique ?

(Rires) Mais oui, carrément ! Il est revenu très renforcé de l'hôpital. En fait, ça s'est passé dans un endroit de son cerveau qui n'a rien endommagé. Il a eu beaucoup de chance de ne rien perdre de ses capacités motrices. Ca nous a pas mal inquiétés quelques temps mais il a bien rebondi. On vient de terminer une tournée aux USA avec lui, et il a super bien joué, tous les soirs !





Sur le titre "Eye of storm", il y a des samples de voix. D'où proviennent-ils et ont-ils un sens particulier pour cette chanson ?

"Eye of the Storm" traite des ouragans qui ont touché les Etats-Unis, tu sais, Katrina, Sandy... J'ai pensé qu'on pouvait faire une chanson sur cette sensation où tu sais qu'une catastrophe arrive, et tu te poses la question à savoir si tu restes chez toi, cloîtré, ou tu fuis. C'est le thème principal de la chanson. On voit toujours aux infos les dégâts faits, et les gens qui sont restés et qui ont survécu qui témoignent...


Des titres comme "To the end" et "Kingdom of the cross" sont très différentes de titres bien plus rapides. Par exemple, "Kingdom of Cross" traite de la première guerre mondiale est surprenante car les claviers en font un titre épique avec le poème lu par David Bower, et ta voix sur les refrains. Cette chanson hypnotise, peux-tu nous en dire davantage sur ce titre très réussi ?

Ce titre est un véritable test. J'avais écrit un poème sur la première guerre mondiale en un ou deux jours l'an dernier. Je l'ai posté sur notre page Facebook. Le poème était plus long que la version dans la chanson, tu sais, 6 ou 7 minutes suffisaient pour un titre comme ça. J'ai eu l'idée complètement dingue de transposer ce thème, avec ce poème, dans une chanson.
Par ailleurs, Nigel m'avait envoyé un CD rempli d'idées de sons, 3 ans en arrière. Une des idées ne sonnait pas vraiment Saxon, c'était un mouvement d'ambiance fait aux claviers. J'ai voulu combiner l'un à l'autre en studio, j'ai fait quelques coupures et montages pour le rendre plus consistant.
Ensuite, j'ai juste lu les paroles par-dessus et me suis rendu compte que ce n'était pas vraiment ce que je voulais, il fallait que ce soit lu par un acteur. On en a auditionné plusieurs et on était assez pris par le temps, donc c'était parti pour David. Il fallait que ça sonne très populaire. On y a mis un refrain qu'on chante David et moi, et je voulais voir ce que ça pouvait rendre, c'est tout ! Pas de guitare, je ne voulais pas que ce soit une balade de Rock, je voulais un poème, en opposition à de la musique.


Avec le recul, ça fonctionne à merveille...

Oui ! Tu sais, j'ai été sur le cimetière dont je parle dans cette chanson, c'est là que l'image du royaume des croix m'est venue. Tout est partie de là. Ca aurait pu être une nouvelle "Crusader", mais on l'avait déjà (rires). C'est vrai que ça sort de nulle part, ça arrive comme ça, de façon impromptue et imprévisible...


Est-ce que cette expérience, validée par son résultat, va te donner envie de retenter quelque chose similaire ?

A la base, cette idée aurait dû servir à mon album solo. J'ai écrit le poème avec ça en tête. Mais j'ai changé d'avis car je pense que les albums de Saxon sont plus importants...


Du coup, est-ce que le succès que rencontre cette chanson te donne envie, cette fois, de réitérer mais pour ton album solo ?

Mais oui cette fois ! (rires) Attendons de voir... Mais tu sais, les réactions sont très différentes de ce que je vois. Cet album est très Heavy, puis à la toute fin, il y a cet extra-terrestre... Certains adoreront...


Autre chanson très surprenante : "To The End". Quelles ont été vos influences ? Black Sabbath en est-elle une ?

Celle-ci aussi aurait dû paraître sur mon album solo. C'est une chanson qui, à l'origine, traitait du fait de quitter ma famille et de tout plaquer. Je l'ai légèrement revue pour la rendre moins dramatique, pour se focaliser sur le fait de partir loin (temporairement) de ma famille et des fans. Mais à l'origine, le message principal était "Je vous aimerai tous jusqu'à la fin", ce qui est un peu plus sentimental que ce qui est resté.





Tu veux dire que le fait de partir est synonyme d'amour ?

Oui, l'idée qu'il est resté étant mon départ pour une tournée, ma famille doit du coup faire sans moi. C'est un grand truc dans le Rock N' Roll que de partir comme ça longtemps sur les routes. Le message est que je vous aime, je reviendrai...


Si on met ces deux titres de côté, est-ce que "Battering Ram" est l'héritier de "Sacrifice", comme si tu voulais vraiment insister ?

Cet album est différent des autres parce que c'est Neil qui a commencé à écrire cet album. Donc la majorité des idées originales sont de nous deux. C'est plus conscient et les riffs des guitares sont plus décalés je pense, et c'est top parce qu'elles sont effectivement différentes, mais aussi entraînantes !
En résumé pour cet album, je dirais qu'on ne voulait pas être là où on nous attendait, et qu'on pense seulement "Hey, c'est encore un très bon album des Saxon". J'aimerais que l'album soit écouté sans même savoir que c'est nous, pour savoir la portée qu'il peut avoir tout seul. J'arrive à avoir du recul sur cet album car ce n'est pas moi qui l'ai produit, mais Andy Sneap (Megadeth, Testament, Exodus, Accept, NDLR). Quand c'est moi qui le fait, je maîtrise la moindre nuance, le plus petit grincement, je connais par coeur ce qui a été fait dessus. Cette fois-ci par contre, j'ai laissé cette partie pour m'enfermer chez moi à bien travailler sur l'enregistrement des voix dans mon studio. Donc pour tous les travaux sur les guitares, batterie, etc, je n'y étais pas, ce qui est bon...


Le résultat te convient, même si tu n'y as pas mis les mains ?

Oui, je trouve le résultat génial. Il est resté très concentré, il n'est pas parti dans tous les sens avec des choeurs ou des éléments de substitution, les chansons sonnent brutes, Metal, British, avec des mélodies, ce qui fait quand même notre marque de fabrique... Le package est très réussi et pour faire mieux, il faudra mettre les bouchées doubles je pense...


Sur le DVD "Warriors of the Road", Nigel avoue regretter que le groupe se soit laissé influencer par votre label à l’époque glam, en particulier au niveau de son look. Quel regard portes-tu sur cette période ?

Je pense que rien ne s'est fait vraiment de but en blanc. Ca a mis du temps à se faire et selon les influences qu'on a subit. Peut-être qu'on a juste passé trop de temps aux Etats-Unis, ou qu'on en est rentré trop tard. Peut-être qu'on se préoccupait davantage à faire l'amour qu'à composer de nouveaux albums à l'époque... Cette période aux USA était très tentante, tu sais.. Enfin, on a fait ce qu'on a fait, mais c'est après ça que j'ai pris un peu plus contrôle du groupe. Musicalement, on s'est recentré vers quelque chose de plus britannique plutôt qu'américain.


A contrario, quel regard portes-tu sur la période beaucoup plus heavy de "Metalhead" et "Killing Ground" ?

Je pense qu'à l'époque, on avait besoin de faire ces albums sombres et "Metalhead" nous a apporté beaucoup de jeunes fans qui aimaient les riffs et paroles sombres. Il a beau être mélodique, il traite beaucoup de la mort. Mais la force et le côté obscur sont puissants, non ? (rires) J'adore cet album, c'est un de mes préférés. On s'est aventuré là où on n'était jamais allé, et sur le moment, il n'a pas été compris par les critiques. Alors que maintenant, tout le monde l'adore !


Comment l'expliques-tu ?

Je ne sais pas, il a juste grandi ! Il est devenu cool ! Sur le moment, les gens se sont posé des questions sur ce qu'on voulait transmettre... alors qu'on faisait juste des expérimentations sur notre propre musique.


D'un autre côté, ce dernier album, comme "Sacrifice" sont bien reçu, dès le début. Est-ce que cela veut dire, selon toi, qu'une fois qu'ils auront muri, ils seront moins appréciés par les fans ?

Il y a toujours cette lutte entre le succès et le fait d'être cool. Tu vois ce que je veux dire ? Tu peux ne pas être disque d'or et pourtant être érigé en modèle. Je pense que c'est le cas pour Motorhead. Ils ne vendent pas des millions d'albums, mais ils ont une influence très forte. Les gens s'en foutent, ils les trouvent juste cool. Donc si l'album se vend à des millions de copies, on pourrait très bien perdre notre côté cool ! Ca s'appelle du marketing... Mais je doute que ça arrive avec cet album, je le trouve très bon et je pense que les gens l'apprécieront. Si ça va au-delà, je ne dis pas, mais de nos jours, c'est de moins en moins possible, on vend entre 100 et 150 000 copies, ça semble être la limite. Ou alors il faut être diffusé sur toutes les radios aux Etats-Unis, et pour ça, il faut être une nana et plutôt jolie, non ? (rires)





Effectivement, ce que tu n'es pas...

Hé non ! (rires)


Cet album a tout pour s'inscrire dans la lignée des classiques de Saxon...

Je pense que c'est un chef-d'oeuvre, avec 'Kingdom Of The Cross' qui transcende le genre...


Vous semblez avoir trouvé un équilibre entre puissance et mélodie avec une patte désormais fortement reconnaissable mais avec peu de surprises. Est-ce un souhait ou est-ce dû à l’enchaînement des albums et des tournées qui laisse peu de temps pour expérimenter de nouvelles choses ?

J'ai voulu y mettre 'Kingdom Of The Cross' pour faire réfléchir les gens... sur la chanson elle-même et sur la raison pour laquelle j'ai voulu l'y mettre. C'est un véhicule formidable, placé à la fin d'un album de Metal. Je veux juste savoir ce que les gens en pensent. Comme je l'ai dit, on expérimente encore des choses, je veux voir comment ça réagit. Ce n'est pas ce que les groupes de Rock font beaucoup, moi j'aime être challengé et relever des défis. J'aime faire réfléchir les gens, il ne s'agit pas seulement de sortir des disques. Personne de nous n'était là pendant la 1ere guerre. C'est purement historique, une histoire de meurtre entre cousins au sein de plusieurs familles... C'est une guerre complètement dingue et étrange. Pour une affaire familiale des millions de jeunes gens sont morts, pour des broutilles. Tout ça était prévu et orchestré de toute façon, c'est ce qui a mis fin à l'innocence selon moi.
Je pense que la plupart de nos titres sont fondamentalement contre la guerre, notamment tout ce que j'ai pu composer sur les conflits et la violence. C'est souvent abordé d'un point de vue du soldat qui ne sait pas ce qu'il fout là et pourquoi il doit tuer. La seconde guerre était différente car les nazis devaient être arrêtés.


Tu parles de ton plaisir à traiter des guerres, mais celles-ci sont passées et terminées. Aujourd'hui, nous connaissons un autre type de guerre...

Oui, mais je trouve ça un peu déplacé de parler des guerres actuelles, alors qu'elles sont toujours en cours. Attendons de voir, j'ai envie de dire. De plus, les guerres passées sont un puit de savoir pour comprendre la situation dans laquelle on se trouve.


Tu as toujours été très proche de Mötorhead. Comme l'expliques-tu et comment vis-tu les difficultés de Lemmy ?

Ca fait longtemps que je connais Lemmy, tout comme les autres membres du groupe. Le vieux Mötorhead, le nouveau... Ce sont tous des mecs géniaux. Ce sont tous de grands fans de Rock. Il n'y a aucune compétition, juste la même volonté que les jeunes s'éclatent sur de la bonne musique, tu vois. Il y a toujours eu une super bonne ambiance sur les tournées.
Le fait que Lemmy est malade a miné tout le monde. Tout le monde est inquiet et prend de ses nouvelles, sa famille, son groupe, ses proches, les autres groupes... Il insiste pour tourner encore, mais il n'y a plus la même ambiance. C'est quelque chose qui l'emmerde profondément parce qu'il a bien toute sa tête ! On a discuté plusieurs fois tout juste en sortant de scène, et il lui arrive d'être vraiment affaiblit quand la maladie est plus forte, ça l'énerve tellement. Ce n'est pas cool de le voir comme ça. En plus, sa tête va bien, c'est son corps qui le lâche, mais il ne va pas s'arrêter de sitôt, il veut revenir en Europe ! Quel autre choix a-t-il ? Il peut toujours rester chez lui, et se reposer, mais sera-t-il heureux après plusieurs mois sans jouer, sans partager sur scène, ou enregistrer un album ? Surement pas. Moi c'est ma femme qui la première me foutrait dehors ! (rires) "Va faire un album !" (rires) !




Nous avons pu te voir en 2010 partager la scène avec Metallica pour leur tournée de "Death Magnetic". Tu as interprété avec James Hetfield le tube 'Motorcycle Man'. Les Mets vous adorent et vous semblez avoir passé un bon moment...

Oui, c'était une super expérience. En plus, ça s'est tout à fait improvisé à ce moment-là. On s'est croisé avec James qui m'a dit "Viens!", et pris dans l'urgence, je n'avais pas tous les retours donc j'étais sans arrêt en retard d'un demi temps, c'était n'importe quoi! (rires) Ca, si je sors un bouquin, j'ai prévu de la raconter celle-là!


Lors de notre rencontre en 2012, à la question que tu aurais voulu qu'on te pose, tu as répondu "Es-tu heureux ?" Es-tu plus heureux aujourd'hui qu'en 2012 ?

(Après une longue réflexion) Hum.. Je pense, oui ! En fait, oui, c'est clair. On est dans une bonne situation, du point de vue de Saxon. Dans ma famille aussi, tout roule. C'est vraiment le moins qu'on puisse espérer : le bien-être de ta famille et que tes jambes tiennent encore.


Quand est-ce que tes fans français pourront témoigner de ton bonheur, notamment sur scène ?

Le dernier, celui de "Sacrifice" a super bien marché. Pour le prochain, on ne voulait pas vraiment être en tête d'affiche. Mais il est possible qu'on s'y décide pour l'automne dans 2 ans. Je crois que les gens auront envie de voir jouées sur scène davantage de chansons de "Battering Ram", et d'autres plus obscures peut-être.





Merci !

Merci beaucoup !


Merci à Loloceltic pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.saxon747.com/
 
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